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7 juin 2013 5 07 /06 /juin /2013 18:54

Rebelle ! ou la jeunesse guadeloupéenne en lutte

Le 17 avril dernier, tombait le verdict du procès contre deux membres du journal guadeloupéen Rebelle !, Raphaël Cécé et Sony Laguerre : condamnés respectivement à 5 et 8 mois de prison avec sursis, et 8000 euros de dommages et intérêts pour Sony. Ce procès n’était qu’une étape de plus dans le harcèlement d’État qui vise à éliminer le groupe contestataire Rebelle !.

Mais Rebelle ! c’est quoi ?

« Des extrémistes !» vous répondront sûrement en chœur préfecture, rectorat, police avec celles et ceux dont les articles, les débats, et les mobilisations de Rebelle ! perturbent les manœuvres pour contrôler et écraser la jeunesse guadeloupéenne.
Harcèlement sexuel dans les collèges et les lycées, exclusions abusives, hygiène des établissements, mise au pas patronale du système éducatif, précarité des jeunes travailleurs, politiques de prévention et de contraception désastreuses et hors la loi, politique internationale, Rebelle ! attaque large et n’est pas prêt de se taire.
Et de fait depuis leurs débuts en 2008, ses membres et ses soutiens font face à l’arsenal répressif de l’État colonial français. Le même qui touche bon nombre d’autres militants guadeloupéens notamment des syndicalistes à l’heure actuelle : pressions judiciaires, violences, tentatives d’intimidations, prélèvements ADN, procès.

Dans cette interview on vous propose de retrouver Sony, Raphaël, Sidjie et René pour nous  présenter ce qui est devenu bien plus qu’un journal mais la jeunesse de Guadeloupe en mouvement,  révoltée et déterminée. (En Audio ici)

Cases Rebelles : Comment et quand le journal Rebelle ! a-t-il été créé ? Combien de personnes y participent ? Comment fonctionnez-vous pour la rédaction, les décisions ? Et combien d’exemplaires vendez-vous?

Raphaël : Le journal a été créé en septembre 2008 à l’initiative de militants de Combat Ouvrier et suite aussi au mouvement du CPE, des jeunes qui avaient participé au mouvement du CPE. Depuis septembre 2008, c’est un journal contestataire qui est écrit par des lycéens, des étudiants et les jeunes travailleurs et qui parle des problèmes des jeunes en Guadeloupe, à la fois dans les établissements, dans le monde du travail et plus aussi des sujets plus internationaux. Il sort tous les mois, on le vend 0,30€, et tous les mois on vend plus d’un millier d’exemplaires et actuellement beaucoup plus, 2000 exemplaires. Dès le début on a fait face à la répression des autorités, qui voient vraiment d’un mauvais œil la liberté d’expression des jeunes, d’autant plus pour contester la société et donc dénoncer tous les manquements surtout aux Antilles et on va dire dans les anciennes colonies de la France. Et donc ce qui nous arrive maintenant ce n’est que la suite d’un long processus de répression et d’intimidation sur le journal et autour sur les lecteurs et les membres même du journal Rebelle ! pour faire taire la jeunesse.

Sony : C’est vrai qu’à partir de l’année 2011 on a été obligé-e-s de se transformer en une organisation qui se bat en fait pour la liberté d’expression et pour son droit à exister. On dénonce plusieurs problèmes qui viennent directement de ce que nous racontent les jeunes travailleurs, les lycéens, les étudiants. Par exemple, on dénonce l’état de la restauration scolaire ici dans les lycées en Guadeloupe et pas seulement, dans les universités aussi, où ils sont pas capables de gérer ça correctement. On dénonce aussi l’état des bâtiments ici qui ne sont pas aux normes sismiques, des blocs de béton tombent sans même qu’il y ait un séisme alors qu’on est dans une zone à forte sismicité. Il y a aussi les violences physiques, verbales, les abus de pouvoir que subissent les jeunes en général dans les lycées. Ça part d’abus de pouvoir, d’intimidations, d’arbitraires souvent de la part des chefs, quasiment tout le temps des chefs d’établissement. Et au niveau aussi de la contraception pour les jeunes : absence totale de distributeurs de préservatifs dans les lycées par exemple alors qu’il y a un taux de sida très élevé ici. On dénonce aussi le harcèlement sexuel que subissent les jeunes filles et maintenant même les garçons au niveau des établissements scolaires, qui est un problème assez grave, et que personne ne semble prendre en compte mis à part les jeunes du journal Rebelle !. Et nous on dit que cette situation ne peut plus durer, et c’est pour ça en réalité, c’est parce qu’on dénonce tous ces problèmes que les autorités notamment la préfecture, le rectorat, ont décidé que notre journal il fallait qu’il disparaisse. Et pour ça qu’aujourd’hui on est devenus une organisation pour défendre notre droit à la liberté d’expression…

