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17 décembre 2013 2 17 /12 /décembre /2013 17:51

La France en déclin, un pays de cons serviteurs

Connaissez-vous les cons serviteurs, ce genre humain très répandu et qui finit par se fondre dans l’élite culturelle en vue mais sans vision sur l’avenir. Le con serviteur est un néologisme associant trois composantes. D’abord le con, qui signifie l’ignorance, la bêtise, la fermeture d’esprit et bien évidemment la capacité à tout oser, surtout le médiocre. Ensuite le serviteur, notion qui indique la propension à servir. On pense en général à la servitude du valet face au maître mais j’emploie plutôt cette notion dans le sens de servir l’intérêt du système, autant que servir ses propres intérêts, les deux étant tout à fait compatibles et même très complémentaire puisque le système établi sait récompenser ceux qui le servent alors qu’à l’inverse, ils ne pardonnent rien à ceux qui osent le contester. Enfin, dans con serviteur, on trouvera le troisième sens sous forme d’un jeu de mot faisant allusion au conservateur.

La France serait-elle devenue un pays de conservateurs ? Oui pensera une opinion publique informée par les chiens de gardes gauchistes sonnant le rappel à l’ordre face aux réactionnaires. Mais attention, vous vous trompez, le réactionnaire est différent du conservateur timoré et a fortiori du con serviteur. Un réactionnaire intervient dans le débat d’idée, il défend des convictions, des valeurs, déployant une critique féroce face à un modernisme qui, s’il porte le changement, est dénoncé comme un ressort de l’abaissement de la société et d’une tendance à un abaissement généralisé de la culture. Un réactionnaire se bat. Il percute. On trouvera le réactionnaire neurasthénique et mélancolique en la personne d’Alain Finkielkraut à la triste mine sur les plateaux télé mais qui sait donner de la voix, par exemple lorsqu’un entretien vire à l’interrogatoire. Cette saine colère fait apparaître le côté inquisiteur du journaliste ; qui veut faire avouer à l’intellectuel son péché face à la bien pensance. On a aussi le réactionnaire faussement dilettante et facétieux, avec Eric Zemour et ses analyses qui débordent en percutant la conscience des belles âmes de gauche. Autre archétype, plus costaud, genre boxeur des plateaux, avec Alain Soral, le réactionnaire qui a des couilles. Dans le genre réactionnaire, il existe plusieurs caractères et autant d’école de pensée avec des styles et des idées plus ou moins personnelles. Renaud Camus, réactionnaire de divan transformé en terroir de la pensée alors que son confrère Denis Tillinac est un authentique du terroir provincial.

Ces réactionnaires sont bien sympathiques, euphémisme ; mais ça fait un peu cirque intellectuel. Il ne manque qu’une meneuse de revue et ma foi, pourquoi pas Elisabeth Lévy avec un fouet pour dompter cette gent masculine. Il y a deux siècles, Joseph de Maistre avait quand même plus de gueule, philosophiquement parlant, sans oublier les Strauss et Lasch qui sont de brillants conservateurs au sens noble du terme. Un révolutionnaire ne peut qu’être inspiré en suivant ces conservateurs au lieu de prendre appui sur Marx, penseur obsolète sauf pour les ânes cons serviteurs de l’ordre rouge.

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Le con serviteur n’est pas un réactionnaire même s’il peut adopter quelques valeurs du passé ou suivre les avant-gardes quand elles sont devenues les repères culturels d’un système. Le conserviteur cherche à suivre la pensée moyenne, à œuvrer pour le consensus, sorte de passeur qui passe les plats réchauffés ou qui s’affaire en cuisine en suivant les recettes déjà convenues. Il œuvre pour maintenir le système, non pas de manière statique mais avec le léger mouvement du changement qui ne fait pas trop de vagues. Dans le domaine des savoirs, le conserviteur ne fera jamais preuve d’audace. Il admire les reliques du passé en agitant son plumeau pour les dépoussiérer et se camper dans les amphis en une sorte de commissaire d’exposition offrant les grandes pensées aux écoutants comme si elles étaient sorties d’un musée imaginaire. Les cons serviteurs sont aussi représentés dans les médias, souvent dans le monde de l’édition, sur les plateaux de shows culturels ou d’informations divertissantes comme le grand journal de Canal plus où sévissent les plus emblématiques parmi les cons serviteurs.

Le con serviteur est par essence un pleutre. Il n’ose pas défendre les causes comme l’euthanasie et se planque derrière un bouclier sémantique en parlant de suicide assisté pour effrayer le manant. Nombre de collabos ordinaires furent des cons serviteurs de l’ordre établi par Pétain…

Que pensent les cons serviteurs ? Sans doute des idées mollassonnes. Egrenées dès qu’un micro se tend ou qu’une place pour une tribune est disponible. Le con serviteur est absolument antiraciste, il est pour le mariage universel, il est européen mais pas trop, avec un sens critique dès que l’intérêt national est en jeu. Il est pour l’austérité mais pas trop. Il attend la croissance et scrute les jours meilleurs. Il est contre le dérèglement climatique. Il pense que la technologie pour tous est une bonne solution et qu’il faut être dans le développement durable afin de préserver la planète. Le con serviteur voit dans la personne du Pape l’adversaire du préservatif. Le con serviteur est pour un hédonisme tempéré. Il croit fermement en la science en se voyant moderniste dès lors qu’il envoie quelque salve vers l’Eglise. Il est de bon ton de ne pas croire en Dieu, même si on ne sait pas qui est Dieu. Le con serviteur est obligatoirement contre le FN qu’il doit absolument ériger en diable, en parti d’extrême-droite et même en parti nazi. Je me donne un conseil néanmoins : limiter l’écriture sur les cons serviteurs, pour ne pas être attiré par le bas et le vide sidéral de cette pensée atrophiée qui épouse le mouvement comme un chien qui suit le morceau d’os.

Il existe plusieurs niveaux de cons serviteurs. Depuis l’abruti jovial qui décline ses blagues sur le plateau d’Hanouna jusqu’au professeur d’université qui administre quelques savantes leçons pour ne rien changer, en passant par nombre d’intellocrates, journalistes et autres politiciens de cirque médiatique. La grande question « métaphysique » qui se pose concerne l’utilité des cons serviteurs. Je n’ai pas la réponse mais une chose est sure, les cons serviteurs ont un impact important sur la société. Par leur mollesse toute diplomatique ils semblent participer à une sorte de paix sociale en lissant les aspérités du monde tout en tempérant les cris intempestifs des réactionnaires et des révolutionnaires. L’envers de la médaille, c’est que les cons serviteurs empêchent un monde nouveau d’advenir et servent à maintenir l’ordre établi qui en fin de compte, leur convient assez bien. Le révolutionnaire établit le désordre alors que le con serviteur sert l’ordre établi.

Le conservateur est différent car il conserve le passé qui devenu monument se prête à un usage progressiste si on en croit une certaine interprétation de la deuxième intempestive de Nietzsche. Le con serviteur pratique la con servitude. Parfois il enferme la pensée en boîte de conserve. Vous avez le cassoulet au porc, au canard ou à la saucisse de Toulouse. Prenez Frédéric Lenoir. Dans ses interventions télévisées, il donne l’impression d’ouvrir une pensée enfermée dans ses boîtes de conserve. Le bonheur cuisiné de plusieurs manières, avec au choix, comme pour le cassoulet, des morceaux de Spinoza, de bouddhisme, d’épicurisme et même de christianisme. Le con serviteur plaît au grand public. Qui boude les révolutionnaires.

Le désordre révolutionnaire n’a rien d’anarchique. Il marque la transition entre une époque et celle qui suit et ne lui ressemble pas. Le con serviteur n’a pas d’avis sur les révolutionnaires, ni sur les réactionnaires. Il pense que le monde doit suivre un réformisme calé sur les événements et la conjoncture. Le con serviteur suit et sert la conjoncture, le révolutionnaire change les structures. Le mal français n’est pas étranger aux cons serviteurs qui sont bien servis et diffusés. Le révolutionnaire et en général tout individu qui affronte le système, souvent pour le faire bouger, est en quelque sorte boudé, pour ne pas dire massacré par le système de l’ordre établi. Voilà pourquoi la France n’épouse pas son avenir car elle tue à petit feu tous ceux qui pourraient faire advenir un monde nouveau. Mais dieu merci, les révolutionnaires n’ont pas abdiqué, même si dans leur camp ont voit quelques agités du bocal qui finalement, jouent de concert avec les cons serviteurs, devenant alors les idiots utiles de l’ordre établi qu’ils légitiment en le conspuant tout en jetant des tomates idéologiques.

 

 

Auteur: Bernard DUGUE

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12 décembre 2013 4 12 /12 /décembre /2013 18:30

Tous les observateurs sérieux s’accordent pour affirmer la pluralité de la crise actuelle dont l’effet le plus manifeste et médiatique remonte à 2008, lorsque la crise des subprimes a entraîné une crise financière systémique qui est devenue économique puis sociale et maintenant, politique, avec des conséquences à l’échelle d’une nation ou bien à l’échelle planétaire. On voit en effet une redistribution dans les cartes du jeu politique. La globalisation du système induit par effet domino des crises sociales et politiques touchant certains pays alors que d’autres sont connus pour rester stable, maintenir leur modèle social. Sans oublier les pays émergents avec des contrastes entre ceux qui tirent leur épingle du jeu et ceux qui semblent ramer. Beaucoup s’accordent à penser qu’un monde nouveau émerge. D’autres parlent de crise de civilisation, de développement durable. Quelques uns se croient obligés de parler de crise écologique et s’imaginent que le salut des sociétés et de la politique se résout dans la transition écologique et la croissance verte.

