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26 avril 2011 2 26 /04 /avril /2011 05:13

Pour le ministre Chatel : "Environ 1.500" classes fermées dans le primaire à la rentrée.

 

Et pendant ce temps l'ami Bouygues contruit des centaines de places de prison.Je ne parle meme pas des bombes à 900 000euros lancées sur la lybie au mon de la "guerre humanitaire".

 

Si la guerre est humanitaire ,les bombes à  l'uranium enrichi aussi !?

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25 avril 2011 1 25 /04 /avril /2011 17:30

Provoquée par un petit acarien, la maladie peut se propager à des petites collectivités humaines. 

Elle s'invite dans les écoles, les maisons de retraite, les hôpitaux, les familles… La gale, maladie cutanée bénigne mais hautement contagieuse, est en recrudescence en France, selon un récent rapport de l'Institut de veille sanitaire, InVS . Associée dans l'imaginaire collectif au manque d'hygiène, parfois même considérée comme une maladie honteuse, cette parasitose touche en fait tous les âges et tous les milieux sociaux.

Le Sarcoptes scabiei hominis se transmet essentiellement par contacts directs rapprochés (environnement familial, rapports sexuels…) avec une personne atteinte, plus rarement par l'intermédiaire de vêtements ou linges contaminés. Après une incubation de plusieurs semaines, trois en moyenne, la maladie se révèle le plus souvent par des démangeaisons qui prédominent la nuit. Ce prurit peut s'accompagner de lésions cutanées diverses, plus ou moins étendues sur le corps, et respectant souvent le dos et le visage.

Depuis quelques années, les autorités de santé reçoivent de nombreux signaux suggérant un retour en force de la gale, dans diverses collectivités. Pour dresser un état des lieux en l'absence de surveillance spécifique de cette maladie, les épidémiologistes de l'InVS se sont penchés sur plusieurs études régionales et nationales et des statistiques concernant les ventes de traitements. «Ces données sont à interpréter avec précaution, mais l'ensemble des résultats indique une augmentation de l'incidence de la gale en France», conclut le rapport qui évalue entre 330 et 350 pour 100.000 habitants le nombre de nouveaux cas par an.

Le constat est d'autant plus préoccupant que le diagnostic et le traitement des cas et de leurs contacts sont souvent tardifs, entraînant potentiellement des difficultés de gestion dans la communauté «avec un coût humain, social et économique non négligeable». Le Dr Dounia Bitar et ses collègues citent ainsi l'exemple d'un nourrisson hospitalisé à plusieurs reprises pour une gale profuse, malgré des traitements successifs de la famille. Une enquête élargie de la DDASS avait finalement permis d'identifier la source de la contamination : le mari de l'assistance maternelle qui gardait occasionnellement le bébé. L'épisode a occasionné «de nombreuses difficultés dans la famille du nourrisson en raison des réactions de rejet du voisinage».

Inversement, le diagnostic est parfois évoqué par excès dans les collectivités comme le cas de ces 200 adolescents qui, dans un camp de vacances, avaient été traités en urgence un week-end, avant qu'une enquête épidémiologique conclut dès le lundi à des réactions allergiques à des chenilles.

Plus généralement, le rapport insiste sur le flou artistique quant aux rôles des différents acteurs de santé publique (médecine scolaire, protection maternelle et infantile, mairies…) dans la gestion des épidémies de gale en institution, d'où une lenteur d'action, voire une absence de réponse. Reste enfin le problème, parfois crucial du coût du traitement et de sa compréhension par les patients. En pratique, celui-ci peut faire appel à des applications locales de scabicides (Ascabiol, Sprégal…) ou à une prise de comprimés d'ivermectine (Stromectol), avec une deuxième dose quinze jours plus tard. L'ivermectine est prise en charge à 65 %, contrairement aux produits locaux qui coûtent 12 à 15 euros et ne sont pas remboursés, tout comme les produits de désinfection environnementale (APar). «En 2009-2010, un traitement complet pour une famille associant ivermectine, scabicide local et traitement environnemental représentait ainsi une dépense d'au moins 75 euros non remboursés, sans tenir compte d'un second traitement à J8 ou J15», écrivent les épidémiologistes de l'InVS.

Pour une collectivité, le coût peut se chiffrer en milliers d'euros. «Nous travaillons pour améliorer la prise en charge de la gale, tant au niveau des institutions qu'au niveau individuel, et pour inciter à la déclaration de cette maladie», précise le Pr Olivier Chosidow, dermatologue (CHU Henri-Mondor de Créteil).

