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21 février 2013 4 21 /02 /février /2013 17:48

Les collectivités territoriales au pain sec ?

 

Le gouvernement a décidé de tailler dans les dotations qu’il alloue aux Régions, Départements, communes et groupements de communes à fiscalité propre. Chaque année l’Etat verse à ces collectivités environ 50 Milliards d’euros pour leur fonctionnement et la ponction annoncée sera de 1,5 Milliards d’euros par an entre 2013 et 2015. Le message de l’Etat est clair. Il consiste à dire que les objectifs de redressement financiers et économiques concernent tout le monde et que les collectivités doivent aussi se serrer la ceinture. Ces 1,5 Milliards représentent 23 € par an et par citoyen. Pour un département français de 1 million d’habitants, par exemple, cela représente un « manque à gagner » global de 23 millions d’euros qui sera réparti sur l’ensemble des collectivités qui interviennent dans ce département, à savoir, la Région, le Conseil Général, les communes et les intercommunalités à fiscalité propre.

 

Comment combler ce « déficit » ?

 

2 solutions s’offrent aux collectivités : soit recourir aux impôts locaux pour combler la recette manquante, soit diminuer leurs dépenses. La première solution est celle de la facilité : un petit coup de pouce sur la taxe d’habitation, la taxe foncière, ou l’impôt des entreprises et le tour sera joué, sauf qu’en période de crise économique, c’est difficile. Par ailleurs, il est « d’usage » de ne pas augmenter les impôts locaux l’année qui précède les élections locales (municipales en 2014, départementales en 2015). Les élus n’étant pas suicidaires, il y a donc de fortes chances pour que l’augmentation de la fiscalité locale soit écartée pour combler cette perte de recette.

 

Reste donc la diminution du train de vie…

 

Dans quelles dépenses tailler ?...étant entendu qu’un certain nombre d’entre-elles sont incompressibles, voire ont tendance à augmenter (le social, le hors temps scolaire, les établissements scolaires,…) et font partie des dépenses regardées à la loupe par le citoyen/électeur surtout en période électorale.

 

Une fois ces dépenses incompressibles écartées, que reste-t-il ? Les dépenses de fonctionnement propres aux collectivités peuvent être ciblées. Elles concernent tout d’abord le train de vie, c'est-à-dire la masse salariale et les indemnités du personnel et des élus, les fêtes et cérémonies, les dépenses de communication et les dépenses liées aux parcs des véhicules ou bien encore celles d’énergie l’éclairage public par exemple.

 

Il y a du grain à moudre sur ces dépenses, en particulier celles qui ne servent qu’à promouvoir l’action des élus, c'est-à-dire les dépenses de communication. Enfin, il n’est pas inutile de jeter un œil sur les contrats (marchés publics, délégations de service public) passés avec les entreprises privées (eau, entretien des espaces verts, transports,…) qui constituent également un gisement d’économie.

 

Enfin, pour faire des économies, il faut également sortir du dogme des collectivités indispensables pour soutenir l’investissement en France. Dans quoi nos collectivités investissent-elles ? Surtout dans les aménagements urbains. Une frénésie s’est emparée des communes en ce domaine (aménagement des centres bourgs, barrières, plots, ralentisseurs et autres haricots, soit disant destinés à la sécurité). Autant dire que ces investissements sont peu productifs, y compris en matière de sécurité et que leur diminution serait la bienvenue.

 

La troisième voie pour faire des économies

 

Mais par-dessus tout, ce sont les économies structurelles qui seraient porteuses des économies les plus importantes. Dans cette optique, les regroupements intercommunaux avec mutualisation des moyens et des budgets seraient de nature à aller en ce sens. La suppression des départements constituerait une autre piste.

 

Encore faudrait-il que les élus locaux acceptent de se remettre en question et qu’ils ne se retranchent pas derrière leurs frontières communales ou leurs considérations politiques ou tout simplement qu’ils acceptent de ne plus s’accrocher à leurs mandats et leurs cumuls en pensant faire le bonheur du citoyen.

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20 février 2013 3 20 /02 /février /2013 17:55

Justice en Martinique

QUELLE JUSTICE EN MARTINIQUE ?

Madame la Ministre de la Justice est aujourd'hui une originaire de « l'Outremer français », territoires de la République Française où l'on aurait pu espérer, pour ces beaux pays ensoleillés, une évolution dans le fonctionnement des pratiques judiciaires. Malheureusement force est de constater une persistance de mauvaises habitudes liées à n'en pas douter à un passé colonial encore prégnant. On admet aujourd'hui ici, dans les couloirs de ce même Ministère "une justice de mauvaise qualité" pour ce qui concerne ces territoires lointains. Mais que signifie une "justice de mauvaise qualité" ?

Plus précisément c’est la « qualité de l’Instruction » qui est en cause. Le personnel, les membres du système judiciaire venant le plus souvent de l’extérieur, sont-ils insuffisamment formés ? La « Justice » est-elle sciemment orientée ? Nombre de Martiniquais savent déjà de quoi nous voulons parler même si souvent, éprouvant frustration et sentiment...d'injustice, on ne dit rien ou plutôt on sait que notre protestation sera étouffée, détournée, récupérée et finalement rendue inaudible.

Le journal « France-Antilles » publiait récemment (1) un dossier sur le fonctionnement de la Justice en Martinique. Mais il s’attardait surtout sur le manque de moyens dont celle-ci dispose. On ne peut nier un tel constat fait de dossiers qui s’amoncellent, de retards devenant inéluctables. Mais le sujet a t-il été traité de façon exhaustive ? Quid d’un dysfonctionnement permanent et de longue date ? Qui osera nous dire qu’il s’agit-là d’une allégation imaginaire ?

Personne ne fait de commentaire sur notre « élite judiciaire » constituée à sa tête par des Métropolitains où certains autochtones issus de familles békés restent présents…

 

Des syndicalistes en première ligne

De quoi voulons-nous parler ? On nous demandera à juste raison des exemples concrets d’une "prétendue injustice". Certes les militants du LKP qui avaient fait irruption en février 2009 dans Le Palais de Justice de Pointe à Pitre avaient tenu à filmer l'énoncé de leurs doléances devant un Procureur métropolitain bien obligé, en la circonstance, de les écouter. Et bien sûr les médias n'avaient que très peu parlé du fond de la question, s'attardant sur la "violence" et "l'agressivité" de manifestants "qui-ne-respectaient-rien". Précisons tout de suite que nous ne sommes ici en rien des précurseurs car bien d'autres groupes, syndicats et personnalités (2) ont tenté de se faire entendre sur la question sans succès. Faut-il baisser les bras ?

Remarquons tout d’abord que, dans le monde entier, les premières cibles des autorités judiciaires, surtout en période de crise et de tensions sociales, sont les syndicalistes ou simplement les salariés protestataires. Les libertés syndicales sont alors les premières attaquées. Dans notre société il est toujours possible d’inculper pour « atteinte à la propriété et aux biens » même si la révolte nait du simple réflexe de la survie.

Mais parfois cette Justice des puissants, résultant en réalité d’un rapport de forces, se heurte cependant à la résistance des démunis. Il en a résulté des acquis, sans cesse remis en cause comme l’atteste le Code du Travail et ses évolutions.

 

Le Droit pour qui et comment ?

Dans l’Outremer français, en Martinique par exemple, ledit Code du Travail - ou plutôt quelques lois sociales - ne commença à s’appliquer, de façon bien timide, qu’à partir de 1936, avec une éclipse entre 1940-45. Encore aujourd’hui maints employeurs l’ignorent superbement. L’urbanisme ne fut réglementé, à l’image de la métropole, qu’au milieu des années 1980. Les produits toxiques qui empoisonnent la terre, comme ceux issus du consortium Monsanto dont un membre de la famille Hayot (3) fut animateur et gérant, ne furent interdits que tardivement dans les îles, alors qu’ils l’étaient depuis bien des années en métropole et en Europe. Aujourd’hui encore l’épandage de produits douteux est toujours autorisé. Comment, n’est-il pas vrai, pourrions-nous obtenir autrement de belles bananes commercialisables ? L’ASSAUPAMAR a répondu sur ce point.

