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5 janvier 2014 7 05 /01 /janvier /2014 21:35

Ici et là circule l'air vicie d'une valse obligee...Parole en parabole. Autre temps autre moeurs, du temps jadis de la traite negriere,il n'etait pas tolere qu'un esclave manque de respect a un blanc ; la sentance consistait en un chatiment corporel en public, pour l'exemple. Aujourd'hui , environ deux siecles apres, la realite est a l'identique .Certes les moyens .d'operer ont change en subtilite ; egalement les mots (plus cameleon tu meurs) pour definir l'irrespect et les sanctions envers les assujettis toujours plus nombreux .Parallement , les maitres( elus de droit divin) ont vu leur position renforcee par un arsenal legislatif et societal  derriere les faux semblants de la doxa du politiquement correcte.

Dieudonne negre marron ?

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1 septembre 2013 7 01 /09 /septembre /2013 18:39

Tres chers lecteurs, apres deux semaines de suspension de nos  diffusions et reflexions  quasi quotidiennes  depuis 2009 , La Cour des Braves reprend la bride avec la fermeture de son chapitre consacré à la gnose politique nationale et  locale . Notre decision d'accorder moins d'importance aux "gess a makak"  de ce domaine reservé des psychopathes , tient au fait que les débats d,idées  ne suffisent plus pour que les changements  s'opèrent .

 

 En outre, la multiplication sur la toile des intervenants/consultants mediacrates  experts agrées des gestionnaires solferiniens ou umpasseistes constitue à mes yeux une forme de captation de la democratie pour le bien de quelques lobbyes.

 

L' offense  au  totem  de l'alterité symbolisant l,union d,un homme et d'une femme que constitue la loi TAUBIRA est  un exemple flagrant . Convaincu de la nécéssité pour l,homme de se fixer des limites (   tabous et interdits  selon Claude Levy-Strauss ) infranchissables ; cette décision  d'ouverture dans la sphere publique d'une pulsion singuliere de  l'entre soi  d'un petit nombre, n'a pas cessé , je dois dire , de heurter ma conscience .

 

Formatés dans le même moule ,nos politiques ne se soucient hélas  plus de  l,interêt général et de la complexité. qui fait sens . Leurs promesses de réenchantement  ne durent  que le temps nécéssaire  au sechage de  la masse de  salive employee  pour decliner leurs programmes et  engagements .

 

Parvenu à un age ou  le reflêxe du vivre pour soi taraude  l'esprit , je prend la tangente  -n'etant pas de nature sociopathe- de vivre au singulier ma liberté de critique et de partager au pluriel mes connaissances et découvertes

 

Desormais notre priorité ,chers lecteurs, c,est de vous faire decouvrir notre écosysteme insulaire à travers ,

 

-sa  végetation,

-sa géologie ,

-sa faune terrestre et maritime.

 

Cela en vaut la peine ,me semble t,il, de promouvoir la connaissance de notre mare nostrum insulaire en direction des jeunes saintois qui , je l,observe , s,en eloignent de plus en plus...

 

Aussi ,nous espérons ,avec la contribution de tous ceux qui s,interressent à ces  sujets et qui souhaiteraient partager leurs savoirs et leurs trouvailles, pouvoir constituer un blog de reference et d,enrichissement  pour tous 

 

Puisse  cette démarche susciter la curiosité et la reconciliation de chacun avec son milieu.

 

 

 

 

 

 

Lien :http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k58011188

 

 

 

  . 

 

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23 mai 2013 4 23 /05 /mai /2013 19:40

Georges Moustaki est mort  ce jour .  Cet artiste a bercé mon adolescence et à travers  ses chansons , il y en a une qui  habite tout mon être depuis que je l'ai entendu pour la toute première fois .C'est une chanson qui fait honneur au plus beau mot de la langue française .C'est la raison pour laquelle je ne me lasserai jamais de l'écouter.

 

Adieu l'artiste , cette chanson rend ton oeuvre  immortelle dans le coeur de millions d'hommes amoureux de liberté.