Si une chose est certaine, c’est bien la prise de conscience qui s’est dessinée depuis la crise financière de 2008. Dans la sphère publique et politique les questions d’avenirs sont débattues. Le 5 décembre, les invités de Franz-Olivier Giesbert ont réfléchi au monde de demain. Le gouvernement a planché sur la France de 2025 au cours de l’été 2003 alors que le Sénat vient de publier un rapport sur la France des dix prochaines années. Ces réflexions partent d’une bonne intention mais sont-elles capables de cerner la profondeur du problème contemporain ? Ce n’est pas certain. Car la Modernité n’est pas perçue avec lucidité. Peut-être que nos élites se réfugient derrière un pari pascalien en se disant que tout peut continuer moyennant des adaptations, transitions et réformes et que les choses finiront pas s’arranger ou du moins s’améliorer.

Je préfère choisir le pari inverse et partir d’une hypothèse forte. Les sociétés avancées comme la notre, comme les Etats-Unis et bien des pays européens, sans oublier Japon et Corée, sont face à des problèmes devenus insolubles, insurmontables. En paraphrasant une célèbre formule de Reagan, je dirais volontiers que la science et la technique, ce n’est pas la solution mais c’est le problème. Plus précisément, il faudrait dire que la technique est devenu un problème, sinon Le Problème. La technique est devenue autant un outil performant qu’un fardeau que l’humanité porte car la technique semble asservir les humains, demandant de plus en plus de temps, alors qu’on aurait pu penser que cette technique libérerait du temps pour laisser à l’homme un usage plus libre et disons créatif de son existence. Ce constat semblera bien banal aux lecteurs assidus de l’œuvre d’Ellul.

La Modernité est comme la technique, elle est un Janus, porteur d’espérance, de progrès mais aussi de désastres, aliénations et dégradations. La Technique honore le genre humain, elle le dégrade aussi. On en dira autant pour la Modernité occidentale qui a fait le choix de la Technique. La malédiction anthropologique de la Modernité est-elle occidentale ou universelle ? Cette malédiction étant qu’une majorité de l’humanité est considérée comme un moyen par un ensemble de chefs et que les grandes réalisations techniques et urbaines, les existences de l’hyper classe, reposent sur le sacrifice de centaines de millions d’individus. Etat et Capital complices. A ce dispositif s’ajoute une seconde malédiction, celle de la Technique qui elle aussi, impose à l’homme d’être un moyen, et de commettre un sacrifice, celui de la liberté mais surtout de la vie bonne et de la santé physique et morale. Le monde est gagné par la bêtise. Un plateau télé pour commenter les deux avions réquisitionnés par Hollande et Sarkozy en vue de l’hommage à Mandela. Si Keynes était parmi nous, il penserait à euthanasier non seulement les rentiers mais aussi les journalistes de masse.

Nous ne sommes plus dans l’univers marxiste du prolétariat exploité, aliéné, taylorisé, mais dans un monde où la technique, même quotidienne, devient source d’aliénation. Le smartphone exploite son utilisateur, l’incitant à tweeter, à envoyer des SMS, à consulter des tas de pages en 3 ou 4 G, à cliquer et tapoter, à perdre son temps à chercher à satisfaire des désirs sans intérêt mais subtilement implantés dans le subconscient par la propagande publicitaire. La médecine exploite la misère physique et affective des gens, quels que soient leur maux. De plus, la thèse de la pharmacologie sociétale de Stiegler peut être appliquée à nombre de gens malades du désir et de l’envie, des déglingués du consumérisme, avec des revenus modestes ou élevés. Bref, rien de bien nouveau sauf que l’on pressent un chaos généralisé.

Autant liquider rapidement cette réflexion qui mérite un livre que je n’écrirai pas parce que le sujet m’ennuie et que j’ai suffisamment écrit sur la société pour publier un livre. La Modernité est face à deux fléaux. Le premier c’est le désir, et la cupidité, notamment venant des élites. Concrètement, ça donne une industrie du luxe prospère, des véhicules surpuissants de plus en plus chers, des yachts de plus en plus grands et aux extrêmes, des millions de gens qui ne peuvent pas accéder à des soins basiques, optiques, dentaires, etc. L’Etat porte une responsabilité. Les élites ne sont pas les seules à être concernées par ces désirs et autres addictions. La Modernité aurait pu réussir, dans les années 60, en satisfaisant les besoins pour un plus grand nombre. Maintenant, elle satisfait des désirs sans fin pour un petit nombre en laissant dans le besoin des populations entières en Occident.

L’autre fléau c’est la technique. Les normes, l’acharnement, sécuritaire, sanitaire. Ces personnes en fin de vie qu’on maintient avec des tuyaux, ces grands prématurés qu’on s’acharne à faire vivre en sachant que leur existence risque d’être un enfer. La médecine contemporaine devient une barbarie, instrumentalisant cancer et autres maladies…Le système craquera car les besoins artificiels ne pourront pas être résolus, avec la pyramide de l’âge et la vie dégradée qu’impose le Système. De plus, certaines études montrent que si l’augmentation de la durée de vie est avérée, la qualité de vie est mauvaise. L’humanité transformée en une inhumanité par la technique. Qui devient de plus en plus contraignante et onéreuse. La technique est devenue une fin et l’homme est son moyen. La pression du travail rend les gens malades. Les mutuelles se frottent les doigts et la médecine avec. Les problèmes sociaux sont devenus insurmontables, sans parler des problèmes géopolitiques, la France enfermée pendant des décennies dans son rôle de police africaine. Doubler ou tripler le nombre de militaires. Qui va payer ? Et le marché de la drogue, croissant, parce que les gens veulent trouver des exutoires à la vie merdique que le Système propose et que les valeurs s’effacent. Humanité déglinguée et dégradée, les shoots d’héroïnes pour les uns, les sacs Vuitton pour d’autres qui se croient héroïnes mais ne sont que de vulgaires putes de luxe.

Les écologistes croient qu’en sauvant la planète ils sauveront l’humanité. Ils se fourvoient complètement. Les agendas du développement durable ne sont qu’un programme de stalinisme vert destiné à contrôler la vie des gens. Les élites ne sont pas opposées à ce projet. L’homme moderne détruit autant la nature que l’humain. Il faut maintenant s’accommoder d’un monde que personne n’a voulu mais que tout le monde accepte. Vivre dans un monde chaotique. L’humanité avait un autre choix. Les problèmes auxquels doit faire face l’Europe et le monde sont insurmontables. Le plus étrange étant que ces problèmes ont été créé par l’homme.

Ces choses dites, je m’en vais retrouver ma zénitude pour réfléchir à la cosmologie, la mécanique quantique et l’évolution des espèces. Je sais très bien comment changer le Système mais comme le Système convient à une majorité, alors il n’y a rien à changer. Bon voyage dans le chaos mondial !

 

auteur: Bernard DUGUE

 

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11 décembre 2013 3 11 /12 /décembre /2013 18:40

Attention, je vais me lâcher, je vais envoyer du lourd, je vais tailler, je vais me répandre dans le politiquement incorrect !

Cela fait un moment que j’ai la cafetière en ébullition, jusqu’à aujourd’hui je me contenais, je freinais des quatre fers, ne voulant heurter personne. Mais aujourd’hui le moment est venu, le vent tourne, je lâche les chiens.

 En fait, en me lâchant, j’avais la crainte de me “griller“. Puis, au fil du temps, je me suis rendu compte que de toute manière ceux que je sollicitais (les merdias), ne me feraient jamais appel, préférant inviter des COPE, BORLOO, BAYROU, FILLON à chaque fois qu’il éructe, SARKO entre deux conférences pour la Goldman Sachs, MELENCHON qui ferraille ou qui déraille (on ne sait pas trop) après le FN et HOLLANDE, ou bien encore des membres de l’actuel gouvernement pour nous expliquer que la courbe du chômage va s’inverser et que la relance est là !

Du reste, à chaque fois qu’ils font ce genre d’annonce, l’expression de leur visage trahit l’expression de leurs mots, pardon, de leurs mensonges !

Car eux-mêmes savent très bien que ce qu’ils avancent est faux, mais c’est ce que l’on appelle en langage politique une “opération de COM“ ou de la politique politicienne.

En fait, s’il devait être politiquement honnête, il devrait dire :

“ Moi HOLLANDE Anaphore, n’ai jamais été au chômage et ne sais pas ce que c’est que de vivre avec le SMIC ou un RSA. De plus, je m’en fous. De toute ma carrière politique j’ai été un cumulard et ai grassement gagné ma vie sans me fatiguer, tout en côtoyant les “élites“. Ce que je continue à faire, du reste, puisque les ordres me viennent de ces patrons du MEDEF et du CAC40, mais surtout de la finance et des lobbies.

 La démocratie, je m’en tape, sauf en période électorale bien sûr, afin de continuer mon ascension et celle de mes amis, c’est pour cela que je mens à tour de bras.

Je sais très bien que nos gouvernements n’ont plus aucune latitude par rapport à Bruxelles, mais je n’ai pas le courage de m’y opposer. Peut être n’en ai-je même pas l’envie !

Je sais que nous allons dans le mur, mais l’essentiel est que mes proches et moi-même soyons assurés sur l’avenir. Ce qui est fait.

Du reste je vous fais observer que je suis de la promotion Voltaire à ma sortie de l’ENA, lui-même n’était pas franchement près du peuple. Vous comprendrez mieux“.