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25 avril 2011 1 25 /04 /avril /2011 10:10

Ghassan Ben Jeddou démissionne et dénonce le manque de professionnalisme et d’objectivité d’Al Jazeera

Ghassan Ben Jeddou, journaliste tunisien et directeur du bureau d'Al Jazeera à Beyrouth, a présenté sa démission en contestation de la subjectivité de la chaîne qatarienne lors de la couverture des révolutions arabes. Couverture que Ben Jeddou juge «biaisée» selon l'article à la une du journal libanais As-Safir.

Plusieurs raisons ont poussé Ben Jeddou à démissionner . «Al Jazeera a détruit un rêve entier de professionnalisme et d'objectivité. Ce un professionnalisme est désormais devenu de caniveau après qu'Al Jazeera soit sortie de son identité de média et s'est transformée en chambre d'opération pour la propagande et la mobilisation».

Les sources d'As-Safir ajoutent que selon Ben Jeddou «que la politique de propagande d'Al Jazeera est non professionnelle et est absolument inacceptable surtout à ce tournant historique que la région est en train de vivre »

La démission de Ben Jeddou est, donc, due à des raisons éthiques. Al Jazeera couvre intensivement les soulèvements enLibye, au Yémen et en Syrie sans s'inquiéter pour le Bahreïn. Ce dernier connaît des incidents sanglants, mais se distingue par les relations privilégiées du régime en place avec le Qatar. Le pays d'Al Jazeera a même envoyé des troupes armées au Bahreïn.

Ben Jeddou est un journaliste et présentateur de télévision de renommée. Avant de rejoindre Al Jazeera, il a travaillé pour la BBC et de nombreux journaux arabes, dont le londonien Al-Hayat.

Durant sa carrière, il a interviewé d'importantes personnalités comme Hassan Nasrallah, pendant le conflit Israëlo libanais, et Fidel Castro.

Ghassan Ben Jeddou est l'une des vedettes tunisiennes d'Al Jazeera parmi lesquels comptent également Mohamed Krichen et Habib Ghribi.

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19 avril 2011 2 19 /04 /avril /2011 06:51
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18 avril 2011 1 18 /04 /avril /2011 18:21

C'est un événement aux conséquences géostratégiques essentielles pour les prochaines années qui s'est déroulé loin des regards occidentaux, la semaine dernière, sur l'île de Hainan, au sud de la Chine. Profitant de la séance d'ouverture du dixième Forum de Bo'ao, une réunion annuelle de l'intelligentsia et des dirigeants de la région, dont Pékin aimerait faire le "Davos" asiatique, le président chinois a prononcé un discours fondateur.

Hu Jintao a appelé à l'union de l'Asie autour de valeurs communes basées sur la solidarité, le travail et le développement, tout en tendant la main aux pays émergents des BRICS (Brésil, Russie, Inde et Afrique du Sud).

"Nos pays veulent une nouvelle architecture multilatérale"

"La Chine ne peut accomplir son développement et sa prospérité sans l'Asie, et l'Asie a besoin de la Chine pour son développement et sa prospérité", a déclaré le président chinois avant de passer à des considérations plus politiques : "Nous devons renforcer les mécanismes de coopération régionale"..., "maintenir une sécurité régionale qui garantisse la paix et la stabilité de la région". Et le numéro un chinois a rejeté "l'actuelle mentalité de guerre froide" (des Occidentaux) tout en précisant que la Chine prônait "la confiance mutuelle et un patient dialogue" pour la résolution des conflits régionaux.

L'importance de l'événement tient à la réponse de ses interlocuteurs : la Russie a répondu immédiatement sur un ton très positif. "La Russie est prête à participer à ce processus...", a déclaré Dmitri Medvedev en invitant tous les participants à se retrouver en juin au Forum économique de Saint-Pétersbourg. "Nos pays veulent une nouvelle architecture multilatérale, qu'un nouveau centre économique et politique développe son influence"... Et rappelant que la Sibérie russe faisait géographiquement partie de l'Asie, il a proposé qu'un "processus de sécurité et de coopération renforcé permette d'unir toute la région Asie-Pacifique".

Une chance ou une menace ?

À son tour, la présidente brésilienne, Dilma Rousseff, a fait le lien entre l'Asie et l'Amérique latine, soulignant : "Le monde est en train de vivre une transformation en profondeur en sortant des anciens impérialismes."

