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4 février 2011 5 04 /02 /février /2011 19:33
Un jour il se proclame président du monde, le lendemain il racle les caniveaux d’un fait d’hiver dans une France réduite à ses débris pathétiques de violence et de désir de vengeance.
 
A jouer ainsi le grand écart entre la mégalomanie et son abaissement dans un quotidien réduit à sa caricature sanglante, notre président s’écartèle par manque de discernement dans une course à l’émotion, là où il croit conquérir le peuple…
 
Loin des exigences sociales, les aboiements sécuritaires résonnent dans ce qu’il y a de plus vil, de plus irrationnel dans les bas fonds d’un pays. Car ils ne règlent rien et ne sont qu’une récupération de la bonne conscience par cette sorte de voyeurisme malsain qu’on répand partout plutôt que de répondre avec calme et méthode aux questions de sécurité que des citoyens se posent légitimement.
 
Mais, hélas, peut-être a-t-il raison, peut-être le peuple se réduit-il parfois à cette masse informe livrée à des pulsions contradictoires comme l’Egypte nous le montre aujourd’hui : Il n’y a jamais eu le bien d’un côté, le mal de l’autre mais plutôt des hommes déchirés par le sens qu’il convient de construire, un chemin toujours à ouvrir vers plus de civilisation.
 
Et s'il faut parler sécurité que l'on dise enfin que celle-ci ne se réduit pas à la peur de l'autre mais aussi à l'emploi, à la santé, à l'avenir d'autrui...
 
On attendrait ainsi d’un Président un minimum de respect vis-à-vis des principes républicains qu’il est censé représenter plutôt que cette complaisance à se vautrer dans ce qu’il y a de plus glauque pour attirer à lui, dans cette bassesse, un peuple qu’il imagine à son niveau.

Le voici donc qui tance policiers et magistrats pour cette sordide affaire de Pornic. Ainsi ces serviteurs de la République seraient coupables d’avoir permis la libération d’un criminel. Ainsi, le suggère-t-il, porteraient-ils leur part de culpabilité dans ce drame et devraient être sanctionnés !

Ah, les boucs émissaires, comme on les cherche obsessionnellement dans ces petits mondes de la haine, là où on s’offusque si bruyamment des crimes en rêvant de lynchage et de sang ! Notre Sarkozy en est là : Comme idéal de civilisation, il y a mieux.

Car pour en revenir à Pornic, il est facile d’oublier que cet homme, aujourd’hui assassin, ne fut jamais condamné pour meurtre mais pour des vols et un viol commis en prison alors qu’il était mineur !
 
Fallait-il le donc maintenir en détention toute sa vie durant ? Faudrait-il multiplier par dix le nombre de juges et de prisons quand, ne l’oublions pas, on répète à l’envie que les caisses sont vides, que l’Etat doit faire une cure d’amaigrissement ?

Qu’importe ici les réponses que chacun voudra donner : laxisme ou peine de mort, tout le monde peut proposer sa solution.

Mais, hélas, ces solutions ne seront jamais les bonnes aussi longtemps que le crime existera et, soyons lucides, aucun système ne parviendra jamais à l’éradiquer tant il est lié à la transgression, à la folie, au plaisir du mal : La loi est fragile, elle ne peut anticiper le crime qui n’a pas encore été commis et le taire est indigne de celui qui prétend incarner une nation.

Sarkozy veut condamner le crime pas même programmé ! Cet homme est un délirant à la hauteur de ceux auxquels ils s’attaquent : s’il n’était « bien » né, que fût-il devenu ?

Mais Sarkozy s’en moque, il est du camp des « braves gens », de ceux qui ne tuent pas, de ceux qui veulent un juste châtiment des coupables… Il ne veut pas voir les désirs de vengeance, les fantasmes de lynchage, le voyeurisme que cachent ces bons sentiments proclamés.

La justice, la vraie justice, c’est pourtant celle qui donne le vrai visage d’une civilisation.

Le populisme, entend-on sans cesse de gauche à droite... Sans voir que celui qui l’incarne c’est bien ce Président dont la vision ne dépasse pas le quotidien et l’écume écœurante des faits divers.

Petitesse partout, grandeur nulle part

 

Auteur:le nouvel hermès

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Published by L'archipélien - dans politique
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  • Le monde est dangereux non pas à cause de ceux qui font le mal, mais à cause de ceux qui regardent et laissent faire” Einstein.
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