 

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16 mai 2013 4 16 /05 /mai /2013 05:51

 Si la peur était érigée en vertu , l'orgueil s'effacerait devant la raison...  Porter atteinte à la vie d'autrui n'a rien de glorieux !

 

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4 mai 2013 6 04 /05 /mai /2013 18:25

 

Yves Montand et Louis de Funès

 

Guéant n'est que le cocher de la diligence chargée de   chasseurs de primes auprès du ministère de l'intérieur ...Suivez la diligence elle vous conduira direct auprès de son commanditaire...

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3 avril 2013 3 03 /04 /avril /2013 17:30

Au nom de l'équité pronée par les socialistes , les français sont en droit d'exiger du gouvernement un compte en Suisse pour tous. En votant une telle loi le président pourra se targuer de faire d'une pierre deux coups:  absoudre CAHUZAC de toutes responsablités et esperer  faire taire les Français...

 

Lien pour signer une petition sur la moralisation de la vie politique:
http://www.change.org/fr/pétitions/moraliser-la-vie-publique-une-urgence
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3 avril 2013 3 03 /04 /avril /2013 05:21

Le cas huzac  expliqué aux nuls:

 

Le capitalisme financier appliqué à la politique publique n'engendre pas  forcément des élus sains de corps et d'esprit comme devrait l'etre notre ex ministre du budget. Le peuple a les élus qu'il merite, à  plébiciter aujourd'hui un ex président fortement désavoué hier  , n'estce pas là, par exemple,  une tare bien française.

 

Pour faire contre-poids  il faudrait une République  Citoyenne débarassée des professionnels de la politique  avec un service politique obligatoire de 5ans pour tous les citoyens à la maniere du service militaire d'antant.

 

 

 

 

La protection de la réputation de certaines personnalités n'est pas une création de l'esprit. La preuve, ci-après:

 

Adresse protégée et surveillée par francereputation.fr
 
 Toute tentative de piratage fera l'objet de poursuites judiciaires.
Votre adresse IP a été identifiée par nos services et pourra être utilisée si nécessaire.

Adress protected and controlled by 
 francereputation.fr
Any hacking attempt will be prosecuted.
Your IP has been dectected and may be used for justice.

IP: 93.121.213.91
Host: client-adsl-93-121-213-91.mediaserv.net
OS:Windows XPWindows XP
Navigateur:Firefox 20.0Firefox 20.0
User Agent:Mozilla/5.0 (Windows NT 5.1; rv:20.0) Gecko/20100101 Firefox/20.0
 
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3 mars 2013 7 03 /03 /mars /2013 17:49

Depuis la reforme  du regime social  des marins-pécheurs instaurant le règlement de la couverture maladie auprès des  caisses de l'URSSAF , certains professionnels de la mer -  insuffisamment formés et informés  - s'interrogent sur le bien fondé  d'une telle charge; trois cent à cinq cent  euros payables trimestriellement .C'est  ainsi qu à Terre de Haut , nombreux sont ceux qui ont fait, à tort,  le choix  de ne plus l'acquitter  des années durant  . Ce réflexe individuel ,n' offre hélas aucune garantie, on le sait .

 

Aujourd'hui,  quasiment tous ces "retardataires" se sont vus signifier  une procédure de recours pour des dettes sociales cumulées comprises entre 7000  et 15 000 euros impossibles à honorer .

 

Une prise de conscience semble se faire jour auprès de quelques uns, de la non éfficience à vouloir régler le problème de façon individuelle , considérant  que seule une action collective permettrait  de défendre les intérêts de la profession auprès des instances compétentes. Hélas  cette  démarche  se heurte à l' obstination d' une poignée de  réfractaires es qualifiés responsables d'association de marins -pêcheurs ;  suscitant  dégoût et incompréhension chez ceux qui viennent chercher conseil auprès d'eux .

