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21 janvier 2011 5 21 /01 /janvier /2011 05:37
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18 janvier 2011 2 18 /01 /janvier /2011 18:30

Michèle Alliot-Marie ministre des affaires étrangères propose d'aider Ben ALi pour mieux sécuriser la Tunisie.
Je précise juste qu'elle possède une villa à Tabarka =

 

Lien"http://www.dailymotion.com/swf/video/xgix06?width=&theme=none&foreground=%23F7FFFD&highlight=%23FFC300&background=

.

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18 janvier 2011 2 18 /01 /janvier /2011 06:48

PRATIQUE

10 conseils pour réduire sa consommation de carburant

 
Essence, faire le plein, station service

Essence, faire le plein, station service | MAXPPP

Le budget automobile représente une part importante du budget global des ménages. Les perspectives pour 2011 indiquent que ce budget devrait augmenter de 4% à 6%. La consommation de carburant y est pour beaucoup. DrivePad vous donne 10 conseils importants pour réduire cette consommation et pour devenir un éco conducteur.

1.   Lorsque vous démarrez, n’attendez pas si cela n’est pas nécessaire que votre moteur soit chaud pour partir. Simplement roulez doucement les premiers kilomètres.

2.   Respectez les limitations de vitesse : rouler trop vite ne vous fera pas gagner beaucoup de temps d’une part ; et si tous les automobilistes français respectaient les limitations de vitesse, l’économie de carburant en France serait de l’ordre de 6 à 7% chaque année.

3.   Roulez à une vitesse constante. N’accélérez que si cela est nécessaire, et évitez les à coups. Car le simple fait de lever un peu le pied vous fera économiser du carburant. Par contre, freiner brusquement et de façon inutile génère des frottements: préférez largement le frein moteur.

4.  Passez au rapport supérieur au bon moment : passez la vitesse supérieure lorsque le compte-tours affiche 2.000 à 2.500 tours/mn. Ceci permettra de garder le régime de votre moteur au plus bas.

5.   Surveillez la pression des pneus de votre automobile ainsi que leur état. Des pneus sous gonflés ou en mauvais état augmentent la consommation de carburant.

6.  Anticipez la circulation. Soyez attentifs au trafic et anticipez les comportements des autres conducteurs. Et choisissez l’itinéraire le plus court pour gagner du temps et de l’argent !

7.  Utilisez modérément votre climatisation, surtout en ville. Le compresseur de climatisation consomme 1L de carburant tous les 100 km. C’est à dire qu’il est parfois préférable d’ouvrir les fenêtres pour rafraichir l’habitacle que de mettre la climatisation. Néanmoins gardez vos fenêtres fermées à grande vitesse. Sur l'autoroute, toute fenêtre ouverte augmente la consommation de carburant.  

8.  Arrêtez votre moteur lorsque le véhicule est arrêté pendant plus de quinze secondes.

9.  Evitez d’emporter le superflu. En chargeant votre véhicule au minimum, vous éviterez d’augmenter de manière inutile le poids de votre véhicule, et donc la puissance nécessaire au bon roulement de celui-ci. Ainsi retirez tous les accessoires inutiles aux trajets quotidiens comme les porte-bagages.

10. Prenez des notes sur votre consommation hebdomadaire voire mensuelle de carburants. Vous pourrez en comparant vos chiffres comprendre pourquoi vous consommez trop ou si vous êtes un vrai éco conducteur !

Deux astuces supplémentaires : n'utilisez votre véhicule que si nécessaire, et lorsque vous devez changer vos pneus, demandez des pneus "basse consommation", qui permettront de diminuer d'environ 4% la consommation de carburant.

Et vous, quelles sont vos astuces pour réduire votre consommation de carburant?

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16 janvier 2011 7 16 /01 /janvier /2011 18:30

se defaire quand viendra la revolution....Lien

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Qu'ils s'en aillent tous

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16 janvier 2011 7 16 /01 /janvier /2011 14:38

L’Attila de la République

Près de 4 longues années se sont écoulées depuis l’accession au poste suprême de Nicolas Sarközi.

Force est de constater, qu’à l’instar du roi des Huns, c’est un désert social qu’il laisse derrière lui.

4 mois après son intronisation, la dette de la France atteignait 1 216,4 milliards d’euros, ce qui représente un niveau record de 66,6% du PIB. lien

3 ans après, en mai 2010, la dette atteint un nouveau record de 1600 milliards d’euros, et si l’on trace une courbe prévisionnelle, elle sera de 100% du PIB en 2013. lien

Ces 1600 milliards d’euros représentent pour chaque français une ardoise de 26 000 euros.

Question chômage, ce n’est guère mieux : en 2007 le taux de chômeurs est de 6,8% (lien), en 2010, il est passé à 9,3%.

La cour des comptes dénonce en vain les dépenses excessives de l’Etat :

De l’Airbus présidentiel, équipé d’une cafetière qui a couté près de 25 000 euros, (lien) d’un four à pizza, un centre médical, douche, pour une facture totale de 176 000 € au diner pour la méditerranée qui a couté 5050 euros (lien) pour le repas de chaque invité, ce luxe tapageur donne un bien vilaine image de notre république.

Ajoutons que pendant les 6 mois de la présidence française à l’Union Européenne, la France a dépensé 1 million d’euros par jour.

Pour la santé, ce n’est pas plus brillant, puisqu’outre les suppressions de postes dans les hôpitaux, rendant les services moins performants, et incitant ceux qui en ont les moyens à se tourner vers les cliniques privées, on sait depuis juillet 2010 que 54 hôpitaux sont menacés de fermetures. Lien

Leur liste est sur ce lien.

La hausse du forfait hospitalier de 2€ par jour, et le remboursement de seulement 15% de certains médicaments aggravent la situation.

D’après L’IRDES (institut de recherche et documentation en économie de la santé) le pourcentage des médicaments moins bien remboursés est en augmentation de 20%. lien

Les 2 milliards gaspillés par Roselyne Bachelot pour une pandémie illusoire n’ont rien arrangé. lien

Ce qui a bien sur des répercussions sur la sécurité sociale qui n’avait pas besoin de çà.

Du coup les patients sont de plus en plus nombreux à renoncer aux soins.

Ce qui fait les choux gras des mutuelles complémentaires qui voient le nombre de leurs adhérents s’accélérer, malgré l’augmentation de leurs cotisations. lien

Encore faut-il en avoir les moyens.

Le désert social progresse aussi dans le domaine de l’enseignement.

16 000 postes d’enseignants n’ont pas été renouvelés en 2010, dont 14 000 postes d’enseignants stagiaires, et de 600 postes d’agents administratifs.

En 2008, 11 200 postes avaient déjà été supprimés, auxquels se sont ajoutés les 13 500 de 2009, soit au total 41 200 postes d’enseignants supprimés depuis l’accession au pouvoir de Nicolas Sarközi. lien

Parallèlement, les écoles privées se remplissent, d’autant qu’un sénateur efficace, Jean Claude Carle a fait adopter un amendement visant à alléger les suppressions de postes dans les écoles privées.

