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27 décembre 2012 4 27 /12 /décembre /2012 18:30

La déception du chef Kalinago pour changer le nom du Territoire Carib

Dominique par DOMINICA NEWS ONLINE
Lundi 24 Décembre 2012 | 07h31

Le chef Kalinago, Garnet Joseph, a exprimé sa déception après avoir proposé depuis deux ans au gouvernement de modifier le nom du Territoire Carib en Territoire Kalinago, une question qui n'a pas été attiré l'attention des autorités.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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26 décembre 2012 3 26 /12 /décembre /2012 18:30

Le Dominiquais Ian "Sugar George" Edwards, architecte et promoteur immobilier, a reçu cinq prix internationaux, à Londres, pour ses travaux dans le domaine de l’architecture et de l'immobilier.

Près 2 000 candidats venus de 89 pays convoitaient les prix remportés par Edwards. « Il a devancé ses pairs et a émergé comme gagnant dans chacun des trois niveaux de la compétition », écrit Dominica News Online. Il a remporté le concours au niveau national, régional et mondial.

Un jury de 77 personnalités de renommée internationale a évalué les candidats. Edwards a remporté le 1er prix du concours pour son œuvre "The Beach House", à Anguilla.

« The Beach House », une élégante propriété de huit chambres, est décrite comme "un magnifique chef-d'œuvre contemporain". Elle est primée dans cinq catégories du concours.

Edwards, à la cérémonie de remise des prix, a dit accepter gracieusement les prix mondiaux récompensant l'excellence dans les domaines de l'architecture et du développement immobilier.

 

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25 décembre 2012 2 25 /12 /décembre /2012 18:30

 

Caramba, encore raté ! Pas la moindre comète à se mettre sous la dent, pas même un petit volcan vengeur. De quoi vous dégoûter de l’apocalypse pour un bail, diront certains. Ils auront tort : en ce jour de non-catastrophe, il est plus que jamais conseillé de se préparer au grand chambardement. Et de filer sous la terre en mode bunker. Démonstration.

 

 

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Le bunker de Tom Cruise, survivaliste convaincu
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23 décembre 2012 7 23 /12 /décembre /2012 18:32

Quand j'écoute cette chanson, je ne peux qu'apprécier la noblesse de la langue française ; et , au plus profond de moi,  je sens monter la fierté d'etre français.
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23 décembre 2012 7 23 /12 /décembre /2012 14:49

LES VALEURS SÛRES

En optant pour l'une de ces bouteilles, on est certain de ne jamais commettre la moindre faute de goût... Et de ne jamais être déçu en levant son verre.

Bowmore 12 ans

Single malt

40 %, 29 €

Une pluie d'embruns salés pour humidifier une tourbe légère, et des notes d'agrumes qui flirtent dans une fumée crémeuse. Tout le charme d'Islay, tout le savoir-faire de Bowmore. Il apprécie les huîtres, les fruits de mer et le saumon fumé, mais n'a pas peur d'accompagner un cigare après le repas. Un water jug en céramique l'accompagne pour les fêtes.

The Macallan 12 ans Fine Oak

Single malt

40 %, 55 €

Ce speyside doux et fruité et aux notes vanillées s'habille de six nouveaux étuis imaginés par le photographe Nick Veasey, qui travaille à partir de l'imagerie aux rayons X. Difficile de choisir ? On peut acheter les six : il n'en restera pas une goutte.

Old Pulteney Flotilla 2000

Single malt

46,4 %, 51 €

La distillerie de Wick, la plus septentrionale de l'Ecosse, nous sert un millésime 2000 floral et gourmand, vieilli en fûts de bourbon, qui fait gicler les embruns. Un malt maritime, hommage au temps où la pêche au hareng, plus encore que le whisky, faisait vivre le port.

Four Roses Small Batch

Bourbon

45 %, 31 €

Quatre whiskeys seulement, parmi la dizaine que produit la distillerie du Kentucky, sont soigneusement sélectionnés et assemblés pour ce small batch présenté en avant-première en septembre au «Whisky Live». Un bourbon soyeux et racé, puissamment boisé et adouci de fruits mûrs.

Aberlour A'bunadh

Single malt

De 59 à 63 %, 64 €

La distillerie du Speyside invite à un voyage vers le passé (a'bunadh signifie «origine» en gaélique). Ce brut de fût sans mention d'âge, filtré selon les méthodes du XIXe siècle, a dormi dans des fûts de sherry oloroso, qui lui confèrent son opulence teintée d'amertume. Un trait d'eau en révélera toute la complexité.

LES EXCENTRIQUES EXOTIQUES

Pour s'éloigner un peu des sentiers battus, goûter à des saveurs inattendues ou saluer des initiatives audacieuses, c'est l'un de ces cinq flacons qu'il faut choisir.

Jim Beam Devil's Cut

Bourbon

45 %, 26,90 €

Les anges n'auront pas le temps de se souler. La distillerie du Kentucky a trouvé moyen de réinventer son best-seller mondial en faisant transpirer du fût la «part du diable», c'est-à-dire le whiskey qui imprègne encore la barrique une fois vidée, et en l'ajoutant à du Jim Beam 6 ans d'âge. Les notes vanillées du chêne vous prennent d'assaut. D'enfer !

Yamazaki Sherry Cask

48 %, 90 €

Parmi les quatre superbes single malt japonais de la Yamazaki Cask Collection, retenons ce nectar longuement vieilli dans des fûts ayant préalablement contenu du sherry oloroso. Un whisky riche, tannique, qui derrière ses notes de fruits secs laisse une agréable amertume. Attention, il s'agit d'une édition limitée.

Ardbeg Galileo

Single malt

49 %, 72 €

Autant vous prévenir, vous aurez du mal à le trouver. Comme toutes les éditions limitées d'Ardbeg, il est déjà quasiment en rupture de stock. Mais, si la chasse au trésor s'avère fructueuse, ce pétulant islay sauvagement tourbé, assemblage d'Ardbeg vieilli en fûts de marsala et de bourbon, vous explosera en bouche. Longtemps.

Nikka Blended

Blend

40 %, 29,90 €

Débarqué cet automne dans les bars branchés, ce blend nippon fruité-acidulé n'avance pas masqué et cible clairement les jeunes. A siroter en cocktail ou à la japonaise, en highball : sur de gros glaçons qui fondront lentement, et noyés dans quatre volumes d'eau gazeuse.

Yellow Spot 12 ans

Irlandais

46 %, 69 €

La distillerie de Midleton a été repêcher dans ses cartons la formule d'un de ses vieux single pot still - tendance vintage oblige. Mûri dans trois types de fûts de chêne (bourbon, xérès, malaga), cet irlandais métissé et sophistiqué se pare de douces notes crémeuses, fruitées et caramélisées.