Raphaël : Plus un gros problème, c’est le taux de chômage ici chez les jeunes qui est de 60 %, semblable au taux de chômage à la Réunion, en Martinique au niveau de la jeunesse. Et tout ceci amène justement la précarité chez les jeunes et des situations extrêmement graves. Et on se retrouve aussi dans une situation, par rapport à ce que Sony dénonçait, dans laquelle l’État français, pour ne pas mettre en place des dispositifs et dépenser de l’argent pour résoudre ces problèmes, préfère laisser les choses s’empirer. Pour ça, il doit s’appuyer sur des petits chefs locaux, notamment les chefs du rectorat mais aussi des proviseurs dans les établissements, etc., pour dompter les élèves et leur faire comprendre qu’ils n’auront jamais raison face à l’autorité, et même user de moyens illégaux pour faire pression sur les élèves. Donc c’est comme ça que depuis des années il y a eu des petits dictateurs dans les établissements qui décident de tout ce qu’ils veulent faire enfin ils n’ont aucun souci avec ça… Décider de mettre une amende de 750 euros à des élèves parce qu’ils sont absents, il empochent l’argent ; plus tout ce qu’ils couvrent au niveau du harcèlement sexuel et ce qui se déroule dans les établissements. Et donc nous on arrive dans cette situation où justement on commence à rapprocher de plus en plus de jeunes qui souhaitent dénoncer ces problèmes, et notamment les victimes déjà. Et naturellement en face ils font tout pour cogner et cogner dur pour intimider les jeunes qui se rapprochent de nous et nous faire peur parce qu’on représente une menace à la stabilité qu’ils veulent instaurer en Guadeloupe et inculquer aux jeunes de toujours se coucher, de baisser la tête face à toute cette situation qui est inadmissible vis-à-vis de la jeunesse.

En plus de tout ça au niveau de la formation professionnelle ils ferment pratiquement tous les centres de formation. Ce qu’ils réservent aux jeunes qui ont des problèmes de diplômes ou qui ont arrêté l’école, qui ont été foutus dehors de l’école je devrais plutôt dire, c’est le RSMA1 c’est-à-dire la formation professionnelle faite par les militaires et qu’ils proposent régulièrement aux jeunes, qui vraiment domptent les jeunes pour les faire s’engager. Nous dénonçons aussi ce fait-là qui est extrêmement grave où nous retrouvons dans la plupart des guerres actuelles aussi un grand nombre de jeunes domiens qui se retrouvent à faire la guerre pour l’État français, dont pas mal de victimes restent sur le carreau, sur le champ de bataille.

Sony : On ne reste pas cantonnés à la Guadeloupe parce qu’on sait bien que le problème est mondial et que c’est tout un système qu’il faut remettre en cause, et c’est le système capitaliste qui est la cause de tous les problèmes qu’il y a dans cette société. Alors c’est vrai que nous on dénonce aussi le racisme, on dénonce le sexisme que subissent les femmes en général. On cherche vraiment à savoir les causes réelles, et inciter déjà le maximum de jeunes à en discuter, à connaître leur point de vue sur telle ou telle chose, créer un mouvement vraiment contestataire de la jeunesse pour vraiment changer ce système. Mais c’est clair qu’au niveau de la répression qui s’abat sur nous, faut savoir que dès les premières ventes c’est la police qu’on appelait pour nous alors qu’on vend un journal lycéen, étudiant, jeune, que c’est notre droit, c’est la police qu’on appelle. On nous interdit de vendre notre journal devant les lycées et c’est la répression contre les jeunes Rebelles qui s’affichent en tant que Rebelle ! alors qu’ils ont le droit avec leurs T-shirt, avec leurs pin’s dans les lycées. C’est de la répression, les intimidations contre eux, contre ces membres de Rebelle ! et c’est aussi plusieurs plaintes. J’crois qu’on est à la 11ème procédure en réalité contre notre journal. Aucune n’a donné suite jusqu’à cette mascarade qu’ils ont organisée le 18 mai où une lycéenne, son proviseur a porté plainte contre elle et on nous a convoqués devant le commissariat où en réalité c’était un réel guet-apens : les policiers nous ont cognés, matraqués… Et souvent dans ce genre de cas, ils font passer les victimes pour les coupables et ça explique le fait qu’aujourd’hui le journal Rebelle ! est devant les tribunaux.

Cases Rebelles : Comment vous vous organisez et quelles sont les activités autour du journal ?

Raphaël : L’activité principale de toute façon c’est le journal, qui nous permet de justement d’avoir des témoignages, d’avoir des discussions avec les jeunes dans les établissements et à la fac. Donc ça se fait autour des ventes, autour des réunions et en gros mis à part les activités de vente du journal on organise des débats aussi sur la fac, des débats à thèmes. Cette année on a pas mal parlé des luttes du peuple noir pour son émancipation donc à la fois la révolution, la révolution, la situation en Haïti ; le mouvement des droits civiques aux États-Unis ; et puis là la guerre du Mali aussi. Nous organisons aussi des soutiens aux grévistes et aux travailleurs en lutte parce que pour nous c’est que par ce moyen de grève que les choses vont changer. Et donc à chaque fois par exemple pendant le mouvement de 2009, la grève générale, on avait participé activement à la lutte, et dès qu’on peut aussi on va soutenir des travailleurs en lutte parce que bon les jeunes qui sont à Rebelle ! ce sont aussi de futurs travailleurs et donc il faut aussi qu’ils se lient au mouvement ouvrier. Et puis sinon nous organisons aussi des fois des journées de débats, etc., avec les jeunes, des projections aussi…. On a différentes activités. Nous avons organisé aussi des collectes après le séisme en Haïti, des collectes d’eau… sans oublier une pétition pour dénoncer les agissements et le peu de moyens que l’État français avait versés à ce moment là.
Nous avons le journal qui est contestataire, nous avons nos revendications et nous devons organiser des mobilisations face à ça. Sony a parlé des pharmacies qui ne respectent pas la loi en terme de délivrance de la pilule du lendemain, nous allons organiser des actions par rapport à ça, nous avons des revendications par rapport au transport aussi qui est extrêmement cher et qui est de toute façon même pas organisé au niveau de la Guadeloupe, et ainsi de suite.