 

Au mois d'avril 2013, le Tribunal des affaires sociales de Pointe à Pitre  aura à statuer sur ces litiges . Il est à craindre que ,pris individuellement ,les marins- pêcheurs convoqués seront lourdement condamnés, avec tout ce que cela pourrait engendrer  de négatif sur le plan économique et humain...Qui aurait intérêt dans le naufrage de nos marins -pêcheurs saintois ?

 

Ils appartient aux élus saintois de se saisir   de ce dossier  par de là toutes  considérations et arrières pensées  politiques.

 

 

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22 décembre 2012 6 22 /12 /décembre /2012 18:46

 

Le grand entretien 22/12/2012 à 08h07

« Le concept d’incivilité a permis de pénaliser des délits mineurs »

Camille Polloni | Journaliste
 

Carole Gayet-Viaud, sociologue, décrypte l’origine et l’instrumentalisation de ce mot. Histoires de vie quotidienne, de morale, au-delà de la « politesse ».


Sur un quai de métro à Copenhague (Loozrboy/Flickr/CC)

« La SNCF durcit le ton sur les incivilités », pouvait-on lire dans la presse début décembre. Pieds sur les sièges, cigarettes dans les trains non-fumeurs, crachats, portes de train bloquées pour retarder le départ... Ces petits désagréments de la vie collective prennent un sens décisif dans la bouche de Guillaume Pépy, président de la SNCF.

L’entreprise a annoncé un vaste plan de « lutte contre les incivilités », avec des amendes si la « pédagogie » envers les usagers ne suffit pas. La SNCF prend la suite de nombreux services publics de transport, de mairies ou, plus largement, d’établissements recevant du public. Le terme d’incivilités est désormais utilisé à toutes les sauces pour désigner des infractions mineures aux règles de politesse communément admises.

La sociologue Carole Gayet-Viaud, chargée de recherche du CNRS au Centre de recherche sociologique sur le droit et les institutions pénales (CESDIP), revient sur l’origine du concept, ses définitions à géométrie variable et les interactions conflictuelles qu’il désigne.

Au fil de ses recherches, elle s’est penchée sur un objet d’études qui touche à la vie quotidienne et à la morale. Qu’est-ce qui est admis dans l’espace public ? Que peut-on dire à un inconnu dans la rue ? Pourquoi un rappel à l’ordre peut-il se terminer en bagarre ? Ces questions traversent les travaux de Carole Gayet-Viaud sur la galanterie, la politesse, la civilité, la juste distance entre les personnes dans l’espace urbain.

Rue89 : D’où vient le terme « incivilités » ? Depuis quand est-il utilisé en France et comment a-t-il été importé dans le langage courant ?

Carole Gayet-Viaud : Le terme est assez ancien mais son sens actuel date des années 90. Il vient des Etats-Unis, par l’intermédiaire des théories dites de la « vitre brisée » qui touchent à la politique de sécurité urbaine et à la prévention de la délinquance.

« Broken window theory »

En 1982, les sociologues américains George L. Kelling et James Q. Wilson développent dans The Atlantic une théorie des incivilités à partir de l’exemple de la « vitre brisée » (« broken window »). Selon eux, si on laisse une vitre brisée dans un quartier sans réagir, la situation ne peut que se dégrader : le quartier va se délabrer et la délinquance augmenter.

 

Cette théorie (interprétée de façon variable) a donné lieu à une politique dite de « tolérance zéro » à New York dans les années 90 : une sanction rapide et sévère de tous les comportements contraires à la règle, dans le but d’éviter l’aggravation de la criminalité et la récidive.

C’est l’idée – contestable et contestée – que l’incivilité serait la porte d’entrée vers des formes de violence et de criminalité plus consistantes. Que si on ne punit pas les gens, ils vont récidiver de manière de plus en plus grave.

Très centrée sur la déviance et son contrôle, cette théorie a donné lieu à des politiques dites sécuritaires, dans le but de « corriger avant que ça ne dégénère ».

Mais il y avait un autre versant dans la théorie de la vitre brisée : l’attention aux situations, aux conditions environnementales, pratiques et matérielles d’accomplissement de certains actes (en l’occurrence déviants).