LES JEUNES QUI ONT DE LA BOUTEILLE

Ce sont les grands classiques de demain, et vous ne vous tromperez pas en faisant découvrir ces distilleries récentes et pleines de talent.

Kilchoman Machir Bay

Single malt

46 %, 57 €

La première référence permanente de la dernière-née des distilleries d'Islay ne cesse d'étonner. Une expression très tourbée, vieillie en fûts de bourbon et affinée huit semaines en fûts de sherry oloroso. Si jeune et déjà culte...

Kornog Taouarc'h Pempved

Single malt

46 %, 60 €

Cette petite merveille de subtilité nous vient de Bretagne, de la distillerie Glann ar Mor. Un nez fumé et iodé s'accorde à une bouche d'une rare complexité, où les arômes tourbés se fondent avec des notes vertes et fruitées. Notre coup de cœur - on y reviendra bientôt. Disponible sur tregorwhisky.com et chez certains cavistes.

Arran Machrie Moor

Single malt

46 %, 55 €

La jeune distillerie écossaise de l'île d'Arran, entrée en production en 1995, nous sert sa 3e cuvée Machrie Moor. Un nez incroyable, une tourbe légère qui enfume subtilement le palais, une douce amertume : une vraie réussite.

Hudson Manhattan Rye

Rye

46 %, 65 €

Depuis six ans, cette microdistillerie, la première à rouvrir à New York depuis la prohibition, produit un excellent Baby Bourbon 100 % maïs et ce Manhattan Rye 100 % seigle. Très tendance, évidemment - les people en raffolent. Alors ? Un truc étrange, boisé et épicé, qui s'épanouit très plaisamment dans le gosier. Garçon, un autre !

Mackmyra Bruks

Single malt

41,4 %, 48 €

Cette jeune distillerie suédoise fondée en 1999 teste des trouvailles insensées dans le domaine de la maturation. Marqué par les agrumes, avec un fondant de poire et le croquant de la pomme verte piqué de gingembre et de poivre, ce Bruks est un whisky frais et doux qui ne manque pas de caractère.


LES FLACONS DE GALA POUR LES FÊTES

Coffret, nouvel étui, bouteille design, format XXL... Ces whiskies se sont joliment apprêtés pour briller sous le sapin. Des jus de qualité, des fioles originales : l'ivresse et le flacon, que demander de plus ?

Ballantine's 12 ans

Blend

40 %, 350 €

La nouvelle coqueluche du design, Lee Broom, signe une superbe métaphore en verre de l'art de l'assemblage qui a fait le succès de Ballantine's : une carafe de cristal taillée et polie à la main qui se déploie en trois éléments sur son plateau d'aluminium. Edition limitée à 70 flacons pour la France.

Glenfiddich 15 ans

Single malt

51 %, 52 €

Le géant du Speyside invente un nouveau rituel de dégustation avec son coffret Distillery Edition : deux timbales en Inox à réserver au frigo pour mieux révéler les notes fruitées et boisées de son puissant 15 ans d'âge, présentées dans une jolie mallette. Un cadeau givré qui fait chaud au cœur.

Magnum Chivas

Blend

40 %, 85 €

Le blend premium écossais compte bien asseoir son statut de géant en paradant en habit de lumière disco bling et en version XXL dans ce magnum de 1,5 l métallisé. Parce qu'il le vaut bien.

Jack Daniel's

Tennessee whiskey

40 %, 29,50 €

On ne le présente plus : ce n'est pas du whisky, ce n'est pas du bourbon, c'est du Jack ! Le distillat est filtré à travers une épaisse couche de charbon d'érable, avant d'être mis en fûts de chêne neufs charbonnés, et c'est ce qui lui donne ce moelleux incomparable. Une icône, un mythe, le king du Tennessee, harnaché de cuir pour faire un malheur à Noël. Une exclu Monoprix.

Woodford Reserve Rare Rye Selection

Rye

46,2 %, 94 €

Deux flacons (35 cl) de whiskey 100 % seigle dont seul le vieillissement diffère. L'aged cask, fruité et confit, a dormi dans de vieux fûts, tandis que le new cask, épicé et vanillé, a vieilli en fûts neufs charbonnés. Comparez l'influence du grain et du bois dans ces deux belles cuvées.

600 € : le prix d'une gorgée de Balvenie 50 ans d'âge -2 millions de bouteilles vendues par la Maison du whisky en 2012 - 70 ans : l'âge du plus vieux single malt, un Glenlivet embouteillé par Gordon & MacPhail.


UN LIVRE À SAVOURER CUL SEC

Le whisky est une eau-de-vie. Plus qu'un breuvage, des histoires, des légendes, un art de vivre : une culture. Et pour raconter l'eau de survie des Celtes aux Français, rien de mieux qu'un Breton pur beurre salé. Patrick Mahé nous embarque dans la saga de la culture whisky avec une langue qui roule les r, et hop ! on s'y croit, on y est ! On respire l'irish spirit dans les pubs irlandais, où l'on prête au whiskey des vertus médicinales ; on arpente les Highlands d'Ecosse où les noms des villages donnent soif ; on tombe sur les moonshiners américains, rois pendant la Prohibition, punaises noires des bigotes ; on finit, le palais en feu, par apaiser ses sens au Japon, avant d'étancher sa soif par un tour du monde en 80 whiskies sélectionnés par Thierry Bénitah, bienheureux patron de La Maison du whisky. Un magnifique album où les photos de David Lefranc nous font valser les yeux, le nez et le palais.

Culture whisky, de Patrick Mahé, éditions du Chêne, 240 p., 35 €.
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22 décembre 2012 6 22 /12 /décembre /2012 18:46

 

Le grand entretien 22/12/2012 à 08h07

« Le concept d’incivilité a permis de pénaliser des délits mineurs »

Camille Polloni | Journaliste
 

Carole Gayet-Viaud, sociologue, décrypte l’origine et l’instrumentalisation de ce mot. Histoires de vie quotidienne, de morale, au-delà de la « politesse ».


Sur un quai de métro à Copenhague (Loozrboy/Flickr/CC)

« La SNCF durcit le ton sur les incivilités », pouvait-on lire dans la presse début décembre. Pieds sur les sièges, cigarettes dans les trains non-fumeurs, crachats, portes de train bloquées pour retarder le départ... Ces petits désagréments de la vie collective prennent un sens décisif dans la bouche de Guillaume Pépy, président de la SNCF.

L’entreprise a annoncé un vaste plan de « lutte contre les incivilités », avec des amendes si la « pédagogie » envers les usagers ne suffit pas. La SNCF prend la suite de nombreux services publics de transport, de mairies ou, plus largement, d’établissements recevant du public. Le terme d’incivilités est désormais utilisé à toutes les sauces pour désigner des infractions mineures aux règles de politesse communément admises.