Cette opération de « vases communicants » va donc profiter à l’école privée, pour laquelle, on s’en souvient, le même sénateur a toujours été un ardent défenseur.

Quand on lui demande à quoi il attribue le succès de l’école publique, il répond : « Je crois tout simplement que les parents y trouvent un meilleur accueil, de meilleurs résultats, et une meilleure implication des familles  ». lien

Et bien évidemment, seules les familles qui en ont les moyens pourront profiter des performances de ces écoles privées.

On sait depuis longtemps qu’en vidant les écoles, on remplit les prisons.

Le nombre de gardes à vue a explosé en quelques années. lien

Au rythme où çà va, un français a 7 « chances » sur 10 d’être placé un jour en garde à vue.

Or Nicolas Sarkozi a beau s’indigner que « les conditions de gardes à vue sont insatisfaisantes en terme de respect de la dignité des personnes », il est inutile de l’évoquer si on ne fait rien pour l’améliorer.

En effet, c’est bien une note provenant du Ministère de l’Intérieur adressée aux directeurs départementaux qui expliquait que désormais l’efficacité de la police serait calculée à partir du nombre de gardes à vue. (Canard Enchainé du 10 décembre 2008)

Et puis, les langues commencent à se délier dans les rangs même de la police.

La fusion de la gendarmerie et de la police en 2008 avec la promesse sarkozyste de garder à chaque corps sa spécificité commence à prendre l’eau.

D’après un commissaire divisionnaire, il s’agit surtout de faire disparaitre la gendarmerie. lien

Coté des libertés, avec la loi LOPPSI, votée le 17 décembre dernier, c’est encore tout un pan de nos libertés qui s’en va en fumée. lien

L’erreur 404 devient une banalité, les services gouvernementaux supprimant tout ce qui peut nuire au chef de l’état, et à son gouvernement.

Dans cette Loppsi, un amendement de taille semble avoir échappé à la vigilance républicaine puisque le gouvernement veut imposer des « cellules de citoyenneté et de tranquillité publique » très suspectes. lien

C’est l’occasion de rappeler la mobilisation du 15 janvier contre la LOPPSI, puisqu’elle repasse au Sénat le 18 janvier.

Lieux des manifs sur ce lien

Sur 473 tribunaux d’instance, le gouvernement a décidé la fermeture de 178 d’entre eux, et pour ceux de grande instance, il est prévu que 23 d’entre eux soient fermés, sur les 181 existants.

Résultat attendu pour les justiciables : le plaignant est obligé de parcourir des kilomètres interminables pour se défendre. lien

La ligue des droits de l’homme dénonce aussi la suppression du contrôleur général des lieux de privation de liberté,. lien

Il faut rajouter à ça la volonté du chef de l’état de supprimer les juges d’instruction.

Mais surtout, c’est maintenant l’indépendance de la justice qui est menacée comme l’a expliqué le syndicat de la magistrature lors de son 43ème congrès en 2009, (lien) même si, grâce à l’Europe, le parquet pourrait sortir de la relation incestueuse qui l’unit au pouvoir. lien

Fadela Amara vient d’être remerciée, après avoir servi de « caution sociale » au pouvoir, qui , en lui donnant la responsabilité du « plan banlieue » sans lui en donner les moyens a provoqué son échec. lien

Pour la remercier, le gouvernement vient de la nommer « inspectrice générale des affaires sociales » : elle devra donc contrôler et évaluer la mise en œuvre des politiques publiques dans le domaine social.

Personne ne songe à voir là de l’humour. lien

Le plus pitoyable, c’est que l’argent public dépensé pour la communication du « plan banlieue » aura bientôt dépassé celui engagé pour le réaliser.

Il aura couté 34 millions d’euros gaspillés en pure perte, sauf pour les boites privées, et dont seulement 1160 jeunes ont pu profiter. lien

Le « Canard Enchainé » avait révélé le 23 janvier 2008 que pas moins de 600 000 euros avaient été engagés pour le déplacement présidentiel à Vaulx-en-Velin : un Hôtel, le Palais des sports, le centre culturel "Charlie Chaplin" ayant été réquisitionnés pour l’occasion, chassant du coup étudiants et professeurs.

1500 personnes, triées sur le volet, ont été accueillies, et grassement arrosées et nourries, protégées par un important dispositif de sécurité pour éviter « tout débordement ».

En réalité, la détresse sociale s’est aggravée dans les banlieues : les jeunes dont les parents (ou grands-parents) sont d’origine maghrébine connaissent un taux de chômage bien plus important, celui-ci étant de 43% en 2010. lien

Pas étonnant que le trafic d’armes et de drogue s’intensifie, que les voitures brûlent.

On continue de mourir dans la rue, de froid, malgré la loi « DALO » :

en 2007, ils sont 200 à être morts de misère et de froid dans la rue. lien

Ils ont été 388 en 2009lien

On aura quasiment doublé en 2 ans, malgré la promesse présidentielle. l

Sur près de 50 000 demandes de logements, moins de 15 000 ont été concrétisées, sans oublier que 200 000 personnes restent sans domicile fixe. lien

Question environnement, une fois les fumées illusoires du Grenelle dissipées, une réalité plus cruelle apparait.

L’état continue de porter à bout de bras un nucléaire dangereux et dépassé, et l’EPR qui devait faire des miracles est un échec : la centrale finlandaise dont la mise en service devait se faire en 2009, est programmée maintenant à l’horizon 2013, avec un budget qui a explosé passant de 3 milliards d’euros à 4,5 millions d’euros pour l’instant, et pourrait, d’après Greenpeace, atteindre 6,7 milliards d’euros que le contribuable français va devoir payer. lien

Inutile d’évoquer le retard qu’a pris la France dans le domaine des énergies renouvelables par rapport au reste de l’Europe : on ne peut pas à la fois gaspiller des sommes énormes dans le nucléaire, et développer les énergies propres et renouvelables. lien

Pourtant 97% des français sont favorables à leur développement. lien

Que deviennent les promesses présidentielles qui annonçaient qu’en 2020, elles représenteraient 23% de nos besoins énergétiques, cequi étaient pourtant un objectif bien timide ?  lien

Que reste-t-il du Grenelle ? Des illusions perdues, et des écologistes floués. lien

Voila le tableau réaliste et cruel du désert social qui s’est installé en quelques années.