L’idée de l’article fameux de Kelling et Wilson est que si dans un hall d’immeuble on laisse une fenêtre cassée sans la réparer, il va y avoir une spirale du déclin.

D’abord les gens vont commencer à passer plus vite, à s’enfermer chez eux. S’il y a du bruit dans l’escalier ils ne viendront plus voir, des dealers vont s’installer, puis un beau jour il y aura un meurtre parce que « les gens bien » auront déserté les lieux et ceux qui le peuvent auront déménagé.

Cet aspect intéressant a été souvent mal traduit dans les politiques se réclamant de la théorie, et dans le transport des Etats-Unis vers la France.

L’articulation propreté/sécurité a justifié la focalisation des actions sur certains problèmes et désordres urbains très visibles, sous prétexte de leur effet indirect sur le crime, parfois jusqu’à l’absurde. Car chasser les sans-abri du centre-ville, cela n’a plus grand chose à voir avec le fait de remplacer une vitre cassée…

Un autre effet a été de justifier une pénalisation accrue de délits mineurs (transformation en délit de comportements qui ne l’étaient pas, ou aggravation des peines encourues) sous prétexte d’une gradation supposée dans les trajectoires de déviance, appelant une répression « précoce ». Et ce versant est problématique. Si la prison et le répressif prévenaient l’engrenage dans la délinquance, ça se saurait.

Quels comportements range-t-on sous ce terme générique ?

En France, ce sont principalement les travaux du sociologue Sébastian Roché qui ont popularisé la notion et en ont assuré le succès. Pour lui, l’incivilité regroupe un ensemble de comportements mineurs, signe d’un rapport négligent ou réfractaire aux règles de la vie commune, et qui ont des conséquences délétères pour la collectivité. Le fait que ce ne soit pas des délits, trop petits pour être punis par la loi, a d’emblée été considéré comme un problème.

Il a bien montré que c’était souvent une défaillance institutionnelle qui est en cause dans ces problèmes : une division fonctionnelle du travail qui fait que pour un espace donné, on ne sait plus qui est responsable du respect des règles d’usage, et ce qui est à tout le monde finit par sembler n’être à la charge de personne.

Mais une des difficultés de cette vision des choses, c’est l’idée sous-jacente qu’il y aurait d’un côté les gens qui connaissent les règles et qui les appliquent, et de l’autre ceux qui sont réfractaires à la norme, parce qu’ils sont incompétents ou de mauvaise volonté. Il faudrait donc les rééduquer ou les empêcher de nuire.

Sébastian Roché et tous ceux qui se sont intéressés aux incivilités viennent plutôt de la criminologie. Ils travaillent sur le sentiment d’insécurité et la délinquance. Et ce cadrage de la question a laissé des pans entiers du phénomène de côté.

Au départ, la notion est avancée pour faire tenir ensemble des choses assez disparates : la vieille dame qui vole des fleurs dans un massif de la ville, des bousculades dans la métro, les interactions qui tournent à la dispute et vont jusqu’à l’insulte, voire aux coups, les tags, les occupations de halls d’immeubles... La RATP, elle, inclut la fraude dans sa définition et son chiffrage des coûts de l’incivilité.

La civilité met en jeu les conditions de possibilité d’une confiance mutuelle, non seulement entre inconnus, dans la ville, mais aussi avec les institutions. Cela pose donc toujours des problèmes de fond.

Quels lieux et quelles situations sont le théâtre de l’incivilité ?

J’ai beaucoup travaillé sur les « disputes de politesse », dans la rue ou les transports en commun, autour d’un strapontin par exemple. Souvent, on réduit la civilité à quelques attitudes et à un inventaire de mots : « bonjour », « merci », « s’il vous plaît », « au revoir ».

En fait, derrière ces fameuses « règles » auxquelles on réduit souvent la civilité, il y a une appréciation et une interprétation de ce que les règles veulent dire, de leur sens et donc de leur justesse. Et parfois, des désaccords sur le fond.

