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6 août 2011 6 06 /08 /août /2011 06:37

Leçon d'économie :
Ça se passe dans un village qui vit du tourisme, sauf qu'à cause de la crise il n'y a plus de touristes.
Tout le monde emprunte à tout le monde pour survivre. Plusieurs mois passent, misérables.
Arrive enfin un touriste qui prend une chambre dans le seul hôtel du village.
Il la paie avec un billet de 100 €.
Le touriste n'est pas sitôt monté à sa chambre que l'hôtelier court porter le billet chez le boucher, à qui il doit justement cent euros.
Le boucher va aussitôt porter le même billet au paysan qui l'approvisionne en viande.
Le paysan, à son tour, se dépêche d'aller payer sa dette à la pute à laquelle il doit quelques passes.
La pute boucle la boucle en se rendant à l'hôtel pour rembourser l'hôtelier qu'elle ne payait plus quand elle prenait une chambre à l'heure.
Comme elle dépose le billet de 100€ sur le comptoir, le touriste, qui venait dire à l'hôtelier qu'il n'aimait pas sa chambre et n'en voulait plus, ramasse son billet et disparaît.
Rien n'a été dépensé, ni gagné, ni perdu. N'empêche que plus personne dans le village n'a de dettes.
N'est-ce pas ainsi qu'il faut résoudre la crise mondiale ?

 

Proposition d'un nternaute anonyme

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1 août 2011 1 01 /08 /août /2011 19:05

Cher(e)s internautes ,nous vous informons que notre blog sera en veilleuse  du 10 au 31 Aout 2011.Nous restons toutefois les yeux ouverts durant cette période pour vous tenir,si nécessaire, au fait de l'actualité .Bonnes vacances à toutes et à tous.

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1 août 2011 1 01 /08 /août /2011 17:30

Il s'est passé, le dimanche 24 juillet dernier à Basse-Terre, un événement d'une portée symbolique et politique à mon sens considérable, qui mérite que l'on s'y attarde: je veux bien entendu parler du référendum organisé en pleine période de congés par le chef d'édilité de la commune, visant à interdire toute implantation de nouveaux centres d'hébergement et de réinsertion Sociale (CHRS); structures d'hébergement d'urgence pour les personnes sans domicile fixe.

Depuis la loi ATR de 1992, mais surtout la réforme constitutionnelle de mars 2003, la loi autorise en effet les collectivités territoriales,  communes, départements, régions, à soumettre si elles le souhaitent, par voie référendaire, les projets de délibération ou d'acte relevant de leurs compétences. Et nous devons saluer cette avancée démocratique incitant les citoyens à s'impliquer davantage dans les affaires de la vie publique locale. Néanmoins, «l'arme référendaire», pour jouer pleinement sa fonction démocratique, doit toujours être maniée avec une grande prudence et un grand sens de la responsabilité et de l'intérêt général, par celles et ceux qui en sont les initiateurs. En effet, ne serait-il pas dangereux pour la démocratie elle-même qu'un potentat local use et abuse de la voie référendaire à des fins purement électoralistes et populistes, quitte à s'asseoir allègrement sur la légalité et les valeurs humanistes qui fondent pourtant implicitement notre pacte social?

 

C'est pourtant bien ce qui s'est passé le 24 juillet à Basse-Terre. Car, outre la finalité électoraliste évidente de la démarche, tout porte à croire que Lucette Michaux-Chevry, ancienne avocate, feint d'ignorer le droit, au moins sur deux points: le premier est en rapport avec la question posée aux électeurs de Basse-Terre lors du scrutin, qui portait sur la délivrance d'un permis construire pour l'implantation de nouveaux CHRS, alors même que la loi prévoit explicitement que les projets d'actes soumis à référendum par l'assemblée délibérante de la collectivité ne peuvent en aucun cas porter sur «des projets d'acte individuel». Or, la jurisprudence du Conseil d'Etat est constante là-dessus, les permis de construire relèvent toujours d'actes individuels. Le second point, sans doute le plus fondamental, tient au fait que ce référendum, de par la question formulée, tendrait à générer une interdiction générale et permanente pour tout projet futur de CHRS dans le chef-lieu, ce qui est parfaitement illégal en droit français. Le tribunal administratif saisi, nous serons vigilants quant au jugement qui sera rendu.