Un animateur de cette association qui se bat pour la préservation de l’environnement et la sauvegarde du littoral, et dont les membres sont constamment l’objet de poursuites pour « atteintes à la propriété », constatait l’étonnement d’un responsable d’association environnementale venu de métropole. Alors qu’il suffit en France, le plus souvent, d’une simple lettre au juge pour rappeler un point de droit et sa mise en application, il faut en Martinique engager systématiquement une procédure devant les tribunaux avec les délais qu’on imagine.

 

Le cas du secrétaire général du syndicat CDMT-Poste, Hervé Pinto

 Il nous faut bien sûr citer le cas d'Hervé Pinto qui lui illustre bien le traitement réservé aux syndicalistes, aux militants ouvriers les plus modestes, promis à une répression tous azimuts où la Justice semble bien "du côté du manche".

Hervé Pinto a été mis à pied sans traitement pour une période de deux ans par la direction de la Poste qui visiblement cherchait à sanctionner de façon exemplaire un militant syndicaliste gênant. Respectueux des règles, menant des actions responsables et légitimes, il était difficile de l'abattre. Pour se faire on usa donc du mensonge le plus éhonté et de la calomnie la plus invraisemblable. On prit prétexte de la prétendue intrusion d'un camarade de sa centrale syndicale, non postier, dans le bâtiment de l'administration de la Poste, où devaient se dérouler des négociations, pour mettre à pied, sans traitement, ce père de famille de trois enfants. Le syndicat, avec les trois membres son bureau de, dont Hervé Pinto, fut lui-même l'objet de répression systématique et d'ostracisme. Malgré ses succès électoraux aux élections professionnelles dans les plus grands établissements du département, on lui refusa les droits dus à sa représentativité avérée comme par exemple l’usage des panneaux syndicaux.

On tente de l’exclure de toute négociation concernant les revendications des employés de la Poste. A travers ces refus de reconnaissance, c’est finalement son existence même qui est niée (4).

Face à ce feu roulant, les salariés n'ont cependant jamais retiré leur confiance dans leur syndicat. Tout au contraire, au grand dam de ladite direction et d’autres organisations syndicales collaboratrices, celui-ci recruta de nouveaux adhérents, parfois tout à fait inattendus.

Mais bien sûr il fallu en arriver devant la Justice. Le dossier de Pinto était limpide. Les exactions étaient clairement du côté de sa direction dont les accusations étaient sans fondement. Et l'on avait même des témoins et des preuves irréfutables. Mais Hervé en avait trop fait. Il avait refusé les compromis habituels. Disons plutôt les compromissions où l'on hérite d'une belle voiture de fonction, de la promotion, du siège de syndicaliste "convenable" qu'il aurait pu être à présent. Il devenait tout à la fois l'homme à abattre à tout prix et le symbole d'une lutte qui si elle se veut efficace, doit être menée sans concession par la démocratie directe. Et c'est bien ce qu'on reconnut là nombre de salariés soutenant de plus en plus Hervé et le rejoignant dans son combat car c'était finalement LEUR combat.

La Justice, comme à son habitude, donna tort au faible, au salarié. Sans arguments si ce n'est la reprise in extenso de la plaidoirie de la partie adverse, la Direction de la Poste. Celle-ci avait pourtant si bien senti le boulet siffler qu'elle avait fait appel à un ténor du Barreau parisien, envoyé à grands frais en Martinique pour défendre cette pauvre petite direction régionale de la Poste.

Aujourd'hui le syndicat des Postiers d'Hervé Pinto qui s’est pourvu en cassation est toujours debout. Mieux, remportant de petites victoires, il s'est renforcé et a naturellement pour projet l'extension des luttes et la dénonciation d'une Justice encore imprégnée de colonialisme. Il n'est pas suffisant de dénoncer comme li a été déjà fait, non sans pertinence, un "manque de moyens". Ceux-ci sont clairement insuffisants et cela explique aussi la lenteur des procédures et bien des erreurs. Mais ce sont aussi des habitudes de fonctionnement une opacité dans les nominations qui fait remarquer, par exemple, une certaine Madame Hayot, présidente de la Chambre Sociale à la Cour d’Appel de Fort de France. Ce qui conforte l'idée que rien n'a jamais vraiment changé depuis l'époque du règne incontestée de l’oligarchie des planteurs.

Plus que jamais nous appelons à une large mobilisation passant par la communication sur ces faits, pour faire reculer ces pratiques d’un autre âge, pour avancer vers une société plus juste.

  1. « Une justice juste sans moyens ? » France Antilles du 17/01/2013
  2. « Quelques affaires de justice à la Martinique » par Raphaël Constant – Editions Lafontaine, 2003.
  3. La famille Hayot est l’une des dix familles de l’oligarchie béké toujours puissante en Martinique. Bernard Hayot, propriétaire
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18 février 2013 1 18 /02 /février /2013 16:41

DSC00120 Quelle est cette créature qui s'apprete à voler ma mangue ? ...Serait-ce un guimbo ou un "golbo kacabois " ?

 

Copy right Noel 2012

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16 février 2013 6 16 /02 /février /2013 18:30

L’immolation comme mode de résolution des conflits

Le 13 février 2013, un chômeur en fin de droits s’est immolé devant le Pôle Emploi de la ville de Nantes. Comme il n’y a pas si longtemps en Grèce, un désespéré préféra la façon radicale pour porter à la connaissance de tous l’immense sentiment d’abandon dont il était submergé. Un acte effroyable révélateur de la perte progressive des pouvoirs de la Nation souveraine française, incapable d’assurer à ses citoyens les moyens de vivre et prospérer décemment au sein de la société civile, au profit d’un fédéralisme européen rampant sorte d’URSS 2.0.

La mode grecque déboule sur nos contrées ! Alors que nous les entendons encore les donneurs de bons points, déclarant à qui voulait l’entendre il y a de ça deux petites années, que la Grèce n’était pas la France. Que la Grèce était un pays de fainéant. Un pays de feignant fraudeur d’impôt et, qu’au fond, il méritait un peu le traitement qui leur était réservé les grecs. Un peu comme Dieudonné (insolent antiraciste mais pas antisémite) se faisant insulter de « salle nègre ! » en pleine émission de RMC, il l’avait bien cherché c’est évident ! Ces adeptes de la double éthique et de la démocratie à géométrie variable, mettant en avant une petite vérité réelle, la fraude fiscale, mais conciliable si l’on veut bien se donner la peine de proposer un projet national cohérent et encourager ainsi le citoyen à se plier de bonne grâce à la perception de l’impôt. Une mise en avant symbolique mais trompeuse destinée à cacher la forêt

Une forêt de mauvaises herbes eurolâtres et de planches pourries financières. Les diverses Nations européennes, embourbées dans un marécage de directives, traités et autres textes d’inspiration bruxelloise, sont incapables de se sortir de cet état léthargique où l’objectif de rentabilité à court terme dépasse l’établissement d’un projet de société durable à horizon lointain (1). Et comme si le nombre exponentiel de fermetures de sociétés en France ne suffisait pas, notre Ministre de la liquidation judiciaire, le très tartuffe Arnaud Montebourg, pose en petite marinière pour redresser l’économie française !

Voilà le genre de posture qui peut pousser un désespéré précaire à choisir le bûcher plutôt que le combat. Car il s’agit bien d’un combat qui attend les français dans les années à venir. Un combat qui nous concerne toutes et tous, petits et grands. Un combat qui devrait pousser les cocus des partis, ces honnêtes citoyens s’étripant au nom d’un bipartisme gauche-droite illusoire (2), à serrer les lignes et avancer en formation groupée face à notre ennemi nébuleux commun : le mondialisme et ses promoteurs, dont l’Union Européenne n’est que le marchepied côté Vieux-Continent.