Imaginez cette intervention au journal télévisé d’un PUJADAS !

Je vous l’accorde, c’est inconcevable, même si cela pourrait être réaliste ! Mais cela ne fait pas gagner une élection. C’est pour ces raisons, qu’à l’image d’un CAHUZAC, il préfère se mentir et mentir au peuple, effrontément et de manière éhontée.

Plus ils veulent rassurer, plus ils filent la trouille. Car, pour qui observe un peu la situation, il n’y a pas un signal positif qui puisse nous faire espérer, prochainement, des jours meilleurs.

 Bien au contraire, l’effet dominos se perpétue avec des dommages collatéraux qui se vérifient tous les jours par la hausse continuelle du chômage et la fermeture des entreprises.

L’état de décrépitude, pour ne pas dire de misère, de la Grèce, mais aussi la descente aux enfers du Portugal de l’Espagne et de l’Italie, ne sont pas faits pour remonter notre moral, meilleur baromètre de l’économie au demeurant.

Le citoyen lambda d’ailleurs lui, ne s’y trompe pas ! Il a effectivement la trouille et la peur du lendemain. En témoignent les 300 milliards que les Français thésaurisent en attendant de connaître à quelle sauce ils seront mangés. Autant d’argent qui ne profite ni à l’économie, ni à le relance.

Pas plus que les 60 à 80 milliards qui manquent chaque année dans les caisses de l’Etat, mais qui profitent à ceux qui pratiquent l’évasion fiscale. La soi-disant lutte que devait mener HOLLANDE tardant à se mettre en place, certainement pour ne pas gêner ses amis ou leur donner le temps de blanchir ou placer cet argent. La même chose pour le cumul des mandats, cette Arlésienne repoussée aux calendes Grecques, pour satisfaire, là, sa majorité politique. Et puis, sommes toutes, quand on a été cumulard et carriériste toute sa vie, il est difficile de demander aux autres de ne pas le faire. Certains se sont même peut être déjà chargé de le lui rappeler.

Il faut reconnaître que les Françaises et les Français ne maîtrisent plus rien depuis des décennies, ils commencent à peine à en prendre conscience.

Le tout début a été l’allégeance en 1973 du financement de l’Etat puis de la dette publique au profit des banques privées. Depuis, ni “la fin de la dérégulation des banques de SARKOZY“ ou “mon ennemi la finance d’HOLLANDE“, n’ont réussi à faire vaciller l’hégémonie de la finance au plan mondial. Et ils ne risquent absolument rien avec des zigotos de cet acabit. La preuve, les paradis fiscaux continuent de prospérer en nombre et en chiffre d’affaire.

Pourtant, il faudra un jour solutionner cette dépendance que nous avons à la finance. Compter sur nos politiques ou sur la Commission Européenne est purement utopique. Aujourd’hui, encore plus qu’hier, c’est cette dernière (la finance) qui mène le monde et les politiciens et non l’inverse, d’où l’impuissance des HOLLANDE et SARKOZY pour ne parler que d’eux. SARKOZY ayant quant à lui carrément viré de bord en étant, non seulement le caudataire, mais un employé de la finance !

Comme quoi, depuis le fameux discours de TOULON, on peut diamétralement changer, en peu de temps, mais pas forcément en bien !

La puissance de la finance privée qui a engrangé 1 800 milliards d’euros d’intérêts depuis 1973, dispose de suffisamment de liquidité dans les différents paradis fiscaux pour alimenter les comptes offshores des politiciens (es) corrompus. N’oubliez pas également, que c’est la finance qui paye une bonne partie des frais de campagne du candidat qu’elle aura choisi. En 2012, c’était DSK, mais personne n’a voulu se mouiller en couvrant ses frasques sexuelles. Une chance pour nous Français, car l’Elysée aurait été un véritable lupanar. En contre partie, lui n’aurait pas taxé les clients des “putes“, mais aurait plutôt fait rembourser la “passe” par la sécu !

Dénoncer ces dysfonctionnements, ces aberrations, ces scandales étatiques, est impossible par le biais des merdias dits publics, les autres font ce qu’ils veulent. Ceux-ci sont plus prompts à faire de la désinformation que de l’information. C’est surtout moins dérangeant pour le pouvoir en place car, si le peuple savait, il pourrait se soulever dès demain matin. Pas bien !

Afin de contrôler le flux et le contenu de l’information, les politiques de droite comme de gauche, “copinent“ avec les patrons de presse, armateurs ou industriels (DASSAULT, BOUYGUES et LAGARDERE) qui mettent à leur disposition une info light, pesée et millimétrée, dispensée par des présentateurs aux ordres et/ou en conflit d’intérêt.

In fine, cela permettra au candidat sortant d’accéder plus facilement à un financement de sa future campagne présidentielle, mais surtout de disposer largement des plateaux de télé par une présence intensive pour y distiller des promesses électorales, qui sont en fait des mensonges électoraux, plus connus sous le nom de démagogie.

Le PUJADAS que je nommais plus haut, qui fait partie de ces gens qui fréquentent, tous les mois, le dîner du siècle à Paris. Il se trouve en conflit d’intérêt lorsqu’il reçoit sur son plateau de télé un de ces habitués de ces réunions privées. Je veux dire par là qu’il n’aura pas toute latitude pour lui poser des questions qui pourraient être embarrassantes et faire de l’ombre aux intérêts de la multinationale que l’invité représente.

Que ces cireurs de pompes serviles, qui se reconnaîtront, évitent de m’inviter sur leur plateau, s’ils ne veulent pas avoir à répondre de leur comportement devant les Françaises et les Français, il ne leur sera fait aucun cadeau, aucune courbette, aucune mansuétude.

Les autres, peuvent me solliciter, je leur répondrai sans complexe et sans langue de bois.

Car en fait, les chaînes dites publiques ont à la fois ce devoir de neutralité en même temps que l’obligation de porter à la connaissance des auditeurs la pluralité des partis, mouvements et initiatives, qui plus est lorsqu’ils vont dans le sens de la démocratie.

Le dîner du siècle à Paris et le groupe Bilderberg sont des officines, certes privées, mais profondément anti-démocratiques puisqu’elles sont fréquentées par des grands patrons (ils en ont tout à fait le droit) mais également par des membres du gouvernement, des magistrats, des journalistes, des fonctionnaires de police, hauts fonctionnaires et autres responsables qui décident pour le peuple et à la place du peuple. Dans ce genre de société secrète, l’indépendance et la transparence des institutions est fortement mise à mal.

Anti-démocratique, parce que ces réunions devraient être filmées pour en connaître le contenu et les participants. Il est reconnu que les participants y échangent des rendez-vous et des numéros de téléphones, qu’il n’y est jamais question de démocratie tant ils s’en contrefoutent, mais qu’à ces réunions, y sont prises les grandes décisions et les grands chantiers pour demain.

Ce qui fait dire à ce spécialiste qui étudie ces officines, que si par malheur (ou par bonheur selon le côté où on se positionne) une météorite s’écrasait sur le bâtiment de l’automobile club à Paris le dernier mercredi de chaque mois, plus de la moitié du gouvernement et une bonne partie de la presse seraient absents le lendemain matin !

Tout ceci n’arrange pas la côte de popularité d’HOLLANDE Anaphore à 20 %, pas plus que celles des politiques en constant recul et sujette à la défiance des citoyens. Il suffirait, pas seulement d’une étincelle pour que tout s’embrase, mais tout simplement qu’HOLLANDE modifie le système des parrainages pour que d’autres mouvements émergent et apportent, de part leur conception un peu plus idéologique et logique de la démocratie, d’autres alternatives et changer le paysage politique en même temps que la condition humaine du peuple.

Mais HOLLANDE n’en aura jamais le courage, c’est trop risqué pour l’UMPS.

Réinstaller une véritable démocratie, c’est ce que font tous ces mouvements déjà connus, ces associations qui militent pour plus de démocratie, plus de justice, plus de partages. Certaines s’essayent déjà à écrire une nouvelle constitution, à imaginer une autre gouvernance diamétralement opposée à la fausse démocratie représentative de façade qui nous est servie et réchauffée depuis des décennies. Quelques chantiers comme, une assemblée constituante, le tirage au sort, une nouvelle constitution, commencent à prendre forme parmi les citoyens qui appellent au changement.

Pendant que d’autres regrettent de ne pas être de ces peuples Islandais ou Suisse, qui ne sont pas Européens (une chance, ou pas), et jouir du pouvoir démocratique et décisionnel dont ils peuvent user en ayant la certitude d’être écoutés et respectés. C’est vrai qu’eux n’ont pas un BAROSSO relié par oreillette à leur Présidence, ni même un gendarme Européen qui valide ou pas les comptes de la nation. Quelle chance !

En parlant de gendarme de l’UE. Qu’en est-il de la directive BOLKESTEIN qui permet à toute personne d’un Etat membre de l’UE de pouvoir travailler dans n’importe quel pays de son choix, mais au tarif du pays receveur ?

 C’est vous savez, l’allégorie du plombier Polonais qui avait été soulevée à cette époque, soit en 2006.

Pratiquement jamais les employés ne sont rémunérés au taux horaire local, mais nettement en dessous, ce qui fait les choux gras aux employeurs de tous poils. Mais que fait le gendarme Bruxellois ? Rien !

Dans le même registre, et au niveau des aberrations. Pourquoi l’Assemblée Nationale et le Sénat, en France, ne sont-ils jamais contrôlés ?

La cour des comptes, dont le rôle est de contrôler toutes les institutions Françaises, mais sans moyen de coercition, n’est elle-même contrôlée par personne, pourquoi ?