L’exigence de civilité suppose qu’elle ne soit pas verbalisée : on attend de l’autre qu’il manifeste sa bonne volonté de lui-même.

Dès qu’il y a un manquement apparent, l’interprétation pessimiste, à charge, surgit très rapidement, on se dit : « s’il ne laisse pas ça son siège à la femme enceinte, c’est qu’il n’en a rien à faire ». Quand on doit demander, on estime que l’autre est déjà en faute. Des procès d’intention se nouent, des reproches, des lectures un peu paranoïaques et définitives de la situation adviennent.

Entre des gens qui ne se connaissent pas, les ressorts de l’indulgence sont plus limités qu’entre de vieux amis. La confiance s’effondre vite. Des catégories de personne lèvent facilement le soupçon, d’autres non.

De quelles catégories parlez-vous ?

Prenons la question de l’encombrement dans un bus, qui a l’air très objective et quantifiable. Un jour, j’ai assisté à une scène dans laquelle un jeune homme très chargé portait un grand nombre de packs de bouteilles d’eau, qu’il allait certainement ensuite revendre à la sauvette.

Il a gêné un homme plus âgé, à l’allure respectable, qui a fait une réflexion désagréable et une grimace pleine de mépris.

Cet encombrement-là n’était pas perçu de la même façon qu’on perçoit quelqu’un qui porte des bagages, ou ses cadeaux la veille de Noël, ou des cartons de déménagement... pour la même place occupée. Il y a immédiatement une appréciation morale sur la légitimité des gens à faire ce qu’ils font.

Parfois, cela donne des discussions ou des débats sur le fond. Souvent, une partie reste tacite. Ce sont juste des regards, des moues, ou très souvent, des remarques faites plus ou moins à voix haute, mais sous la forme de commentaires à la troisième personne (« il est gonflé celui-là ! »), adressés à la cantonade.

Pourquoi parler à voix haute sans s’adresser à la personne concernée ?

Ça fait partie de la norme : il est très délicat de donner des leçons de civilité ou de politesse à des inconnus. C’est offensant. Or, les gens ne savent pas formuler les choses sans verser dans le reproche et l’agression. Notamment à cause de ce discrédit et de cette présomption de culpabilité qui viennent très vite, comme je l’ai dit tout à l’heure. C’est une mise en cause assez sérieuse, un discrédit jeté sur la personne.

On l’observe constamment dans les situations où quelqu’un est gêné et ne sais pas comment le dire. Si un non-fumeur est gêné par un fumeur, plutôt que de lui parler, il fait de grands gestes pour chasser la fumée.

Exaspéré, le fumeur préférera s’adresser à son camarade, en disant bien fort : « ah ça m’énerve ça, elle ne peut pas me demander si ça la gêne ! ». Cela crée un dialogue par tiers interposé, assez comique le plus souvent, mais qui peut tourner à la dispute et parfois même en venir aux mains. Et ce sont alors les mêmes gens qui se plaignent de l’impolitesse des autres qui parfois aussi se retrouvent du côté des « mis en cause ».

Vous donnez souvent, dans vos travaux, des exemples dans les transports en commun. Est-ce le lieu par excellence où prennent place les conduites qualifiées d’incivilités ?

Oui, c’en est un lieu important, mais il se passe aussi beaucoup de choses dans la rue. Si les transports sont un lieu où on trouve de l’incivilité, c’est une question d’abord assez bêtement quantitative : c’est parce que tout le monde s’y croise.

Et les enquêtes sur ces incivilités-là (mes propres enquêtes ethnographiques comme l’enquête quantitative menée par Philip Smith et ses collègues en Australie) montrent que ce frottement interactionnel concerne tout un chacun : les cadres moyens, les personnes âgées, les femmes...

L’incivilité ici ne concerne pas seulement, loin s’en faut, les jeunes ou les jeunes de banlieue. Il y a dix millions de voyageurs par jour sur le réseau RATP, c’est une bête question de nombre et de densité dans un espace réduit. On ne peut pas simplifier les choses en disant : « il y a les gentils et les méchants, les bien élevés et les mal élevés ». C’est démenti par les faits.