La sociologue Carole Gayet-Viaud, chargée de recherche du CNRS au Centre de recherche sociologique sur le droit et les institutions pénales (CESDIP), revient sur l’origine du concept, ses définitions à géométrie variable et les interactions conflictuelles qu’il désigne.

Au fil de ses recherches, elle s’est penchée sur un objet d’études qui touche à la vie quotidienne et à la morale. Qu’est-ce qui est admis dans l’espace public ? Que peut-on dire à un inconnu dans la rue ? Pourquoi un rappel à l’ordre peut-il se terminer en bagarre ? Ces questions traversent les travaux de Carole Gayet-Viaud sur la galanterie, la politesse, la civilité, la juste distance entre les personnes dans l’espace urbain.

Rue89 : D’où vient le terme « incivilités » ? Depuis quand est-il utilisé en France et comment a-t-il été importé dans le langage courant ?

Carole Gayet-Viaud : Le terme est assez ancien mais son sens actuel date des années 90. Il vient des Etats-Unis, par l’intermédiaire des théories dites de la « vitre brisée » qui touchent à la politique de sécurité urbaine et à la prévention de la délinquance.

« Broken window theory »

En 1982, les sociologues américains George L. Kelling et James Q. Wilson développent dans The Atlantic une théorie des incivilités à partir de l’exemple de la « vitre brisée » (« broken window »). Selon eux, si on laisse une vitre brisée dans un quartier sans réagir, la situation ne peut que se dégrader : le quartier va se délabrer et la délinquance augmenter.

 

Cette théorie (interprétée de façon variable) a donné lieu à une politique dite de « tolérance zéro » à New York dans les années 90 : une sanction rapide et sévère de tous les comportements contraires à la règle, dans le but d’éviter l’aggravation de la criminalité et la récidive.

C’est l’idée – contestable et contestée – que l’incivilité serait la porte d’entrée vers des formes de violence et de criminalité plus consistantes. Que si on ne punit pas les gens, ils vont récidiver de manière de plus en plus grave.

Très centrée sur la déviance et son contrôle, cette théorie a donné lieu à des politiques dites sécuritaires, dans le but de « corriger avant que ça ne dégénère ».

Mais il y avait un autre versant dans la théorie de la vitre brisée : l’attention aux situations, aux conditions environnementales, pratiques et matérielles d’accomplissement de certains actes (en l’occurrence déviants).

L’idée de l’article fameux de Kelling et Wilson est que si dans un hall d’immeuble on laisse une fenêtre cassée sans la réparer, il va y avoir une spirale du déclin.

D’abord les gens vont commencer à passer plus vite, à s’enfermer chez eux. S’il y a du bruit dans l’escalier ils ne viendront plus voir, des dealers vont s’installer, puis un beau jour il y aura un meurtre parce que « les gens bien » auront déserté les lieux et ceux qui le peuvent auront déménagé.

Cet aspect intéressant a été souvent mal traduit dans les politiques se réclamant de la théorie, et dans le transport des Etats-Unis vers la France.

L’articulation propreté/sécurité a justifié la focalisation des actions sur certains problèmes et désordres urbains très visibles, sous prétexte de leur effet indirect sur le crime, parfois jusqu’à l’absurde. Car chasser les sans-abri du centre-ville, cela n’a plus grand chose à voir avec le fait de remplacer une vitre cassée…

Un autre effet a été de justifier une pénalisation accrue de délits mineurs (transformation en délit de comportements qui ne l’étaient pas, ou aggravation des peines encourues) sous prétexte d’une gradation supposée dans les trajectoires de déviance, appelant une répression « précoce ». Et ce versant est problématique. Si la prison et le répressif prévenaient l’engrenage dans la délinquance, ça se saurait.

Quels comportements range-t-on sous ce terme générique ?

En France, ce sont principalement les travaux du sociologue Sébastian Roché qui ont popularisé la notion et en ont assuré le succès. Pour lui, l’incivilité regroupe un ensemble de comportements mineurs, signe d’un rapport négligent ou réfractaire aux règles de la vie commune, et qui ont des conséquences délétères pour la collectivité. Le fait que ce ne soit pas des délits, trop petits pour être punis par la loi, a d’emblée été considéré comme un problème.

Il a bien montré que c’était souvent une défaillance institutionnelle qui est en cause dans ces problèmes : une division fonctionnelle du travail qui fait que pour un espace donné, on ne sait plus qui est responsable du respect des règles d’usage, et ce qui est à tout le monde finit par sembler n’être à la charge de personne.

Mais une des difficultés de cette vision des choses, c’est l’idée sous-jacente qu’il y aurait d’un côté les gens qui connaissent les règles et qui les appliquent, et de l’autre ceux qui sont réfractaires à la norme, parce qu’ils sont incompétents ou de mauvaise volonté. Il faudrait donc les rééduquer ou les empêcher de nuire.

Sébastian Roché et tous ceux qui se sont intéressés aux incivilités viennent plutôt de la criminologie. Ils travaillent sur le sentiment d’insécurité et la délinquance. Et ce cadrage de la question a laissé des pans entiers du phénomène de côté.

Au départ, la notion est avancée pour faire tenir ensemble des choses assez disparates : la vieille dame qui vole des fleurs dans un massif de la ville, des bousculades dans la métro, les interactions qui tournent à la dispute et vont jusqu’à l’insulte, voire aux coups, les tags, les occupations de halls d’immeubles... La RATP, elle, inclut la fraude dans sa définition et son chiffrage des coûts de l’incivilité.

La civilité met en jeu les conditions de possibilité d’une confiance mutuelle, non seulement entre inconnus, dans la ville, mais aussi avec les institutions. Cela pose donc toujours des problèmes de fond.

Quels lieux et quelles situations sont le théâtre de l’incivilité ?

J’ai beaucoup travaillé sur les « disputes de politesse », dans la rue ou les transports en commun, autour d’un strapontin par exemple. Souvent, on réduit la civilité à quelques attitudes et à un inventaire de mots : « bonjour », « merci », « s’il vous plaît », « au revoir ».

En fait, derrière ces fameuses « règles » auxquelles on réduit souvent la civilité, il y a une appréciation et une interprétation de ce que les règles veulent dire, de leur sens et donc de leur justesse. Et parfois, des désaccords sur le fond.

L’exigence de civilité suppose qu’elle ne soit pas verbalisée : on attend de l’autre qu’il manifeste sa bonne volonté de lui-même.

Dès qu’il y a un manquement apparent, l’interprétation pessimiste, à charge, surgit très rapidement, on se dit : « s’il ne laisse pas ça son siège à la femme enceinte, c’est qu’il n’en a rien à faire ». Quand on doit demander, on estime que l’autre est déjà en faute. Des procès d’intention se nouent, des reproches, des lectures un peu paranoïaques et définitives de la situation adviennent.

