René Dosière a encore frappé. Le pourfendeur des gaspillages publics, qui épingle régulièrement le budget de l'Élysée, a cette fois épluché les indemnités des élus locaux grâce à des données
transmises par écrit par le ministère de l'Intérieur. Si les indemnités des élus de terrain restent raisonnables au regard des budgets des collectivités locales, le député de l'Aisne apparenté
PS a tout de même relevé plusieurs "aberrations".
Les présidents et vice-présidents des groupements de communes ont vu leurs indemnités exploser de... 43, 8 % entre 2002 et 2007 ! Les revenus des élus communaux et des responsables
d'intercommunalités ont augmenté de 14,5 % en cinq ans. En comparaison, sur la même période, les salaires des Français ont augmenté de 0,6 % par an. Quant aux représentants des groupements qui
ne sont pas élus, leurs revenus représentent 15, 5 % des indemnités communales en 2007, contre 7,4 % en 2000... Autre "aberration" : l'écart de revenus entre un conseiller de la capitale et les
autres élus locaux. Grâce au cumul de leurs fonctions de conseillers généraux et municipaux, les élus parisiens touchaient, en 2008, 68.808 euros en moyenne, contre 29.909 euros pour les élus
des autres départements et 31.555 euros pour les conseillers régionaux.
Les "cumulards"
Ces derniers ne sont pas tous logés à la même enseigne. Tout dépend de la région à laquelle ils appartiennent. Ceux de Guyane, de Martinique et de Corse gagnent moins de 24.000 euros par an
(soit moins de 2.000 euros par mois). Viennent ensuite les conseillers régionaux de 10 régions qui gagnent entre 24.000 et 28.000 annuels. Cinq régions traitent généreusement leurs élus en leur
octroyant un traitement supérieur à 34.000 euros par an (2.833 euros par mois). Arrive en tête la région Provence-Alpes-Côte d'Azur (avec 44.918 euros par élu et par an), suivie de la Bretagne,
le Nord-Pas-de-Calais, le Pays de la Loire et Rhône-Alpes (avec 34.236 euros par élu).
Mais ces élus sont souvent des "cumulards", qui siègent également comme députés, maires, conseillers municipaux... René Dosière réclame ainsi l'abaissement du plafonnement auquel ils sont
soumis, d'une fois et demie le montant de l'indemnité parlementaire - soit 8.165 euros bruts par mois - à 5.470 euros. Une mesure qui n'est pas à l'ordre du jour.