 

Quoi qu'il en soit, bien que 96% des électeurs qui se sont rendus aux urnes aient émis un vote contre l'implantation de nouveaux centres, seuls 28% d'entre eux se sont déplacés pour voter. Il est donc clair que les Basse-terriens, dans leur immense majorité, n'ont pas souhaité se mobiliser pour un enjeu qui leur est apparu par trop électoraliste et populiste. D'autant que l'article LO.1112-7 du Code général des collectivités territoriales stipule que «le projet soumis à référendum local est adopté si la moitié au moins des électeurs inscrits a pris part au scrutin». Aussi, je m'étonne que peu d'observateurs de la vie politique locale aient relevé que faute d'une participation suffisante des électeurs, les résultats de ce référendum de la honte pour l'exécutif communal sont tout simplement inopérants.

 

Reste que Lucette Michaux-Chevry a d'ores et déjà annoncé qu'elle maintiendra coûte que coûte l'interdiction d'implantation de nouveaux CHRS dans sa commune. Et une telle méconnaissance des problématiques de la précarité, de l'exclusion, de la toxicomanie et de l'errance; une telle irresponsabilité face à la nécessaire prise en charge par les services sociaux de la commune, par les équipes de rue et par les services du Conseil général, des personnes fragilisées et en voie de marginalisation; un tel reniement des missions qu'elle exerça en tant que secrétaire déléguée à l'action humanitaire et aux droits de l'homme; un tel aveuglement et un tel mépris pour les souffrances vécues par les accidentés de la vie, doivent être avec force dénoncés, quoi qu'il nous en coûte. Car, n'est-ce pas l'une des fonctions essentielles de la puissance publique –qu'elle soit communale, départementale, régionale, ou étatique– que de protéger et de venir en aide aux plus fragiles d'entre nous?

 

Se prononcer comme elle le fait, avec une telle désinvolture populiste en faveur d'une politique de relégation sociale, d'exil et de bannissement des personnes frappées d'exclusion, ne supprimera pas pour autant le problème de l'errance dans la ville de Basse-Terre. Car aujourd'hui, les villes de tous les pays sont confrontées à ces phénomènes de marginalisation, et chasser les marginaux hors des centres-bourgs serait la pire des politiques et la plus dangereuse des solutions. Lucette Michaux-Chevry, par ses prises de position, flirte de façon inquiétante avec certains discours extrémistes d'une partie de la droite dure française, rappelant en cela les théories les plus antihumanistes telles que l'eugénisme, ou encore le proto-fascisme.     

 

Je salue par conséquent l'engagement citoyen et le courage des quelques personnalités associatives et des professionnels de santé qui, malgré les diffamations et les attaques ad hominem, ont tâché par la pédagogie et avec une grande dignité, de mettre en pièce cette entreprise scandaleusement populiste et antihumaniste. Mais nous nous sommes sentis bien seuls à protester et à porter le débat sur la place publique, tant le silence de certains nous a semblé assourdissant.   

 

D'aucuns, pour tenter de décrédibiliser mes propos sur le fond, n'hésiteront pas à crier à de la pure manipulation politicienne de ma part. Pourtant, s'il y a un homme politique qui a le plus intérêt à se taire en pensant à ses intérêts politiques immédiats dans la circonscription de Basse-Terre, c'est bien moi. A ceux-là, je répondrai donc que du plus loin que je me souvienne, j'ai toujours agi en accord avec mes convictions, et que je poursuivrai jusqu'à mon dernier souffle cet idéal d'humanisme qui m'a toujours habité. D'ailleurs, n'en déplaise à ceux parmi mes amis politiques tentés de vouloir rendre inopérants en Guadeloupe les clivages droite/gauche traditionnels, la vraie ligne de fracture entre la gauche républicaine et la droite antisociale apparaît aujourd'hui au grand jour, et elle tourne incontestablement autour des valeurs de solidarité et d'humanisme. Mais je parle ici d'un humanisme vrai, celui auquel on adhère par le courage de son action, et non celui que l'on susurre du bout des lèvres.