Un mondialisme financier engagé dans une course de vitesse avec une mondialisation des peuples, entendez ici l’alliance des diverses Nations vers un objectif de multipolarité vertueuse. Un mondialisme financier avançant à pas feutrés par le biais des injonctions de l’OMC, des directives de la Commission Européenne et quelques agressions de l’OTAN. Autant d’institutions responsables de notre indigence et dont les responsables devraient figurer, n’ayons pas peur de le dire, au tableau des traîtres aux Nations à juger de toute urgence.

Car voilà que le niveau d’obscénité a atteint en France un stade critique. La contraction commence à être insoutenable, et les responsables étant tout sauf des imbéciles, on peut au moins leur accorder ce crédit (ils sont malins, dans tout ce que ce terme peut signifier), ces derniers commencent à s’inquiéter de la propension des citoyens à pointer le viseur dans la bonne direction.

Herman Van Rompuy, José Manuel Barroso et Martin Schulz recevant le prix Nobel de la Paix (on ne rigole pas) décerné à l’Europe en octobre 2012.

Ainsi, nous avons appris par le Daily Telegraph, que l’on ne peut accuser de complotiste (quoique Caroline Fourest (3) en serait peut être capable, n’oublions jamais que le ridicule ne tue pas, bien au contraire il sert de tremplin !), que le Parlement européen a décidé d’allouer la coquette somme de 2.3 millions d’euros dans la formation de « trolls » internet afin de contrecarrer le sentiment anti-européen (entendez anti-commission européenne) naissant ici et là sur les forums de la toile. Voyez comme l’inversion des valeurs est à son comble : alors que c’est justement parce que les divers peuples français, grec, espagnol, etc. commencent à se rassembler pour lutter contre un ennemi qu’ils sont parvenus à cerner, ce qui est la base de tout destin national (appelons le ici européen !) entrainant un sentiment d’appartenance à une entité collective et devant normalement être le ciment de la construction européenne (le peuple de France s’étant soudé en résistant à divers mouvements impériaux), voilà que les eurocrasses de Bruxelles s’agitent pour nous expliquer le contraire ! Une inversion des valeurs qui semble être à son paroxysme et ce à tous les niveaux économique, social, géopolitique mais aussi humoristique.

Cette flambée de désespéré me poussa au devoir d’exposer une fois de plus les arnaques, crimes et vilenies de nos gouvernants soumis à l’intérêt supérieur bruxellois, lui-même muselé par la City et la « rue du Mur ». J’étais prêt une fois de plus à affronter les sophistes et empêcheurs de débattre en rond, pour expliquer méthodiquement le pourquoi du comment de l’escroquerie économique et financière. Prêt à croiser le fer virtuel avec les Caroline Fourest en herbe s’occupant du secteur économique, à me faire apposer l’étiquette du complotisto-fasciste, et à expliquer par une argumentation bien huilée qu’il n’en est rien. Aux honnêtes gens après de distinguer le bon grain de l’ivraie.

Mais pourquoi dire ce qui a été dénoncé, exposé et théorisé maintes et maintes fois ? Pourquoi s’évertuer à expliquer comment construire un bateau, quand il faut avant tout redonner à chacun l’envie de braver l’océan (4) ? Sortir du sentiment d’impuissance conduisant à l’immolation pour allumer un autre type de flamme.

Dans une société où l’obscénité s’acoquine avec les donneurs de leçons, rions jaune mes ami(e)s et appuyons nous sur les dires d’une sommité dans le milieu (au sens camorriste du terme !) mondialiste, le triste sire David Rockefeller. Ce dernier déclara au chapitre 27, page 407, de ses Mémoires  :

« quelques-uns croient même que nous (la famille Rockefeller) faisons partie d’une cabale secrète travaillant contre les meilleurs intérêts des États-Unis, caractérisant ma famille et moi en tant qu’internationalistes et conspirant avec d’autres autour de la Terre pour construire une politique globale plus intégrée ainsi qu’une structure économique – un seul monde si vous voulez. Si cela est l’accusation, je suis coupable et fier de l’être ».

Ainsi, je déclare solennellement que quelques-uns croient même que nous, les Républicains souverainistes, faisons partie d’une mouvance conspirationniste travaillant contre les meilleurs intérêts d’une oligarchie mondialiste, caractérisant mes compagnons et moi-même en tant que complotistes, et projetant avec d’autres autour de la Terre de remettre l’intérêt national au centre de toute société civile.

Si cela est l’accusation, je suis coupable et fier de l’être !

Terminons par cette phrase de l’Incorruptible, le très décrié car bien trop en avance sur son temps Maximilien de Robespierre, qui s’y connaissait en traître à la Nation et déclarait en 1788 :

« La plus grande partie de nos concitoyens est réduite par l’indigence à ce suprême degré d’abaissement, où l’Homme, uniquement occupé de survivre, est incapable de réfléchir aux causes de sa misère et aux droits que la nature lui a donné ».

 

Complotons ! Complotons mes amis ! Ce sera toujours mieux que l’immolation !

 

Maurice, pour le Cercle des Volontaires.

 

Plus d’information sur le Cercle des Volontaires :

Le site : www.cercledesvolontaires.fr

La page Facebook

Le Twitter

La chaîne Youtube

—————————————-

(1) Lire à ce sujet Le commerce des promesses de Pierre Noël Giraud : http://www.amazon.fr/gp/product/2757815784/ref=pd_lpo_k2_dp_sr_1?pf_rd_p=471061593&pf_rd_s=lpo-topstripe&pf_rd_t=201&pf_rd_i=2020381109&pf_rd_m=A1X6FK5RDHNB96&pf_rd_r=0J0300Z3AVB6MY5P1S7B

(2) Pour aller plus loin :

- http://www.agoravox.tv/actualites/politique/article/gauche-contre-droite-schema-d-une-23658

- http://diktacratie.com/bipartisme-congenital/

(3) Pour une mise au point sur cette Tartuffe de première main : http://leplus.nouvelobs.com/contribution/779779-fourest-et-les-complotistes-posons-les-bonnes-questions-sur-la-manipulation-de-l-info.html

Pour aller plus loin, lire à ce sujet Les intellectuels faussaires de Pascal Boniface : http://www.amazon.fr/Les-intellectuels-faussaires-triomphe-m%C3%A9diatique/dp/2350132773

(4) Rendons à César ce qui est à César. Cette excellente métaphore est tirée d’une citation d’Antoine de Saint-Exupéry :

« Si tu veux construire un bateau, ne rassemble pas tes hommes et femmes pour leur donner des ordres, pour expliquer chaque détail, pour leur dire où trouver chaque chose… Si tu veux construire un bateau, fais naître dans le cœur de tes hommes et femmes le désir de la mer ».

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15 février 2013 5 15 /02 /février /2013 18:30

La presse française semble ignorer  que  700 000 pétitions  homophiles ont été convoyées  ce jour au Conseil Économique et  Social .Par soucis d'objectivité  orientée  aucun organe de presse n'en a fait  état  à la hauteur de l'évènement...Par contre dès qu'il s'agit de faire mousser les groupuscules  de la cause "post moderne"  les caméras sont de sortie.

Que penser de cela , sinon que la manipulation de l'information  gagne du terrain .

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15 février 2013 5 15 /02 /février /2013 16:23

Comment rédiger un sujet de réflexion

En direct de ma Segpa

 

La pensée s'organise.

L'école a de grandes prétentions qui, parfois, sont en contradiction avec son triste quotidien. Il peut paraître paradoxal de demander à nos chers élèves de traiter par écrit un sujet de réflexion quand on leur laisse si peu la place à l'expression le reste de leur scolarité ordinaire. Pas surprenant alors de les voir désemparés par un tel défi.