"Certains verront le développement des géants économiques du Sud comme une chance pour construire un monde multilatéral et d'autres le verront comme une menace", a estimé, quant à lui, le président sud-africain Jacob Zuma, tout en se déclarant "déterminé à poursuivre l'engagement avec la communauté d'affaires asiatique". Le commerce entre la Chine et les BRICS a augmenté de 46 % au cours du premier trimestre 2011.

Côté asiatique, Taïwan, tout en se montrant prudente, a semblé favorable au projet, de même que la Corée du Sud. L'Asean (Association des dix pays d'Asie du Sud-Est), qui depuis l'an dernier met en place la plus vaste et dynamique zone de libre-échange avec la Chine (plus de 950 milliards de dollars d'échanges en 2010), est apparue totalement acquise à cette cause. "La Chine va demeurer la locomotive de la croissance pour toute l'Asie... L'Inde est une locomotive alternative", a déclaré le secrétaire général de l'Asean. C'est sans doute parce que l'Inde vit assez mal le fait d'être, à ce stade, considérée uniquement comme "une alternative" à la Chine que le Premier ministre indien, qui participait la veille au sommet des BRICS, s'est abstenu de venir au forum de Bo'ao. Sa réponse par la politique de la chaise vide faisait écho au silence gêné du Japon, qui était, voilà quelques mois encore, la seconde économie mondiale, mais dont la tragédie nucléaire le tire pour l'instant vers le bas.

Des relations Sud-Sud

En vieux stratège, la Chine s'est donc efforcée de poser les bases d'un nouveau cercle d'influence, réunissant les grandes puissances émergentes, notamment du Sud. Cette ouverture multipolaire n'exclut pas que la Chine continue, en bonne joueuse de go, à participer activement aux autres cercles dont elle fait déjà partie, comme le Conseil de sécurité des Nations Unies ou le G20. Mais le tracé de ce nouveau réseau transforme radicalement les rapports de force internationaux hérités du XXe siècle, qui prévalaient jusqu'à la crise économique de 2008, lorsque les puissances occidentales dirigeaient l'économie et monopolisaient le discours international.

Un nouveau type de relations Sud-Sud est en train de se mettre en place, à l'initiative de la Chine, qui échappe totalement aux courants d'échanges que dirigeait jusqu'à présent l'Occident. Ces pays asiatiques et émergents représentent plus de 60 % de l'humanité et de la croissance mondiale. Leur appel à l'unisson pour l'émergence d'un nouveau monde multipolaire peut difficilement rester ignoré. Cette évolution est d'autant plus spectaculaire que plusieurs de ces pays sont encore, ou ont connu récemment, des régimes communistes, fascistes, militaires ou autoritaires, mais qu'ils sont en pleine transformation.

Contre l'intervention en Libye

L'opération avait été organisée dans ses moindres détails par les autorités chinoises. Elle se déroulait comme une pièce de théâtre en deux actes dans l'île tropicale de Hainan, symbole du "Sud" chinois. Premier acte avec le sommet des BRICS à Sanya le 14 avril, qui a permis aux cinq pays émergents de protester d'une seule voix contre l'opération militaire des Occidentaux en Libye. Mais les BRICS ont également soutenu le projet de réforme du système monétaire international mené dans le cadre du G20, démontrant ainsi leur nouvelle force et leur volonté de participer davantage à la gouvernance mondiale.

Second acte les 15 et 16 avril au Forum de Bo'ao avec cet appel du président chinois à la fondation d'une "Pan-Asie" pacifique et prospère, dont le rayonnement, via la mondialisation, pourrait atteindre les autres continents. La mise en scène était renforcée par une énorme opération de propagande dans les médias chinois. Les journalistes asiatiques et des BRICS, qui accompagnaient leurs responsables politiques, ont également assuré une couverture très importante dans leurs supports respectifs, donnant à ce qui avait pu apparaître comme un petit colloque local une dimension soudain planétaire.