Sony : C’est clair que Rebelle ! ça demande beaucoup d’énergie mais ça vaut le coup parce que comme on l’a dit la situation est grave.

C’est un fonctionnement démocratique, on prend les décisions ensemble, on a trois réunions par semaine et même plus. C’est un boulot de tous les jours, et c’est des jeunes volontaires, militants qui ont décidé qu’il fallait que les choses changent. Par exemple au niveau de la rédaction, tous les articles qu’on a c’est  les lycéens, c’est les étudiants qui écrivent eux-mêmes, qui nous transmettent les articles qu’ils ont, les problèmes qu’ils rencontrent au niveau de leurs lycées que ce soit au niveau des abus de pouvoir, que ce soit au niveau des contrats précaires qu’on offre aux jeunes.
Le fonctionnement est basé sur un groupe qui décide ensemble de qu’est-ce qu’on va faire par rapport à tel problème, notre position, si y a tel problème, on fait un article par rapport à la guerre par rapport au Mali, etc.  Souvent ça peut arriver qu’on soit pas d’accord, on discute, on cherche une position commune, ou il peut y avoir des articles sur le même thème, la guerre au Mali, sur pourquoi, etc.. Donc c’est un fonctionnement basé sur les discussions, sur les points de vue, et chercher réellement les causes des vrais problèmes.

Cases Rebelles : Est-ce que Rebelle ! est présent dans toute la Guadeloupe ?

Raphaël : Globalement on est plutôt mieux représentés sur l’agglomération pointoise donc Les Abymes, Pointe-à-Pitre, Baie-Mahault… On organise des ventes dans tout ce secteur-là. On a des contacts un peu partout en Guadeloupe qui de toute façon nous suivent soit par Facebook ou viennent aussi parce qu’on organise une vente un peu grand public le samedi à Pointe-à-Pitre où on rencontre des gens d’un peu des différentes communes, des lycéens et des jeunes. Et sinon on a été aussi en Martinique pour prendre des contacts et commencer à voir un peu l’état de la situation qui était la même pour les jeunes, plus ou moins la même qu’en Guadeloupe. Faudrait qu’on y retourne parce qu’on ne veut pas rester non plus cantonnés à la Guadeloupe, qu’il y ait aussi un journal contestataire et de la contestation au niveau de la jeunesse martiniquaise, guyanaise voire au niveau de la Caraïbe.
On est environ une cinquantaine à bosser autour du journal et puis on a un cercle de contacts qui fluctue dans les lycées. Pour le journal il se vend chaque mois environ 2 000 exemplaires, 1 lycéen sur 10 lit le journal Rebelle ! chaque mois et on trouve ça pas mal. Les autorités, certains profs et les gens qui pensent que les jeunes ne lisent pas, c’est faux! Parce que quand on va vendre devant les lycées, les jeunes juste avant d’entrer en cours ils lisent le journal, ils prennent un temps. Parce que c’est intéressant, ça dénonce leurs problèmes et que surtout ils voient que les choses peuvent changer. On soutient de nombreuses luttes dans les établissements, des grèves qui ont été menées, notamment – je pense que vous en avez entendu parler – la grève au lycée du Lamentin, lycée professionnel où un proviseur refusait l’accès d’entrée en cours aux élèves qui avaient des longs cheveux, et puis d’autres grèves où les lycéens ont gagné. On les a appuyés sur ça parce qu’on a encore une fois, je le redis, des petits dictateurs soutenus par le rectorat et qui font ce qu’ils veulent dans les établissements pour maintenir un climat de terreur et interdire toute forme de liberté d’expression aux jeunes.

Sony : Pour bien comprendre pourquoi on parle de rectorat, de préfecture…en réalité sur tous les problèmes qu’on dénonce on a alerté les autorités sur le fait qu’il y a tous ces problèmes dans les établissements scolaires, au niveau de la jeunesse. Mais en réalité y a pas de réponse, y a pas de retour. En revanche ce qu’on constate c’est qu’ils préfèrent user de méthodes de guérilla, des coups bas, appeler la police, des méthodes mafieuses, plutôt que de discuter avec nous. Faut savoir que le rectorat on leur a écrit 5 fois et qu’ils ne nous ont jamais répondu. Faut rappeler que la préfecture, il y avait une réunion où on a une certitude que le sous-préfet avait dit qu’il voulait se débarrasser des Rebelles , « faut qu’on se débarrasse des Rebelle ! », et c’est ça la réalité. Ils organisent tout un système de répression contre notre journal pour ne pas assumer leurs responsabilités, ce crime contre la jeunesse qu’ils organisent ici, qu’ils appuient. Ce qu’il se passe c’est que nous on a jamais été attaqués en diffamation sur ce qu’on dit dans le journal, ce qui prouve d’autant plus que c’est vrai ce qu’on raconte ; comme ils n’ont rien à nous reprocher au niveau du fond dans notre journal, ils usent d’autres manières pour pouvoir nous faire disparaître.