L'angoisse passée, c'est alors l'épreuve de la structure, de ce fameux plan qui est si souvent escamoté. Pourtant, comment organiser sa réflexion si on ne fait pas de listes, de catégories, de hiérarchisation. Et là, c'est le choc du maelström de la pensée. Tout semble être pour eux placé sur le même niveau, sans repérage ni étiquetage.

Ainsi mes chers élèves devaient évoquer les différentes émotions par lesquelles ils étaient passés lors de leur stage. Diantre, qu'est ce qu'une émotion ? Il a fallu batailler pour leur tirer des mots qui pourtant leur sont connus comme si le champ de l'intime n'a pas sa place dans nos écoles. Ce qu'ils ressentent, ce qu'ils éprouvent, doivent-ils en parler ici ?

L'obstacle du lexique dépassé surgit alors l'écueil du contexte. Qu'est-ce qui a bien pu déclencher ce sentiment ? Les élèves n'ont semble-t-il pas la mémoire de leurs sensations. L'école ne privilégie que le faire et soudain surgit une requête sur les arcanes de la conscience. Il faut se dévoiler, creuser au fond de soi-même pour que ressurgissent ces pulsions secrètes. Ce n'est pas simple, loin de là.

Puis cet étrange professeur réclame de décrire les manifestations physiques et mentales de chaque émotion. Exprimer un ressenti, repérer le sommatif, faire rejaillir un vécu déjà ancien, c'est déjà bien difficile. Transformer son propre corps en sujet d'introspection, voilà bien un immense défi en un lieu qui a fait des élèves des êtres dépersonnalisés.

Les mots manquent, ce n'est pas nouveau. La mémoire aussi est défaillante. Pire encore, c'est la dimension séquentielle de leur expérience qui ne se fait pas. Ils vivent leurs épisodes scolaires comme une vaste plage temporelle uniforme et morne. Distinguer un moment particulier, le sortir du cadre pour l'analyser demande un grand effort.

Quand tout ce travail introspectif est achevé, il faut mettre bout à bout des mots de l'intime. Écrire, c'est déjà si difficile ! Parler de soi, de ce qui se passe en soi, écrire « je » comme si c'était un autre qu'on observe et qu'on décortique est tâche plus redoutable encore. L'effort est tel que certains font grand bruit au moment fatidique. L'angoisse se transforme en désordre, rien de nouveau sous le soleil.

Devant la lourdeur de la demande, les phrases se font plomb, elles s'allongent sans fin ni grâce. C'est alors le travail de la mise en forme, de la nécessaire légèreté pour évoquer le grave, le sérieux, le profond. Alors on coupe dans les phrases, on y met des respirations. On joue de la ponctuation et du silence nécessaire. Apprendre à mettre en musique avant de mettre en mots, c'est si compliqué.

Il en faudra encore bien des séances pour réussir ce pari improbable, bien des phrases bancales ou boiteuses, des mots maladroits ou disgracieux, des tournures dissonantes et indigestes. Tailler dans les mots inutiles : « et », « alors », « après » qui peuplent leurs écrits. Puis ce sera la chasse aux verbes imprécis, aux mots bien trop vagues. La précision d'abord, la recherche du beau ensuite …

Que cela semble inaccessible ! Alors, l'ordinateur va permettre de déplacer, effacer, couper. modifier, intercaler, transformer, corriger. L'écriture est un jeu de construction, un assemblage qui échappe à l'oralité. Nous ne faisons que commencer cet étrange artisanat des mots. Auront-ils l'envie d'aller au bout de cette belle aventure ?

Rédactionnellement leur.

 

Article paru sur Agora-Vox.

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12 février 2013 2 12 /02 /février /2013 18:30

Notes et réflexions sur l'école telle qu'elle fut et telle qu'elle est aujourd'hui, sur un modèle en voie de disparition.


GILE MICHEL/SIPA
GILE MICHEL/SIPA

Vie scolaire

On ne saurait trop le répéter : depuis Jules Ferry, l'école a beaucoup changé.

Jadis, quand le professeur punissait un élève, le père doublait la mise. Aujourd'hui, il vient casser la gueule au professeur.

***

En France, la bataille entre disciplines porte sur le nombre d'heures attribué à chacune. Mais jamais sur la capacité de l'élève à encaisser ces heures de cours. Essayez donc vous-même d'étudier dans une matinée une heure de littérature, une heure de mathématiques, une heure d'histoire, avec en intermède un jogging sudatoire dans les rues de la ville : démentiel.

***

Contrairement à ce que l'on croit, mieux vaudrait faire chaque semaine une heure de cours particulier à 25 élèves pris séparément qu'un cours général de 25 heures à 25 élèves pris en bloc : le rendement serait bien supérieur. L'école actuelle est un moteur à rendement ridiculement faible.

***

On ferait déjà un grand pas en avant si l'on admettait qu'un cerveau adulte ne saurait se concentrer sérieusement plus de deux heures par jour. Et si l'on voulait bien convenir que la capacité de concentration d'un enfant est inférieure de moitié à celle de l'adulte.

Rythmes scolaires

Il a fallu un quart d'heure à Xavier Darcos, ministre de l'Education nationale sous Sarkozy, pour supprimer une demi-journée de classe hebdomadaire dans le primaire.

Aujourd'hui, selon les experts, il faudra au moins deux ans pour la rétablir.

Sans parler des syndicats, qui estiment que c'est impossible.

***

D'ailleurs, Vincent Peillon en a fait l'expérience. Il ne lui a fallu qu'un quart d'heure pour étendre à deux semaines les vacances de la Toussaint.

Mais rien ne dit que, dans deux ans, il aura réussi à rétablir la fameuse demi-journée. Expliquer ce mystère en dirait long sur la réalité de l'école d'aujourd'hui et sur le rôle des divers lobbies.

***

En France, plus que partout ailleurs, l'école relève du sacré. Mais en France, plus que partout ailleurs, ce sont les hôteliers qui y font la loi.

Notations

Hier, la République a donné aux Français l'école pour tous. Aujourd'hui, la démocratie réclame de bonnes notes pour chacun.

***

Ici, deux doctrines pédagogiques s'affrontent. Les uns sont pour accorder de bonnes notes à tous les élèves. Les autres pensent qu'il vaudrait mieux supprimer les notes. Et, moi, je pense qu'il serait préférable de supprimer les pédagogues.

Violence

L'essence de l'éducation est de bannir la violence et les rapports de force au profit de la raison et du savoir. Dans une bataille rangée avec ses élèves, le professeur aura nécessairement le dessous.

Faute de pouvoir bannir la violence, on réclame donc la diminution du nombre d'élèves par classe. C'est la politique du moindre mal. Allez, les profs !

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Le problème ne sera résolu à la longue que par le rétablissement de l'égalité entre maîtres et élèves : un prof, un élève. C'est le système du préceptorat, qui avait la préférence de Rousseau, ce grand démocrate, ce génial pédagogue.

Sélection scolaire

La plupart des Français sont hostiles à la sélection. Mais la plupart des Français poussent leurs enfants dans des filières sélectives.

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Devant ces difficultés, les uns voudraient supprimer radicalement toute sélection. Les autres, plus habiles, réclament le droit de tous à être sélectionnés.

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Un grand ministre de l'Education, Jean-Pierre Chevènement, avait décidé qu'il fallait mettre 80 % des élèves au niveau du baccalauréat. Faute d'y parvenir, on a mis le baccalauréat au niveau de 80 % des élèves.

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La plupart des dirigeants de la gauche défendent ardemment l'école publique. Mais, chaque fois qu'ils en ont les moyens, ils placent leurs enfants dans le privé.

***

Les préparations aux grandes écoles, bénéficiant d'une sélection intellectuelle et aussi sociale, sont, après le bac, le système qui donne les meilleurs résultats. De bons esprits, férus d'égalité, en concluent qu'il faut supprimer les prépas.

