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9 mars 2013 6 09 /03 /mars /2013 18:43

L’une des rares questions essentielles à l’existence humaine concerne la mort, un événement qui marque une interruption avec le passage sur terre et qui de plus n’épargne personne. Si la mort reste souvent un tabou et qu’elle effraie, elle suscite aussi beaucoup d’interrogations car on ne sait pas ce qui se passe après la mort. Pour les uns il n’y a rien et c’est ce qu’affirme parfois d’une manière péremptoire Michel Onfray comme si c’était une vérité indéniable, jetant à la face des croyant cette sentence dont on ne sent aucun souci de l’autre mais un malin plaisir à casser les convictions non sans un zeste de méchanceté justifiée au nom du rejet de l’opinion contraire. C’est d’époque et c’est une forme d’hédonisme. Il n’y a pas de mal à casser du prêtre et du psychanalyste. Cela étant, la question de l’après mort est abordée par quelques figures célèbres de la pensée et figure également au sein d’écrits non moins célèbres comme le traité tibétain sur les morts ou bien quelques allusions très explicites de Platon, ou enfin bon nombre d’écrits théologiques ou ésotériques. La réponse ne fait pas consensus. Certains parviennent paraît-il à communiquer avec les défunts alors que les expériences de mort imminente laissent accroire à un sort particulier de l’âme mais comme les témoins sont revenus, on n’a aucune certitude sur ce qui se passe quand on est mort, c’est-à-dire quand le corps est privé de vie.

Voilà pourquoi il n’est pas approprié de parler d’une vie après la mort. La vie concerne le monde des vivants et dans l’éventuel monde des défunts on ne vit pas mais peut-être subsiste-t-on sous une forme spécifique. Desproges aurait dit que le névrosé a peur de la mort et aimerait bien survivre après le moment fatidique alors que le psychotique croit qu’on peut trouver dans l’au-delà des distributeurs de billets et qu’on peut aller manger un hamburger au MacDo de l’éternel. Si jamais l’existence se poursuit dans l’au-delà, c’est selon une modalité bien définie et surtout en l’absence de tout corps. La foi catholique évoque le corps de résurrection du Christ mais n’importe quel docteur de l’Eglise vous dira que ce corps n’est pas un corps physique et qu’il a surtout une valeur symbolique. Il faut donc chercher, voire concevoir quelque chose qui n’est pas de l’ordre du corporel, du spatiotemporel, du perceptible et s’il y a une science contemporaine qui nous permet d’y voir un peu plus loin, c’est la physique avec ses trois branches, entropique, cosmologique, quantique. Sans oublier les neurosciences mais qui sans doute ne seront pas décisives.

L’approche scientifique de l’après mort se trouve démunie faute d’expériences probantes. Il y a certes la mort imminente et quelques témoignages de « rencontres » avec l’au-delà mais cela ne suffit pas. Il faut poser le problème scientifiquement de telle manière qu’une réponse puisse être envisagée. Si quelque chose subsiste, c’est une entité, appelons-là âme ou pensée, qui peut se passer du support corporel censé l’abriter ou la générer ou enfin participer à sa genèse. Dans le cas contraire, rien ne subsiste. Si l’on admet en effet que la pensée est la conséquence de milliards de processus neuronaux alors, lorsque le cerveau se désagrège avec la mort, la pensée n’a plus de support physique et s’éteint forcément. D’ailleurs, des instruments précis de mesure sont utilisés pour statuer sur une mort cérébrale. Lorsque l’encéphalogramme est plat, le cerveau ne fonctionne plus mais sommes-nous pour autant sûr que la pensée ne s’est pas échappée dans un ailleurs ? La réponse à cette question dépend de la conceptualisation du réel. Est-il fait d’un seul tenant avec des éléments aux propriétés physico-chimiques ou bien doit-on prendre en considérations deux faces du réel, deux mondes ? Dans la seconde option, le monde ne se réduit pas à la partie sensible, perceptible, observable, et donc il faut dédoubler le réel. La physique contemporaine nous permet de reconsidérer ces questions et les conclusions pourraient s’avérer assez déroutantes pour les béotiens à l’ère des médias de masse et du matérialisme débridé.