Plus suspicieux encore, la Commission Européenne, gendarme de l’Europe sans légitimité élective, est contrôlée par qui ?

Quand on connaît les 15 000 lobbyistes rapaces, mais autorisés, qui gravitent autour de cette dernière, on est en droit de se poser quelques questions et même d’avoir envie de consulter le listing de Messieurs CONDAMAIN-GERBIER et FALCIANI !

Alors, puisque les merdias publics sont interdits à ceux qui, comme moi, défendent la démocratie et l’intérêt public avant l’intérêt personnel ou celui du privé. Puisqu’il n’est fait allégeance qu’à ceux qui nous gouvernent très mal depuis des décennies parce qu’ils ne défendent que les riches, pratiquent la langue de bois et le mensonge en permanence.

J’ai envie de vous dire, Mesdames Messieurs, ne changez rien, profitez-en bien tant qu’il en est temps, continuez à nous prendre pour des cons, cela ne devrait pas durer aussi longtemps que les hausses des taxes et impôts du tandem HOLLANDE/AYRAULT.

Et au moment de l’emballage final, tout comme le dit le proverbe, “Dieu reconnaîtra les siens, ou les chiens ! “

Je fais partie de ceux qui n’acceptent pas cette loi d’Airain imposée par le système capitaliste avec la bénédiction de certains hommes politiques corrompus.

C’est pour cela que je réitère.

Ras l’bol des politiques incompétents et/ou corrompus.

Plein l’cul des journalistes serviles et à la solde des politiques.

 

Auteur Dominique TONIN


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2 décembre 2013 1 02 /12 /décembre /2013 17:04

Ne nous lavons plus !

L'avantage de surfer sur un site internet est l'absence d'odeurs nauséabondes de correpondants virtuels, rien à voir avec les idées politiques mais plutôt avec l'hygiène corporelle. Pourtant selon Hubert Reeves nous nous laverions trop, ce qui n'est certes pas l'avis des visiteurs étrangers qui ont de nous une opinion exécrable. Le français serait sale paraît-il et n'utiliserait que rarement sa douche et sa brosse à dents. Imaginez une manifestation de protestation contre la politique d'austérité imposée par François Hollande où tous les manifestants se pinceraient le nez. En fait entre se laver trop ou pas assez, "comme toujours rien n'est simple" sera la conclusion du célèbre astrophysicien à la fin de son exposé.

En fait, d'après l'article du Huffington Post "Un français sur cinq ne se lave pas tous les jours", révélation d'un sondage commandé par une société spécialisée dans les produits d'hygiène. Une entreprise qui comme bien d'autres transforme le savon en or car le marché de la propreté est florissant. Toutefois ne faut-il pas se poser la question sur la nécessité de prendre deux douches par jour, une le matin dès le réveil puis une autre avant de se coucher. Si celle du soir semble indispensable, que se passe-t-il la nuit pour qu'un nettoyage s'impose au saut du lit. Inutile de faire un dessin je me doute que vous ne dormez pas avec une personne crasseuse, et puis chacun à droit à son intimité.

Hubert Reeves vous le savez est un scientifique mais aussi un écologiste passionnée, c'est vrai que parfois les écologistes donnent à tort l'impression d'être des illuminés voire des utopistes alarmistes, visionnaires d'une irrémédiable apocalypse si nous ne changeons pas notre attitude envers la planète. Sans oublier que lorsque l'écologie se mêle à la politique le vert peut pâlir, devenir suspect et se délaver.

Or mieux vaut prévenir que guérir et c'est là toute la démarche du scientifique franco-canadien qui bien sûr reconnaît toutes les vertus d'une bonne hygiène. Mais point trop n'en faut car dans un monde trop aseptisé notre organisme n'apprend plus à se défendre contre les "populations microbiennes". Résultat selon une étude qui sert de référence à Hubert Reeves les chercheurs ont remarqué un très important développement des asthmes et des allergies. Mais ceci n'a rien de très nouveau et déjà bien des docteurs avaient mis en garde contre un affaiblissement de nos défenses immunitaires qui serait provoqué par un souci maniaque de propreté. Avouez qu'il n'est pas si facile de trouver le juste milieu entre trop ou pas assez se laver, tout en tenant compte également par soucis écologique et financier de sa consommation d'eau.

Être ou ne pas être propre est également une préoccupation sociétale et influence le bien vivre ensemble. Ne pas se laver et sentir le phoque est d'abord un manque de respect pour autrui, mais le malpropre est aussi une source (polluée) qui peut contaminer son voisinage. 

3,5% des français reconnaissent ne passer qu'une fois par semaine dans la salle de bain et 15% des utilisateurs de toilettes oublient de se laver les mains après avoir liquidé leurs besoins naturels. Les germes sont partout, faut-il s'en inquiéter pour tous ces usager des transports en commun ou du métro considérés comme de véritables "nids à bactéries". Ou faut-il les remercier de participer involontairement à la bonne réaction immunitaire de notre organisme. Bien sûr avoir une bonne santé ça n'a pas de prix mais ces "vaccins" humains aux odeurs malodorantes sont souvent mal tolérés par les impatients de prendre l'air. 

Sachez que lors d'un baiser les partenaires amoureux échangent 250 types de bactéries sans compter les virus, mais comme le dit Hubert Reeves "défendre la biodiversité, c'est aussi reconnaître nos alliés et nos ennemis". Il faut parfois savoir vivre dangereusement.

 

 

Auteur: GRUNI

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27 novembre 2013 3 27 /11 /novembre /2013 19:26

Les deux mon général...

L’année 2013 est en passe d’entrer dans le top 10 des années les plus chaudes depuis 1850  ! Ce type de records se succède dangereusement depuis quelques années. Malgré un certain fatalisme, des pistes de réduction des gaz à effet de serre s’avèrent très prometteuses.

C’est mal parti

Anticipée par le GIEC, la multiplication des événements météo extrêmes vient d’être tristement confirmée par le typhon Haiyan, l’un des plus puissants jamais observés, qui a touché le 8 novembre les Philippines. Encore plus pessimiste que le précédent, le nouveau rapport du GIEC (le cinquième) laisse entendre qu’Haiyan n’est qu’un avant-goût de ce qui pourrait nous attendre dans les prochaines décennies.

Il serait donc grand temps d’agir. Pourtant, dans le meilleur des cas, ce n’est qu’en 2015, à Paris, que sera signé (si il est signé) un nouveau protocole international visant à limiter à 2°C le réchauffement climatique d’ici la fin du siècle. Pire, ce nouveau protocole ne rentrerait en vigueur qu’en 2020.

Comment agir tout de suite ?

2020, l’échéance est trop lointaine pour l’Agence internationale de l’énergie (AIE). Dans son rapport 2013, l’agence estime que c’est dès à présent qu’il faut agir. Selon elle, « sur la base des politiques actuelles », les températures moyennes vont augmenter « de 3,6°C à 5,3°C » d’ici la fin du siècle. Ces prévisions sont bien au-delà des 2°C évalués comme le seuil qui conduirait à une importante hausse du niveau de la mer et à une extinction massive des espèces animales et végétales.

L’agence ne baisse cependant pas les bras. La limitation du réchauffement à 2°C « reste techniquement faisable », si une série de mesures est mise en place avant 2020 partout dans le monde. Parmi celles-ci, l’abandon des centrales à charbon les plus polluantes, et, surtout, le développement de l’efficacité énergétique.

En améliorant l’usage de l’énergie dans les bâtiments et les transports, il serait possible de réduire d’1,5 milliards de tonnes les émissions mondiales de gaz à effet de serre, soit autant que celles de la Russie. Ce moyen d’agir est d’autant plus intéressant que son coût (évalué à 200 milliards de dollars) « serait plus que compensé par la baisse des factures énergétiques ». Non seulement bon pour l’environnement, l’efficacité énergétique serait aussi un « avantage compétitif » en faisant baisser les besoins d’une énergie toujours plus chère.

Dans la lutte contre le changement climatique, l’efficacité énergétique est donc l’un des principaux moyens d’agir. Mieux, il est dans l’intérêt économique (puissante motivation) des Etats, des entreprises et des particuliers d’investir dans ce domaine.

 

in Agora vox

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23 novembre 2013 6 23 /11 /novembre /2013 18:30

Rimbaud n'etait pas qu'un poête, ce fut aussi un voyageur en quête de découverte hors des sentiers balisés ; il etait fasciné par cette richesse négligée  que représente l'altérité. Cette rencontre-découverte  avec  l'autre nous -même quelque soit son origine ...L' article qui suit nous raconte  sa passion du partage  durant son périble , sans à priori, dans un continent fascinant l 'Afrique...

 

 

 

Voyage vers l'Est : dernière partie d'un périple vers l'est de l'Ethiopie qui nous fait découvrir l'ancienne ligne de chemin de fer d'Addis à Djibouti construite par les Français, la ville francophone de Dire Daoua et la fameuse cité de Harar, chère au poète Arthur Rimbaud.

Avant la construction de la ligne de chemin de fer Addis-Djibouti et la création de la ville de Dire Daoua, la citadelle de Harar était le grand centre de négoce de l'est de l'Ethiopie, fièrement située sur la route commerciale reliant les hauts-plateaux d'Abyssinie à l'Océan Indien. Elle était aussi et reste toujours un centre primordial de l'Islam, quatrième en importance après La Mecque, Médina et Jérusalem. Mythique et historique, Harar attira en son temps des générations de voyageurs, artistes, écrivains et poètes dont le grand Arthur Rimbaud, qui en fit sa ville d'adoption dans les années 1880.