Sélection sociale

La culture générale, de l'avis du monde entier, est le dernier fleuron de l'esprit français. Mais, comme les jeunes bourgeois y ont de meilleurs résultats que les jeunes prolos, on a décidé de supprimer la culture générale de quelques-uns de nos concours.

***

A l'autre bout du spectre, il en va de même pour l'orthographe, elle aussi très discriminatoire. Désormais, on n'enseignera plus que les disciplines où les élèves ont le même niveau de départ. Et qu'importe le niveau d'arrivée !

***

Dans le même esprit de respect pour l'égalité, il est prévu de supprimer le travail à la maison, et les devoirs, de crainte que les privilégiés n'en profitent pour accroître leur avance. Mieux vaut une bienheureuse ignorance pour tous qu'un progrès inégal vers le savoir.

Parents d'élèves

En matière de pédagogie, l'existence des parents d'élèves est un obstacle insurmontable. Du reste, l'affaissement du système scolaire français est concomitant avec la montée des parents dans ce système, ou plutôt de leurs associations. Kant voyait en eux, avec l'Etat, l'un des deux ennemis de tout enseignement.

***

Pourquoi ? Parce que l'acte éducatif repose sur le colloque singulier entre le maître et le disciple. L'intervention d'une tierce personne détruit ce lien de confiance et de communication. Voire de communion. Il faudrait donc supprimer les parents d'élèves. C'est malheureusement impossible, la France ayant évolué récemment de la démocratie à la parentocratie.

***

Parents, au moins, ne harcelez pas vos enfants. C'est saint Paul en personne qui vous le recommande : «Pères, n'agacez pas vos enfants» (Ephésiens, 6,4). Surtout ne leur demandez jamais ce qu'ils ont fait à l'école. Après tout, ils ont droit à une vie personnelle. Vous êtes leurs parents chéris, pas leurs commissaires politiques.

Pour que l'école soit chère aux élèves, il faut qu'elle redevienne pour les enfants une parenthèse de liberté et d'épanouissement, à l'écart de l'enfer parental.

***

Si l'école, telle qu'elle est aujourd'hui, n'existait pas, on ne l'inventerait plus, c'est une certitude.

Oui, mais qui garderait les enfants ?

Fonction sociale de l'école

L'école a une fonction patente d'éducation et une fonction latente de régulation de l'ordre social. Sa montée n'est pas seulement concomitante du système industriel ; elle a accompagné l'affirmation d'un âge de la vie que l'Antiquité et le Moyen Age n'ont guère connu : l'adolescence. Ce n'est pas pour rien que l'inventeur de l'adolescence est aussi un théoricien de la pédagogie : Jean-Jacques Rousseau, bien sûr.

***

Dès que l'adolescence, ce sas entre l'enfance et l'âge adulte, s'est affirmée, la question s'est posée : que faire des adolescents ? Aujourd'hui, on se passerait plus facilement de l'école comme système d'éducation que de l'école comme système d'encadrement des «jeunes».

***

Car les jeunes n'ont pas de place définie dans la société moderne. C'est pourquoi ils sont perçus comme un facteur de désordre, et même comme une menace, dès lors qu'ils sont organisés en cohortes autonomes. Je renvoie ici au remarquable Journal de la guerre au cochon (1964) d'Adolfo Bioy Casares, l'ami de Borges.

***

Car la société industrielle moderne est organisée selon des normes très contraignantes, auxquelles nul n'est censé échapper : les jeunes à l'école, les adultes aux champs, à l'usine ou au bureau, les vieillards à l'asile. Au regard des sociétés traditionnelles, fondées sur la cohabitation des divers âges de la vie, tout est calculé pour que les trois cohortes ne se rencontrent jamais, sauf aux fêtes de Noël et aux enterrements. Voyez la conception des appartements «modernes», qui rend impossible la coexistence des trois générations.

***

Dans la société industrielle, le pouvoir appartient exclusivement aux adultes. Les enfants sont livrés à eux-mêmes, et les vieillards sont jetés au rebut. Voilà pourquoi il y a tant de désespoir dans une société qui est matériellement la plus prospère qu'ait connue l'humanité. Il est probable que les sociétés postindustrielles aboliront cet apartheid des générations.

Avenir de l'école

A long terme, elle n'en a pas. Ne demeureront sans doute dans l'avenir que des lieux d'apprentissage de la lecture pour les petits, ainsi que des institutions spécialisées d'enseignement supérieur et de recherche.

Comme les grands reptiles de l'ère secondaire, elle périra de son gigantisme. L'enseignement secondaire, le bien nommé, est en train de disparaître sous nos yeux aveuglés : soit que la société le renie (la culture générale), soit qu'elle y pourvoit autrement (Internet), soit qu'elle lui assigne des tâches impossibles (le remplacement de l'autorité parentale ; l'établissement de l'égalité dans une société inégalitaire).

***

L'expansion indéfinie du système scolaire fait penser à ces municipalités qui, il y a un demi-siècle, multipliaient les bains-douches municipaux alors que tous les logements construits comportaient une salle de bains. Ou qui, aujourd'hui, installent à grands frais des médiathèques quand chacun a accès à Internet à la maison.

***

L'école avait été pensée dans une société de rareté du savoir, en tout cas de rareté des moyens d'accès à celui-ci. L'autorité du maître était en partie fondée sur son monopole. Il n'en va plus de même aujourd'hui.

***

Il en va donc de l'apprentissage des connaissances comme d'une partie croissante du travail de bureau : il se fera de plus en plus à la maison. Une fois par semaine, l'écolier aura un rendez-vous d'une heure avec son maître pour que son travail soit vérifié et qu'un programme soit fixé pour les jours à venir.

***

L'obligation scolaire que les fondateurs de la IIIe République avaient conçue comme une émancipation de l'enfant est aujourd'hui vécue par lui comme une contrainte insupportable. Il y échappe par l'absentéisme chronique ou par l'évasion mentale. Un tel système est à terme condamné. Demeurera la notion d'un service public gratuit, à la demande. Rien n'interdit d'imaginer alors le retour à des «écoles», sur le modèle du Moyen Age, ou des «lycées» sur celui de l'Antiquité, fondés sur le volontariat. 

 


Auteur : Jacques JULLIARD

Publié sur Marianne .net

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12 février 2013 2 12 /02 /février /2013 06:57

Aprés  la dérégulation économique de Droite ultra libérale  ,cause de millions de drames (chômage,pauvreté violence).La

Gauche du Marais  nous contraint à la dérégulation anthropologique...

TAUBIRA , Ministre Social Traître...

Quand les gueux se dresseront ils  : 2014 ? ...2017 ?  ou Avant ?

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11 février 2013 1 11 /02 /février /2013 18:30

 

Je vous livre la réaction d'un internaute  candidat à la marche du 24 MARS 2012.

 

 

"-La réalité du chômage

=la réalité du pouvoir d'achat

=la réalité des retraites

=la réalité de la relégation des banlieues

=la réalité de la violence faite aux femmes

=la réalité de l'accroissement de la pauvreté ...

 

C'est peanut à coté du mariage pour tous .

 

Taubira l'a dit: C'est un progrès pour l'humanité,  contre l'obscurantisme des gueux qui ignore le plaisir d'un coït d'égal à égal...

 

C'est en cela que se dessine le devenir du genre humain...

 

Finies les maladies infantiles ,abolies  les nuits blanches à  s’emmerder du biberon, du pipi, caca d'un morveu chialeur ,oubliée   "la mort subite"  .

 

Tous les  hétéros confinés  au musée de la préhistoire pour obsolescence."