L'Occident a un train de retard

Mais c'est le contexte des révolutions dans le monde arabe et, particulièrement, l'intervention militaire de l'Otan en Libye - ainsi que la tragédie nucléaire japonaise -, trois événements qui, pour le coup, n'étaient pas prévus dans le scénario de départ écrit à Pékin, qui a donné à ces journées de rencontres multilatérales toute leur dimension politique. L'ancien Premier ministre Jean-Pierre Raffarin, qui faisait partie des rares témoins occidentaux, en a tiré trois réflexions : "Premièrement, chacun de ces BRICS dispose d'un leader crédible, qui a participé à l'émergence de son pays. Ils deviennent des personnalités incontournables de la gouvernance mondiale. Deuxièmement, c'est bien dans ces pays que se trouve la nouvelle croissance, plus verte, plus sociale, et elle est utile au reste du monde. Troisièmement, ces pays véhiculent un message pacifique au moment où le monde est en danger. C'est un élément fort de leur nouvelle importance sur la planète."

Reste à savoir comment les Occidentaux, en particulier la France, sauront répondre à ces pays émergents et du Sud. À ce stade, l'incompréhension des Occidentaux semble matérialisée par ces images, de plus en plus dérangeantes, qui tournent en boucle sur les télévisions internationales, de l'Ancien Monde s'enferrant dans plusieurs conflits armés, pendant que le Nouveau Monde, en dépit de ses propres contradictions sécuritaires, apparaît désormais comme celui qui appelle à la modernité et à la paix...

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15 avril 2011 5 15 /04 /avril /2011 19:08
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14 avril 2011 4 14 /04 /avril /2011 05:08

"Parce que la démocratie part du centre et s'étend symétriquement. C'est juste virtuel la démocratie Chacun doit la développer individuellement. Tout dépend du point de départ. Regardez l'hémisphère de l'assemblée et l'homme de Vitruve, un éventail, un paon qui fait la roue (symbole de la liberté), tout ça c'est pareil. Chacun doit avoir La même étendue de valeurs pour pouvoir les comparer. Autant dire que la démocratie n'existe pas en tant qu'édifice si chacun pose des briques tordues, par contre jamais on n'aura que des briques droites, il faut les mettre en forme d'abord pour en faire des citoyens. Ce qu'ils croient être alors qu'ils ignorent tout de la cité qui les nourrit."

 

 

 

Je vous conseille chers lecteurs d'en faire votre priere du soir

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10 avril 2011 7 10 /04 /avril /2011 18:48

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10 avril 2011 7 10 /04 /avril /2011 16:05

Couverture de Panorama

Photo : Nicolas Sarkozy descend les Champs-Elysées en compagnie de l'amiral

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9 avril 2011 6 09 /04 /avril /2011 19:31
George Corm. Le nouveau gouvernement du monde. Idéologies, structures, contre-pouvoirs.

Bernard Gensane
15 janvier 2011

La démarche de Georges Corm ne laisse pas d’étonner. Son analyse des structures et des superstructures qui, ces dernières décennies, ont sous-tendu le capitalisme financier tout en étant produites ou profondément modifiées par lui, est très fouillée et radicale. Mais il s’inscrit dans une perspective pragmatique, non socialiste et certainement pas marxiste. Pour lui, le capitalisme est, par essence, performant, mais il ne procède plus du tout à une répartition équitable des profits. Cet ouvrage est néanmoins très utile de par sa remarquable dénonciation d’un néolibéralisme qui a réussi à faire dépérir l’État et ses fonctions de protection de la société. Sans oublier, au passage, de faire appel à lui en temps de crise (2008-2009). Le rouleau compresseur a d’autant mieux fonctionné que, dans les milieux politiques et universitaires, on n’a constaté pratiquement aucune remise en cause véritable de la nature de la globalisation et des formes qu’elle a prises. Bien au contraire. « La crise a été presque exclusivement traitée comme un problème de techniques et de pratiques bancaires et financières à réformer ou mieux contrôler. »

L’auteur emploie le terme globalisation « dans le sens strictement économique du mouvement de construction d’un espace économique mondial », et le terme mondialisation pour désigner « l’émergence d’un pouvoir absolu, de nature politique aussi bien qu’économique social et culturel ».

Inspirée par Hayek, Friedman et quelques autres, la rupture néolibérale a prôné la suprématie d’une économie de rente, de gaspillages massifs, de spéculation financière débridée et aussi de corruption et d’injustices flagrantes. Pour un néolibéral, seuls les entrepreneurs, libérés de toute contrainte, peuvent réaliser le bonheur de l’humanité.