 

Aussi, deux associations de Basse-Terre portent chacune un projet d'implantation de CHRS : Acajou Nouvelles Alternatives souhaite créer une structure d'accueil de nuit dans le chef-lieu, et Initiative Eco voudrait y implanter un CHRS spécifique pour les femmes victimes de violences conjugales. Toutes deux ont obtenu les agréments et les financements de l'Etat, et ces deux projets ont été actés dans le Schéma départemental de l'accueil, de l'hébergement et de l'insertion, sous la responsabilité de la Direction de la Jeunesse, des Sports, et de la Cohésion Sociale (DJSCS). Or, il existe pour l'ensemble du département, un seul CHRS de nuit implanté à Pointe-à-Pitre. Et le tissu familial et social est à ce point alarmant en Guadeloupe, qu'il devient impératif de créer dans les meilleurs délais des centres d'hébergement d'urgence, et notamment en région basse-terrienne. En outre, les professionnels de l'insertion sont unanimes à désapprouver toute implantation en rase campagne de ces centres, en raison notamment du manque d'autonomie des personnes en errance.

 

Le débat ne doit donc plus porter sur pour ou contre les CHRS, mais essentiellement sur quels lieux d'implantation en zone urbaine ou périurbaine. Et je peux comprendre qu'implanter ce type de structures à proximité immédiate d'établissements scolaires pose un certain nombre de problèmes. C'est donc du choix de ces lieux d'implantation dont on doit débattre, et uniquement de cela. Mais décidons vite.

 

J'en appelle donc toutes les parties –communes, département, région, Etat– à organiser dans les meilleurs délais un débat public apaisé et intelligent sur le sujet. Pour ma part, je m'y tiens prêt.

 

 

Victorin LUREL, Député et président du C.Regional in Mediapart

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31 juillet 2011 7 31 /07 /juillet /2011 19:09
30 Chevaux à suivre pour le mois d'Août 2011
AU GALOP
ALLESSON
Estimé, il peut encore franchir un palier.
AL NEJMAA
Il vaut à coup sûr un quinté entre 2.000 et 2.400 mètres.
BERIGNY
Un redoutable finisseur. Mériterait son quinté.
DEAR MARIA
A suivre à Deauville, surtout sur PSF !
ETENDARD D'OR
Son mentor, redoutable, l'aime bien…
FOREVER MINE
La pointure quinté, à belle cote en outre !
GRADARA
Peut enlever son quinté pour femelles, chez elle à Deauville.
MAINTOP
Bien plus performant en bon terrain !
NUDE
A suivre dans les quintés pour stayers.
QUARTZ
A coup sûr perfectible. Attention à lui !
RIQA
Ne va plus tarder à gagner sa belle course.
SPECTACLE DU MARS
Un spécialiste du sprint en ligne droite. Doué.
SUPER RISKY
Une future vedette des quintés, c'est sûr !
TAVERNY
Vise son quinté, chez lui, à Deauville.
YES I DO
Belle pouliche, nettement perfectible.
AU TROT
RICIMER
Un champion pas encore dans ses gains. Cap Vincennes !
SEDUISANT FOUTEAU
Son entourage en attend beaucoup cet été.
SIERRA LEONE
Vise le Prix des Hêtres à Cabourg puis le Critérium.
SIMBA DE NACRE
Vers le sacre dans le Critérium des 5 ans ?
SO LONG
A tout axé sur août/septembre. Très bon cheval noir.
SWOODIA
Gare à elle si elle revient et si déferrée !
TANGA D'OSTAL
A fait belle impression lors de sa rentrée en juillet à Enghien.
TENDER NIGHT
Une toute bonne pouliche mais encore délicate…
TENOR MESLOIS
Le bel espoir dans l'écurie. Un futur "Roc" ?
TINA DU CITRUS
Va aller défier les meilleurs. Limites inconnues.
ULYSSE DE GUEZ
JMB en attend beaucoup en cette fin d'été.
UN DU MANOIR
Pierre Levesque le juge capable de briller dès cet été.
UNANIME QUICK
A fait belle impression le mois passé à Cabourg.
UNE DE BERTRANGE
Le gros espoir dans l'écurie de JMB…
URGOS
Promis à un très bel avenir. Un gros "moteur" !
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31 juillet 2011 7 31 /07 /juillet /2011 16:29