Raphaël : Vous avez sûrement entendu parler de l’affaire du pin’s en janvier : une lycéenne, une membre du journal Rebelle !, avait été interpellée par la police de manière assez brutale dans son établissement pendant qu’elle était en cours de maths, simplement parce qu’elle portait un pin’s Rebelle !. Et à ce moment-là le recteur s’était positionné pour protéger la proviseure et prendre partie, et mentir sur la lycéenne pour dire qu’elle n’avait pas le droit de porter ce pin’s et qu’on était liés à un groupe d’extrême gauche dangereux, extrémiste et tout. Ce monsieur finalement il a perdu parce qu’on s’est organisés, on s’est mobilisés, et la lycéenne a pu retourner en cours sans sanction. Mais c’est pour vous montrez un peu l’image de ces soi-disant haut fonctionnaires représentants de l’État qui n’hésitent pas à mentir sur la loi pour intimider les jeunes militants du journal Rebelle !. Et on a eu confirmation de ça au procès, puisque que le procureur s’est permis de nous dire que si l’État voulait se débarrasser du journal Rebelle ! il avait des moyens autrement plus expéditifs et de ne pas sous-estimer nos adversaires. Ce qui veut bien dire qu’il n’a pas honte, devant une salle d’une vingtaine de personnes dans un tribunal, de vanter les méthodes répressives extrajudiciaires de l’État français, des méthodes qui ont été utilisées en Mé 67 puis lors de différentes grèves qui ont été durement réprimées. Et nous les connaissons et… Voilà, c’est pour vous montrer un peu l’état de la situation où ils n’ont pas peur de vanter que s’il faut se débarrasser de nous ils vont trouver les moyens, on va passer par les tribunaux. C’est toujours la colonie.

Cases Rebelles : Justement est-ce qu’on peut revenir au procès, sur les circonstances, les accusations et la façon dont il s’est déroulé?

Sony : On accuse Raphaël et moi-même. On accuse Raphaël d’avoir menacé des policiers alors que c’est totalement faux, on m’accuse moi d’avoir cogné des policiers. Et on a vu comment dans un procès totalement politique, qui vise simplement à nous faire taire, des policiers assermentés mentent sur ce qui s’est passé le 18 mai, le jour du rassemblement pacifique. Un procès où des hautes instances de la police mentent et inventent des faits qui n’ont jamais eu lieu, où un procureur se permet de dire ce que Raphaël a dit, où on intimide les témoins pour qu’ils ne puissent pas parler de tout le contexte politique qu’il y a autour de Rebelle !. Et c’est comme ça qu’aujourd’hui toute une organisation de jeunes parce qu’ils ont osé parler, dénoncer ce qui se passe, eh bien on nous condamne : Raphaël à 5 mois de prison avec sursis et moi 8 mois de prison avec sursis parce que bon Rebelle !, il faut casser Rebelle !, ils ont voulu faire des exemples de nous pour intimider toute la jeunesse. Et donc moi c’est 8 mois avec sursis et 8 000 euros de dommages et intérêts soit-disant pour le policier qui pendant le procès a bien montré toute l’anomalie de son accusation.

Raphaël : De toute façon naturellement nous on a fait appel. Mais c’était vraiment…. Je raconte un peu la mascarade du procès : concernant Sony il n’y a aucun témoignage pourtant ils étaient bien 15 sur le terrain les policiers lorsqu’ils nous ont chargés. Il n’y a aucun témoignage qui affirme avoir vu Sony frapper le policier ; la victime elle-même n’affirme pas que Sony l’a frappée, elle dit juste qu’elle a vu passé Sony a côté de lui suite aux coups. Et lorsqu’on demande aux policiers de mettre au dossier, de montrer les vidéos de la caméra de surveillance installée devant le commissariat là où se seraient produits les faits, ils refusent de montrer ces vidéos. Et derrière ça le juge dit « Ah non, ok, si vous n’avez pas les vidéos, c’est pas grave » mais il condamne sans preuve, sans aucun fait. Et moi c’est pareil me concernant : il n’y a aucune preuve. Sans compter les irrégularités du procès, que les avocats seraient plus amenés à développer que nous. Donc c’est une volonté manifeste qu’ils ont d’éliminer ce journal et ceci nous renforce dans nos convictions et nous montre bien qu’on est dans le vrai, et c’est comme ça qu’on va continuer le combat jusqu’au bout, dans la répression de nombreux jeunes nous rejoignent  et c’est ce qui nous fait dire que de toute façon on va gagner, on va pas se laisser faire comme ça et on va pas les laisser nous fermer notre bouche.

Sony : Par exemple on est dimanche aujourd’hui et on est une dizaine à être là alors qu’on aurait pu aller à la plage même si il pleut… (rires). Donc voilà ça prouve que ça ne marche leur intimidation, leur pression ; ils pensent nous faire peur mais on peut leur dire qu’on n’a pas peur et qu’on ne reculera jamais, jamais on va arrêter de faire ce qu’on fait.

Raphaël : Et ils s’humilient eux-mêmes devant la population justement en utilisant des méthodes… avec cette mascarade de procès. La population,  les gens ne sont pas dupes, au bout d’un moment les gens voient bien qu’il y a un souci, que le seul souci c’est notre existence et qu’ils veulent utiliser tous les moyens pour nous éliminer. Le procureur de la République, Sony l’a dit, on a déjà envoyé des témoignages aux autorités, mais le procureur il a reçu aussi tout un dossier de témoignages sur des faits extrêmement graves qui se déroulent dans des établissements, en terme de harcèlement sexuel, de violences sexuelles… Il s’est permis de nous dire qu’il suivait nos publications et même notre page Facebook.  Donc lui aussi il se rend complice en n’instruisant pas les affaires et des enquêtes sur des faits extrêmement graves, mais il préfère cogner sur ceux qui les dénoncent et intimider les témoins, pour nous intimider et faire taire toute cette contestation. Donc ils sont bien au courant de ce qu’il se passe et ils savent ce qu’il faut faire pour protéger certains chefs d’établissement ou certains petits chefs et moyens chefs de la Guadeloupe.