L’incivilité moyenne concerne l’ensemble des troubles ordinaires de la coexistence, et les conflits d’usage des espaces : entre les fumeurs d’un bar qui sortent désormais fumer dehors et les riverains qui subissent les nuisances sonores, entre les commerçants et les sans-abri, entre les membres d’un jardin partagé et les adolescents qui s’y installent à quinze, etc.

Tout ça peut être qualifié « d’incivilités », mais c’est souvent manquer une partie du problème ; il ne faut pas que cela revienne à adopter un point de vue univoque, centré uniquement sur le droit ou sur la règle et le contrôle.

Quel est le rapport entre les incivilités et l’institution ?

Des organisations comme la RATP ou la SNCF ramènent volontiers l’incivilité à des problèmes entre les usagers. Cela existe mais les gens sont, pour la plupart, plutôt de bonne volonté et surtout, ils tiennent beaucoup aux questions de politesse.

Le discours sur « l’éternel déclin de la civilité », « les normes se perdent » ne me convainc pas. Il y a tout un tas de choses qui jouent dans les interactions : les rapports générationnels, de sexe, interethniques, qui font que les gens se comportent plus ou moins « bien » avec les autres.

Ensuite, les institutions qui accueillent du public (La Poste, les mairies, Pôle emploi) ont une responsabilité. L’association d’usagers de la ligne 13 vous dira que la possibilité d’être civils commence par celle de ne pas se monter les uns sur les autres dans le métro.

Une collègue, Julia Velkovska, travaille sur les boutiques d’un grand opérateur téléphonique français. Elle montre très bien que le fait de faire une scène est parfois une nécessité. Ainsi, quand un client vient parce qu’il a un problème, c’est qu’il n’a pas trouvé de solution sur Internet ni au téléphone. Et il cherche désespérément un interlocuteur, mais sur place, rien n’est prévu pour l’aider.

Sa demande est hors-sujet (les employés sont là pour lui vendre des choses et rien d’autre). Alors, s’il ne fait pas une scène, il ne va pas pouvoir être aidé. Parce qu’il faut pour les employés sortir de leurs attributions, dévier par rapport à leurs règles internes et leur mission, pour aller trouver l’information qui va aider ce client sur son problème. Mais ce n’est pas prévu.


Carole Gayet-Viaud

Très souvent, c’est ce genre de problème que vivent les personnes en contact avec les gens, tous ces métiers du public étudiés par Isaac Joseph et Gilles Jeannot. Si le personnel d’accueil se prend tout dans la figure, c’est qu’on leur reproche que l’institution ferme les écoutilles.

La première des civilités, en ce sens, c’est de donner des recours et des interlocuteurs aux gens qu’on reçoit. L’hospitalité devient parfois une question politique : si on ne veut pas que les jeunes squattent un hall, il faut leur ouvrir des lieux gratuits équivalents.

Par qui est utilisé le mot « incivilités » ? J’ai l’impression de ne l’entendre que dans la bouche des élus, des journalistes, des responsables de services de transports... Pourquoi ?

Effectivement. Même si le terme entre progressivement dans le langage commun, les gens ne se traitent pas « d’incivils » entre eux, ils se traitent de « malpolis », voire de « connard », et j’en passe. L’incivilité est un terme qui décrit un phénomène de l’extérieur et en surplomb. Il s’est imposé par en haut, par son succès médiatique et politique, qui l’a mis progressivement à l’agenda des politiques publiques, depuis deux décennies maintenant.

Vous oubliez une catégorie importante dans la genèse de ce succès : les policiers. Dès 1993, après les émeutes de Vaulx-en-Velin, la directrice des Renseignements généraux Lucienne Bui Trong a publié un livre dans lequel elle définissait une échelle de la violence urbaine. Le stade ultime était la guérilla, le premier degré, l’incivilité.