C’est l’objet du livre de Jacques Cotta qui vient de paraitre : « qui veut la peau des services publics  » (éditions JC Gawsewitch). lien

Comme aime dire mon vieil ami africain :

« Les despotes sont comme les nuages, quand ils s’en vont, on peut espérer une bonne journée »

 

Merci à Placide d’avoir réalisé le dessin qui illustre l’article

 

olivier cabanel in agora vox

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14 janvier 2011 5 14 /01 /janvier /2011 05:57

Ne manquez pas Little Haïti, l'un des plus beaux quartiers de Miami", recommande le Lonely Planet consacré à la Floride. "Quartier déshérité essentiellement peuplé par des Haïtiens, arrivés à Miami de 1975 à 1985. A éviter", indique à l'inverse le Guide du Routard dans son édition 2010. La curiosité en éveil, vous décidez de vous forger votre propre opinion et embarquez dans un taxi (jaune).

 

 

 

La façade de la librairie Mapou, à Little Haiti.

Première halte à la librairie Mapou, située sur NE 2nd avenue, l'artère principale du quartier. Sur le fronton d'une jolie façade rose, la sage inscription "Libreri Mapou Bookstore" ne dénote rien d'inquiétant. Affable et souriant, Jan Mapou, 68 ans, évolue au milieu de quelque 3 000 ouvrages. Le prix Médicis 2009, décerné à l'écrivain d'origine haïtienne Dany Laferrière pour L'énigme du retour, jouxte des essais politiques en français ou en anglais, des romans en créole et des dictionnaires créole-anglais.

Little Haïti s'est développé dans les années 70 et 80, avec l'arrivée de milliers de boat people. "Plus de 50.000 Haïtiens ont vécu dans cette partie de Miami, un quartier italien qu'on appelait Lemon City pour ses plantations de citronniers. Ce nombre va décroissant car une avalanche d'Haïtiens va du côté nord", raconte le libraire. Ils seraient aujourd'hui 30.000 à habiter ce quartier situé au nord de Design District.

Jan Mapou, qui a quitté son île natale en 1971, a ouvert cette librairie en avril 1990. Fervent défenseur de sa langue maternelle – en 1965, il a participé à la fondation du mouvement créole haïtien, Sosyete Koukouy, dont il a ensuite créé la branche de Miami - il a composé lui-même une dizaines de livres. Il prépare une anthologie de la poésie créole ainsi qu'une autobiographie. Le tout entièrement en créole haïtien.

A l'étage, un mur fait sa fierté: des dizaines de phrases-autographes y sont inscrites de la main des écrivains qu'il a accueillis dans le cadre de rencontres littéraires. Le premier fut… Dany Laferrière, le 13 avril 1997. Plus insolites, des bouteilles de Kremas Mapou, épaisse boisson sirupeuse à base de rhum, de coco et de lait concentré préparée par son épouse, trônent derrière la caisse. Jan Mapou n'est pas qu'un pur esprit… Les esprits, ceux des 121 loas du vaudou haïtien, surgissent dans les botanicas.

Dans ces échoppes d'où s'échappent musique des îles et parfums d'encens, les prêtres du vaudou invoquent Papa Loco, divinité des plantes et esprit guérisseur, en secouant le açon, petite calebasse entourée de perles. Plusieurs botanicas bordent la NE 2nd avenue. Chez Vierge Miracle & St Philippe Botanica, une prêtresse maussade raccompagne fermement à la porte le visiteur curieux n'ayant pas l'intention d'ouvrir son porte-monnaie. Mais chez Santa Barbara Botanica, Papa Laider André et Johnny, qui se disent frères, se montrent nettement plus accueillants. A condition d'être soi-même respectueux du lieu. Ici, images saintes, statues de la Vierge, du Bouddha, de Papa Loco ou de Santa Barbara côtoient des bouteilles de vin encapsulées. Flacons de shampoing, poupées vaudou, crânes et bougies s'empilent en un étrange capharnaüm.

"Quand tu crois, tu crois. Quel que soit le Dieu". Ainsi parle Johnny, l'un des deux prêtres vaudou. Parmi les clients, beaucoup d'Haïtiens. Certains sont catholiques, d'autres baptistes ou pentecôtistes. " Si vous aimez quelqu'un, vous venez ici et on va travailler pour vous le donner, pour tout le temps. Si vous avez quelque chose de mal, vous venez ici pour être guéri. Il faut appeler l'esprit. " En voyant les poupées vaudou, on se demande si les deux hommes jettent aussi des sorts. " On est là pour aider les gens qui ont des problèmes, pour faire du bien et pas du mal ", rassure Papa Laider André. Quand il était petit, raconte-t-il, il a pratiqué avec sa grand-mère, elle-même prêtresse à Petit Goyave, en Haïti. Ils allaient dans un péristyle, " un bâtiment spécial pour les esprits ". " On naît prêtre vaudou ", assure-t-il.

Autre lieu, autre ambiance. Dans un bâtiment neuf aux fresques riantes, le Centre culturel haïtien a vu le jour en janvier 2009. Financé par la ville de Miami , il a pour but la promotion de la culture afro-caribéenne au travers de spectacles et d'expositions. Fin 2009, les œuvres d'une vingtaine d'artistes du bassin caribéen y étaient accrochées dans le cadre de l'exposition Global Caraïbes, initiée par la France (et accueillie l'été dernier au Musée international des arts modestes de Sète). Ces initiatives culturelles tentent ainsi de dynamiser un quartier encore boudé par les visiteurs à cause de sa mauvaise image. Certes, personne ne vous conseille d'aller déambuler seul, à minuit, dans les rues de Little Haïti. Mais en plein jour, ce quartier attachant est véritablement "à ne pas manquer".

Carole Rap

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13 janvier 2011 4 13 /01 /janvier /2011 07:52

Quel peut-être notre avenir politique : messianisme d’une pensée humaniste ou religion du marché économique?

La politique contemporaine notamment dans notre grand pays de Belle France commence à sentir le renfermé, le statique, le mou du bulbe, le déjà cuit, pas très propre, déjà vu, déjà entendu. Le tout sans une once de créativité, d’audace, de réel engagement et de nobles pensées.

Un mur stérile constamment entretenu sépare les prétendus responsables politiques qui s’y trouvent plutôt à l’aise. Il suffit d’être de Droite ou de Gauche et hop c’est bon, on a tout un arsenal d’idées toutes faites, de poncifs arriérés, de positions économiques et collectives, de jugements à l’emporte pièce.

Aucun intérêt ! Aucun avenir ! Aucun Espoir !

La séparation droite / gauche qui voudrait réglementer notre vie et notre pensée politique est parfaitement inadaptée à la réflexion ouverte que devrait avoir un Citoyen responsable sur ses positions et engagements dans la vie de la Cité (et la sienne …)

Cette semaine, l’inénarrable Bernard-Henri Lévy a lancé une offensive médiatique, visant à discréditer J L Mélanchon, le leader médiatique du Front de Gauche en l’accusant de populisme. Pourquoi ?
Parce que d’après cet esprit supérieur de BHL, JL Mélanchon sème la division du bloc dont il se prétend membre. La Gauche.