Entre des gens qui ne se connaissent pas, les ressorts de l’indulgence sont plus limités qu’entre de vieux amis. La confiance s’effondre vite. Des catégories de personne lèvent facilement le soupçon, d’autres non.

De quelles catégories parlez-vous ?

Prenons la question de l’encombrement dans un bus, qui a l’air très objective et quantifiable. Un jour, j’ai assisté à une scène dans laquelle un jeune homme très chargé portait un grand nombre de packs de bouteilles d’eau, qu’il allait certainement ensuite revendre à la sauvette.

Il a gêné un homme plus âgé, à l’allure respectable, qui a fait une réflexion désagréable et une grimace pleine de mépris.

Cet encombrement-là n’était pas perçu de la même façon qu’on perçoit quelqu’un qui porte des bagages, ou ses cadeaux la veille de Noël, ou des cartons de déménagement... pour la même place occupée. Il y a immédiatement une appréciation morale sur la légitimité des gens à faire ce qu’ils font.

Parfois, cela donne des discussions ou des débats sur le fond. Souvent, une partie reste tacite. Ce sont juste des regards, des moues, ou très souvent, des remarques faites plus ou moins à voix haute, mais sous la forme de commentaires à la troisième personne (« il est gonflé celui-là ! »), adressés à la cantonade.

Pourquoi parler à voix haute sans s’adresser à la personne concernée ?

Ça fait partie de la norme : il est très délicat de donner des leçons de civilité ou de politesse à des inconnus. C’est offensant. Or, les gens ne savent pas formuler les choses sans verser dans le reproche et l’agression. Notamment à cause de ce discrédit et de cette présomption de culpabilité qui viennent très vite, comme je l’ai dit tout à l’heure. C’est une mise en cause assez sérieuse, un discrédit jeté sur la personne.

On l’observe constamment dans les situations où quelqu’un est gêné et ne sais pas comment le dire. Si un non-fumeur est gêné par un fumeur, plutôt que de lui parler, il fait de grands gestes pour chasser la fumée.

Exaspéré, le fumeur préférera s’adresser à son camarade, en disant bien fort : « ah ça m’énerve ça, elle ne peut pas me demander si ça la gêne ! ». Cela crée un dialogue par tiers interposé, assez comique le plus souvent, mais qui peut tourner à la dispute et parfois même en venir aux mains. Et ce sont alors les mêmes gens qui se plaignent de l’impolitesse des autres qui parfois aussi se retrouvent du côté des « mis en cause ».

Vous donnez souvent, dans vos travaux, des exemples dans les transports en commun. Est-ce le lieu par excellence où prennent place les conduites qualifiées d’incivilités ?

Oui, c’en est un lieu important, mais il se passe aussi beaucoup de choses dans la rue. Si les transports sont un lieu où on trouve de l’incivilité, c’est une question d’abord assez bêtement quantitative : c’est parce que tout le monde s’y croise.

Et les enquêtes sur ces incivilités-là (mes propres enquêtes ethnographiques comme l’enquête quantitative menée par Philip Smith et ses collègues en Australie) montrent que ce frottement interactionnel concerne tout un chacun : les cadres moyens, les personnes âgées, les femmes...

L’incivilité ici ne concerne pas seulement, loin s’en faut, les jeunes ou les jeunes de banlieue. Il y a dix millions de voyageurs par jour sur le réseau RATP, c’est une bête question de nombre et de densité dans un espace réduit. On ne peut pas simplifier les choses en disant : « il y a les gentils et les méchants, les bien élevés et les mal élevés ». C’est démenti par les faits.

L’incivilité moyenne concerne l’ensemble des troubles ordinaires de la coexistence, et les conflits d’usage des espaces : entre les fumeurs d’un bar qui sortent désormais fumer dehors et les riverains qui subissent les nuisances sonores, entre les commerçants et les sans-abri, entre les membres d’un jardin partagé et les adolescents qui s’y installent à quinze, etc.

Tout ça peut être qualifié « d’incivilités », mais c’est souvent manquer une partie du problème ; il ne faut pas que cela revienne à adopter un point de vue univoque, centré uniquement sur le droit ou sur la règle et le contrôle.

Quel est le rapport entre les incivilités et l’institution ?

Des organisations comme la RATP ou la SNCF ramènent volontiers l’incivilité à des problèmes entre les usagers. Cela existe mais les gens sont, pour la plupart, plutôt de bonne volonté et surtout, ils tiennent beaucoup aux questions de politesse.

Le discours sur « l’éternel déclin de la civilité », « les normes se perdent » ne me convainc pas. Il y a tout un tas de choses qui jouent dans les interactions : les rapports générationnels, de sexe, interethniques, qui font que les gens se comportent plus ou moins « bien » avec les autres.

Ensuite, les institutions qui accueillent du public (La Poste, les mairies, Pôle emploi) ont une responsabilité. L’association d’usagers de la ligne 13 vous dira que la possibilité d’être civils commence par celle de ne pas se monter les uns sur les autres dans le métro.

Une collègue, Julia Velkovska, travaille sur les boutiques d’un grand opérateur téléphonique français. Elle montre très bien que le fait de faire une scène est parfois une nécessité. Ainsi, quand un client vient parce qu’il a un problème, c’est qu’il n’a pas trouvé de solution sur Internet ni au téléphone. Et il cherche désespérément un interlocuteur, mais sur place, rien n’est prévu pour l’aider.

Sa demande est hors-sujet (les employés sont là pour lui vendre des choses et rien d’autre). Alors, s’il ne fait pas une scène, il ne va pas pouvoir être aidé. Parce qu’il faut pour les employés sortir de leurs attributions, dévier par rapport à leurs règles internes et leur mission, pour aller trouver l’information qui va aider ce client sur son problème. Mais ce n’est pas prévu.


Carole Gayet-Viaud

Très souvent, c’est ce genre de problème que vivent les personnes en contact avec les gens, tous ces métiers du public étudiés par Isaac Joseph et Gilles Jeannot. Si le personnel d’accueil se prend tout dans la figure, c’est qu’on leur reproche que l’institution ferme les écoutilles.

La première des civilités, en ce sens, c’est de donner des recours et des interlocuteurs aux gens qu’on reçoit. L’hospitalité devient parfois une question politique : si on ne veut pas que les jeunes squattent un hall, il faut leur ouvrir des lieux gratuits équivalents.

Par qui est utilisé le mot « incivilités » ? J’ai l’impression de ne l’entendre que dans la bouche des élus, des journalistes, des responsables de services de transports... Pourquoi ?

Effectivement. Même si le terme entre progressivement dans le langage commun, les gens ne se traitent pas « d’incivils » entre eux, ils se traitent de « malpolis », voire de « connard », et j’en passe. L’incivilité est un terme qui décrit un phénomène de l’extérieur et en surplomb. Il s’est imposé par en haut, par son succès médiatique et politique, qui l’a mis progressivement à l’agenda des politiques publiques, depuis deux décennies maintenant.