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30 juillet 2011 6 30 /07 /juillet /2011 18:50

National Hurricane Center Outlook

NHC Atlantic Activity
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29 juillet 2011 5 29 /07 /juillet /2011 07:21

 lien:

 

 

 

takieddine-l-enquete-sarkozy-gueant-le-soup-on-libyen-80413266.html

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23 juillet 2011 6 23 /07 /juillet /2011 17:24

Le grenadier pousse depuis longtemps en Asie occidentale et centrale et il est cultivé depuis des siècles notamment dans le bassin méditerranéen, en Extrême-Orient et en Inde où la grenade est considérée comme un condiment.

La grenade est depuis des temps immémoriaux symbole de vie et de fécondité. Dans la Grèce antique, elle était attribuée aux divinités des Enfers, Hadès et Perséphone. On a retrouvé des grenades comme offrandes funéraires dans la tombe d'un haut fonctionnaire égyptien de l'époque de Ramsès IV. Dans la Bible, elle passe pour être l'un des sept fruits importants, qui étaient une bénédiction pour la Terre promise d'Israël et elle représente l'Église dans la symbolique chrétienne. La grenade est également mentionnée dans le Coran.

Le nom de grenade renvoie au mot latin utilisé pour pépins, graines ou pour leur grande quantité (il y en a environ 500 dans chaque fruit, séparés par une paroi amère). Sa peau et son jus servent à teindre des tapis d'Orient depuis des siècles. Sa cuisson donne une encre très noire.

Valeur nutritionnelle

Pour 100 g : 63 cal, 80 g d'eau, 15 g de glucides, 3 à 3,5 g de fibres, 260 mg de potassium, 22 mg de phosphore et 20 mg de vitamine C

Bienfaits pour la santé

La grenade est l'un des fruits ayant le plus de propriétés antioxydantes (ses effets seraient supérieurs à ceux du thé vert). C'est pourquoi sa consommation permet de diminuer le taux de cholestérol dans le sang, l'athérosclérose, la pression artérielle et ainsi de prévenir les maladies cardiovasculaires. Elle réduirait également l'apparition et la vitesse d'évolution des cancers de la prostate et du sein, voire du côlon. Cet effet s'expliquerait aussi par ses propriétés anti-inflammatoires et anti-prolifération.

Toujours en raison de la présence des antioxydants, le fait de consommer régulièrement de la grenade pourrait protéger contre les troubles neurologiques liés au vieillissement, dont la maladie d'Alzheimer. Mais cela reste à prouver.

La grenade serait aussi utile pour prévenir la grippe et combattre la toux en raison de la présence de vitamine B6 en grande quantité - qui renforce le système immunitaire -, des effets anti-inflammatoires des antioxydants, ainsi que des actions antibactériennes et antivirales des tanins dont elle regorge.

D'autre part, de nombreuses études prouvent son intérêt contre l'apparition et la récidive des infections urinaires. Et, chez les patients dialysés, la consommation de jus de grenade entraînerait un moindre risque infectieux et une baisse de l'inflammation.

Enfin, en médecine traditionnelle tibétaine comme en Europe, ses vertus sur la digestion sont largement reconnues.

Quelques conseils

Il est donc recommandé d'en manger régulièrement pendant sa saison (de septembre à février dans l'hémisphère Nord) et de boire quotidiennement un verre du jus de ce fruit (sans sucre ajouté) le reste de l'année.

La grenade existe aussi sous forme d'extrait, sec ou non, vendu en parapharmacie. On trouve également du jus fermenté, sorte de vin de grenade, dans certains magasins spécialisés et sur Internet.

Attention, la grenade ne fait pas bon ménage avec les statines (médicaments contre le cholestérol) .

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20 juillet 2011 3 20 /07 /juillet /2011 17:30

La juridiction des mineurs en France est aussi mal connue que la justice US un comble.

 

Le Juge des Enfants suit les enfants en danger (conflits entre parents mauvais traitement etc) avec l'ASE et les enfants délinquants avec la PJJ et donc souvent avec les deux et cela du premier signalement jusqu’à leur majorité.