Les dissensions et les menaces de divisions sont traitées de la même manière à Droite. Il faut faire bloc derrière le mur de la pensée unique Droite / Gauche !

BHL, l’intellectuel des plateaux télé qui y martèle régulièrement ses dogmes sionistes et ses « convictions philosophiques » à la petite semaine ; BHL le « penseur » qui utilise les médias pour lancer ses anathèmes furieux et sans rémission, se voudrait « l’Esprit dominant et supérieur » de cette gauche sioniste, bobo, terriblement très ultra-libérale dont DSK est un membre actif.

BHL / DSK c’est se penser « social » quand on est entouré du luxe et des valeurs que seul le Grand Capitalisme et les grandes fortunes peuvent offrir…

Il est de plus en plus clair que Bernard-Henri-Lévy se prend pour un intellectuel politiquement engagé quand il ne fait que brasser dogmatiquement des à priori qu’il assène avec d’autant plus de force qu’ils sont souvent creux.
Le problème c’est que c’est lui que les télés invitent régulièrement et qu’elles délaissent ou ignorent bien d’autres penseurs de notre quotidien et de notre avenir politique.

Pour ce « philosophe cathodique», tout ce qui refuse la logique unilatérale du pouvoir économique et le discours monologique des “élites” (dont Il fait partie !) est “populiste” (c’est-à-dire crypto-fasciste, crypto-stalinien etc.).
Mais qu’on aille pas s’imaginer que l’autre bloc, la Droite ne soit pas minée des mêmes corruptions, médiocrités, affligeantes incapacités, blocages obsessionnels, mensonges et compromissions abjectes.
La Gauche, la Droite …. Pouah ! De l’air, du neuf, du nouveau. Y’en a marre !

En octobre dernier, un débat était organisé aux Matins de France-Culture à l’occasion de la sortie du numéro spécial de Marianne autour d’un sondage sur la notoriété et l’influence des intellectuels français.
“Pourquoi les intellectuels interviennent-ils si peu, voire pas du tout sur les questions sociales, ou seulement de manière dispersée en tant qu’« experts » de tel ou tel sujet ?”, se demandait à peu près Maurice Szafran à cette occasion. Sa remarque très pertinente n’avait pas été reprise, et même balayée de façon gênée.
Question connexe : pourquoi les intellectuels (dans leur grande majorité) refusent-ils désormais de considérer que la question sociale est la question politique majeure?

Parce que depuis trente ans, on nous explique (particulièrement les « Nouveaux philosophes ») qu’ils ont été dans les années 50 pour beaucoup, les complices du totalitarisme stalinien ou du gauchisme irresponsable ( d’autres du pétainisme ou du nazisme : ex l’affaire Heidegger ; mais laissons de côté l’engagement de droite ou d’extrême-droite. Il est d’ailleurs assez peu dans la ligne de mire du soupçon français à l’égard des intellectuels, de manière très significative, mais il ne faut pas le négliger loin de là !).

Tout propos critique généraliste, universaliste, sur l’état de la société est en conséquence accusé de reproduire un discours idéologique schématique d’opposition des classes sociales, qui a jadis servi à justifier le totalitarisme stalinien à l’est.

Tout souci d’égalité sociale, ou de redistribution est immédiatement soupçonné de « stalinisme ». (discours permanent aux USA qui s’amplifie en Europe).
Comme si on ne savait pas que les régimes staliniens avaient généré une nouvelle classe sociale dominante dont la particularité était d’avoir accaparé violement l’appareil d’état, exploitant au profit de la reproduction de leur emprise, l’ensemble des populations de façon très brutale, sans parler de la façon dont furent exterminés ceux ne respectant soi-disant pas « la ligne du Parti ».

Cette hégémonie politique des bureaucraties étatiques dans les pays où des partis de type stalinien ont pris le pouvoir n’est pas douteuse. Et les partis communistes de l’Ouest ont généré à leur grande époque des mini-bureaucraties, où l’on pouvait apercevoir en germe les évolutions de type totalitaire en cas de prise du pouvoir, aucun doute à ce sujet. Les ex Ligues Communistes Révolutionnaires, les mouvances Trotskystes, Maoïstes, Castristes, ou encore (un peu édulcoré) le NPA, d’Olivier Besancenot relèvent toujours de ce type d’appareil et de méthode. Ici, L’UGTG de Domota ou la CGTG de Nomertin sont basées sur les mêmes principes et les mêmes dérives.

Cela invalide-t-il pour autant entièrement le rôle de contre-pouvoir et de critique sociale qui a été celui des partis communistes dans les années 50, particulièrement en France ? Non !

C’est précisément dans ce contexte que Sartre avait tenté de théoriser le rôle de l’intellectuel critique, capable de faire un double pas de côté pour se démarquer à la fois de la tentation oligarchique des démocraties parlementaires et de la tendance bureaucratique des partis staliniens.
Cette tentative de double critique a pu se déconsidérer en paraissant donner carte blanche aux appareils staliniens ou à des groupuscules gauchistes maoïstes dans les années 60 et 70.

Mais le problème de fond n’est pas dans les louvoiements sartriens impuissants à dépasser la logique bipolaire de la guerre froide. Il est de savoir si ce rôle de vigilance critique que Sartre avait théorisé est aussi dévalorisé qu’on le prétend par ses propres échecs pratiques. Qui a pris vraiment la mesure du gros effort philosophique de La Critique de la raison dialectique qui contient précisément cette double critique? Très significativement, Bernard-Henri Lévy, dans son livre Le siècle de Sartre (2000) avait balayé d’un revers de main les enjeux sociaux et politiques de ce livre, accusé un peu vite de néo-hégelianisme ce qui arrangé bien notre petit Philosophe médiatique.

Bernard-Henri Lévy avait préféré insister sur le dernier Sartre, celui du dialogue avec son secrétaire particulier Benny Lévy, ex-leader de la Gauche Prolétarienne auto-dissoute en novembre 1973. Dans les années 70, Benny Lévy, rompant avec son activisme maoïste et effectuant son retour vers la pensée juive et la religion judaïque, tente de repenser à nouveaux frais la question politique en la confrontant aux interrogations métaphysiques et religieuses qui sont alors les siennes.

Ce dialogue ultime de Sartre avec l’ex-maoïste a été en effet un moment essentiel de l’histoire intellectuelle, et Bernard-Henri-Lévy avait raison en ce sens de le réhabiliter contre ceux qui ont cherché à le discréditer parce qu’il posait des questions gênantes. Il est vrai que Sartre avait été au plus haut point intéressé par les réflexions de Benny Lévy sur le « messianisme » : Benny Lévy l’avait invité à penser comme « messianisme » son engagement politique, dans un dialogue fécond avec la pensée juive du XXème siècle que Sartre découvrait à cette occasion.