Vous oubliez une catégorie importante dans la genèse de ce succès : les policiers. Dès 1993, après les émeutes de Vaulx-en-Velin, la directrice des Renseignements généraux Lucienne Bui Trong a publié un livre dans lequel elle définissait une échelle de la violence urbaine. Le stade ultime était la guérilla, le premier degré, l’incivilité.

Avec ce cadrage très criminologique de la question des incivilités qui a longtemps dominé, on pouvait ranger dans un même phénomène les altercations dans le métro et les incendies de boîtes aux lettres. Ce qui n’est quand même pas évident…

Mais ça a compté et contribué à justifier les Loppsi 1 et 2 qui créent de nouveaux délits et augmentent les peines encourues pour des délits mineurs (le vendeur à la sauvette par exemple, ne peut pas être considéré comme responsable d’un sentiment d’insécurité, peut-être même au contraire, et pourtant la peine encourue a été alourdie). Le flou de la notion a donc permis des instrumentalisations très gênantes.

Ce cadrage de la question s’est assez largement imposé, malgré les débats et les critiques, et a favorisé les réflexions et les actions sur l’articulation entre incivilité et délinquance, voire crime, aux dépens de toute réflexion sur l’articulation avec la norme pensée positivement, la civilité, le vivre-ensemble.

Du coup, l’incivilité présume toujours que l’ordre va de soi. C’est à la fois naïf et faux. Et politiquement, par effet de ricochet, on considère souvent désormais que la lutte contre les incivilités, et la civilité d’ailleurs, ne sont que de jolis noms (et des injonctions) servant à cacher un exercice débridé du contrôle, liberticide, que c’est un instrument de la « gouvernementalité » bref, quelque chose de suspect, voire totalement nocif politiquement.

Cette opposition politique entre réactionnaires-défenseurs-de-l’autorité-perdue-à-rétablir d’un côté et critiques-de-gauche-de-l’injonction-à-la-civilité-masquant-le-piétinement-des-libertés d’autre part constitue en fait les deux faces très solidaires d’une même vision, très formaliste, de la civilité. Cela laisse largement hors champ la plupart des questions réelles, de fond, que pose l’interaction civile et ses ratés - ce qui est tout de même dommage.

Un des problèmes qu’il y a derrière tout ça, c’est la vision de l’ordre qui est supposée, qui n’est pas satisfaisante ni d’ailleurs correcte. Penser la réciprocité des perspectives, la nécessité pour ceux qui obéissent aux règles de coproduire ces règles, de pouvoir les critiquer et les transformer si elles ne sont pas ou plus estimées légitimes, tout cela est fondamental dans la définition d’un ordre civil, et donc juste, en régime démocratique. Or, ce lien entre civilité et citoyenneté (active) est souvent totalement occulté. On renvoie alors à un ordre subi auquel il faut se soumettre plutôt qu’à un ordre légitime auquel on consent alors librement à obéir.

Que révèle le discours sur l’incivilité sur notre rapport à la norme, au désordre, à l’éclat de voix, à l’imprévu ? Sommes-nous intolérants ?

Ce n’est pas une tolérance ou une intolérance de principe. Le soupçon de mauvaise volonté vient très vite entre inconnus et fait monter la tension. Ce sont des règles auxquelles les gens tiennent beaucoup, et ils ont un côté schizophrène car le sens commun les empêche d’admettre pourquoi et en quoi c’est important. Les gens racontent : « je ne sais pas pourquoi ça m’énerve autant qu’on me double dans la file d’attente ».

D’un côté, le sens commun dit que toutes ces choses sont négligeables. De l’autre, ce sont des questions de justice, de respect, donc il est assez naturel que cela touche les gens de manière viscérale. Ils n’arrivent pas à résoudre cette contradiction, et continuent à s’en rendre malade tout en disant « je ne devrais pas, c’est plus fort que moi ».

Sur le site internet de la mairie de Nice, on trouve la phrase suivante : « l’incivilité nuit à la paix sociale et à la qualité de vie de chacun d’entre nous. » Pourquoi regrouper tous ces termes à connotation morale dans la même phrase ?

C’est un constat tellement général que je pourrais bien sûr être d’accord. Après, il faudrait voir ce que fait la mairie de Nice pour que ceux qui sont susceptibles d’encombrer les trottoirs avec leurs tentes en carton, ou pour les jeunes qui squattent.

Quelles prises sont données aux gens pour rester civils les uns avec les autres ? L’ordre n’est pas qu’un corpus de règles auxquelles il faut se soumettre. On peut accepter d’obéir, pour autant qu’on considère les règles comme justes et légitimes, qu’on y souscrive.

Dans une campagne d’affichage récente « contre les incivilités », la RATP a remplacé le visage des usagers par des têtes d’animaux, en fonction du comportement reproché : une grenouille pour ceux qui sautent le tourniquet, un buffle en costume pour celui qui pousse les autres dans le métro, etc. Qu’est-ce que ça signifie ?

Ils veulent éviter le côté donneur de leçons, montrer que ces comportements concernent des types sociologiques variés et éviter de les stigmatiser en leur donnant un visage. C’est aussi une façon de communiquer en interne, en disant à son personnel que la direction s’occupe des problèmes qui les touchent.

Cela dit, quand on interroge les gens, on remarque qu’il y a tout un tas d’agacements liés à la cohabitation. Mais c’est le cas pour n’importe quelle forme de cohabitation. Focaliser l’attention là-dessus fait porter la faute, de manière disproportionnée, sur la bonne ou mauvaise éducation des usagers.

Or, encore une fois, ce ne sont pas là les seules difficultés, et ce cadrage exonère la RATP de ses propres responsabilités : ce qu’elle doit à ceux qu’elle accueille, ou encore la responsabilité de l’organisation dans les difficultés que rencontrent les personnels en contact avec le public, comme je l’ai dit plus tôt.

C’est une question de gestion des flux, de l’information, des équipements : la civilité de l’organisation c’est accueillir correctement les gens. Or, le métro est très inhospitalier aux usagers qui ne sont pas des hommes d’âge moyen en parfaite santé. Pour les femmes (avec enfants jeunes, enceintes), ou pour les personnes malades ou âgées, sans parler des personnes handicapées, tout reste à faire.

Si vous êtes enceinte et avez des nausées, vous n’avez qu’à vomir dans la poubelle. Et attendre d’être arrivée à bon port pour trouver un point d’eau. Si vous êtes malade ou avez mal au dos, il n’y a souvent plus de siège pour s’asseoir. Mais dans la campagne, toute cette dimension et tous ces sujets sont escamotés.

Dans les campagnes de ce genre, menées par des réseaux de transport ou des villes, on observe souvent deux phases : d’abord la sensibilisation, puis la répression, à travers des amendes.