Avec ce cadrage très criminologique de la question des incivilités qui a longtemps dominé, on pouvait ranger dans un même phénomène les altercations dans le métro et les incendies de boîtes aux lettres. Ce qui n’est quand même pas évident…

Mais ça a compté et contribué à justifier les Loppsi 1 et 2 qui créent de nouveaux délits et augmentent les peines encourues pour des délits mineurs (le vendeur à la sauvette par exemple, ne peut pas être considéré comme responsable d’un sentiment d’insécurité, peut-être même au contraire, et pourtant la peine encourue a été alourdie). Le flou de la notion a donc permis des instrumentalisations très gênantes.

Ce cadrage de la question s’est assez largement imposé, malgré les débats et les critiques, et a favorisé les réflexions et les actions sur l’articulation entre incivilité et délinquance, voire crime, aux dépens de toute réflexion sur l’articulation avec la norme pensée positivement, la civilité, le vivre-ensemble.

Du coup, l’incivilité présume toujours que l’ordre va de soi. C’est à la fois naïf et faux. Et politiquement, par effet de ricochet, on considère souvent désormais que la lutte contre les incivilités, et la civilité d’ailleurs, ne sont que de jolis noms (et des injonctions) servant à cacher un exercice débridé du contrôle, liberticide, que c’est un instrument de la « gouvernementalité » bref, quelque chose de suspect, voire totalement nocif politiquement.

Cette opposition politique entre réactionnaires-défenseurs-de-l’autorité-perdue-à-rétablir d’un côté et critiques-de-gauche-de-l’injonction-à-la-civilité-masquant-le-piétinement-des-libertés d’autre part constitue en fait les deux faces très solidaires d’une même vision, très formaliste, de la civilité. Cela laisse largement hors champ la plupart des questions réelles, de fond, que pose l’interaction civile et ses ratés - ce qui est tout de même dommage.

Un des problèmes qu’il y a derrière tout ça, c’est la vision de l’ordre qui est supposée, qui n’est pas satisfaisante ni d’ailleurs correcte. Penser la réciprocité des perspectives, la nécessité pour ceux qui obéissent aux règles de coproduire ces règles, de pouvoir les critiquer et les transformer si elles ne sont pas ou plus estimées légitimes, tout cela est fondamental dans la définition d’un ordre civil, et donc juste, en régime démocratique. Or, ce lien entre civilité et citoyenneté (active) est souvent totalement occulté. On renvoie alors à un ordre subi auquel il faut se soumettre plutôt qu’à un ordre légitime auquel on consent alors librement à obéir.

Que révèle le discours sur l’incivilité sur notre rapport à la norme, au désordre, à l’éclat de voix, à l’imprévu ? Sommes-nous intolérants ?

Ce n’est pas une tolérance ou une intolérance de principe. Le soupçon de mauvaise volonté vient très vite entre inconnus et fait monter la tension. Ce sont des règles auxquelles les gens tiennent beaucoup, et ils ont un côté schizophrène car le sens commun les empêche d’admettre pourquoi et en quoi c’est important. Les gens racontent : « je ne sais pas pourquoi ça m’énerve autant qu’on me double dans la file d’attente ».

D’un côté, le sens commun dit que toutes ces choses sont négligeables. De l’autre, ce sont des questions de justice, de respect, donc il est assez naturel que cela touche les gens de manière viscérale. Ils n’arrivent pas à résoudre cette contradiction, et continuent à s’en rendre malade tout en disant « je ne devrais pas, c’est plus fort que moi ».

Sur le site internet de la mairie de Nice, on trouve la phrase suivante : « l’incivilité nuit à la paix sociale et à la qualité de vie de chacun d’entre nous. » Pourquoi regrouper tous ces termes à connotation morale dans la même phrase ?

C’est un constat tellement général que je pourrais bien sûr être d’accord. Après, il faudrait voir ce que fait la mairie de Nice pour que ceux qui sont susceptibles d’encombrer les trottoirs avec leurs tentes en carton, ou pour les jeunes qui squattent.