Il ne joue le rôle de Juge d'instruction que hors crime auquel cas un Juge d’Instruction est nomme. Dans tous ses jugements il est assiste par deux assesseurs ( citoyens choisi sur le long terme afin de bien connaitre la législation des mineurs). A noter que le Substitut du procureur ouvre ou non l'instruction après pré enquête au civil ou au pénal en protection ou en délinquance en s'appuyant sur la Police ou gendarmerie la PJJ ou l'ASE et pourra prendre prendra des mesures évitant une ouverture au Pénal (classement réparation ou indemnisation stage citoyen etc) il participera au jugement, lui aussi est un magistrat spécialisé.

99% des avocats sont commis d'office (les mineurs n'ont pas d'argent et s'ils en sont là, c'est parce que leur parents quand ils existent n'en ont pas non plus ou ne veulent pas s'en occuper)

Système pas parfait mais qui correspond a l'esprit de l’ordonnance de 45 qui considère l'enfant comme un adulte en devenir et qui demande la prise en compte e de la personnalité et du vécu du mineur en privilégiant l’éducatif.

A noter quen cas de demande de mise en détention préventive le JLD intervient systématiquement

Grossièrement car ce serait long voila le schéma sachant que l’ordonnance de 45 a été déjà modifie 31 fois.

La dernière modification interroge et sur sa pertinence. A noter qu'elle reprend la quasi totalite des pratiques
La loi est ici
http://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do?cidTexte=LEGITEXT0000060691...

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20 juillet 2011 3 20 /07 /juillet /2011 11:43

 

BASSE-TERRE : LE REFERENDUM DE L’EXCLUSION

Par Michel EYNAUD

 

 

Après le meurtre d’une jeune handicapée mentale le 21 juin à Petit Paris (voir notre article « tous coupables ? » dans notre édition du 2 juillet), la municipalité de Basse-terre appelle à un référendum le 24 juillet prochain pour demander l’avis de la population du chef-lieu sur « l’implantation sur le territoire de la Commune de Basse-Terre, de nouveaux Centres d’Hébergement et de Réinsertion Sociale (structure destiné à l’accueil de nuit des personnes en situation de déshérence, ou de rupture sociale, sortant de prison, d’hôpital psychiatrique, toxicomanes, SDF… » (sic)

 

On connaît à l’avance la réponse espérée par Mme la sénateur –Maire de la capitale à ce référendum. Elle l’a fait voter par son conseil municipal : elle prône le refus d’un lieu d’insertion dans la commune, qui est pourtant une évidente nécessité, si l’on en juge par le nombre de « Sans Domicile Fixe » qui errent dans ses rues et interpellent les passants. Sans débat et sans état d’âme –sans coeur ?- on tente là de faire capoter un projet associatif agréé par les services de l’Etat et répondant tant à une priorité du plan départemental d’insertion qu’aux plus élémentaires sentiments de solidarité. Au lieu de les réinsérer, on en appelle à chasser les pauvres des trottoirs où la malchance, la misère et la maladie les ont jetés. Après le meurtre d’une handicapée, va-t-on assister à la « déportation » des SDF ? Sans oublier les malades mentaux et tous ceux qui pourraient « faire tâche » dans une belle ville d’art et d’histoire qu’il faudrait « nettoyer » de tous ceux que l’on désigne à la vindicte populaire. Etonnant de la part de quelqu’un qui fut en son temps Ministre délégué auprès du ministre des Affaires étrangères, chargée de l'Action humanitaire et des Droits de l'Homme dans le Gouvernement Balladur en 1993/95…

 

Ni éthique, ni efficace

 

Face à ce passage à l’acte préparé contre les plus démunis d’entre nous, à qui on veut donner l’onction d’un simulacre de démocratie, un collectif d’acteurs Guadeloupéens et hexagonaux impliqués dans le champ de la santé mentale et de l’insertion appelle la population et la première magistrate à plus de réflexion et plus de retenue. Ils brisent le silence de la facilité et contestent le tumulte du populisme, ils refusent l’exclusion organisée, pour exhorter à plus de responsabilité, plus d’humanité. En effet l’exclusion et la stigmatisation des plus faibles et des sans voix n’honore pas notre société, et rappelle le contexte de bien des heures sombres de l’histoire.