Cases Rebelles : Sony, est-ce-que tu peux revenir sur le traitement particulier, le harcèlement qu’a subi ta famille dans le cadre de la répression ?

Sony : Sur ça c’est clair qu’il y a eu un traitement plutôt xénophobe au niveau de ma famille, puisque je suis d’origine haïtienne. Je suis né ici mais mes parents sont d’origine haïtienne. Ma mère par exemple on lui a proféré des propos xénophobes : « saletés d’haïtiens », « retournez dans votre pays ». Ma petite sœur qui est dans le lycée Providence, où une proviseure a clairement montré son comportement xénophobe vis-à-vis d’elle ; elle applique un traitement particulier, discriminatoire à ma petite sœur, elle ne traite pas les autres de la même façon. Donc c’est vrai qu’au niveau de la répression c’est un facteur qui a joué, vu que quand tu es étranger tu dois fermer ta gueule, et nous on est pas d’accord avec ça. Et voilà, ils ont débarqué chez moi, ils m’ont cherché dans toute la Guadeloupe comme si j’étais un criminel de guerre. Ils ont pris mon ADN aussi comme si j’étais un délinquant sexuel, et même si je l’étais.  C’est clair que ça ça a sûrement joué mais c’est pas ça qui va faire que j’ai plus peur.

Ce qu’il faut savoir c’est que ce qu’on fait c’est tout nouveau, ça fait longtemps qu’il n’y a pas eu des gens qui contestent, des gens qui dénoncent. Ce qui domine les gens ici c’est la peur, on maintient les gens par la peur, par le fait que « si tu commences à ouvrir ta bouche c’est ça qui va t’arriver ». Mais, petit à petit, il y a d’autres gens qui commencent à comprendre que cette peur ça n’arrange pas les choses, ça empire les choses. Par exemple, dans un collège à Trois Rivières, il y a un prof qui a décidé de dénoncer les magouilles que le principal faisait de l’argent du collège : sur 200 000 euros alloués au collège il utilisait seulement 20 000 euros! Avec le reste il faisait des trucs personnels, il invitait ses copains à faire je-sais-pas-quoi. Ça commence à sortir ; il y a des parents d’élèves qui commencent à soutenir leurs enfants. Petit à petit ça prend forme.

Raphaël : Notre action quand même fait bouger les lignes et notamment on a pu faire réintégrer des élèves qui avaient été virés de leur établissement. En plus ils n’observent aucun règlement en terme de conseils de discipline et tout. Mais par rapport à ce que disait Sony et la peur, c’est le contexte : il y a un tiers des collégiens qui n’arrivent pas au lycée, ils sont éjectés du système scolaire ; c’est vraiment l’exclusion scolaire et ça pèse sur les familles qui ont peur de voir leur enfant se faire virer, mettre à la porte de l’école parce qu’ils sont contestataires ou qu’ils ont dénoncé telle ou telle chose.

Sony : Par exemple au niveau des handicapés, nous on a des témoignages graves d’élèves handicapés qu’on refuse d’intégrer dans lycée plutôt que d’installer par exemple des rampes pour qu’ils puissent accéder au lycée. Au lycée de la région pointoise, à Baimbridge, on a carrément dit à un parent d’élève : « vous n’avez qu’à l’inscrire ailleurs s’il est handicapé parce qu’ici on ne peut pas le recevoir ». Et ça c’est un fait grave qui montre que les chefs d’établissement font ce qu’ils veulent et qu’ils ont une impunité. Et il y a plusieurs exemples : il y a un internat dans un lycée aux Abymes qui ferme, on n’a pas encore découvert les raisons, mais on sait qu’il y a des forts risques de leptospirose alors qu’il y a des rats dans tous les lycées et dans tous les établissements scolaires, alors que la leptospirose est une maladie mortelle, et par rapport à ça ils ne font rien. Et il y a plein d’exemples comme ça. Dans un lycée dans la région du Lamentin, de Baie-Mahault, des élèves retrouvent du verre dans leur repas, des tessons de bouteilles dans leur repas, distribués par des traiteurs, des yaourts avariés depuis plusieurs jours ; c’est comme ça en fait que ça se passe. Et quand il y a un jeune qui dit « non, c’est pas normal », on le fout dehors. On vire les élèves qui sont en BTS parce qu’ils ont des mauvais résultats. Pour assurer qu’il y aura 100% de réussite on les vire avant l’examen comme ça on est sûr qu’on va avoir des réussites et des subventions et telle chose.

Raphaël : Et tout est organisé pour maintenir justement les bas salaires après et des contrats merdiques qu’on offre aux jeunes. Notamment, Sony a parlé des BTS, mais il y a la casse de BTS et l’ouverture de Bac Pro pour justement que les jeunes après ne puissent pas avoir la grille de salaire d’un BTS mais bien juste le SMIC.

Sony : Y a une proviseur qui a dit « vous savez c’est les patrons qui me demandent de fermer le BTS parce que les BTS ça coûte trop cher ». C’est un exemple de ce que dit Raphaël.

Cases Rebelles : Est-ce qu’il y a des organisations particulières qui vous soutiennent dans vos combats et face à la répression en ce moment ?

Raphaël : Jusqu’à présent y a des syndicats qui nous soutiennent dans notre action au niveau de la répression, y a certains syndicats aussi qui régulièrement font des courriers au recteur pour dénoncer un certain nombre d’éléments dans les établissements. C’est pas seulement que ça nous touche, c’est-à-dire que la répression que subissent les jeunes et les parents d’élèves, naturellement les syndicalistes aussi la subissent et souvent ils font des communiqués et nous soutiennent face à la répression.