A l'age de 26 ans, Rimbaud, fort de sa réputation grandissante de poète et voyageur errant par nature, décida d'abandonner l'écriture pour se lancer dans le commerce international. Il souhaitait quitter la mentalité étroite de la France de son époque et surmonter la douleur que lui avait causée sa relation tumultueuse avec Paul Verlaine. Harar était à l'époque un lieu exotique, clos et chargé de mystère, où encore très peu d'étrangers avait pu pénétrer. Un lieu à priori parfait pour un poète vagabond comme lui.

Jusqu'en 1875, date à laquelle les Egyptians prirent possession d'Harar, la ville restait fermée aux non-musulmans. Le premier étranger à avoir pu y entrer en 1855 fut l'explorateur britannique, Richard Burton, qui camouflé en riche marchand musulman, réussit à franchir les portes de la ville. Il décrit ses aventures dans son livre : "Premier pas en Afrique de l'Est-Exploration d'Harar." Vers la fin du XIXème siècle, la cité s'ouvrit aux sociétés étrangères de négoce qui y installèrent des comptoirs. Rimbaud y travailla d'abord comme représentant du commerçant français, Alfred Bardley, déjà établi à Tadjoura (Djibouti) et Aden, mais son premier séjour fut interrompu par une insurrection qui poussa les autorités égyptiennes à quitter Harar en 1884. Le pouvoir retomba entre les mains de l'autorité traditionnelle, incarnée par l'émir Abdullah qui tenta une fois de plus de chasser les étrangers. Ce parti pris déplut au roi Ménélik qui souhaitait bâtir une grande Ethiopie et comptait y inclure Harar. Il y envoya son meilleur général, Ras Makkonen, qui vint à bout de l'Emir et fut nommé gouverneur d'Harar, où quelques années plus tard nacquit son fils Tafari, le futur empereur Haile Selassié.

Une fois le calme rétabli, Rimbaud retourna à Harar, cette fois-ci pour y ouvrir sa propre société de négoce, au nom de laquelle il fut impliqué dans tout un éventail de transactions, y compris la vente d'arme au roi Ménélik qui défendait son trône sur le front nord. A son retour à Harar, Rimbaud fit une description sordide de la ville qui d'après lui, ressemblait à des égouts à ciel ouvert aux odeurs de putréfaction et à la limite de la famine et de la peste. Le nouveau gouverneur, Ras Makkonen, qui devint très vite son ami, réussit à retourner la situation, rétablir les infrastructures urbaines et redonner à Harar son rayonnement d'antan.

Durant tout son séjour dans la ville, Rimbaud travailla beaucoup, écrit très peu, principalement des lettres adressées à sa mère et à sa soeur. C'est cependant le poète que l'on célèbre dans la ville aujourd'hui. Un musée a été ouvert il y a quelques années à l'emplacement où il vivait mais dans une maison édifiée après son départ. A l'intérieur, une exposition permanente permet de retracer sa vie depuis son enfance dans le nord de la France jusqu'à ses derniers jours d'homme malade quittant Harar sur une civière pour aller se faire soigner et ensuite amputer à Marseille. Quelques photographies prises par Rimbaud lui-même sont aussi exposées. Cependant, la seul trace qui reste de la France à Harar est la présence abondante de vieilles Peugeot 404. A côté de la maison de Rimbaud, se trouve celle de Tafari Makkonen, devenue un musée de la ville de Harar, où l'on peut admirer toute sorte d'objets tels que des bijoux, costumes, armes, pièces de monnaie, illustrant la culture très particulière de cette place forte musulmane aux portes de l'Ethiopie chrétienne orthodoxe.

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Les deux Harar

De nos jours, Harar est composée de deux villes distinctes : la vieille ville musulmane à l'intérieur des murailles, aussi surnommée le Jegol et fondée au XVIème siècle, et la ville moderne chrétienne bâtie par les Italiens lors de l'occupation des années 1930. Pour l'Ethiopie, dont la plupart des villes sont de construction récente, Harar est une très ancienne cité presque orientale. Les habitants d'Addis savent que pour la savourer pleinement, il faut loger dans une des deux maisons d'hôtes du vieux centre, tenues par deux soeurs et communément appelées cultural guest house (maison culturelle). C'est ce que nous fîmes ce qui nous permit d'arpenter à loisir les ruelles de la ville - certaines sont tellement étroites qu'une seule personne peut y passer à la fois - et de découvrir ses trésors cachés, comme la plus petite mosquée du pays ou encore la plus ancienne torréfaction de café de la ville où les murs en ont absorbé la forte odeur. Le Jegol contient plus de 90 mosquées dans son enceinte et une seule église orthodoxe datant du temps du Ras Mekkonen. Nous fîmes également appel aux services d'un guide local, indispensable pour véritablement explorer la vieille ville et comprendre son histoire et son fonctionnement, en particulier la place que tiennent les maisons individuelles.

Ces dernières sont célèbres en Ethiopie et au-delà pour leur riche décoration intérieure et le symbolisme de chaque objet et pièce de décoration. A chaque évènement important pour la famille tel qu'un mariage, une naissance ou un décès, on rajoute un objet. Un oeil averti saura lire dans la décoration toute l'histoire de la famille. Ainsi, dans la maison d'hôtes où nous logeâmes, nous fûmes conviés dans le salon de famille, sauf aux moments de la prière. Notre guide dut nous expliquer en détail la signification de la décoration pour pouvoir la comprendre. Ainsi, il nous montra une petite pièce à côté du salon principal, appelée chambre des mariés et où les jeunes époux de la famille étaient contraints de passer leur première semaine de noces. Une petite ouverture permettait aux membres plus expérimentés de la famille de leur expliquer les gestes de base de l'intimité du couple. Après une semaine de confinement, les nouveaux époux en ressortaient plus avertis et préférablement avec une nouvelle gestation en cours.

Les couleurs sont aussi très présentes dans la culture harari. Contrairement aux vêtements traditionnels blancs du reste de l'Ethiopie, Harar est un festin de couleurs rappelant la proximité du Moyen-Orient, voire de l'Inde. La qualité de son café est également réputée dans toute la région ainsi que son commerce de Khat, plante narcotique aux vertus stimulantes. Elle est machée surtout par les chauffeurs routiers qui veulent rester éveillés au volant des nuits entières, ce qui provoque un nombre élevé d'accidents de la route dans l'est de l'Ethiopie.

Enfin, Harar a aussi son attraction touristique : Mr Yosef, le dompteur de hyènes. Il est présent tous les soirs à la porte de la ville pour nourrir les quelques hyènes qui y trainent et épater les visiteurs moyennant rémunération. Ces derniers sont d'ailleurs encouragés à nourrir eux-mêmes ces animaux sauvages mais presque domestiqués à force. La journée, Mr Yosef et sa famille se promènent dans Harar élegamment vêtus. L'âme négociante de la ville ne s'est pas perdue.

Fin

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les hyènes de M. Yusef
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decoration typique d’une maison harari

Auteur : Salambo in agora vox
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15 novembre 2013 5 15 /11 /novembre /2013 12:55

Après la 2e Guerre mondiale, la France incapable de nourrir sa population, a besoin de réformer sa production agricole. Dans le cadre du plan Marshall, les Etats-Unis vont initier l’Europe à la révolution chimique et productiviste de son agriculture et de l’industrie de l’agroalimentaire. Cela a permis et permet encore à des firmes telles que Monsanto ou Dupont de voir leurs produits chimiques présents à tous les stades de production, récolte, transformation, conservation et stockage des aliments. Aujourd’hui, grâce à la grande distribution, jamais la chimie et son cortège d’agents de synthèse n’ont été aussi présents dans notre alimentation. Notre corps est nourri mais sait il transformer ces nouveaux composants ?

« Force est de constater que partout dans le monde où une certaine forme d’alimentation industrielle s’est développée, partout ont émergé des maladies comme le diabète, l’obésité ou des cancers. »Dr Laurent Chevallier

L’impact de la nourriture provenant de l’industrie alimentaire sur notre santé est le sujet de nombreuses études. Entre la disparition des omégas 3 de la viande, le pain bourré de fongicide ou encore les métaux lourds dans les poissons ! Que reste-t-il de bon dans nos assiettes ?Le principe même d’une alimentation normale est remis en question. On risque le diabète et le cholestérol jusqu’à 30% de plus qu’une personne au « régime bio ».

Depuis l’avènement de l’élevage intensif, fini les prairies en fleurs et l’herbe verte, le bétail a pris la direction de l’usine. Les animaux ne mangent plus d’herbe mais un cocktail préparé par les soins de la génétique. L’herbe étant la principale source d’oméga 3, tout le bétail intensif en est alors privé. Résultat, l’équilibre oméga 3 / oméga 6 est rompu, il y a vingt fois plus d’oméga 6 que d’oméga 3par rapport à 1960. Les omégas 6 dans la viande sont alors nocifs car responsable d’inflammations ainsi que de la prolifération cellulaire. On sait que chez l’adulte cette prolifération fait le plus souvent croître le gras ou le cancer. L’industrie a sur ce point dénaturé la viande en la rendant impropre à une consommation saine et équilibrée pour des raisons essentiellement économiques afin de répondre aux prérogatives du marché mondial.

