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25 octobre 2012 4 25 /10 /octobre /2012 17:58

"C'est un tableau de vraie maltraitance" et "d'une cruauté inimaginable" SOCIETE - Laurent T. a été condamné ce jeudi à 17 ans de réclusion par les assises du Rhône. Il était jugé depuis lundi pour avoir maltraité le bébé de sa concubine, aujourd'hui aveugle et handicapé moteur. Après trois heures de délibérations, la cour a quasiment suivi l'avocate générale qui avait requis 18 ans de réclusion à l'encontre de Laurent Thoret, 30 ans, jugé depuis lundi pour "violence suivie de mutilation ou infirmité permanente sur un mineur de 15 ans par un ascendant". "Ce n'est pas le procès de la PMI et encore moins celui des personnes en charge de la tutelle" de la jeune mère, déficiente mentale, "car dire qu'ils n'ont rien fait c'est faux", a déclaré l'avocate générale Véronique Escolano dans son réquisitoire. "Mais ils l'ont fait dans la complexité de cette situation d'obstruction" de la part de l'accusé qui "a tout fait pour échapper aux contrôles", a-t-elle ajouté. Jusqu'à empêcher, trois jours durant, sa compagne de 27 ans "influençable et fragile" d'amener Djason aux urgences parce qu'il convulsait, à la mi-janvier 2011. Selon elle, si Laurent Thoret a finalement cédé aux pressions de la jeune femme, c'est parce qu'il s'est dit "s'il meurt, c'est pire pour moi". Soulignant qu'elle ne réclamait pas la peine maximale de 20 ans de réclusion en raison de "l'atténuation de responsabilité" de l'accusé, atteint de troubles de la personnalité, Véronique Escolano a demandé à la cour de tenir compte de "l'extrême gravité des faits", de son "parcours de violence" et de ses "dénégations". "C'est un tableau de vraie maltraitance" et "d'une cruauté inimaginable qui ont entraîné des lésions neuro-cognitives définitives", a résumé l'avocate générale. Dans la nuit du 19 janvier 2011, Djason, quatre mois, était arrivé aux urgences dans le coma, avec une fracture du crâne et d'importantes hémorragies internes, signes, selon les experts, du "syndrôme du bébé secoué" mais aussi de "violences répétées". Mercredi, les deux curatrices successives de la mère, sous assistance depuis 2005, étaient venues témoigner de leurs doutes et de leur impuissance, car le père se montrait "très agressif et fuyant" à l'égard des services sociaux. Deux mois à peine après la naissance de Djason, le service de l'enfance de Vénissieux (Rhône), où résidaient ses parents, avait adressé un signalement en urgence au parquet des mineurs de Lyon, un pédiatre de la PMI ayant constaté des lésions sur son ventre et ses poignets. Mais un scanner n'avait rien révélé de suspect. Le suivi avait repris, avec des visites au domicile du couple au cours desquelles l'accusé, qui n'est pas le père biologique mais a reconnu l'enfant, se montrait de plus en plus agressif. "La violence le libère, mais elle anéantit l'autre et Djason en est le symbole terrible", a souligné l'avocate générale, décrivant l'accusé comme un "manipulateur", un "dominateur tyrannique et violent", "incontrôlable dans l'impulsivité". Un homme "dangereux socialement, car il risque de réiterer". Qualifiant d'"excessive" la peine requise, sa défense a demandé à la cour de "ne pas se laisser inonder par l'émotion", qui a émaillé ce procès. "Il est faux de dire qu'au quotidien il maltraitait l'enfant", a plaidé Me Jean-François Barre réfutant le caractère intentionnel des blessures. "Des responsables, il n'y en a qu'un, Laurent Thoret, ce tyran", a plaidé pour sa part Me Béatrice Canton Debat, partie civile, demandant à la cour de "rendre justice à Djason". Catherine Coroller avec AFP PS : lire ici le compte-rendu de l'audience de lundi, ici celui de mardi, et ici celui de mercredi

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  • Le monde est dangereux non pas à cause de ceux qui font le mal, mais à cause de ceux qui regardent et laissent faire” Einstein.
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