Sony : Il y a plusieurs organisations qui nous soutiennent, qui dénoncent aussi les événements qu’on cite. Il y a des organisations politiques, on peut citer quelques unes, c’est la CGTG en Guadeloupe, FSU, Combat Ouvrier dont certains d’entre nous font partie, Lutte Ouvrière en France…

Raphaël : Ce dont nous sommes conscients c’est que les problèmes ne vont pas se résoudre comme ça, c’est vraiment dans la mobilisation et dans la lutte que les jeunes ici en Guadeloupe pourront gagner sur leurs revendications. On a vu que ça c’est fait à deux reprises pour le moment dernièrement à la Réunion, mais en Guadeloupe aussi ça finira par exploser. Les jeunes ne pourront pas rester dans cette situation où il y a 6 jeunes sur 10 qui sont au chômage, où on a un taux de sida pas possible, on a un taux d’exclusion scolaire pas possible, on a sur une classe d’âge… un tiers seulement de jeunes guadeloupéens arrivent à avoir leur bac contre deux tiers en France, ce qui représente un retard de 40 ans au niveau de l’éducation ici et de la réussite des élèves, et ça finira par exploser. Nous autour du journal de toute façon on maintient cette contestation, dès qu’on peut organiser des mouvements et soutenir des luttes, on le fait.

Cases Rebelles : Considérez-vous qu’il y a, qu’il y avait, une rupture générationnelle dans le monde politique en Guadeloupe, qui fait que les jeunes qui sont, qui font Rebelle ! ne trouvaient pas forcément leur place dans d’autres groupes politiques ?

Raphaël : Oui il y a une rupture intergénérationnelle. Ça fait un moment qu’il n’y a pas eu un mouvement de la jeunesse ici en Guadeloupe, quand on regarde le mouvement en 2009 LKP il y avait très peu de jeunes qui ont participé au mouvement. Les seuls jeunes un peu organisés c’était nous mais on était très petits, on peut pas se dire représenter la jeunesse guadeloupéenne. Les derniers mouvement de jeunes c’était à l’époque de BIJENGWA y a 30 ans, et effectivement suite à ce mouvement c’est le vide, y a rien eu depuis.

Sony : On n’a pas de ligne politique définie mais dès que tu es jeune et que tu trouves que ce système il est à changer, tu es contestataire, tu es le bienvenu. Jeune nationaliste, jeune d’extrême gauche, jeune communiste : ils sont tous les bienvenus ; jeunes sans idées, jeunes sans parti…

Raphaël : Bien entendu le journal ne défend pas les idées d’extrême-droite.

Sony : C’est clair, on ne va pas dire qu’ils sont prêts à défendre des causes totalement réactionnaires genre la Manif pour tous, ce genre de trucs. Nous on est plus vers l’évolution, il faut que cette société change…

Cases Rebelles : Comment expliquez-vous la crispation qui existe autour du contrôle vestimentaire dans les établissements scolaires ?

Sidjie : Ça fait deux ans que je suis à Rebelle ! et la raison pour laquelle je suis rentrée à Rebelle ! c’est qu’en fait y a beaucoup de choses qui me révoltaient mais surtout par rapport au fait que je suis une femme. J’ai eu l’occasion de subir des pressions aussi à ce niveau-là quand j’étais à l’école, beaucoup moins que certaines. Parce qu’en réalité au-delà du vestimentaire c’est tout l’aspect sexiste qui est derrière ça. Ça peut aller des insultes à l’entrée du lycée, des proviseurs qui se permettent de traiter les filles de « putes », « toi t’es trop grosse, faut pas que tu t’habilles comme ça », « toi t’es trop maigre, la jupe te va pas » et à l’entrée des lycées le matin c’est carrément un casting. C’est si ta tenue, si ton physique ne plait pas au proviseur, à la CPE, tu vas pas en cours, alors que l’accès aux cours c’est l’accès à un service public et en aucun cas on ne peut refuser l’accès à un service public pour des raisons vestimentaires en tout cas. Comme je te disais ça a des aspects sexistes c’est-à-dire que c’est aussi préparer les jeunes filles au monde du travail. Le fait d’accepter que ton proviseur te traite comme ça, ou le fait de coucher pour avoir des notes… le fait que des profs forcent les lycéennes à avoir des relations sexuelles pour pouvoir réussir leur bac ou réussir une épreuve pour avoir son trimestre, ça prépare complètement au monde du travail où leur patron, pour avoir le job, pour avoir le stage, tu devras aussi passer « à la casserole ». Et une fois que tu es habituée à ça au lycée, au collège ou en faisant tes études quand tu arrives dans le monde du travail tu es toute prête à accepter aussi ce genre de pratiques.

Ce qui se joue à ce niveau-là, de la même manière qu’il cogne sur les jeunes pour leur faire accepter les bas salaires, de la même manière ils cognent sur les jeunes filles pour leur faire accepter des « promotions canapé ». Et des salaires encore plus bas puisque les salaires des femmes sont inférieurs à ceux des hommes comme partout en réalité. Et les femmes sont encore plus au chômage que les hommes en Guadeloupe.

Raphaël : En plus au niveau de la délivrance de la pilule du lendemain on dénonce aussi la pression qui est exercée sur les infirmières scolaires pour ne pas délivrer cette pilule aux lycéennes qui sont dans le besoin, ce qui est complètement illégal.