Les produits phytosanitaires sont quant à eux extrêmement répandus dans l’agriculture globale, chaque fruit ou légume qui reçoit ces produits en garde des traces. D'après certaines études, le taux de ces produits lors de la production des aliments par rapport au produit final n’est pas le plus préoccupant. C’est lors du stockage que les aliments sont soumis à une batterie de produits chimiques allant de l’insecticide au fongicide sans oublier les conservateurs. Ce cocktail fait grimper la toxicité du produit. Il a été prouvé par l’Inserm que sur une population d’agriculteurs cultivant à l’aide des produits phytosanitaires, une personne sur deux a contracté la maladie de Parkinson. La maladie de Charcot et d’autres maladies neuro-dégénératives sont aussi fortement soupçonnées d’être liées aux insecticides et aux fongicides de type organochloré. Ce sont ces mêmes produits qui se retrouvent dans toute notre alimentation dans des quantités cumulées qui sont de l’ordre de centaines de milligrammes par kilo de denrée, soit une place non négligeable quand on connait les effets à haute dose de ces produits.

Ces désordres chimiques dans notre alimentation se transforment bien souvent en maladies. On a pu voir le nombre de nouveaux cancers doubler en moins de 25 ans ainsi que l’obésité passer d’un américain sur vingt à un américain sur trois depuis 1985 dans certains états. David Servan Schreiber, neuropsychiatre, assure que la carte du cancer aux Etats-Unis dans 15 à 30 ans sera similaire à la carte de l’obésité actuelle. Cela représente un américain sur trois soit un désastre en santé publique mais surtout cela crée une corrélation inquiétante entre l’alimentation et la maladie. Nos enfants et la génération 1980 mangent de ce pain tous les jours, c’est presque deux générations qui sont touchées par la malbouffe et ses ravages tels que l’obésité infantile, l’hyper activité, et d’autres maladies jusqu’alors très rares, qui se répandent comme une trainée de poudre dans les pays commercialisant ces produits. L’argument de l’espérance de vie croissante semble désormais incompatible avec notre « régime chimique industriel ». Si des solutions ne sont pas misent en œuvre rapidement, nous pourrions connaitre le même sort qu’aux États-Unis actuellement et suivre une dynamique similaire en terme d’obésité, diabète, cancer ou encore en maladies neuro-dégénératives.

 

Devant le risque d’une catastrophe sanitaire à grande échelle, seules les associations et quelques coopératives se sont emparés du problème et proposent des solutions. Des produits sains et équilibrés réapparaissent grâce à une agriculture raisonnée. Néanmoins, ce type d’agriculture sacrifie la quantité pour la qualité et le rendement est parfois moitié moins élevé dans l’agriculture raisonnée ou bio. Pour éviter de retomber dans les pièges du passé il est impératif de trouver les moyens de réconcilier quantité et qualité.

 

auteur: jagermaster

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7 novembre 2013 4 07 /11 /novembre /2013 18:30

En parcourant la toile, j'ai trouvé  l'article ci-contre fort instructif par sa  pertinence. Je vous invite à le lire et à le relayer si bon vous semble,en respectant les recommandations de ses auteurs.

 

 

 

Nous publions cette interview réalisée par Michail Maiatsky pour le projet « General Intellect », et parue en russe le 11 octobre 2013 sur le site Colta. Isabelle Stengers est philosophe. Elle vient de publier Une autre science est possible ! aux éditions Les empêcheurs de penser en rond/La Découverte.

 

MM : Vous n’hésitez pas à utiliser le mot « barbarie ». C’est une belle métaphore. Jusqu’où va-t-elle ? Les barbares de l’antiquité étaient ceux, venus d’ailleurs, qui étaient étrangers à « nos » mœurs, religions, divinités, langages. Mais les tenants des logiques néo-libérales que vous désignez par ce mot, nous sont-ils vraiment étrangers ? Ne sont-ils pas « nos autres » ?

IS : Je parle de barbarie, non de barbares, et cela en référence à Rosa Luxembourg qui, de sa prison, en 1915, parlait « des millions de prolétaires de tous les pays [qui] tombent au champ de la honte, du fratricide, de l'automutilation, avec aux lèvres leurs chants d'esclaves », et affirmait que notre avenir avait pour horizon une alternative : « socialisme ou barbarie » [le nom repris, dans les années 50, par un groupe de Castoriadis, Lefort ou encore Lyotard]. Près d’un siècle plus tard, nous n’avons pas appris grand-chose à propos du socialisme. En revanche, nous connaissons déjà la triste rengaine qui tiendra lieu de chant sur les lèvres de ceux qui survivront dans un monde de honte, de fratricide et d’automutilation. Ce sera « il faut bien, nous n’avons pas le choix ». Il ne faut pas être « tenant » des logiques néo-libérales pour avoir cette rengaine aux lèvres. Cette logique nous tient, elle nous rend « autres » à nous-mêmes. Elle traduit une impuissance qui est ce que cette logique ne cesse de fabriquer, ce que j’appelle les « alternatives infernales ».  

 

ММ : Parlons justement de ces « alternatives infernales ». Soit la croissance, soit la misère ; soit les acquis sociaux, soit la délocalisation ; soit la discipline financière, soit l’implosion de l’Etat… Il est en effet difficile de récuser ce genre de dilemmes et d’être un « dialecticien » à l’ancienne ou même schizophrène à la Guattari, comme vous le souhaitez. Comment sortir, en effet, de cette logique antinomique ?

IS : Difficile à récuser en effet, puisque c’est un montage dont la vérité est l’impuissance qu’il produit. Mais il importe d’abord de ne pas les respecter, d’écouter ceux qui nous demandent de les respecter comme on pouvait écouter les collaborateurs pendant la guerre. Ne pas se laisser mobiliser, soutenir les déserteurs à cette mobilisation, cultiver une déloyauté déterminée envers ceux qui nous gouvernent et envers leurs raisons et apprendre à tisser des solidarités, des coopérations entre ceux qui résistent, ce n’est évidemment pas « la solution », mais c’est ce qui est possible dès aujourd’hui – c’est aussi une manière de contrer le désespoir et le cynisme, le « chacun pour soi » et le « tous pourris » qui est en train de gagner très dangereusement du terrain.  

 

MM : Vous indiquez, comme marque de l’irresponsabilité des responsables, leur adage « Que feriez-vous à notre place ? ». Il faut, dites-vous, ne pas tomber dans le piège et de se moquer du sérieux des dirigeants. Il ne faut pas se mettre à leur place. Je pousse cette logique un peu plus loin : ne voulez-vous pas prôner la position de l’éternelle opposition qui craint le pouvoir et un combat pour l’accaparer sous prétexte que le lieu même du pouvoir est maudit et qu’il infecte quiconque s’y trouve ?

IS : Non, pas du tout. Il y a certainement chez certains l’idée qu’il ne faut pas « prendre le pouvoir », que ce lieu est maudit. Or le capitalisme version néo-libérale a résolu le problème – les lieux à prendre on ne les trouve plus, ils sont vides. Les responsables ne sont plus responsables de rien, sauf de notre soumission. Avant de discuter de formes nouvelles de pouvoir, il s’agit de se réapproprier la possibilité même d’expérimenter des modes d’insoumission active – et je ne parle pas d’opposition, car l’opposition se fait sur des enjeux déjà identifiés – où on est attendu. Il s’agit d’inventer de nouveaux enjeux et de nouvelles solidarités, une nouvelle pragmatique de luttes qui démoralisent nos responsables – le cas des OGMs est assez intéressant de ce point de vue. Nos responsables ont tout employé pour discréditer ceux qui « décontaminent les champs » mais dans certaines régions européennes, pas toutes, la résistance à ce type d’agriculture s’amplifie et même des scientifiques y prennent part.

 

MM : Vous appelez de vos vœux un processus créatif qui mobiliserait l’intelligence commune et l’activisme de la société. Qui, à votre avis, serait contre cette proposition ?

IS : Tous ceux qui nous demandent de faire confiance et qui détruisent systématiquement les moyens de cette intelligence. Ceux qui disent aux chômeurs que leur devoir est de tout faire pour retrouver un emploi, n’importe lequel. Ceux qui interdisent le commerce des semences non produites par les industries. Ceux qui hurlent « protectionnisme ! » dès que la globalisation est mise en question…. Ceux qui présentent le droit des brevets comme la condition même du progrès. Et la liste est longue – c’est la sainte alliance des Etats qui laissent faire le capitalisme, et du capitalisme qui fait faire aux Etats.

 

MM : Vous aimez les situations où les citoyens contestent l’avis des « experts » (qui souvent desservent simplement les intérêts des multinationales). N’y a-t-il pas danger dans ce nouveau royaume de la doxa que celle-ci triomphe sur l’epistêmê ?

IS : La doxa est la chose au monde la mieux partagée, en particulier parmi les scientifiques dès lors qu’ils mettent un pied en-dehors de leur spécialité. D’autre part, il y a très malheureusement de bonnes raisons de penser que ce que vous appelez « epistêmê » est en voie de disparition même là – car les scientifiques indépendants des intérêts des multinationales sont désormais une minorité dont la disparition est programmée par l’économie de la connaissance. Dans ce contexte, le seul contre-pouvoir ne peut venir que de la création d’alliances de type nouveau, qui impliquent tant des scientifiques que des groupes porteurs d’autre savoirs et d’autres problèmes, comme cela a été le cas avec l’affaire des OGM, des alliances capables de produire et de faire valoir des savoirs mettant en évidence le caractère partial, et même aveugle, des savoirs experts désormais inféodés aux intérêts privés. Et qui, ce faisant, produisent aussi des informations « actives », qui aident les citoyens à se repérer.