 

Mais au-delà des considérations éthiques ou morales, au-delà des perspectives politiciennes de court terme, il faut affirmer que ce type de stratégie est condamné à rater les objectifs qu’elle proclame. Toutes les villes du monde attirent les miséreux. Coupés de leurs racines familiales, ils y survivent entre squats et poubelles, entre mendicité et larcins, entre charité et petits trafics. Les SDF n’aiment pas la campagne, et la campagne le leur rend bien… Alors, si on les « chasse » de leurs trottoirs, si on les « expulse » le soir vers les « espaces ruraux », et on peut être sûr qu’ils seront de retour en ville le lendemain ! Alors, que vaut-il mieux : leur offrir un toit qui permet de limiter leur errance, un repas qui évite leur quête, une relation qui leur offre une voie de retour vers l’insertion dans la société ? Ou bien un stérile « référendum » qui rêverait de les éloigner quelques heures pour les retrouver tout de suite après en train de harceler les passants de Basse-terre pour leur soutirer les quelques pièces de leur survie précaire ?

 

LETTRE OUVERTE

« Madame le Sénateur Maire,

Mesdames et Messieurs les membres du Conseil Municipal de Basse-Terre,

Nous avons pu lire il y a quelques temps déjà dans le France-Antilles votre réaction suite au Conseil Municipal de Basse-Terre du lundi 23 mai dernier, contre l’implantation sur la commune d’un Centre d’hébergement et de réinsertion sociale:

« Ce fut une bonne réunion de travail… Nous ne voulons pas que l’on puisse continuer à implanter dans la ville de Basse-Terre des centres d’hébergement de nuit de toxicomanes et de malades mentaux… Nous pensons que l’on doit aider cette population. Mettons-les dans des endroits où il y a de l’espace, où ils pourront faire du jardinage, de l’élevage, etc pour les occuper… S’ils sont logés dans des immeubles à Basse-Terre, que feront-ils de leurs journées ? Ils déambuleront dans les rues… Dans le cadre des Etats Généraux, la Ville a été classée comme ville de croisière. Donc, il risque d’avoir une contradiction… Nous ne nous prononçons pas contre les malades d’autant que nul n’est à l’abri de cela… Cependant, nous disons qu’il existe des endroits pour cela, notamment des espaces ruraux qui seront mieux adaptés que le centre-ville. »

Une consultation des électeurs est prévue à ce sujet le 24 juillet prochain : « Etes-vous favorable à l’implantation d’un nouveau centre d’hébergement et de réinsertion sociale (CHRS) sur le territoire de Basse-Terre destinée à l’accueil de nuit des personnes en situation de déshérence ou de rupture sociale ? »

L’attitude des élus de Basse-Terre se résume ainsi : contrainte (« Mettons-les ») et exclusion (« dans des endroits pour cela…, la campagne… »). Une réflexion politique nous est apparue nécessaire concernant les questions de l’errance, de la précarité, de la maladie mentale, et de la toxicomanie.

Au XIXe siècle, les médecins aliénistes prônaient eux aussi de vastes établissements, loin des villes et de leurs vices, à la campagne, afin de donner à leurs malades de l’air, de la lumière, de l’espace, et des champs à cultiver… Cet humanisme-là n’était alors pas à blâmer, il était à l’époque à la pointe des idées libérales. Les choses avaient alors leur logique, et, en Guadeloupe, ce sont de vraies mesures philanthropiques qui ont permis dans les années 1850 la création d’hôpitaux locaux, de salles d’asile, et aussi de l’hôpital d’aliénés de Saint-Claude. La politique asilaire a eu cours jusqu’à la seconde guerre mondiale. Les asiles se sont encombrés, sont devenus de purs lieux d’enferment, et non plus des lieux de soin. L’horreur des camps de concentration a changé radicalement notre opinion sur la politique asilaire : tout lieu d’enfermement a été dès lors assimilé à un lieu d’extermination.