Ce que Bernard-Henri Lévy avait cependant omis de préciser dans son livre, c’est que Sartre n’avait jamais renoncé dans ce dialogue à maintenir deux choses essentielles :
1. Son athéisme permanent et profond !
2. La finalité révolutionnaire de son discours. Mais en somme (et c’est ce qui a fort embarrassé les sartriens historiques), il acceptait la caractérisation de messianisme politique à propos de son propre engagement - sans pour autant y renoncer.

Pour dire les choses brièvement et clairement, il s’agissait de montrer que la politique, si elle se mêle de Promesse transcendantale, devient potentiellement totalitaire : elle dégénère en une espèce de néo-théocratisme sans dieu.

Cette réflexion renouvelait la pensée classique de séparation du spirituel et du temporel : il faut laisser à César ce qui appartient à César (le rationalisme du calcul et de l’emprise sur les choses), et à Dieu ce qui appartient à Dieu (le prix moral de la valeur des choses et des êtres, transcendant le calcul et la politique).

Cette critique de Benny Lévy du « messianisme politique » a été intellectuellement victorieuse (même si elle n’a pas été en apparence au centre des débats), précisément parce qu’elle a été significativement reprise, entre autres, par Bernard-Henri Lévy, un des intellectuels les plus influents, si on en croit le numéro de Marianne d’octobre. De cette dévaluation du messianisme politique, est née l’idée qu’il faut laisser la gouvernance à des experts - c’est-à-dire à ceux qu’on appelle désormais les “élites”. Corollairement, toute critique des dites « élites » était soupçonnée de néo-stalinisme et de crypto-totalitarisme, et taxée de “populisme”.

Cette rupture philosophique avec le messianisme politique (dont il faut insister sur le fait qu’elle a pour fondement un retour du religieux) visait d’abord à invalider toute la pensée du mouvement socialiste et ouvrier née au XIXème siècle du saint-simonisme chrétien ou de la franc-maçonnerie (le premier communiste, Gracchus Babeuf, est d’abord chrétien), et au-delà, le marxisme, ou plus largement le “communisme”.

Mais du même coup se trouvait également invalidé l’esprit messianique de l’Etat et de la Nation napoléoniens, issu de la Révolution française, et qui en revendiquait les « principes » : à savoir le droit à l’égalité.
Sauf les deux restaurations et le régime pétainiste, tous les régimes qui se succèdent jusqu’à la Troisième République s’établissent dans la continuité de cette visée messianique d’une égalité de droit entre des individus reconnus (plus ou moins largement) comme des citoyens.

Aucun régime politique ne remettra en cause ce Principe en quelque sorte spirituel du pouvoir d’Etat (pas même le Second Empire, censé se fonder sur la souveraineté populaire) de tendre à l’égalité de droit principielle, à défaut d’établir l’égalité économique et sociale. C’est encore le principe essentiel du programme du Conseil National de la Résistance, et ce qui justifie la notion de « démocratie sociale » qui en était le coeur, visant à relancer la Promesse révolutionnaire d’égalité comme moteur spirituel et moral de l’esprit des institutions démocratiques.

C’est sans aucun cette volonté toujours affirmé qui a permis à la France de se positionner en théologienne internationale des Droits de l’Homme et du Citoyen pendant longtemps. Statut remarquable qu’elle est en train de perdre depuis peu.

Le marxisme revendiquera également ce principe, mais en critiquera l’idéalisme, cherchant les moyens de le réaliser (de supprimer la distance entre le principe et le fait) par une réforme drastique de l’état et du droit de propriété.
Le Marxisme fut ainsi aux démocraties ce que les millénaristes sont aux chrétiens ordinaires. Et ce millénarisme du messianisme politique qu’aura été le marxisme a de fait échoué sur les pratiques concrètes du socialisme dit “réel”. L’Idéologie n’était pas forcément mauvaise, loin de là. Mais elle était basée sur une appréciation fausse des réalités humaines.
La liberté de l’Homme s’acquière, se mérite, se construit. La liberté de l’Homme (même communiste) ne s’impose pas à coups matraques et de goulags.

Cela signifie-t-il que tout messianisme politique doive nécessairement dégénérer en totalitarisme ? Évidemment non : la pratique même des démocraties parlementaires en découle : leur philosophie du droit se fonde sur le messianisme politique issu de la Révolution française.

Ainsi la critique radicale du messianisme politique ne laisse plus rien debout de l’histoire réelle des démocraties, et c’est bien son vice profond. Jacques Rancière l’a montré, le danger dominant aujourd’hui, n’est pas je ne sais quel néo-théocratisme politique, mais bien la « haine de la démocratie » (cf. Jacques Rancière, La haine de la démocratie).
Pour le dire en termes plus politiques : la tendance naturelle des sociétés est de concentrer tous les pouvoirs entre les mains d’une ou plusieurs oligarchies. Le messianisme politique issu de la Révolution française consiste à légitimer le combat perpétuel contre cette tendance oligarchique naturelle, en s’appuyant sur le principe en effet révolutionnaire et « messianique » de la démocratie sociale ou de l’égalité réelle.

Les bureaucraties staliniennes ont montré ab absurdo que ce combat n’est jamais gagné. Le discours de la prise du pouvoir des classes dominées ou du peuple est en lui-même une imposture, et c’est cette imposture qui est la base des régimes totalitaires.

Les classes dominées, par définition, ne prennent pas le pouvoir et c’est leur mentir et les manipuler que de leur faire croire. Elles ne peuvent être que représentées plus ou moins largement au sein des instances de pouvoir.

Le pouvoir du Peuple est une hérésie, le pouvoir pour le Peuple un mensonge, le pouvoir par le Peuple une vue de l’esprit de certains cerveaux embrumés.

Le fait de penser que le Pouvoir exercé par le Peuple serait un pouvoir juste et égalitaire est un non sens qui n’est basé sur aucune analyse sérieuse des comportements humains.

Bien au contraire, les expériences passées le démontrent, dès qu’une pression populaire offre le pouvoir à quelqu’un qui est une de ses émanations proches, la Dictature brutale et injuste survient immédiatement sauf exception rarissime comme ce que vient de connaître le Brésil avec le Président Lulla.

Tout au plus peut-on souhaiter, espérer, attendre, un Pouvoir Juste pour le Bien Commun. (ce qui demeure une utopie …. presque raisonnable)
La tendance naturelle de ceux qui représentent le Peuple, quels qu’ils soient, est de perpétuer leur position de pouvoir acquise grâce à cette mission, et indépendamment d’elle. Ainsi la tendance lourde de la bureaucratisation et de la production des oligarchies menace dès les plus petits niveaux de pouvoir à l’intérieur des partis politiques, quels qu’ils soient.

Autrement dit encore, le messianisme politique, que l’on peut approfondir avec le dernier Sartre contre la critique religieuse qu’en avait faite Benny Lévy, et dont la fin est la démocratie, ne peut avoir comme visée qu’une perpétuelle vigilance exercée à l’encontre de tous les pouvoirs, quels qu’il soit, c’est-à-dire à l’encontre de ce que l’on peut appeler la Logique du pouvoir.