Il y a une demande sociale de propreté très forte, et qui va croissant il me semble. Prenons l’exemple des déjections canines : il s’agit bien d’incivilités. Il y a bien un rapport avec les normes communes dans le fait de laisser ou non son chien déféquer sur le trottoir.

Ce type de verbalisation en revanche, n’est pas celui qui me choque le plus, car il est relativement « égalitaire », et ne va pas contribuer à stigmatiser des catégories défavorisées. Mais là encore, il y a une sélection des priorités dans le choix des politiques à conduire, où mettre les moyens, à quoi employer les personnels payés par les deniers publics.

Carole Gayet-Viaud a co-dirigé (avec D. Cefaï et M. Berger) l’ouvrage « Du civil au politique. Ethnographies du vivre-ensemble » (éd. Peter Lang, 2011). L’ouvrage tiré de sa thèse, intitulé « La civilité urbaine. Enquête sur les formes élémentaires de la coexistence démocratique », est à paraître en 2013 (éd. Economica). Ses recherches actuelles portent sur les métiers de la régulation de l’ordre (en) public dans les espaces urbains.h

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21 décembre 2012 5 21 /12 /décembre /2012 07:25

Nous vivons dans un système  ou les non dits (face cachée de la Lune) sont ,de par les déterminismes qui s'y cachent, sans commune mesure -ou à tout le moins à égalité - avec les questions ,les énoncés et leurs réponses érigés en paragon de  modernité...Il serait temps de changer de paradigme.

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19 décembre 2012 3 19 /12 /décembre /2012 17:01

Ça y est.

Le compte à rebours est lancé.

Il est temps de faire tout ce que vous avez toujours rêvé de faire (je suppute que lire un article moisi sur Agoravox n’en fait pas partie), car demain c’est mort.

Suite de l'article : La fin du monde, ça urge vraiment

Il est temps de courir nu sur la plage pour sentir le vent marin dans vos poils pubiens délicats (oui, je sais nous sommes en décembre, mais est-ce ma faute si vous ne l’avez pas fait cet été ?), il est temps d’aller à Dunkerque ramasser des coquillages oranges pour votre dulcinée, il est temps d’avouer à votre collègue que c’est vous qui avez pissé dans son cactus de bureau (qu’il repose en paix au paradis des cactus, lui qui n’a pas supporté le pastis recyclé) car il est n’est jamais trop tard pour se réconcilier avec des cons, il est vital de ne surtout pas aller vous confesser et de faire encore un maximum de conneries (il vous reste un peu plus de 24h) car on n’a qu’une vie (on n’a même plus qu’une journée, c’est dire la nécessité de tout envoyer balader), il est temps d’embrasser une inconnue dans la rue (prenez la bien vieille, elle aussi mérite d’avoir une belle dernière journée), il est temps d’aller dire à votre patron que c’est un abruti (« au revoir président ! »), et surtout il est temps d’aller dire à tous les gens que vous aimez… ben que vous les kiffez (il ne faut jamais s’empêcher d’être tendre avec les gens qu’on aime, et il n’est surtout jamais trop tard pour commencer bande de cœurs asséchés). Faites-en sorte que cette dernière journée soit originale et belle, afin que l’abruti qui nous sert de divinité regrette un tout petit peu son geste ultime.

Et dire qu’on ne saura jamais si Fillon va battre Copé, qu’on ne connaîtra pas le nombre de buts final de Zlatan en ligue 1, qu’on ne saura pas si 2013 sera aussi pourri que 2012 (qui bat quand même des records, vu qu’on va quand même tous crever), qu’on ne saura même pas si le prix de l’immobilier va baisser à Paris (ça fait quand même 10 ans que l’Express et Le Point vendent leur bouse hebdo avec cette question épineuse).

C’est dommage, je commençais à l’aimer ce monde moi. Avec ses petits défauts, sa soif d’autodestruction, tout ça. Je commençais presque à apprécier ma pute de voisine qui supporte pas la musique après 23h et qui est capable d’appeler le syndic juste pour une inondation et un misérable incendie (on aura tout vu – la séquence est d’ailleurs malheureuse, cela se serait passé dans l’autre sens, on y aurait vu que du feu… enfin, je me comprends).

Je ne saurai jamais si ma fille va réussir à produire des vrais sons avec son violon… remarquez, au moins elle est dans la joie de Noël, heureuse, je suis donc content pour elle de savoir qu’elle va quand même finir son innocente existence sur une bonne note – enfin… je me comprends (bis).

Moi-même, je quitte ce monde en pensant que je vais être augmenté (je suis un indécrottable optimiste, il paraît que ça se soigne pas du tout), et ça, ça fait du bien. Tiens, d’ailleurs, je vais peut-être regarder les nouvelles voitures, pour voir celle que j’aurais pu acheter si j’étais pas mort dans d’atroce souffrance (pas trop sûr de la grammaire de cette phrase, on va dire que j’achèterai un Bescherelle… un jour).

D’ailleurs, ce sera comment la fin du monde ?

Je veux dire… un grand boum façon impact d’un astéroïde gigantesque (par Toutatis) ? une invasion de sauterelles ? un tremblement de terre géant ? des hordes de monstres qui tuent tout sur leur passage (genre 1er jour de soldes aux galeries Lafayette) ? une boule de feu immense ? un sketch d’Arthur diffusé par tous les haut-parleurs de la Terre, et mis si fort qu’on ne pourra que l’entendre ?

J’aimerais bien savoir comment je vais finir mes jours maintenant que je connais la date. Histoire que je me prépare (à quoi bon cirer mes chaussures si c’est le déluge – à moins de trouver un super imperméabilisant ?).

Bon, je vais aller mettre de l’eau à mes plantes. Du concret donc. Elles méritent de voir le dernier jour de l’humanité en bonne humidité – pour qu’elles voient la vie en arrose. C’est pas tous les jours quand même.

Je crois que je verrai plus le monde pareil si on survit à tout ça.

D’ailleurs… et si... si on survivait effectivement ?

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Il y a 1 année - 59 secondes

Camera de surveillance gsm triple detecteur de mouvement NATURACAM de la société AGM TEC.

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Qu’est-ce qu’on pourrait faire de ce désastre ?

N’est-ce pas un signe cosmique qu’on nous envoie à travers les siècles d’une société sur le point de s’effondrer à une autre pas mieux en point ?

 

Et si…

Si on utilisait les milliards qu'on a trouvés pour sauver les banques pour résoudre la faim dans le monde (dès lors qu'on en aura résolu la fin), trouver un remède au paludisme, proposer un revenu minimum mondial, offrir un toit à tout le monde.

Et si on recommençait tout à zéro ?

Si on voyait le monde, non pas avec des lignes qui séparent les pays, mais comme une immense famille à nourrir, à aimer ?