 

 

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10 février 2013 7 10 /02 /février /2013 18:30

Je suis assis, pour quelque temps encore, sur un iceberg à la dérive et, dans le déroulé de mes activités professionnelles  sous contrôle administratif permanent ,  je ne pouvais imaginer  l'importance de l'enfouissement de sa masse cachée . La lettre de Madame EPSTEIN est l'instrument de mesure qui  m'a permis de sonder sa densité  et d'évaluer sa nocivité ; source indicible  ( enfin débusquée)  des souffrances professionnelles perçues chez  certains de mes collègues . Je vous invite donc tous à la lire et à la faire lire, amis lecteurs de la courdesbraves.

 

C'est  un coup de gueule  à une hierarchie sourde et aveugle.

 

 

" Auteur Danièle EPSTEIN

 

 

Ayant décidé de mettre un terme à mes activités cliniques à la PJJ avant même que les banlieues ne s’embrasent, j’en évoquerai ici les principaux motifs. De ma place de psychologue dans cette institution, au plus près d’entendre la question informulée que portent ces adolescents sur la scène du social,

j’adresse ce témoignage

Aux instances politiques

Aux administrateurs qui les relaient dans leur décision

Aux équipes pluridisciplinaires

Aux magistrats

Des orientations de la Protection Judiciaire de la Jeunesse, Une clinique dans le cadre judiciaire : un enjeu vital

Les explosions urbaines de Novembre ont fait la toile de fond de cette Lettre Ouverte, elle n’en ont pas été le déclencheur. En venant happer les adolescents les plus déstructurés, ceux que les cliniciens et les éducateurs à la Protection Judiciaire de la Jeunesse entendent au fil des accidents de leur parcours, l’embrasement de masse ne fit que mettre la loupe sur la nécessité de singulariser les problématiques, pour que chacun de ces adolescents « en éclats » se repère dans sa propre vie, et s’arrime dans un monde de mémoire et de langage.

Là où la désintégration des liens livre ces adolescents à l’emprise des identifications de masse, là où les conduites à risques sont d’autant plus massives que ces adolescents sont en miettes, là où ils errent dans la confusion de leurs repères, notre visée clinique est de permettre que s’inscrivent les repères subjectifs nécessaires à leur devenir.

Au quotidien de notre travail d’équipe, nous avançons, nous reculons, nous piétinons … jusqu’au jour où, au hasard d’une rencontre, d’un événement, ils sont en mesure de s’en saisir, et trouvent le passage, dès lors rendu possible.

Aussi, loin de remettre en cause le patient travail d’équipe avec chacune de ces familles, la flambée de rage n’a fait que rappeler la nécessaire dimension clinique des prises en charge éducatives, dimension aujourd’hui mise à mal par les orientations de la PJJ.

Ma décision, antérieure à ces émeutes, de mettre un point d’arrêt à mes activités à la PJJ relève d’un acte de refus, refus de participer d’une mise à mort de la clinique, qui se met en place, subrepticement. Ce choix intervient après m’être impliquée, des décennies durant, au sein d’équipes de Milieu Ouvert, dans un travail soutenu par la réflexion, la transmission, la publication*, sur le sens structurant d’une possible articulation de la clinique et du judiciaire.

C’est cette dimension symbolique qui est aujourd’hui gravement compromise, devant l’introduction de dispositions administratives et judiciaires toujours plus déresponsabilisantes. Aux nouvelles méthodes de gestion publique qui visent la normalisation des pratiques, et aux remaniements de l’ordonnance de 45, qui orientent les nouvelles missions de la PJJ en transformant les éducateurs en contrôleurs, s’ajoutent les normes de prises en charge, et le « turn over » des mesures, qui limitent gravement la possibilité de participer d’une élaboration psychique.

Les choix budgétaires confirment cette orientation qui, en se concentrant sur la mise en place des lieux d’enfermement, suppriment des postes de psychologues, déjà très insuffisants, déstabilisant ainsi les équipes de Milieu Ouvert et le sens de leur travail, dans leur approche de problématiques au parcours chaotique.

Cette Lettre Ouverte a donc pour objet de dénoncer l’impasse d’une « pédagogie » qui vise à redresser le comportement, en faisant l’économie du travail d’élaboration psychique et de sa subjectivation.

Une révolte sans appel ?

Qui sont-ils, ces « justiciables » qu’on appelle aujourd’hui, paradoxalement « usagers » ? Ce sont les « sauvageons », la « racaille », les français « de souche » qui ont mal tourné, les enfants de l’exil, et leurs parents à tous. Tous ceux qui ont eu à se débattre contre l’adversité et qui ont coulé. Ceux dont tout le monde parle, mais à qui on n’a jamais parlé, ceux qui nous font changer de trottoir lorsqu’on les croise, ceux qui s’enferment dans le repli de leur ghetto psychique, et qui n’existent aux yeux de la société qu’au travers de leur dangerosité.

A la Une des médias, ils ont joui d’exister enfin aux yeux du monde entier. Ils ont rencontré, le temps d’une éclipse, leur fantasme de toute-puissance, puis ils se sont perdus dans la jouissance. Ils se sont « éclatés », ont volé en éclats à battre les records d’Interville des plus belles flambées, comptabilisés au grand jour, au jour le jour.

Leur révolte est à corps perdu, sans appel, sans accès à l’appel, en-deça de l’appel. Qui appeler dans un monde qui n’a ni queue ni tête, ni passé, ni futur, un monde de l’immédiateté, un monde bouché?

Faire advenir la dimension de l’appel, c’est se faire le destinataire d’une missive restée « en souffrance », une missive qui n’a pu faire message, parce qu’elle n’a encore ni auteur, ni lecteur. Les psychologues, au sein de leurs équipes, dans leur reconnaissance d’une histoire familiale qui traverse les générations, mettent au travail une mémoire oubliée et participent de l’écriture de cette lettre en instance.

Prendre la mesure des dégâts subjectifs

Le temps est passé d’épiloguer sur l’étincelle qui a mis le feu aux poudres, mais l’heure est plus que jamais venue, de penser ces émeutes comme symptôme social d’un ratage en profondeur qui nous traverse tous, car l’intégration est une partie qui se joue à plusieurs. De sa réussite ou de son échec, nous sommes aussi comptables..

Liberté, Egalité, Fraternité, la devise ne porte plus ses promesses. De même que la liberté devenue celle du self-service et du « chacun pour soi » rend obsolète l’idée de fraternité, l’égalité des chances, au principe-même de nos valeurs républicaines, est une donnée peu crédible, au regard des inégalités patentes engendrées par la « fracture sociale ».

Si la rage incendiaire, aveugle et sourde, a témoigné des ravages psychiques d’une politique, elle aussi, aveugle et sourde aux impasses de vie, les flambées de haine, dans leur effet de contagion, aussi inqualifiables et contre-productives furent-elles, ont permis cependant de mettre le projecteur sur la paupérisation croissante, la spirale des discriminations, et l’état de déréliction de ces quartiers de relégation.

Mais on préféra fermer les yeux, laisser-pourrir ces lieux de bannissement (étymologie de la ban-lieue), fuir en avant, sans prendre la mesure des dégâts subjectifs, sans prendre la mesure du délabrement psychique.

Jusqu’à la déroute. Jusqu’au ras-de-marée . Jusqu’à ce que, aspirés par une spirale de jouissance destructrice, la déferlante de haine ne les embrase et qu’ils n’embrasent la Cité, engloutis dans leur maëlstrom de violence. Imperméables et inaccessibles.

Funambules de l’entre-deux cultures

Enfants de l’exil pour beaucoup, ils ont traversé leur vie sur fond de disqualification de leurs parents, charriés par le flux migratoire, sacrifiés du système, humiliés, aussi peinent-ils à s’inscrire dans un pays d’accueil qui exclut leurs parents.

Dans un monde qui ne fait ni lien, ni lieu pour eux, ils sont devenus funambules de l’entre-deux cultures, errant dans l’impasse de leur passé et de leur devenir. Ils s’arrachent d’une double référence pour n’en trahir aucune, à moins qu’ils n’y collent jusqu’à la caricature.