René : Y a un paquet de rapports sur ces questions-là qui sont écrits par les associations de lutte contre le sida et sur la contraception, etc. Le dernier qu’on a trouvé c’est septembre 2010 où à chaque fois ils disent clairement que les chefs de l’école font partie du problème. La phrase c’est « une des causes c’est la réticence des chefs d’établissement à permettre la distribution des moyens de contraception ». Et ça c’est complètement public qu’en fait l’école fait partie du problème sur le sida, sur la contraception, sur les préservatifs, et qu’ils sont un obstacle à l’évolution. C’est connu de tout le monde et y a rien qui est fait.

Cases Rebelles : Y a-t-il des groupes de femmes, des groupes féministes qui s’organisent autour de ces questions-là ?

Sidjie : Alors il y a des associations qui, bon c’est pas pour enfoncer mais, chaque fois qu’une femme meure sous les coups de son mari s’habillent en blanc, manifestent et « plus jamais ça ». Mais je veux dire que c’est pas avec ça qu’on va changer la situation des femmes en Guadeloupe. Je pense qu’actuellement Rebelle ! est le seul à mettre sur le tapis les vrais problèmes du sexisme, les vrais problèmes qui se posent actuellement au niveau des femmes, et ça c’est dans sa forme de revendication. Le respect des femmes c’est déjà le respect de la contraception des femmes, le fait que les pilules du lendemain ne soient pas délivrées gratuitement aux mineures dans les pharmacies alors qu’elles le devraient, ça c’est déjà un point très important pour essayer de faire évoluer la situation des femmes en Guadeloupe. Et il y a aussi un taux important d’IVG parmi les jeunes filles en Guadeloupe et ça c’est significatif de la situation de ces filles-là.

Raphaël : On connaît une association qui nous a contacté par internet et qui elle se bat déjà pour installer des distributeurs de préservatifs à Fouillole, à l’université! Juste un distributeur, c’est déjà un combat pour mettre un distributeur de préservatifs sur le campus de Fouillole alors jugez dans les lycées…

Sidjie : Alors qu’on est des adultes à la fac et même au lycée d’ailleurs…

Je voudrais ajouter quelque chose et c’est un exemple flagrant de mépris pour les jeunes filles. L’année dernière le 8 mars pour la Journée internationale de lutte des femmes en 2012, le rectorat de Guadeloupe a organisé dans les lycées ce qu’on appelle la « Journée de l’Estime de soi ». En gros, le leitmotiv c’était « respecte-toi, respecte ton corps » ou « couche-toi » tout simplement, « accepte en tant que jeune fille, accepte les réprimandes, accepte le harcèlement sexuel ». Et d’ailleurs c’est ce jour que là que les problèmes avec la justice ont commencé puisqu’il y a une Rebelle, Maïssa, qui est au lycée et qui a dit ce jour-là carrément que de toute façon cette journée-là c’est une grosse hypocrisie parce que dans les lycées où les filles sont interpellées tous les jours sur leurs mensurations par les adultes et même par le proviseur, quand elles ne se font pas traitées de « putes », la Journée de l’estime de soi est une hypocrisie. C’est ce qu’elle a dit. Et c’est pour ça que son professeur a fait un rapport sur elle, ensuite le proviseur a porté plainte contre elle, et c’est de là qu’on s’est retrouvés au commissariat le 18 mai pour soutenir Maïssa et c’est là qu’on s’est fait cognés et que les deux camarades ont été accusés de coups et de menaces. Donc voilà, ça va jusque là. Et y a pas de mouvements féministes en Guadeloupe, y en aura peut-être sûrement, il faut d’ailleurs qu’il y en ait parce qu’arrivées à un stade… il faut que les gens, les femmes se battent, tout simplement. Et Rebelle ! sera là. Une précision d’ailleurs : actuellement on est beaucoup plus de filles à Rebelle ! que de garçons. La raison c’est que tout simplement dans les établissements c’est les filles qui en bavent le plus.

Cases Rebelles : Concernant des procédures judiciaires à venir, quel est le calendrier ?

Raphaël : Pour l’instant le calendrier n’est pas fixé parce qu’on a fait appel de la décision et on attend la réponse de la cour d’appel déjà, pour savoir à quel moment l’affaire sera ré-instruite. Et on tiendra au courant de toute façon. On invite tous ceux et celles qui veulent se tenir informés de ce qui se passe, des activités de Rebelle ! d’aller sur le Facebook Rebelle-be-bad, où on mettra toutes les informations par rapport à ça, par rapport à la suite qu’on va donner à ce combat là, parce qu’il y aura aussi des souscriptions à organiser. Parce qu’on se fait pas d’illusions par rapport à la cour d’appel, même les avocats d’ailleurs, vu comment ils ont réussi à maquiller et créer ce procès en nous accusant sans preuves, sans rien ; la Cour d’appel qui reste encore très locale on va dire, ici, on se fait pas d’illusions sur sa décision. Et faudra sûrement qu’on aille beaucoup plus loin que ça pour mener notre combat et prouver notre innocence. Ça se fera sûrement en Cour de cassation voire la Cour européenne des Droits de l’Homme.

Cases Rebelles : Vous voulez ajouter quelque chose?

Sony: On appelle les jeunes du monde entier à faire comme Rebelle !, à se révolter, se rebeller créer des organisations, à ne pas accepter  les injustices, à dénoncer tout ça, ne pas se laisser marcher sur les pieds, à faire comme Cases Rebelles, à être un plus libres, arrêter de se soumettre à l’État. Des révoltes partout, il faut que  cette société change.