 

MM : Comment voyez-vous les rapports entre ces citoyens responsables, ces activistes, et le peuple qui, pour l’essentiel, appuie la voix des « officiels responsables » ou, au moins, se met volontairement à leur place ?

IS : Je ne parle pas de « citoyens responsables » mais de groupes porteurs de raisons de résister. Mais je ne suis pas sûre du tout que « le peuple » soit du côté des responsables. On ne propose pas au peuple, ou « aux gens », d’autre perspective que d’être parmi les « gagnants », et malheur aux vaincus. Et comme les vaincus sont de plus en plus nombreux, comme ceux qui gagnent ont peur d’être vaincus à leur tour, il y a comme un désespoir froid qui gagne. Je pense que la situation est instable, et que le peuple peut très bien basculer du côté du ressentiment haineux si aucune autre manière de faire exister un autre avenir possible n’est perceptible.

 

MM : Avez-vous encore de l’espoir dans la science ? Vous la traitez souvent comme un suppôt, et non comme une force libératrice. Serait-elle aussi à réinventer ?

IS : Je n’ai jamais vu la science comme une force libératrice en elle-même, même si, au 18ème siècle, elle a été prise dans un mouvement d’émancipation par rapport aux autorités traditionnelles. Ce qu’on appelle « la science » ne devrait pas être séparé de ses conditions de production, c’est-à-dire de valeurs qui ne sont évidemment pas de pures valeurs de connaissance. Le 19ème siècle a vu la création d’institutions de recherche en relation de symbiose étroite avec ce que, suivant Marx, on pourrait appeler le « développement des forces productives », et c’est dans le même temps que la « valeur de la science » a été associée à la quête d’une connaissance s’identifiant avec le progrès du genre humain. Aujourd’hui, l’autonomie relative, que traduit la notion de symbiose, fait place à une relation de dépendance directe. Pourtant, je pense que nous avons crucialement besoin de sciences, mais de sciences qui ne soient pas définies selon l’idée d’une rationalité conquérante, devant faire autorité sur l’opinion. Nous avons besoin de sciences – et donc de scientifiques – capables de se situer dans un monde que le développement des forces productives menace directement. Nos sciences peuvent-elles changer, participer à la production de l’intelligence collective dont elles ont par le passé béni la destruction ? C’est une inconnue, et cela ne se fera que pas l’invention d’institutions qui cultivent le souci de pertinence, plutôt que de conquête. Ma thèse est que c’est possible, mais non probable. Mais l’idée même que nous puissions échapper à la barbarie n’est pas très probable.

 

MM : Vous invitez à une plus grande responsabilité à l’égard de l’avenir de la planète, par exemple, mais d’autre part, vous êtes très méfiante lorsque le capitalisme devient plus soucieux de la « sustainability ». C’est dans la nature du capitalisme d’utiliser et d’épuiser. Ne serait-il pas plus raisonnable d’obliger, par une ruse (encore à inventer) de la raison, le capitalisme à être responsable tout en poursuivant ses propres intérêts ? Par exemple en montrant que les énergies renouvelables sont plus avantageuses.

IS : Je ne suis pas hégélienne, je ne me fie pas à la ruse de la raison. Se fier à une convergence durable d’intérêts, à la possibilité d’un capitalisme « vert », responsable, etc., ce serait commettre la même erreur que la grenouille de la fable, qui accepta de transporter un scorpion sur son dos pour lui faire traverser une rivière. S’il la piquait, ne se noieraient-ils pas tous les deux ? Il la piqua pourtant, en plein milieu de la rivière. En son dernier souffle, la grenouille murmura « pourquoi ? » A quoi le scorpion, juste avant de couler, répondit : « C’est dans ma nature, je n’ai pas pu faire autrement ». C’est dans la nature du capitalisme que d’exploiter les opportunités, il ne peut faire autrement. Si les énergies renouvelables offrent une opportunité, il s’en emparera, mais sans la moindre obligation de responsabilité. Ce n’est pas qu’il soit « méchant », pas plus que le scorpion d’ailleurs. Il n’est tout simplement pas équipé pour prendre des responsabilités.

 

Photographie: Gueorgui Pinkhassov

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2 novembre 2013 6 02 /11 /novembre /2013 18:30

En toute modestie, j'aimerais proposer ici un article de réflexion qui ose soulever plus de questions qu'il ne s'essaye à donner de réponses. Autrement dit, les points d'interrogation l'emporteront sur les points d'exclamation avec autant de triomphe que les politiques d'austérité sur les politiques sociales. J'espère néanmoins que cette ponctuation ne vous condamnera pas à la misère et l'esclavage, tout comme j'imagine, en revanche, que c'est ce qui nous attend avec les décisions prises par nos chères élites politiques. En guise de friandise, introductive, je pose donc la question, productive ; avoir ou ne pas avoir, telle est l’obsession ?

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Avant-propos sémantique

Comme j'ai été bien dressé, il m'est indispensable de définir ce que j'entends pas « être », ou l'être pour des raisons littéraires, et « avoir », ou l'avoir pour les mêmes raisons. Par contre, comme je fais ce que je veux pour une fois, petite grimace subtile en direction de la norme scientifique, je ne m'appuierai pas sur des auteurs mais sur ce que je pense.

Ainsi, grossièrement, « être » est ce qui définit un individu par ses comportements, sa situation, sa manière de penser et ses pensées et, « avoir » est ce qui définit un individu simplement par ses possessions. Ceux qui aiment remuer les excréments me diront que les deux peuvent être étroitement liés et ils auront bien raison, en dépit de la saleté de leurs mains. Comme je suis fort aisé dans le domaine pécuniaire je suis distingué car j'ai une bonne éducation car je suis né riche et caetera... Laissons, s'il vous plaît, les étirements neuronales superflus pour se concentrer sur l'essentiel. J'aimerais dans cet article, toute ambition démesurée comprise, provoquer une réflexion sur un nouveau mode de définition de l'être à travers l'avoir. Est-ce qu'aujourd'hui nous nous définissons à l'aide de ce que nous possédons ?

 

Quelle date pour l'avancée de l'avoir sur l'être dans la société française ?

Est-ce que je commets une erreur en imaginant une société passée moins tournée vers la possession des individus pour qualifier ceux-ci ? En y réfléchissant, dans l'après-révolution, les électeurs étaient les possédants, ceux qui payaient le cens. Il s'agissait alors bien des ayants-argents qui étaient des citoyens-électeurs. L'être s'effaçait alors derrière l'avoir puisque le fait de posséder donne, de droit, un qualificatif sur l'individu. Monsieur François-Marie Bourgeois (nom stéréotypé de bourgeois n'est-ce pas ?) s'est fabuleusement enrichi dans le commerce de personnes considérées sans-âmes et il est un électeur, comme le confirme les rondeurs de sa bourse.

Pourtant, à la même époque s'est livrée le combat de deux être ; le progressisme des Lumières contre le conservatisme des Capétiens, le tiers état contre la noblesse, les laboratores qui sont logiquement fatigués de transpirer pour leurs maîtres contre les bellatores qui n'ont plus envie de faire eux-mêmes des moulinets avec leurs épées. Il ne faudrait pas non plus oublier la bourgeoisie, dont le rôle dans la révolution se ramasse souvent des coups enragés de rabots, qui prend conscience de sa situation. Ni vraiment laboratores, ni vraiment bellatores mais plus mercantes, les bourgeois sentent qu'ils méritent une autre place de par leur être, effectivement liés de manière intime avec leurs possessions. Est-ce là l'introduction d'un nouveau mode de définition de l'être ? Mon inculture sur le sujet historique ne me permet pas de me prononcer. Je laisse donc ce point d'interrogation exactement là où il se trouve dans mon cerveau étouffé, c'est à dire perdu entre des milliers de pensées, en guise d'appel désespéré pour des explications.

 

Être s'est effacé derrière avoir ?

Effectuons un bond dans le temps, avec le mépris le plus affirmé de tous les codes d'articles construits chronologiquement.

De nos jours, ce qui semble compter sont les marques, objets graphiques à forte teneur symbolique qui irradient notre quotidien. Quand les entreprises se sont aperçues qu'elles ne pouvaient plus se battre sur l'aspect technique de leurs produits, et afin d'éviter la diabolique compétition par les prix, elles se sont dirigées, avec la hargne d'un affamé, vers un marketing de l'esprit (source 1). Une paire de chaussure n'est pas qu'un tas de tissu, de plastiques et de cuirs artificiels, elle est aussi une réalité dans le monde des idées normées du marketing, autrement dit elle représente effectivement un symbole fort et explicite. Avec Nike, je vais me surpasser et me muscler l'auriculaire si bien que je pourrai retirer, seul, mes bouchons de cire.

Outre l'avancée dans l'auriculo-hygiène, le marketing a fait une entrée fracassante dans la définition de l'être par l'avoir. L'être n'est dès lors plus une construction sur le temps long, il est état d'esprit, car réduit à l'état de produit. D'un instant à l'autre je peux être un révolutionnaire aussi plat et inexpressif que mon tee-shirt du Che ou un footeux faussement invétéré aussi inflammable que mon maillot en nylon.

De ce fait, je me dois de lever la main pour demander à mes innombrables professeurs qui se présenteront face à cet article de misère intellectuelle. L'achat de l'être entraîne t-il véritablement un effacement de celui-ci derrière l'avoir ? Je suis ce que j'achète ou s'agit-il seulement d'une illusion entretenue par un marketing, cuisinée aux petits oignons avec plein de crème fraîche, qui me pousse à croire cela pour sa survie ?

 

Telle est l'obsession ?