En fait, établir la subsistance de quelque chose après la mort nécessite une sorte de procès scientifique où l’instruction doit rassembler tous les éléments à charge permettant de statuer sur le passage de « quelque chose » dans d’au-delà. L’approche ontologique est préconisée. Quelles sont les briques du réel ? Après les gloses anciennes sur la substance et les essences, la physique moderne a placé l’atome puis la particule comme constituant fondamental du réel et dans le vivant, c’est la molécule. Néanmoins, le donné fondamental serait plutôt le champ et l’information. Alors on ne va pas se priver d’évoquer une « carte méta-physique », même si on ne sait pas où la placer. Cette carte, c’est le sort de l’information qui tombe dans un trou noir. Une controverse scientifique s’est déroulée lors des deux dernières décennies et finalement, la conclusion c’est que l’information ne peut pas être détruite. Et que notre « âme-pensée » contient une multitude d’informations captées dans l’existence et rassemblées par un processus que l’on ne connaît pas encore, n’en déplaise aux neuroscientifiques qui confondent souvent la « mémoire ontologique » inscrite et la mémoire exprimée, autrement dit le souvenir. Chacun fera ce qu’il veut de cette carte en la jouant dans la conjecture de l’existence après la mort. L’âme quittant le corps sous forme de rayonnement gravitationnel et quantique ? C’est une carte importante qui se place avec d’autres pour jouer cette partie ontologique.

L’argument le plus tangible permettant de concevoir la subsistance de « l’âme » après la mort reste l’hypothèse du monde dédoublé. Autrement dit, une sorte de réalité à deux faces qui n’a rien de bien nouveau puisqu’on la trouve chez Platon avec la dualité sensible intelligible. L’initié à la philosophie sait que cette dualité n’a cessé de traverser les pensées, depuis l’Antiquité jusqu’à nos jours avec des formulations diverses. Ce qui est nouveau, c’est la possibilité assez récente de poser la conjecture en utilisant quelques bases de physique quantique (incluant la science de l’information quantique et la cosmologie entropique). Ce type de réflexion dépasse de loin la question de la mort car elle concerne aussi la compréhension de la conscience et la pensée. La physique quantique permet de dédoubler la réalité en un monde observable, dé-formé, décohéré et un monde cohérent, entrelacé et super-informé. Il faut concevoir alors que toute information passant par le canal spatiotemporel puisse être « enregistrée » au sein de ce monde super-informé. Une manière rigoureuse serait de formuler un principe de double correspondance, en suivant le chemin de pensée de Bohr et son principe permettant de raccorder les processus microphysiques avec leur étrangeté au monde classique des objets se déplaçant dans l’espace et le temps, ainsi que les champs magnétiques. La double correspondance se propose d’établir un second raccordement, cette fois entre le monde cohérent super-informé et le monde intérieur du vivant et de « l’âme », autrement dit un monde caché, intériorisé, doté de règles formelles et qu’on pourra aussi associer à l’inconscient. Cela étant, la double correspondance n’est pas aisée à manier, pas plus que la correspondance de Bohr, alors comme on dit, il va falloir s’accrocher ! Ou peut-être pas… L’homme n’ayant pas forcément vocation à comprendre l’univers mais seulement à utiliser le monde.

Comprendre, c’est bien ce qui nous est proposé avec ce principe de double correspondance qui s’applique autant à la question du vivant qu’au questionnement sur le sort de la personne après la mort. Cette seconde question étant plus aisée car nous disposons de nombreuses expériences, celles des morts imminentes mais aussi des états de conscience modifiés. Prenons les témoignages sur la vie qui défile à toute vitesse lorsque la mort approche. N’est pas un exemple de fonctionnement de l’information biographique traitée selon une procédure concevable comme un calculateur quantique d’un genre spécial ? J’en resterai là, en rappelant la thèse fondamentale du dédoublement de l’information qui autorise de prendre au sérieux la possibilité qu’il subsiste de nous quelque chose après la mort. Quant à la question du vivant, il y a d’immenses découvertes à faire mais le système n’encourage pas les savants à explorer l’inconnu. Ils disposent du « marteau génétique » alors tous les problèmes se résument à des « clous moléculaires ».

Quant à la mort, si l’homme peut parfois choisir son moment, il ne peut aucunement décider de ce qui se passe après, qu’il y ait rien ou bien quelque chose. Par contre, il dispose de la liberté de pensée et peut décider d’en savoir plus sur ces questions ou bien de passer à côté, soit qu’il préjuge d’un néant post-mortem, soit qu’il ne veuille pas en entendre parler car ces interrogations peuvent susciter quelques angoisses métaphysiques. Pour ma part, je réitère ma conclusion livrée après enquête et interprétation. La science penche en faveur d’une « vie après la mort ».

 

Auteur bernard Dugué

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  • Le monde est dangereux non pas à cause de ceux qui font le mal, mais à cause de ceux qui regardent et laissent faire” Einstein.
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