La règle la plus élémentaire de l’économie et de la finance est que l’argent fort profite à ceux qui ont de l’argent. L’argent faible à ceux qui n’en ont pas. Même limitée, même contrôlée, explique l’auteur, l’inflation est susceptible de déranger la structure sociale et la répartition des revenus au profit des groupes sociaux revendicatifs qui peuvent arracher des augmentations de salaires et donc voir leur part du revenu national augmenter au détriment de la classe des rentiers. Depuis Barre et Bérégovoy, la classe politique française a fait de la lutte contre l’inflation l’objectif monétaire prépondérant par rapport à tous les autres aspects de la gestion de l’économie. Depuis trente-cinq ans, en France, l’objectif est le capitalisme de rente et la stagflation, avec des grandes banques regorgeant de liquidités qu’elles ne peuvent investir dans leurs économies en récession.

Éclipsant totalement le personnel politique qui leur a donné les clés d’un pouvoir non démocratique, les gouverneurs de banque centrale sont devenus des personnages « hors du commun ». Le grand tournant s’est fait au seuil des années 1980, les banques centrales exerçant depuis une des fonctions majeures antérieurement dévolues à la puissance publique, hors de tout contrôle de celle-ci. Dans une perspective friedmanienne, toute intervention gouvernementale dans la gestion de la monnaie et le fonctionnement des marchés a été décrétée nocive. Et l’on sait que l’Allemagne fédérale, puis l’Allemagne tout court a joué un rôle primordial dans ce bouleversement. Par parenthèse, sous haute influence allemande, la BCE, créée en 1998, a continué à faire payer le prix de l’unification allemande à toute l’Europe par une politique de taux trop élevés. Selon William Greider (cité par Corm), « le pouvoir de gouverner a progressivement basculé des gouvernements élus aux banques centrales non élues. Puis le centre du pouvoir a changé de nouveau : même les gouverneurs de banque centrale étaient intimidés face à la nouvelle influence du marché global, qu’ils acceptèrent alors volontiers comme l’arbitre de la bonne politique ».

Le but des rentiers étant une monnaie stable, une inflation proche de zéro, tout le cadre conceptuel de gestion de la vie économique a été reconstruit autour de ce principe. Toute autre question – ventes, emploi, relations sociales, devoirs du gouvernement – a été considérée comme secondaire.

Le capitalisme financier est un monde sans foi ni loi, sans perspectives (hormis le profit à court terme), sans démarche programmatique. L’absence de contre-pouvoir politique à sa folle marche en avant produit régulièrement des catastrophes : faillite des caisses d’épargne aux Etats-Unis, du système chilien des retraites, faillite de la WorldCom, d’Enron, dont les comptes avaient été certifiés frauduleusement par Arthur Andersen où Éric Woerth traîna ses guêtres pendant des années comme « optimisateur fiscal » (un travail consistant à aider les entreprises à ne pas payer d’impôts, par la fraude ou non).

La “ philosophie ” des “ réformes ” exigées par les institutions internationales et les dirigeants du G8 n’ont qu’une finalité : celle de « lever les entraves à l’investissement privé ». Pour les grandes entreprises, la croissance économique consiste à s’endetter massivement pour acheter d’autres sociétés (France Télécom rachetant Orange 50 milliards d’euros). Comme les charges d’intérêt sont généralement trop lourdes, les banques s’enrichissent à long terme dans ces énormes transactions.

Dans le monde du capitalisme financier, « les questions essentielles ne sont plus débattues ». La gestion de la réduction des émissions de gaz à effet de serre a été confiée à ceux qui polluent. Plus aucun responsable n’est inquiété. Madoff est condamné pour la galerie, mais pas Goldman-Sachs (dont Le Monde, obséquieux comme jamais, nous a brossé des descriptions délirantes d’admiration), ni Alan Greenspan, responsable institutionnel de la spéculation boursière. En France, le scandale du Crédit Lyonnais a coûté 1200 euros à chaque contribuable. Les dirigeants d’EADS ont été acquittés en 2009 par l’autorité des marchés financiers.

Dans cette jungle, disparaissent le sens du bien public, le respect de l’État (« L’État n’est pas la solution, c’est le problème », disait Reagan). Son rôle même de producteur de richesses (éducation, formation professionnelle, santé, infrastructures, salaires des fonctionnaires dépensés en achat de biens produits par le secteur privé) n’est plus reconnu. Ce recul de l’État a favorisé, jusque dans les pays de tradition jacobine, une fragmentation de la société sous l’effet du multiculturalisme à l’anglo-saxonne. Celui-ci tend, rappelle l’auteur, « à transformer les villes en ghettos urbains ethniques ou religieux et à réorganiser les quartiers suivants les niveaux de fortune ». Par ailleurs, le recul de l’État a permis un véritable inceste entre le monde des affaires et celui de la politique (Berlusconi, Hariri – le taulier des Chirac, Dick Cheney, les oligarches russes, Piñera, l’actuel président du Chili qui constitua les bases de sa fortune sous la dictature de Pinochet).