Dans un no-man’s-land, perdus dans leur exil intérieur, ils chutent dans le vide de leurs repères, et marquent leur territoire d’une traînée de poudre, trace de leur existence, à la mesure de leur vécu d’inexistence.

Témoins impuissants de l’écrasement, puis de l’effacement de pères réduits à l’ombre d’eux-mêmes, ils portent la honte des pères, et s’en arrachent violemment. Dans le sillage d’une génération endeuillée de ses espérances déçues et de ses attaches rompues, les enfants deviennent acteur d’un refoulé, qui fait retour explosif sur la scène du social. Les fils -aussi insoumis que leurs pères furent soumis- butent sur la loi qui règle la jouissance.

Effet d’une non-reconnaissance symbolique à l’œuvre depuis plusieurs générations, la désintégration du lien familial et social produit la dé-liaison psychique, qui laisse la voie libre au déchaînement des pulsions. Le choc du passage adolescent est d’autant plus vif, que l’étayage narcissique est en souffrance.

Aussi, considérer l’émeute urbaine à partir de sa seule expression de meute, laisse ces enfants de la violence et de l’exil, en carafe, aux prises avec un sol qui se dérobe, et sous l’emprise de blessures muettes et de traumas oubliés, qui s’accumulent au fil des générations.

Plus que portes-paroles, ils sont les portes-cris

A côté de la misère économique, sociale et culturelle, la prise en charge individuelle de ces adolescents nous confronte à leur misère psychique.

La fonction paternelle mise à mal, ils sont en éclats et s’éclatent d’une étincelle, dans une jouissance hors-bord, livrés, sans défense, à la frénésie tyrannique de l’instant. Ils fixent leur Etre dans l’immédiateté de leur corps et vibrent à l’épreuve d’une sensation forte, pour se sentir vivant.

Plus que portes-paroles, ils sont les portes-cris d’une présence au monde sans fondation et sans horizon.

A défaut de paroles, ils sont pris au piège immédiat de ce qui les persécute. Sans écart, sans marge de manœuvre, ils sont en bout de chaîne, derniers maillons d’une chaîne de dommages psychiques et physiques , qui s’écrivent à corps brut. La rage au corps, ils ne trouvent à décharger leurs tensions, qu’en « pétant les plombs » .

Des trous de la transmission aux ratages de la symbolisation

Ils incendient, sans distinction les outils de leur émancipation, devenus instruments de leur persécution : centres culturels, de loisirs, gymnases, locaux associatifs, crèches, bus, école. Les dispositifs à inclure sont rejetés en bloc comme machines à exclure.

Sans projets et sans passé, suspendus au-dessus de l’abîme, les trous de la transmission les empêchent de se saisir des dispositifs d’intégration, pour les vivre comme instruments de leur oppression, rappel de l’oppression dont les pères firent les frais.

A l’idéologie de la lutte des classes qui soutenait la lecture de l’autre génération, se substitue une ligne de partition qui se rétracte sur l’Origine, pleine et massive, exclusive, exclusive de l’autre, excluante. Hommage rendu aux pères, qui n’en demandaient pas tant !

Les dégâts subjectifs de ces ratages de transmission vont donner lieu à des ratages de la symbolisation. A l’échec des apprentissages précoces (lire, compter, écrire) va s’enchaîner le refus scolaire, puis la dépression, dont la forme infantile d’agitation anxieuse ne sera pas repérée comme souffrance psychique, mais comme « hyperactivité » à neutraliser. Jusqu’à ce que le symptôme d’une souffrance inentendue, ravalée à des troubles du comportement, devienne ingérable dans les institutions, et mène à l’exclusion.

Du ratage à la rage, l’autre face d’une dépression enkystée

Ce qui n’a pu se symboliser de la chute du Père, fait retour dans le réel, le réel de la violence.

Leur violence destructrice et suicidaire, est l’autre face d’une dépression enkystée, à laquelle ils n’ont plus accès. La haine les soutient pour ne pas s’effondrer. Parce qu’ils croient n’avoir rien à perdre, ils espèrent gagner autrement, sans savoir qu’en brûlant leurs cartouches, c’est leur vie qu’ils brûlent.

Ca flambe au dehors, mais la flambée est interne. La langue échoue à faire écart entre flambée pulsionnelle et passages-à-l’acte incendiaires. Elle échoue à pacifier les pulsions, à mordre sur la jouissance.

A l’enfermement dans la Cité, à l’enfermement culturel, social, répond l’enfermement psychique. De ne pas disposer des mots de leur souffrance, ils hurlent leur rage, la rage de vivre, sous sa forme haineuse, dans un paysage psychique où le Tiers pacifiant s’est absenté. Dans une quête identitaire sans issue, l’autre devient celui qu’il faut effacer pour respirer, détruire, pour ne pas être détruit.

Du « gré à gré », dont ils ne savent user, ils abusent « de gré ou de force », du passage en force pour ne pas s’effondrer ?

Prisonniers d’une rivalité imaginaire et mortifère, du tumulte des éprouvés, ils ne peuvent en passer par l’épreuve des mots pour le dire, ils restent ligotés dans la langue du corps, la langue de l’obscène. La langue leur colle à la peau, qui tourne à vide, en vase clos.

Se faire passeurs pour des « jeunes » en impasse

S’ils échappent aux institutions, ils échappent aux parents, ils s’échappent d’eux-mêmes, et hors-d’eux, ils agissent un drame sans parole qui reste à articuler.

La Protection Judiciaire de la Jeunesse qui prend en charge des mineurs aussi déstructurés que le monde qui les porte, cette institution de bout de chaîne serait-elle à bout de souffle, de n’avoir à proposer que de dresser des murs pour enfants à dresser ?

Devant le caractère massif et spectaculaire de ces troubles, la tentation est pourtant grande d’entériner le constat d’échec, et de répondre à la pression de la violence, par la violence de la seule ré-pression.

Les éducateurs et cliniciens à la PJJ, au vif de ce point de bascule et de rupture, à la limite du point de non-retour, sont en place d’atteindre ces adolescents qui ne se laissent pas atteindre, en place de faire lien, là où ils le détruisent. Ils sont en place de se faire passeurs pour ces jeunes en impasse.

Là où « ça » les déborde, « ça » qui s’expulse en violence, il s’agit de faire bord. Non par des murs de prison, mais faire bord symbolique, dans la relance d’une transmission gelée. D’en passer par l’histoire singulière qui traverse parents et enfants, liés ou déliés par un silence de plomb, de donner sens et valeur à une histoire démantelée.

Peut-être alors, l’impensable en passera par le représentable pour faire Lieu psychique, pour faire assise symbolique.

Leurs droits, leur dû, leur dette

Ils portent la misère des pères, ils s’en détachent, ils s’en arrachent, ils redoublent la violence faite au père, en faisant effraction, en brisant leur mirage d’une inscription sans tache : « Moi, madame, depuis 30 ans que je suis en France, pas une contravention ! »

Génération sacrifiée sur l’autel d’un supermarché d’abondance, ils s’épuisent à trouver leurs marques, symboliques et fondatrices, et s’affilient au Nom-de-la Marque, se réfugient dans la Marque prête-nom, emblématique et phallique. A l’ombre de la marchandise totemisée, ils s’en prennent au Père, délégitimé par le social, déboulonné de sa fonction. Ils affichent l’Avoir pour colmater les failles de l’Etre, se grisent de faux-semblants, consomment pour ne pas se consumer, et font valoir leurs droits, et leur dû, en oubliant leur dette.

Aussi, quand un adolescent s’enfonce dans le cycle de la violence et de l’échec, il importe de le prendre en compte judiciairement, mais aussi psychiquement, lui signifier qu’il compte, qu’il est comptable de ses actes, mais aussi qu’il a des comptes à rendre, qu’il y est pour quelque chose quant à la place de sa responsabilité dans son « destin ».