3…2…1…

 

*Zéro Boum*

 

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Retrouvez tous les articles inutiles de Jean-Fabien sur : http://www.jean-fabien.fr

 

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18 décembre 2012 2 18 /12 /décembre /2012 18:30

A Propos du mariage transgénique...

 

Je revendique le droit à la  dissemblance chromosomyque puisque je ne pourrais jamais donner le sein à un nouveau né. De genre  XY, J'accepte,sans machisme, cette situation d'étrangeté inachevée : ce pourquoi  l'homme et la femme copulent naturellement ; et ,croyez moi si vous le voulez,  l'instinct de reproduction se fiche éperdument de l'égalité en droit.

 

Les pitreries entre corps aséxués  et  l'altérité sexuelle  ne vont pas ensemble, Mister HOLLANDE.

 

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16 décembre 2012 7 16 /12 /décembre /2012 18:30

Les pervers narcissiques manipulateurs

Passée dans le langage courant, notamment grâce à l'impact médiatique des articles, émissions, débats et conférences dédiés à ce sujet, l'expression "pervers narcissique" a gagné le grand public. Mais que savons-nous au juste de cette théorie ?

Une relecture du concept qui offre une nouvelle approche des évènements sociaux et des crises de plus en plus fréquentes que nous traversons.

Un complément d'information utile à tous, même et surtout pour toutes celles et tous ceux qui s'imaginent être à l'abri de ces personnalités difficiles et du processus destructeur qu'elles insufflent à notre société.

Au-delà de l’actualité événementielle qui rythme l’audimat, il est assez surprenant qu’un thème tel que celui-ci, d’ordinaire réservé aux revues ou magazines spécialisés, soit si abondamment traité dans les médias d’actualité destinés à un large public. C’est tout d’abord le journal “Le Nouvel Observateur” qui a allumé la mèche avec une enquête sur « Les manipulateurs de l’amour » paru dans son n° 2463 du 19 au 25 janvier 2012. Cet hebdomadaire récidiva au mois de mars 2012 en leurs dédiant un dossier complet et sa page de couverture sous le titre : « Les pervers narcissiques » (“Le Nouvel Observateur”, n° 2471 du 15 au 21 mars 2012). C’est ensuite la plupart des médias, certaines chaînes télés et de nombreuses radios qui ont évoqué ce sujet avec un « enthousiasme » quasi « frénétique ».

Un pareil traitement, quelle que soit la source d’information habituelle utilisée (télé, radio, presse écrite, Internet, etc.), est très surprenant vu la nature du sujet qui ne semble pourtant pas correspondre aux standards de sélection classique que les éditorialistes réservent généralement pour la Une des journaux d’actualités.

Ceux qui connaissent cette problématique se souviendront qu’il y a cinq ans en arrière seulement, parler en public de perversion narcissique ou de pervers narcissique équivalait à mener un débat entre ufologues et sceptiques. Toutefois, les divers articles abordant cette problématique ont produit leurs effets et l’idée semble dorénavant ancrée dans le langage courant.

Pour autant, et malgré le satisfecit que le grand public accorde à cette notion, cette évolution ne s’est pas faite sans peine et nombreux sont encore les aprioris, les clichés ou autres préjugés qui résultent d’une vulgarisation, parfois excessive, d’un concept mal maîtrisé. Il faut dire que l’impact médiatique a banalisé l’usage de cette appellation, tant et si bien que cet état de fait peut laisser croire à une véritable invasion, non pas de petits hommes verts, mais de pervers narcissique. Nous sommes donc passés, en très peu de temps, d’un nihilisme complet envers une réalité inconnue, à une situation quelque peu ubuesque du genre : « nous sommes envahis par les pervers narcissiques ». Ce que dénoncent quelques « spécialistes » qui regrettent ou déplorent l’utilisation exagérée de cette terminologie parfois mise à « toutes les sauces ».

Mais qu’en est-il au juste ? Car si ces « experts » stigmatisent un phénomène contre-productif, ils ne l’expliquent pas pour autant. Et pour cause… la perversion narcissique est une théorie qui reste difficile à appréhender même pour les psys qui ont contribué à la faire connaître.

Pour preuve, si besoin est, la simple question de savoir qui, parmi ces personnes avisées, est en mesure de décrire le mouvement perversif (ou mouvement pervers narcissique) ?

Je vous rassure tout de suite, pour avoir posé la question à maintes reprises, la réponse reste quasi invariablement la même : « Le mouvement pervers narcissique ? Quèsaco ? »

Cet article n’ayant pas pour vocation de chercher les raisons d’une telle carence de la part des « promoteurs » du concept de pervers narcissique, je concentrerai mes efforts sur la description (forcément réductrice bien que faisant appel à de nombreuses citations qui ne sauraient être résumées afin de respecter l’authenticité des idées abordées) de ce que l’inventeur de cette théorie, à savoir Paul-Claude RACAMIER, a souhaité décrire en créant tout un vocabulaire spécifique pour symboliser (expliquer) ce « mouvement pervers narcissique ». Car si cette « contagion » (et le sentiment d’invasion qui en résulte) semble aujourd’hui gagner du terrain dans notre champ social, elle ne peut être correctement interprétée que si nous comprenons ce qu’est le « mouvement pervers narcissique ».

Avant d’aborder la description de ce processus, précisons toutefois que P.-C. RACAMIER a tout bonnement décrit certaines pathologies en considérant « l’homme comme un tout dans son environnement » (cf. « La nouvelle grille », Henri LABORIT). Autrement dit, par cette approche novatrice pour un psychanalyste, il a conceptualisé certains troubles relationnels en les observant « in situ » et en tenant compte du contexte dans lequel ces pathologies se développent, ce que ne font pas la plupart des descriptions nosographiques employées habituellement en psychiatrie ou en psychologie clinique. Et c’est peut-être selon ce point de vue qu’il faut replacer les critiques dont cette dénomination, quelque peu controversée au sein même du milieu psychanalytique, fait l'objet.