Le pouvoir est par nature au service de la force et des dominants : ceux qui possèdent les capitaux financiers, immobiliers, symboliques. Par le vote, par la pression sociale (grèves et manifestations), culturelle, morale, spirituelle et en définitive politique, que devraient pouvoir et vouloir exercer tous les citoyens, le Pouvoir peut être dialectiquement et momentanément contraint à prendre en compte l’aspiration à l’égalité et à la souveraineté.

C’est ce qui s’est passé en France en 1870 avec la Commune de Paris, en 1936 avec le Front Populaire, en 1945 avec le Programme du Conseil National de la Résistance, en 1968 avec les grandes grèves et en 1981 avec la victoire de la gauche après trente ans d’hégémonie de la droite. Nécessairement dans ces moments, il change en partie de mains : mais les nouveaux gouvernants, quels qu’ils soient, sont pris par la Logique du Pouvoir, qui tend nécessairement à s’appuyer sur la force, l’utilisation ponctuelle du Peuple que l’on manipule en lui faisant miroiter le Pouvoir qu’on ne lui donnera jamais.

La Logique oligarchique du Pouvoir vient-elle systématiquement et mécaniquement à bout de ces moments de « fusion » démocratique savamment mis en scène ? Presque toujours !

Mais il en reste souvent quelque chose : ce que nous appelons « nos acquis sociaux » ou par exemple, l’abolition de la peine de mort, ont été intégrés à nos lois sous la pression de ces moments de ferveur démocratique. Et c’est énorme ! Il serait ridicule de refuser de voir les avancées réelles que ces périodes ont engendrées.

Ceci dit depuis quelques temps la tendance s’est inversée très nettement.

Songeons que l’histoire des démocraties occidentales est peut-être en train de se terminer. Raymond Aron, le penseur humaniste de droite qu’on aime opposer à Sartre le disait : « le capitalisme peut parfaitement se passer de la démocratie » (et ce qui se passe en Chine aujourd’hui en est une preuve que personne ne contestera).

Faut-il se désespérer de l’action politique parce que de tels moments de ferveur démocratique semblent annulés par le retour tendanciel des oligarchies à exercer leur puissance d’action, par la force d’inertie qui veut que les mieux pourvus en capitaux symboliques et financiers (les plus forts) exercent plus ou moins leur Pouvoir sur tous les autres ? Non.
Il faut travailler patiemment à ce que de tels moments de fusion démocratique reviennent, et montrer que la puissance des puissants n’est pas sans faille : ils regagnent toujours du pouvoir, mais ils peuvent aussi le perdre, l’histoire des deux derniers siècles l’a montré. Mais ce n’est pas une raison pour repartir dans les affabulations du Pouvoir populaire.

Faut-il espérer qu’une société « nouvelle » établisse un Pouvoir de type nouveau, où les forts ne régneraient plus jamais ? On ne peut y croire si l’on connait l’Homme, son passé, son présent, sa façons d’être et de se comporter.

C’est la limite morale du « messianisme politique» quand il est raisonnable: il n’est pas utopiste.

Il faut toujours avoir pour règle humaine et politique la réalité de ce qu’est l’Homme. Se cacher la face sur ce qu’Il est réellement, est la principale source d’égarement des esprits et des systèmes politiques.
Limite essentielle : aucun individu ni aucun régime n’est prédestiné à garantir l’égalité réelle qui n’est pas une donnée connue des principes de la vie dans aucun domaine. Par contre toujours lutter pour faire respecter la Dignité Humaine et tendre vers une forme intelligente de Justice encadrée voila les buts que l’on doit exiger des Pouvoirs et des individus qui nous représentent.

La Politique demeurera ce qu’elle est depuis l’invention de la citoyenneté par les Grecs : une Promesse et un perpétuel Combat. La Politique, c’est pour toujours le combat d’Antigone et de Créon, l’aspiration nécessairement spirituelle, transcendantale à la Justice ( loi d’autant plus mythologique qu’elle n’est pas du domaine des Hommes) contre la Logique du pouvoir.

Toute la Politique est dans cette opposition intrinsèque (et non pas extrinsèque comme le veulent les tenants du retour au religieux) entre les aspirations spirituelles à la reconnaissance de la valeur de toute vie, et l’indifférence morale des logiques gestionnaires du Pouvoir. C’est l’opposition entre ces deux principes de la Croyance et du Pouvoir qui est universelle, et non les contenus de la croyance ou les modalités du pouvoir.

L’histoire des démocraties occidentales n’a pas été intégralement criminelle loin de là. Lorsqu’elle l’a été, par exemple à l’égard des peuples colonisés, ce n’est pas toujours parce qu’elle leur imposait son « messianisme politique », mais au contraire, parce que les oligarchies qui tendaient à les gouverner n’ont pas permis aux peuples colonisés de se saisir de cette arme de la liberté qu’est le « messianisme politique », ou n’ont pas voulu reconnaître les formes que celui-ci prenait, modifié localement par la spécificité des luttes, des cultures et des religions.
A-t-on aujourd’hui en mains dans la société les outils conceptuels, politiques, moraux pour que de grands moments de fusion démocratique puissent advenir ? Non !

Précisément parce que le « messianisme politique » est dévalué : « On n’y croit plus », dit-on.

Pour de multiples raisons dont l’une serait justement l’usure tragique des grandes Théories ruinées par l’exercice du pouvoir.

Force est de constater que la plupart des intellectuels choisissent de justifier les pouvoirs, les inerties, les intérêts dominants. Ils en retirent des bénéfices notoires. BH Lévy, vendu à de nombreux lobbys en est un bel exemple.

Mais il y a ceux qui, au contraire, continuent à exercer leur vigilance démocratique à l’égard des pouvoirs, ou qui, mieux, théorisent la nécessité de cette vigilance démocratique, pensons à Jacques Rancière qui fait partie aussi des intellectuels influents nommés par Marianne, il est nécessaire de les faire connaître et de démocratiser l’accès à leur pensée. ( mais ils ne sont invités sur aucun média …)

Il est urgent en effet de réhabiliter les intellectuels généralistes, les philosophes, les écrivains. Foucault l’avait montré, la spécialisation du discours des intellectuels est un des instruments au service de la Force dominante et de la Logique du pouvoir. Les experts peuvent être utiles, mais leur expertise tend à ne jamais poser les problèmes en termes politiques de luttes de pouvoir.