Ces politiques sont légitimées par une instance qui jouit, ce qui est un scandale, d’un prestige mondialement consensuel : le Prix Nobel de l’économie. Corm a raison de rappeler – car tout vaut quelque chose, se vend et s’achète – que le lauréat, couronné par une banque, encaisse la coquette somme d’1,4 million de dollars. L’économie politique a longtemps été une annexe des études de droit avant de s’autonomiser en “ sciences ”, exactes, bien sûr. L’auteur explique longuement comment l’économie politique est devenue “ sciences économiques ”, exclusivement fondées sur la modélisation abstraite de comportement théoriques « sans aucun lien avec la complexité de la réalité des structures économiques, sociales, et des systèmes politiques ». Heidegger avait prévu ce type de dérive : « Quand la pensée s’interrompt en glissant hors de son élément, elle compense cette perte en se validant comme techné. »

Trois grands organes de presse dominent l’information économique et financière internationale : The Economist, The Financial Times, The Wall Street Journal. Ils sont devenus les porte-parole et les gardiens de l’orthodoxie néolibérale la plus stricte en matière d’économie et de néoconservatisme à l’américaine en matière de politique internationale. Leur langue de bois s’est imposée à l’ensemble de la presse mondiale qui a rendu anecdotiques la montée des injustices sociales, les écarts croissants de revenus, les délocalisations. Seules comptent les nouvelles répétitives concernant la Bourse (exemple : France Info, la radio publique française qui sert en priorité à jouer en Bourse et à placer son argent), les profits des sociétés, les salaires des grands dirigeants d’entreprise. Lors de la crise de 2007, cette presse s’est bien gardée de remettre en cause la moralité des dirigeants des banques, l’ineptie des organismes officiels de contrôle ou des agences de notation.

Le discours “ technique ” de ces médias, des grands décideurs a mis fin aux grandes querelles philosophiques, politiques et économiques qui ont secoué le monde de la Révolution française à l’effondrement de l’URSS. La faim, la pauvreté, l’exclusion, la misère sont perçues comme des phénomènes dont il faut bien accepter l’inéluctabilité, sans chercher à comprendre les causes de leur persistance. Le discours dominant berce le monde de concepts creux, le plus souvent pensés dans la langue du dollar : le développement est nécessairement « durable » (sustainable), la transparence est « nécessaire », il n’y a pas de bonne politique (pardon, de “ gouvernance ”, ce merveilleux concept qui évacue la responsabilité des hommes pour ne retenir que celles, ponctuelles, des systèmes) sans « redevabilité » (accountability). Aucun de ces concepts ne nous parle de répartition des revenus ou de justice sociale. Le monde est déproblématisé (Marie-Dominique Perrot). Le comble de la confusion est atteint lorsque les prouesses scientifiques et techniques sont expliquées par la suprématie du capitalisme sur tout autre système : les Étatsuniens sont allés sur la Lune parce qu’ils étaient capitalistes (comme les Égyptiens quand ils construisaient leurs pyramides, peut-être). Mais rien n’est dit de la corrélation plus que vraisemblable entre capitalisme néolibéral et guerres ou invasions de pays souverains. Sans parler des génocides, du terrorisme, des pratiques mafieuses généralisées.

Corm analyse « les forces du changement ». Au premier rang desquelles il situe le Forum social mondial, héritier des utopies planétaires de société universelle, juste et équitable. Il observe cependant que ce type de mouvement, par sa nature, est profondément réformiste, dans la plainte, mais pas dans l’offensive socialiste.

En conclusion, Corm estime que l’on ne saurait faire l’impasse, malgré ses limites, sur l’État-nation qui « exprime le désir d’une collectivité humaine d’être maîtresse de son destin par des mécanismes de représentation de ses membres et le contrôle et le contrôle des actes de ses dirigeants élus afin d’assurer la conformité et l’intérêt de la collectivité et de tous ses membres. » La réorganisation de l’espace par les marchés s’étant opérée au détriment de la démocratie, tout est à refaire.

Paris, La Découverte, 2010
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  • Le monde est dangereux non pas à cause de ceux qui font le mal, mais à cause de ceux qui regardent et laissent faire” Einstein.
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