Quelles prises sont données aux gens pour rester civils les uns avec les autres ? L’ordre n’est pas qu’un corpus de règles auxquelles il faut se soumettre. On peut accepter d’obéir, pour autant qu’on considère les règles comme justes et légitimes, qu’on y souscrive.

Dans une campagne d’affichage récente « contre les incivilités », la RATP a remplacé le visage des usagers par des têtes d’animaux, en fonction du comportement reproché : une grenouille pour ceux qui sautent le tourniquet, un buffle en costume pour celui qui pousse les autres dans le métro, etc. Qu’est-ce que ça signifie ?

Ils veulent éviter le côté donneur de leçons, montrer que ces comportements concernent des types sociologiques variés et éviter de les stigmatiser en leur donnant un visage. C’est aussi une façon de communiquer en interne, en disant à son personnel que la direction s’occupe des problèmes qui les touchent.

Cela dit, quand on interroge les gens, on remarque qu’il y a tout un tas d’agacements liés à la cohabitation. Mais c’est le cas pour n’importe quelle forme de cohabitation. Focaliser l’attention là-dessus fait porter la faute, de manière disproportionnée, sur la bonne ou mauvaise éducation des usagers.

Or, encore une fois, ce ne sont pas là les seules difficultés, et ce cadrage exonère la RATP de ses propres responsabilités : ce qu’elle doit à ceux qu’elle accueille, ou encore la responsabilité de l’organisation dans les difficultés que rencontrent les personnels en contact avec le public, comme je l’ai dit plus tôt.

C’est une question de gestion des flux, de l’information, des équipements : la civilité de l’organisation c’est accueillir correctement les gens. Or, le métro est très inhospitalier aux usagers qui ne sont pas des hommes d’âge moyen en parfaite santé. Pour les femmes (avec enfants jeunes, enceintes), ou pour les personnes malades ou âgées, sans parler des personnes handicapées, tout reste à faire.

Si vous êtes enceinte et avez des nausées, vous n’avez qu’à vomir dans la poubelle. Et attendre d’être arrivée à bon port pour trouver un point d’eau. Si vous êtes malade ou avez mal au dos, il n’y a souvent plus de siège pour s’asseoir. Mais dans la campagne, toute cette dimension et tous ces sujets sont escamotés.

Dans les campagnes de ce genre, menées par des réseaux de transport ou des villes, on observe souvent deux phases : d’abord la sensibilisation, puis la répression, à travers des amendes.

Il y a une demande sociale de propreté très forte, et qui va croissant il me semble. Prenons l’exemple des déjections canines : il s’agit bien d’incivilités. Il y a bien un rapport avec les normes communes dans le fait de laisser ou non son chien déféquer sur le trottoir.

Ce type de verbalisation en revanche, n’est pas celui qui me choque le plus, car il est relativement « égalitaire », et ne va pas contribuer à stigmatiser des catégories défavorisées. Mais là encore, il y a une sélection des priorités dans le choix des politiques à conduire, où mettre les moyens, à quoi employer les personnels payés par les deniers publics.

Carole Gayet-Viaud a co-dirigé (avec D. Cefaï et M. Berger) l’ouvrage « Du civil au politique. Ethnographies du vivre-ensemble » (éd. Peter Lang, 2011). L’ouvrage tiré de sa thèse, intitulé « La civilité urbaine. Enquête sur les formes élémentaires de la coexistence démocratique », est à paraître en 2013 (éd. Economica). Ses recherches actuelles portent sur les métiers de la régulation de l’ordre (en) public dans les espaces urbains.h

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21 décembre 2012 5 21 /12 /décembre /2012 07:25

Nous vivons dans un système  ou les non dits (face cachée de la Lune) sont ,de par les déterminismes qui s'y cachent, sans commune mesure -ou à tout le moins à égalité - avec les questions ,les énoncés et leurs réponses érigés en paragon de  modernité...Il serait temps de changer de paradigme.

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  • Le monde est dangereux non pas à cause de ceux qui font le mal, mais à cause de ceux qui regardent et laissent faire” Einstein.
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