Ils n’ont pas de demande, dit-on. Pourtant, ils ne sont pas sans lancer un appel, appel à ne pas être laissé pour compte. Aussi, la prise en compte judiciaire des mineurs doit avoir pour fonction de s’emparer d’un appel qui s’ignore, celui d’être reconnu, compté, nommé.

Le juge, agent d’une rencontre qui, sans lui, n’aurait jamais eu lieu

S’ils ont à répondre de leur acte devant un Juge, au nom de la loi, le psychologue dans le cadre de la Justice, est celui qui les amène à répondre de leur position de Sujet de leur acte, au nom de la Loi symbolique et de l’interdit fondamental d’où se constitue tout Sujet.

C’est à ce carrefour clinique du judiciaire qu’ils peuvent se découvrir vivants, autrement que dans la vibration immédiate de leur corps, mais vivant de s’étayer sur un passé à construire.

Le juge est alors non seulement représentant de la loi, mais prend aussi sa dimension symbolique d’être agent d’une rencontre clinique qui sans lui n’aurait jamais eu lieu.

La sanction ne peut trouver sa portée structurante, qu’à s’appuyer sur ce point nodal du dispositif propre à la Protection Judiciaire de la Jeunesse, qui ouvre à la parole et à la mémoire revisitée, au sein d’une procédure judiciaire qui l’exclut.

Le magistrat, en donnant cette possibilité à celui qui a violé la loi, de s’engager dans cet acte de parole, l’introduit à la Loi humaine, la Loi du langage.

L’acte clinique, relance d’un processus de pensée qui s’est gelé

Dans le cadre de la procédure judiciaire, l’acte clinique est un temps de scansion qui doit donner lieu à la construction d’une demande, pour que le réel de la violence s’articule en réalité psychique.

Le psychologue à la PJJ, dans sa position d’analyste, offre à celui qui, sans le juge n’aurait jamais consulté, la possibilité de rencontrer sur son parcours un autre qui écoute ce qui n’a pas encore pris mot pour se dire. Il mobilise en ces adolescents ce qui se parle en eux, sans eux. En eux, dans le réel de leur corps, faute de n’avoir pu en passer par le défilé de la parole. Là où l’angoisse les saisit par le corps pour passer-à-l’acte, la mise au travail psychique est un enjeu vital, pour qu’ils se reconnaissent et renaissent d’une histoire bousculée, d’une histoire refoulée,

Le psychologue se fait l’Autre d’une lame de fond adolescente, pour qu’elle s’arrime aux coordonnées, aux cordes d’une histoire, dont la trace est effacée.

Si la fonction clinique au sein de l’institution judiciaire se justifie d’être inscrite dans une procédure, l’enjeu clinique implique d’y prendre appui pour s’en dégager, faire appel d’air, faire coupure. A cet effet, le clinicien doit se dé-placer par rapport à la demande du juge, pour soutenir un écart qui garantisse son acte.

Faire d’un événement judiciaire, un avènement de parole

Répondre judiciairement à l’acte, systématiquement, mécaniquement, répétitivement , -« à chaque acte, une réponse (pénale)»- dans le court-circuit de la causalité psychique, sont les dernières consignes, qui réduisent le psychologue à la fonction « d’enquêteur de personnalité » du Juge dans un cadre investigateur.

Cependant, si la visée première est de répondre à la demande du juge, on passe à côté de l’essentiel, de ce qui fait l’essence d’une souffrance impensée, qui s’est bétonnée.

Aider à la décision du magistrat, certes, mais de surcroît, dans un après-coup de l’acte clinique qui fait d’un événement judiciaire, un avènement de parole.

Alors seulement, la réponse judiciaire à des actes in-sensés aura quelque chance de s’inscrire subjectivement, pour prendre sa portée signifiante.

Ne pas céder sur l’Ethique du Sujet

Là où l’Ordonnance de 45 interrogeait la réalité des faits à la lumière de la réalité psychique, les derniers remaniements en détournent l’esprit en la recentrant sur un objectif de « mise au pas », qui vient empêcher de « prendre pied », de s’enraciner dans un monde habité de liens, de mémoire et de projets.

S’il a toujours fallu se battre pour faire entendre la dimension vitale d’une clinique dans le cadre judiciaire, qui se fonde d’être là pour un jeune et par le juge, cette fonction se fait plus que jamais incompatible avec les exigences administratives et judiciaires.

Car soutenir la dimension de la clinique dans le cadre judiciaire, c’est avant tout, ne pas céder sur l’éthique du Sujet qui fonde notre Acte. C’est élever le délit à sa dimension de question, faire surgir du cœur de l’acte anti-social, un conflit qui n’a pu advenir, un conflit à (faire)venir. C’est mettre en place des repères, pour que se mette en sens ce qui s’est agi , afin que ces adolescents retrouvent le désir de s’inscrire dans une réalité sociale vivante et vivable, une réalité qui donne envie de vivre.

Qu’en est-il aujourd’hui ?

Comment soutenir un acte clinique, quand les normes en vigueur ne laissent pour choix que l’abattage ou le saupoudrage ?

Ainsi, avec mon départ, et la disparition annoncée de mon poste -mais une bonne surprise est toujours possible- la psychologue restant seule sera concernée directement par 200 mineurs plus ou moins à la dérive, et aura à travailler avec les 8 éducateurs qui en assurent le suivi. Il faut gérer la pénurie !

Alors que l’établissement d’un lien de confiance est le support de toute dynamique relationnelle, comment les cliniciens soutiendront-ils leur acte de défrichage, de déchiffrage et de mise en sens d’un agir hors-sens, quand il s’agit d’appliquer des mesures répressives de « contrôle judiciaire » et de « sursis mise à l’épreuve », avec menace de prison à la clé ?

Quelle marge de manœuvre devant un mode de gestion centralisé de la délinquance, qui introduit ses techniques de normalisation, ses référentiels de mesures, avec fiches techniques, questionnaires directifs, procédures obligatoires , et « recommandations de bonnes pratiques professionnelles », dans le déni de la singularité et de la subjectivité, dans le déni de l’inventivité de chacun?

Où trouver les ressorts du lien vivant et moteur de la relation, qu’on appelle transfert, quand la volonté d’uniformiser les pratiques révèle le fantasme d’en finir avec le singulier, au profit d’un mode de prise en charge débarrassé de ses scories affectives.

La prise en charge contractualisée par un document établissant les objectifs et les moyens de les atteindre, sur un mode comportementaliste, permettra ainsi d’évaluer les résultats d’une rencontre stérilisée, et donc stérile, une rencontre vidée de sa résonnance psychique, qui ne s’interroge plus mais programme.

La boucle se boucle enfin sur une logique performante, avec la LOLF, loi organique relative aux lois des finances, qui indexe les budgets sur des objectifs de performance, dont les critères sont définis par les Administrations Centrales.

Une stérilisation de la rencontre

Illustration scientiste de ce déni de la causalité psychique, un récent rapport de l’INSERM préconise de dépister, dès 36 mois, les enfants présentant des troubles de conduite, pour les soumettre à des protocoles comportementalistes, avant de les ficher comme futurs délinquants. Beaux jours en perspective pour la justice des mineurs…

Programmer, dresser, conditionner, normaliser, mesurer, quantifier, évaluer… autant de noms de cette entreprise déshumanisante, qui réduit l’homme à ses comportements.

C’est donc avec regrets, après un long parcours d’investissement au sein d’une équipe, de transmission et d’élaborations* de ma clinique, que j’ai pris la décision de ne plus participer de ce projet réducteur, qui porte atteinte au devenir de ceux qui nous sont confiés.

 

A Paris, Novembre 2005...

 

 

... Huit ans de cachoteries, pourquoi  ?

 

 

 

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Published by L'archipélien - dans éducation
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  • Le monde est dangereux non pas à cause de ceux qui font le mal, mais à cause de ceux qui regardent et laissent faire” Einstein.
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