Outre la question de l'effacement de l'être derrière l'avoir, je me dois de dessiner des interrogations vers ce qui n'est pas qu'un jeu de mot en l'honneur de Shakespeare. Le titre de cette partie touche de l'index le caractère pragmatique de ce constat, encore une fois, tout en courbe à la racine en forme de point. Est-ce que les individus tremblent d'impatience, ont des suées grippales, des emportements infantiles, des comportements débiles par rapport à leurs possessions ?

Entre en jeu l'image de cet article, ce ramassis d'idées brossées à la va-vite pour paraître présentable à la manière de ce mioche toujours fourré dehors que l'on coiffe dans la précipitation parce que les grands-parents font une visite improvisée, et entre en jeu Apple ; alors croquez et vous saurez...

La marque américaine est un exemple en l’occurrence juteux. Il exprime les deux éléments que je cherche à passer à la forme interrogative, à savoir l'effacement de l'être derrière l'avoir et l'obsession de l'avoir. Premièrement, Apple au travers de son marketing de l'esthétique de la simplicité, du « Think different » (« Penser différent »), a appliqué plusieurs symboles à son image de marque, entre autres ceux de la singularité, de l'originalité et du charisme des individus. Renforcée par le nouveau slogan « Designed by Apple in California » (« Conçu par Apple en Californie »), qui laisse croire qu'Apple possède en exclusivité les clés de ces symboles, ce marketing promeut-il un avoir qui donnerait des vertus à l'être ?

Secondement, combien parmi vous sont parvenus, peut être grâce à un thérapeute, à oublier ces files d'attente (source 2) de sous-neuronés, dont le voyant système nerveux clignote, entassés devant un magasin frappé du logo de la pomme ? Je suppose que plusieurs d'entre vous se réveillent encore la nuit, le dos trempé et le rythme cardiaque affolé. Qu'est-ce qui pousse ces tas de cellules à jouer avec leur survie devant un Apple Store, avant l'aube, pendant des heures, alors qu'il fait froid et qu'ils vont perdre plusieurs centaines d'euros ? Je doute, avec une conviction qui rendrait jalouse Arlette Laguillier, que 135 grammes de moins, entre l'Ipad Air et l'Ipad 2, soit une révolution technique qui justifie un tel comportement. Si Lidl faisait une tablette de 477 grammes, soit un de moins que l'Ipad Air, ses supermarchés seraient-ils pris d'assaut ?

C'est une obsession de posséder un produit de marque Apple ? De sabrer plus de la moitié d'un Smic pour faire mumuse avec ses petits doigts sur un écran (« rétina » s'il vous plaît) ? Heureusement qu'Apple n'accepte pas les organes comme moyen de paiement sinon il serait le plus grand fournisseur de greffon de la planète. Ca ne serait pas facile pour les patients, surtout ceux qui recevraient une greffe de la cornée « pourquoi y a des pommes de partout ?! ».

 

Ces questions me paraissent tout à fait d'actualité et dignes de tracasser vos neurones. Avoir ou ne pas avoir, telle est l'obsession ? ou, autrement dit, est-ce qu'aujourd'hui l'avoir sert à définir l'être et, si oui, est-il une priorité dans la définition de l'être ? En effet, cela sonne comme une problématique. Je ramasse demain à 10h00. Bonne chance...

 

 

Nota bene 1 : Vous noterez bien la traduction de l'image pour les non-anglophones : « Le pouvoir de la ressemblance qui vous coûtera un bras... peut être deux ».© tous droits réservés au primate 

Nota bene 2 : Vous noterez bien que malgré les apparences, je ne parle pas le latin. Non, je suis juste allé chercher l’étymologie de marchand le net. Oui, je mérite vos crachats, ne salissez pas trop vos écrans quand même.

 

Source 1 : Sur le marketing de l'esprit et l'impératif pour l'entreprise d'y investir pour ne pas se ruiner = No logo de Naomi Klein

Source 2 : Les néo-zombies dont Romero n'est parvenu à anticiper la forme :

http://www.bfmtv.com/high-tech/file...

 

auteur: singe conscient

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23 octobre 2013 3 23 /10 /octobre /2013 17:30

Vos gueules  les mouettes !!!

  

 Premier port de pêche en France ! » à Boulogne, le slogan est partout, largement relayé par la municipalité et la Chambre de Commerce. Avec sa flottille de 150 bateaux, Boulogne devance encore les villes bretonnes en tonnes de poissons acheminés au port. Mais il est loin le temps ou la côte boulonnaise brillait par sa pêche aux harengs. Boulogne n’est plus un port de pêche, et n’a plus vocation à l’être.

Un port sans poisson

Un week-end de mars, une partie de l’équipe de La Brique s’est rendue sur place. Dès nos premiers pas, on a le sentiment mortifère que la pêche crève à petit feu. Et, à jeter un regard en arrière, c’est effectivement le cas. Deux exemples parmi d’autres : la pêche du merlan a baissé de 65% entre 1976 et 2009. Pendant que celle du lieu-noir s’effondrait de 90% [1]. C’est l’hécatombe. Et le phénomène ne fait que s’intensifier, détruisant peu à peu petits et moyens pêcheurs.

La raison ? Une baisse des quantités de poissons dans les zones de pêche. Après plusieurs décennies d’exploitation intensive des fonds marins, la ressource se tarit. Il n’y a plus de poisson. Conséquence : le secteur se transforme, faisant la part belle aux industriels. Les politiques de rationnement font leur apparition via les quotas dictés par l’Europe. La pêche en offshore (au large) se développe. Les pécheurs se concentrent dans des cargos-usines toujours plus gros qui exploitent les dernières zones d’abondance. Exit la pêche côtière, traditionnelle et artisanale. À Boulogne et ailleurs : on pille la mer, on tue la pêche.

Spécialisation pannée

Côté politiques, les « socialistes » locaux ont pris acte de cette lente mort, et cherchent dorénavant à « positionner leur territoire » en fonction des autres ports de la côte. Chaque ville se spécialise sur une activité. Calais pour le transport de voyageurs, Dunkerque pour le fret et le commerce et Boulogne pour le transport et la transformation « des produits de la mer ».

Symbole de ce tournant, l’agrandissement de Capécure* [2], une immense Zone industrielle en bord de mer à cheval sur les villes de Boulogne et du Portel. Un « quartier » – que d’aucuns osent encore présenter comme le « poumon » économique de la région – abritant la plus grande gare routière de marée d’Europe et le premier pôle européen de transformation du poisson. C’est ici qu’on découpe, emballe et expédie le poisson partout en France et en Europe. Derrière le discours capitaliste habituel (« filières d’excellence », « clusters », « pôles de compétitivité », etc.), l’objectif avoué est de « faire de Boulogne un Rungis 2 ».

Pour faire le tour de cette zone de plus de 100 hectares, mieux vaut être motorisé. Capécure un jour de week-end, ce sont des rues vides, sans habitation, des dizaines de hangars, frigorifiques ou non, alignés les uns derrière les autres : un « non-lieu » [3] entièrement tourné vers la production de marchandises. Aujourd’hui, le long du bassin Napoléon, c’est l’enseigne Findus qui se charge d’avertir les visiteurs des activités de la Zone.

Élevage touristique

Et la pêche dans tout ça ? Sur les 380 000 tonnes de produits de la mer qui passent chaque année par le port de Boulogne, seulement 10% sont issus de la pêche locale. Le reste est acheminé – en camion ! – depuis la Norvège, l’Écosse, l’Irlande ou les Pays-Bas. À Boulogne, on importe beaucoup plus qu’on ne produit. Mais construire un port là où il n’y a plus de poisson ne semble pas être un problème. La solution est toute trouvée : ce sera l’aquaculture. Nouvel eldorado de la rentabilité marine, l’élevage intensif de poissons en bassin est censé répondre au manque de « matière première » : des poissons nourris aux farines animales et soignés aux antibiotiques alimenteront les besoins de la production.

Enfin, vieille lubie boulonnaise, c’est le tourisme qui doit s’intensifier [4]. Développement du centre national de la mer Nausicaá, réfection des berges de la Liane, agrandissement du port de plaisance et folklorisation de la pêche sont censés faire advenir un tourisme d’affaires en bordure de Capécure. La boucle est bouclée.

Volatile déchaîné

Sur les quais du bassin Napoléon, au pied d’un bateau en cale sèche, on rejoint une partie de la joyeuse équipe de rédaction de La Mouette enragée, un canard « communiste-anarchiste » édité depuis 1992 à Boulogne. Fins connaisseurs de la Côte d’Opale, ils sont auteurs du très bon Fortunes de mer [5] : une solide analyse marxiste des transformations industrielles du boulonnais. Les quelques pages qui suivent sont donc issues de cette rencontre.

Le temps dégueulasse – vent, vieille drache et brouillard – nous emmène rapidement place Dalton où nous nous empressons d’avaler un welsh, spécialité locale, avant de nous faire conter le triste sort de la pêche à Boulogne. Sur leurs conseils, on part à la rencontre de Thierry et Émilie, pêcheurs boulonnais aux prises avec les bouleversements de leur métier. Plongée dans le port de Boulogne-sur-Mer. Plouf !

Dossier réalisé par A.D., Le Margat, O. et tomjo.

Les articles du dossier :

- « Chronique d’une mort annoncée »

- « Paroles de mer »

- « Le tourisme comme coup de grâce »

- « Soleil vert pour Croissance bleue »

- « Lexique »

 
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  • Le monde est dangereux non pas à cause de ceux qui font le mal, mais à cause de ceux qui regardent et laissent faire” Einstein.
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