L’asile a laissé la place à une politique de santé mentale sectorisée afin de favoriser les prises en charges ambulatoires pour soigner le plus précocement possible. L’idée qui domine aujourd’hui la politique médico-sociale est celle d’une intégration des dispositifs dans la communauté. Les dispositifs sont proposés à tout citoyen, qui à un moment de sa vie peut devenir patient, toxicomane, pauvre, en errance. Il n’en demeure pas moins avant tout citoyen. Le paradigme n’est plus d’enfermer. Même la prison, toujours pensée encore comme lieu de redressement, privilégie des privations de liberté partielles, symboliques. Le soin est pensé aujourd’hui selon des principes démocratiques : libre adhésion, consentement, réseau médico-social d’assistance, intégrant des structures de droit commun et des structures spécialisées, en devoir d’accueillir tout le monde, et de fonctionner en réseau. Dans un réseau efficace, le citoyen est rapidement référé au professionnel le plus apte à le prendre en charge.

Deux seules exceptions : le malade mental aigu devant être soigné sans son consentement, et les faits médico-légaux pour lesquels un juge peut obliger le patient à se soigner. Ces mesures sont légales, toujours temporaires, conciliant toujours d’une part l’avis médical, et d’autre part l’avis de l’autorité administrative ou judiciaire.

Mais l’errance, la mendicité, le comportement toxicomaniaque et la maladie mentale chronique ne sont pas en soit des motifs reconnus par la loi pour permettre l’exclusion de la cité.

Il nous faut donc bien imaginer pour ces citoyens comme nous des lieux d’accueil. Mais l’institution, l’animation et la gestion de ces lieux sont difficiles. Ils manquent cruellement de moyens. Le plus généreux des citoyens voudrait bien qu’on en crée, mais pas dans son immeuble, son quartier, ou sa commune, et pas avec ses impôts…

Qui dès lors sera le « levain dans la pâte » pour s’élever d’ici le 24 juillet contre la « charité bien ordonnée », autrement dit l’égoïsme, le rejet, l’exclusion et la stigmatisation ? Quels prédicateurs, quels philosophes, quels militants des droits de l’homme, quels éditorialistes tenteront de sensibiliser l’opinion ? Mais aussi quelles mères, quels frères, quels oncles ? Car ces citoyens ont des familles, des proches, qui souffrent, à la fois par amour ou par empathie, mais aussi de la honte de voir ainsi rejeté l’un des leurs.

Il est de notre devoir aujourd’hui d’appeler les électeurs à la réflexion.

Dans cet espoir, Madame le Sénateur-Maire, Mesdames et Messieurs les membres du Conseil Municipal de Basse-Terre, nous vous prions d’agréer nos plus respectueuses salutations.

Signataires :

Dr F. BARDINET, A. BOLLE, Dr L. CARINO, OMS, Rome, C. CARNIER, infirmière, C. CURIER, Directeur du CHRS Acajou Nouvelle Alternative, Basse-Terre, Dr G. DELAMERIE, Psychiatre, chef de service, Narbonne, G. DELÂTRE, enseignant, Dr D. DUCOSSON psychiatre retraitée, Dr N. DUHAMEL, Homéopathe, Naturopathe, Le Gosier, Dr M. EYNAUD, Psychiatre Basse-Terre, C. FINKELSTEIN, Présidente de la Fédération Nationale des Patients en Psychiatrie, Dr V. FOURNEL, psychiatre ; J.-E. JEAN-LOUIS, Président Acajou Nouvelle Alternative, J.-P. HUVETEAU, Dr J.-N. LAEMMER, Psychiatre, Secteur 94G14, Dr D. LEFRANC, psychiatre, CH Montéran, M. LOSTE, M. LUDGER, Responsable du Pôle social du Centre Saint-Vincent-de-Paul, Pointe-à-Pitre/Abymes, Max MELIN, Dr A. MERCUEL, psychiatre, CH Sainte-Anne Paris, J.-L. PAUL, anthropologue, Université Antilles-Guyane, Dr E. PIEL, psychiatre, Paris, I. ROUIN, Responsable du Centre de Santé Saint-Vincent-de-Paul, Pointe-à-Pitre/Abymes, Dr E. SAILLARD, CHU de Pointe-à-Pitre, Dr F. SCHEIDER, CHU de Pointe-à-Pitre, Dr Patrice VAN AMERONGEN, Bénévole à l’UNAFAM.

 

 

 

 

 

 

 

 

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  • Le monde est dangereux non pas à cause de ceux qui font le mal, mais à cause de ceux qui regardent et laissent faire” Einstein.
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