Le messianisme politique démocratiste est la croyance la moins nocive de l’histoire de l’humanité. Cette foi politique a des liens historiques, qu’il faut éclaircir, avec les religions monothéistes (c’est encore un des mérites du dialogue Sartre-Benny Lévy que d’avoir entamé cette réflexion) : se connaissant comme telle dans un nouveau « Je sais que je crois », elle est seule susceptible d’exercer une vigilance critique à l’égard des rationalismes étroits du calcul, tendant à mépriser la valeur de toute vie. Il n’y a pas de démocratie sans prise en compte de la foi en l’égalité à l’intérieur de la sphère de la gouvernance.

Mais davantage encore, il n’y a pas, d’un côté le rationalisme pragmatiste, auquel s’opposeraient de l’autre, les chimères de la croyance. La logique du Pouvoir est une logique de la Force, mais elle s’appuie en outre sur des idéologies qui sont elles-mêmes des croyances. Il faudrait montrer que le rationalisme comptable dont se réclament les oligarchies dominantes n’est pas moins une foi, dont l’idole a pour nom l’abstraction chimérique du “Marché”. Cette foi vise à masquer les intérêts en jeu, qui ne sont ni abstraits ni anonymes mais se rapportent à des individus qu’il est possible d’identifier.

Elle se redouble en général chez ceux-là d’une conviction profonde et révoltante qu’il y a deux humanités : les élites (auxquelles ils prétendent appartenir) et « ceux-d’en-bas ».

Accréditer cette opposition des “élites” et du “peuple”, qui reconduit la spatialisation inégalitaire des sociétés de caste (et pas seulement dans le vocabulaire employé), revient à nier la démocratie.

Warren Buffett, l’un des hommes les plus riches du monde, nous en a prévenus et cette phrase que les sociologues Pinçon-Charlot ont placée en tête de leur livre (qui est une analyse des puissances oligarchiques bénéficiaires du système actuel) est importante à penser :

” Il y a une guerre des classes, c’est un fait, mais c’est ma classe, la classe des riches, qui mène cette guerre, et nous sommes en train de la gagner.”

Ainsi, si cette guerre est gagnée par des gens comme lui, les démocraties occidentales n’auront été qu’une parenthèse historique dans l’histoire de l’humanité : à ces sociétés chaudes, à histoire et soubresauts politiques, succéderont des sociétés froides, sans histoire et sans politique, dominées par des oligarchies qui se font la guerre entre elles sur le dos des peuples. Est-ce ce que nous voulons?

La Politique n’a pas à être prise à partie à l’extérieur d’elle-même par la Religion, comme le voulait en définitive Benny Lévy. Elle est la scène tragique d’un combat contre la victoire annoncée de la Force, et le messianisme politique aura été et reste le seul dépassement possible des replis identitaires et des fanatismes théocratiques, comme du pragmatisme autoritaire des puissants, et le seul fondement des luttes démocratiques pour la reconnaissance de l’égalité.

Oui, Sartre avait raison : Chaque homme est « Tout un homme, fait de tous les hommes et qui les vaut tous et que vaut n’importe qui ».
Être un intellectuel de sensibilité Humaniste aujourd’hui, c’est se revendiquer de la « démocratie sociale », c’est défendre concrètement les acquis du Programme du Conseil National de la Résistance et des autres luttes sociales du siècle, c’est refuser que le XXIème siècle soit pour les peuples le siècle de la régression sociale, et c’est se battre avec des armes conceptuelles et des prises de position publiques pour que la politique continue à avoir pour horizon la Promesse novatrice de la Justice Sociale.

C’est en conséquence clairement prendre parti contre la « Logique du Marché » et ses sbires sans morale et pour la sauvegarde des états ou des regroupements d’états démocratiques, dont la vocation ne peut être que la redistribution raisonnée des richesses abusives mais surtout l’obligation de veiller à l’égalité et au respect des droits de Tous les Citoyens.
Le Citoyen se doit de s’engager dans une Politique raisonnable, ouverte et en symbiose avec les réalités de l’Univers Humain.

S’il s’engage dans des Théories absconses, déraisonnables, idéologiques, sclérosées qui génèrent plus de problèmes que de solutions, il met la vie de la Cité en danger.

 

Ecrit par Philippe .

Un Moulien sur le site TATUN

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11 janvier 2011 2 11 /01 /janvier /2011 19:45

On tue et nos dirigeants se taisent, honte à la classe politique française:http://www.youtube.com/watch?v=LkDp62WjKcE

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10 janvier 2011 1 10 /01 /janvier /2011 19:13

Le gouvernement français a mis en péril la vie de ces deux jeunes garçons

Sous l'impensable prétexte de ne pas céder au supposé terrorisme de l'Aqmi, le Gouvernement français a, volontairement, mis en péril la vie de ses deux jeunes gens. En effet, on ne peut pas comprendre autrement les conditions dans lesquelles cette opération militaire a été déclenchée. Les mots de M. Sarkozy (que j'aurai qualifié de rodomontades, n'eut été la gravité de la situation), malgré leur dérisoire dureté, ne pourront pas dédouaner le gouvernement français. J'ai mal pour les familles de ces deux jeunes garçons qui ont été sacrifiés à l'autel vain de la lutte à tout prix contre le terrorisme. Quant à dire que c'est le mariage à venir de l'un d'eux avec une fille nigérienne qui pourrait expliquer leur enlèvement (comme je le lis sur certains posts ici) c'est du délire pur et simple qui déshonore ceux qui tiennent de tels immondes propos. Pour nous les Africains, épouser une de nos filles est considéré comme une grâce. On ne peut pas faire du mal à quelqu'un qui le fait. Cela n'a aucun sens. Que repose en paix la mémoire de ces deux jeunes garçons.

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8 janvier 2011 6 08 /01 /janvier /2011 19:16

A l'origine de nos désillusions,il y les leurres de la communication en "langue de bois"...

Les vœux que le président de la République a présentés au pays, le 31 décembre dernier, donnent un bon exemple de ce qu’on nomme communément « la langue de bois ». L’exercice rituel l’y contraint.

=
Un argument d’autorité à leurres multiples
 
Il obéit à la stratégie du leurre de l’argument d’autorité qui tire sa force de la puissance de celui qui le profère, et de la soumission aveugle attendue de celui à qui il s’adresse. Comme une fusée à têtes multiples, cet argument d’autorité contient trois leurres :
 
1- L’un est celui de l’auto-flatterie qui est une règle.
 
- Le président s’auto-promeut d’abord : il n’est pas homme à ceci ou cela ; il fera son devoir qui est de…
 
- Un satisfecit est ensuite décerné à l’action gouvernementale de l’année écoulée qu’il a dirigée ; et la détermination du gouvernement pour poursuivre dans la même voie est déclarée toujours aussi entière.
 
2- Le second, le leurre de la flatterie du peuple, est aussi de rigueur.
 
- D’abord il s’adresse à lui dans son ensemble : hommage est rendu « au travail des Français, à leur courage, à leur capacité d’adaptation, à notre économie, aux avantages de notre modèle social » (…) à « leur maturité et à leur intelligence collective  ».
 