Dans un des rares textes relatant sa doctrine, P.-C. RACAMIER écrivait : « Le plus important dans la perversion narcissique, c’est le mouvement qui l’anime et dont elle se nourrit » [1]

Si nous voulons comprendre le sens de ce néologisme il va de soi qu’il nous faut connaître les explications que l’auteur nous donne à propos de ce mouvement perversif : « Le mouvement pervers narcissique se définit essentiellement comme une façon organisée de se défendre de toute douleur et contradiction interne et de les expulser pour les faire couver ailleurs, tout en se survalorisant, tout cela aux dépens d’autrui et, pour finir, non seulement sans peine, mais avec jouissance. » Quant à la perversion narcissique proprement dite, elle consistera dans l’aboutissement de ce mouvement : « sa destination, pour ainsi dire », précise RACAMIER qui en donnera son ultime définition dans son « Cortège conceptuel » (1993) : « La perversion narcissique définit une organisation durable ou transitoire caractérisée par le besoin, la capacité et le plaisir de se mettre à l'abri des conflits internes et en particulier du deuil, en se faisant valoir au détriment d'un objet manipulé comme un ustensile ou un faire-valoir ». Cependant, ce qui frappe le plus chez ce chercheur, outre l’extrême dextérité linguiste dont il a su faire preuve, c’est l’absence de place laissée au hasard dans tous ses écrits et notamment ceux qui traitaient spécialement de la perversion narcissique. Ainsi, ajoutait-il : « Le plus spectaculaire est le mouvement perversif ; mais le plein accomplissement ne se trouve que dans la perversion organisée, qui touche à la perversité morale. […] Combien, pour un seul pervers accompli, faut-il de pervers potentiels ou partiels, de pervers passagers ou manqués : c’est ce que nul ne saurait et ne saura jamais dire ».

C’est clair, net et précis et cela répond en grande partie aux questions que l’on peut se poser afin d’expliquer la prolifération des pervers narcissiques que semblent mettre en évidence les témoignages qui affluent suite aux parutions d’articles abordant ce domaine d’investigation.

Si de plus en plus de personnes s’estiment victimes de pervers narcissique (en famille, au travail ou dans la vie sociale) : c’est tout bonnement que de plus en plus de gens sont en proie à des « mouvements perversifs » (ou des « soulèvements perversifs »). Ce qui ne remet nullement en cause la pertinence de leur jugement, au contraire de ce qu’affirme certains psys pourtant très « prosélytes » lorsqu’il s’agit d’interpréter comment la perversion narcissique se manifeste chez un individu.

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Autrement dit, l’utilisation du terme « pervers narcissique », pour désigner la souffrance qu’une personne peut éprouver lorsqu’il lui semble avoir reconnu ce type de personnalité dans son entourage, n’est pas aussi abusive que ce que certains voudraient bien nous le laisser croire, car effectivement, l’expression clinique de « pervers narcissique » recouvre une « organisation durable ou transitoire » d’un individu instaurant un mode relationnel particulier à autrui. Mais cela ne signifie pas pour autant que la personne victime d’un tel mouvement perversif soit la proie d’un pervers narcissique accompli. Car si la souffrance est la même et doit être entendue à sa juste mesure en raison du danger de mort auquel sont exposées toutes les victimes de « cruauté ordinaire »[2], la nuance est de taille : dans le cas d’un « soulèvement perversif » (autre terme pour désigner le « mouvement perversif » toujours « très spectaculaire ») l’agresseur peut encore prendre conscience de la dangerosité de ses actes (à la condition expresse – qui reste à satisfaire dans notre société – qu’il soit sévèrement mis face à ces responsabilités) ; alors que dans le cas d’une perversion narcissique accomplie, il n’y a, pour l’heure, aucune solution envisageable et des mesures drastiques devraient être prises pour protéger les victimes (et notamment les enfants qui sont les plus exposés dans les cas de conflits familiaux) de ce type de prédation morales (ou relationnelles).

Toutefois, bien que cet article ait été rédigé pour préciser ce en quoi les accusations portées à l’encontre d’une personne qui adopte des comportements « pervers narcissiques » ne sont pas aussi infondées que ce que certains voudraient bien nous le laisser croire[3], il convient d’admettre que, remettre dans son contexte une situation d’emprise instaurée par un « prédateur » (occasionnel ou permanent) au regard du mouvement perversif tel que défini par P.-C. RACAMIER, nécessite une analyse un peu plus fine que celle qui est proposée chez certains psys.

Par ailleurs, pour que le « mouvement pervers narcissique » s’installe et s’organise « il faut en avoir à la fois la nécessité profonde et l’opportunité ». C’est-à-dire qu’il faut que certaines conditions de plusieurs sortes soient simultanément remplies : « les unes de fonds et les autres de rencontre, les unes personnelles, et d’autres “situationnelles” ». Ce que nous aborderons dans la seconde partie de cet article en traitant de la « pensée perverse » (les conditions de « fonds ») et des « noyaux pervers » (les rencontres opportunistes et les coalitions perverses qui n’ont absolument rien à voir avec la relation qu’un pervers narcissique entretient avec sa victime et avec qui elles sont si souvent confondues au grand dam de cette dernière).

Un chapitre important, car étudier le mouvement perversif s’est effectué une relecture des perversions narcissiques à la lumière des éclaircissements que nous apporte ce chercheur. C’est comprendre comment notre société fait le nid, protège et développe la corruption, les systèmes pervers et autocratiques dont la présence, au niveau organisationnel de nos sociétés « modernes », se fait de plus en plus sentir. C’est également observer les crises (toutes les crises et c’est peu dire) que nous traversons sous une nouvelle approche, particulièrement clairvoyante et perspicace, dans leur phase de développement préalable à leur « implosion ». Ce qui, tout bonnement, nous permettrait de les anticiper plutôt que de les subir.

Tout un programme.

 

Philippe VERGNES

Nota :

De nombreuses descriptions du pervers narcissique existent sur Internet, certaines étant plus pertinentes que d’autres. À titre d’exemple, vous pourrez en trouver une au lien suivant : « Pervers narcissique : 20 pistes pour les reconnaître ». En revanche, peu d’études se sont consacrées aux victimes de ces prédateurs relationnels et aux conséquences de ces derniers sur leur entourage, mais s’il est un phénomène à connaître c’est bien celui du « décervelage » (autre néologisme de P.-C. RACAMIER) que la manipulation instaure au travers de l’emprise : « Pervers narcissique : Les personnes les plus intelligentes sont les plus exposées ».


[1] Paul-Claude RACAMIER, « Le génie des origines », p. 280, Payot, 1992.Paul-Claude RACAMIER, « Le génie des origines », p. 280, Payot, 1992.

[2] Titre d’un livre sur la prédation morale écrit par le Dr Yves PRIGENT, neuropsychiatre, spécialisé dans l’étude des dépressions et des suicides.

[3] Serge HEFEZ, qui, le 6 mai 2007, n’a pas hésité à écrire un article sulfureux sur la perversion narcissique de notre ex-président, à savoir Nicolas SARKOZY (à lire sur son blog « Famille, je vous haime » : « Petite leçon de psychologie : le pervers narcissique et ses complices »), s’est récemment plein du fait que depuis que « Le Harcèlement moral, la violence perverse au quotidien », de Marie-France Hirigoyen, est sorti, son cabinet est plein de patients qui viennent parler de leur PN (à lire sur le site de L’express : « Les pervers narcissique en dix questions »).

 

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  • Le monde est dangereux non pas à cause de ceux qui font le mal, mais à cause de ceux qui regardent et laissent faire” Einstein.
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