- Ensuite, la flatterie est distribuée comme une gâterie à diverses familles politiques : aux européens convaincus, la promesse de défendre l’Euro et l’Europe, aux libéraux, celle de rééquilibrer les comptes du pays ; aux écologistes, l’engagement de poursuivre dans la voie ouverte par le Grenelle de l’environnement et les sommets internationaux, aux laïcs, celui de défendre la laïcité et d’appliquer « la loi portant interdiction de la burqa dans l’esprit comme dans la lettre  », aux victimes de la délinquance croissante, celui de faire respecter la loi qui est « intangible ». 
 
3- Le troisième est le leurre d’appel humanitaire. Les plus faibles sont rituellement assurés d’occuper une place prioritaire dans la pensée compassionnelle présidentielle, comme « nos soldats qui passent cette fin d'année loin de leur famille en risquant leur vie pour défendre nos valeurs et notre liberté. »
 
La langue de bois et ses trois ingrédients principaux
 
Ainsi, la langue de bois est-elle constituée de trois ingrédients principaux :
 
1- Le premier est une information donnée volontairement et donc peu fiable puisqu’elle est calibrée en passant au crible de l’autocensure de l’émetteur qui élimine tout ce qui est susceptible de nuire à ses intérêts.
 
2- Le second ingrédient qui en découle, est la nature « indifférente » de cette information ainsi filtrée : elle réunit les idées convenues, les truismes, les banalités, enfin tout ce qui suscite le consensus agréé par le bon sens et elle écarte tout ce qui peut contrarier.
 
3- Enfin le troisième ingrédient est un kit de conditionnement linguistique comportant une gamme de formules pré-rédigées, prêtes à l'emploi pour recevoir les idées reçues qu’on a plus qu'à y glisser.
 
La langue de bois est ainsi « un prêt-à-penser » couplé à « un prêt-à-parler », comme dans la confection, il existe un prêt-à-porter indépendant des diverses morphologies des clients auxquels il s’ajuste tant bien que mal, à la différence de la haute couture qui coupe le vêtement aux mensurations particulières de son porteur.
 
Le leurre du truisme, son usage délicat
 
Mais il arrive parfois que, dans le bois de la langue la plus ligneuse qui soit, se glisse un défaut. Sans en avoir l’air, le leurre du truisme dont elle est familière, est d’un usage délicat. Ça peut surprendre, car on ne voit pas quel problème suscite le truisme d’un président de la République qui promet avec de mâles accents de faire son devoir : « Je ferai mon devoir, a déclaré le président Sarkozy, en écoutant, en dialoguant, mais lorsque le moment sera venu, en prenant les décisions qui s'imposent dans un esprit de vérité et de justice. Je le ferai en respectant scrupuleusement nos principes républicains les plus chers.  » Quel besoin de le dire ? On n’imagine pas un instant qu’il puisse soutenir le contraire, même si le passé a montré qu’il pouvait faire le contraire  : on s’accorde par exemple à admettre que la « réforme » des retraites n’a pas fait l’objet de la concertation méritée ; ou encore, ses discours à Saint-Jean-de-Latran de Rome et à Ryad ont passablement violé le principe de la laïcité. 
 
On relève pourtant un truisme dans l’allocution du 31 décembre 2010 qui, lui, contre toute attente, fend net la langue de bois : « Avec le Premier Ministre François FILLON qui a toute ma confiance (…) » a cru devoir préciser le président. Un truisme est l’énoncé d’une vérité évidente : « À midi, il fait jour et à minuit, nuit ! » Une variante de truisme est la tautologie qui consiste à énoncer une vérité d’évidence sous forme d’équation : « Un sou est un sou ! » Aussi vide de sens qu’il puisse paraître, le truisme n’en est pas moins riche du sens laissé à la discrétion de l’interlocuteur qui remplit à sa guise cette boîte tendue apparemment vide dans un contexte donné. « Un sou est un sou ! », selon le contexte où elle est énoncée, cette tautologie peut signifier que, peu argenté, on ne gaspille pas son argent, qu’on compte ses sous : on n’est donc pas prêt à la dépense.
 
Une confiance évidente qui ne l’est pas tant que ça
 
Qu’avait donc besoin le président de préciser que « le Premier Ministre François Fillon (avait) toute (sa) confiance » ? La constitution de la Vème République fait du Président de la République la clé de voûte des institutions d’où procèdent les autres pouvoirs, comme disait le Général de Gaulle dans une exégèse du 31 janvier 1964 restée célèbre. « S'il doit être évidemment entendu, déclarait-il, que l'autorité indivisible de l'Etat est confiée tout entière au Président par le peuple qui l'a élu, qu'il n'en existe aucune autre, ni ministérielle, ni civile, ni militaire, ni judiciaire qui ne soit conférée et maintenue par lui, enfin qu'il lui appartient d'ajuster le domaine suprême qui lui est propre avec ceux dont il attribue la gestion à d'autres, tout commande, dans les temps ordinaires, de maintenir la distinction entre la fonction et le champ d'action du chef de l'Etat et ceux du Premier ministre. »
 
N’est-il pas évident que le Premier Ministre n’est qu’une créature du président de la République ? Sa nomination, surtout quand elle a été renouvelée à peine un mois et demi plus tôt, implique donc qu’il lui est dévoué corps et âme sinon il n’aurait pas été nommé et encore moins reconduit dans sa fonction. Or, selon l’expression « il va sans dire, mais ça va mieux en le disant », cette relation de confiance si évidente ne doit pas l’être pour que le président ait jugé nécessaire de la mette en évidence. Le bruit a, en effet, couru que le président qui avait décidé d’un remaniement de son gouvernement six mois avant, avec la ferme intention de changer de Premier Ministre, se serait fait imposer le maintien de M. Fillon à son poste par sa majorité parlementaire. Le truisme qu’est la célébration incongrue d’un Premier Ministre "qui a toute (sa) confiance", tend dès lors à laisser supposer qu’elle n’est pas si assurée et à confirmer la rumeur.
 
De cet exercice en langue de bois qu’a été l’allocution présidentielle de fin d’année, c’est peut-être la seule information nouvelle qu’on en retire : le président a confirmé la situation originale où il se trouve, jamais vécue par un président sous la Vème République, hors des périodes de cohabitation avec des partis opposés à la majorité présidentielle. Il connaîtrait une période de « cohabitation » avec son Premier Ministre issu de sa majorité, qui « a toute (sa) confiance ». Habile à manier la langue de bois, le président n’a-t-il pu contrôler ce truisme ambigu ? L’épidémie de lapsus qui depuis quelques mois a frappé certains membres du gouvernement et de la majorité, l’aurait-elle contaminé ?
Auteur: Paul Villach
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  • Le monde est dangereux non pas à cause de ceux qui font le mal, mais à cause de ceux qui regardent et laissent faire” Einstein.
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