*     *     *

©Cases Rebelles chaleureusement Raphaël, Sony, Sidjie, René, Delphine et tou-te-s les Rebelles de Guadeloupe.

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5 juin 2013 3 05 /06 /juin /2013 19:46

2- Dette française : 246% du PIB !

Le passif de la France n'est que de 2,6 fois supérieure à la ridicule dette de 1834 milliards d'euros au sens de Maastricht (déjà à deux doigts des 100% du PIB)...

Source : Contrepoints

3- Dette à 10 ans : +26% en 25 jours...

En seulement 25 jours, le taux de la dette souveraine française est passée de 1,66% à 2,09% : soit une hausse de plus de 26% !

L’État français est entrain de perdre le contrôle sur ses engagements et les investisseurs étrangers le savent !

Sachant que la France emprunte 65% de ses crédits à la consommation souverains hors de ses frontières, les créanciers commencent à trouver le temps long. Ils n'apprécient plus notre sens de l'humour quand nous préférons nous chamailler sur le mariage pour tous au lieu de nous interroger sur le niveau de nos emprunts...

4- La solution : votre épargne sacrebleu !

Si vous avez entre 45 et 55 ans, votre argent est le plus exposé.

Certains politiques commencent à s'exprimer ouvertement sur le fait que la banqueroute française serait une "bonne chose" car elle serait payée par l'épargne des Soixante-huitards... Merci pour eux...

Selon Gaspard Koenig, responsable d'un "think tank" libéral français :

"Une telle opération permettrait de libérer les nouvelles générations du fardeau de la dette, tout en faisant supporter la majeure partie du coût aux épargnants de la Génération 1968, qui ont tant profité des largesses d'un système à crédit (via leurs placements en OPCVM et assurances-vie, qui seraient les premiers touchés." (Lu ici)

Ce qui est intéressant, c'est que Monsieur Moscovite-ci (Ministre de la Banqueroute des Finances Publiques) souhaite faire promulguer une loi qui est un véritable "permis de tuer l'épargnant".

L'idée lumineuse est de solidariser votre épargne avec le fonds de renflouement des banques...

Pour faire court, votre argent sera saisi pour sauver votre établissement bancaire si le fonds de garantie des dépôts est insuffisant pour couvrir les pertes...(lisez la vidéo ici)

Source : Blog Gold-up

 



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4 juin 2013 2 04 /06 /juin /2013 17:30

Bientôt une nouvelle banque pour les pauvres en France !

« Ouvert en cinq minutes, Compte-nickel sera accessible à tous, sans conditions de revenus, de dépôts ou de patrimoine, sans discrimination », assurent les initiateurs de ce projet bancaire. Tout particulier majeur disposant d’une pièce d’identité pourra ouvrir un compte en quelques minutes et ressortir avec un relevé d’identité bancaire et une carte de paiement… chez les buralistes ou les marchands de journaux. Il pourra ensuite domicilier ses revenus et approvisionner son compte par virement. Mais ses dépenses ne pourront pas excéder le solde du compte…

Cette initiative repose sur le principe dit de « light banking », directement inspiré des modèles à bas coûts (low cost) qui révolutionnent depuis des années des secteurs entiers comme le transport aérien, la téléphonie, l’hôtellerie ou encore la distribution. Compte-nickel sera ainsi une banque aux structures allégées, puisqu’elle n’aura aucun guichet. Son offre devrait séduire une clientèle modeste et exclue des offres traditionnelles car trop coûteuse à rentabiliser. La crise pourrait avoir pour conséquence de voir les clients adhérer en masse à ce nouveau concept : environ 25 millions d’Européens qui souhaiteraient ouvrir un compte n’en ont en effet toujours pas. Et quelque 2,5 millions de demandes d’ouverture de comptes ont été rejetées pour diverses raisons, parmi lesquelles des revenus insuffisants. Or, sans compte bancaire, il est difficile, voire impossible, de percevoir son salaire ou les prestations sociales, de transférer de l’argent ou d’effectuer des achats au moyen d’une carte de crédit. La démarche de Compte-nickel s’inscrit ainsi dans les démarches entreprises par la commission européenne pour rendre les comptes moins chers et accessibles à tous.

Mais regardons de plus près Compte-nickel. C’est comme on pouvait s’y attendre une initiative totalement privée. Son nom fait référence à l’expression argotique « nickel », qui signifie que « tout est en place, propre, transparent ». Espérons-le. À l’origine de ce projet, on trouve Hugues Le Bret. Le personnage a toujours oscillé entre le monde de la finance et celui des media. Son associé se nomme Ryad Boulanouar. C’est un spécialiste des nouvelles technologies. Il a notamment installé le transfert d’argent dans les bureaux de tabac pour Moneygram et travaillé à la dématérialisation des recharges téléphoniques.

On est vraiment loin d’une ONG… Hugues Le Bret, belle gueule et tempes grisonnantes, est devenu familier des Français au moment de l’affaire Kerviel. Il était alors le directeur de communication de la Société générale et s’était alors retrouvé devant les caméras pour expliquer comment ce jeune trader avait pu faire perdre quelque 4,9 milliards d’euros à la banque qui était associée jusque-là à l’image du bon père de famille dans l’imaginaire collectif français. Kerviel a depuis été condamné à cinq ans de prison dont deux avec sursis, et Le Bret, victorieux de la guerre de la communication, a pu écrire un livre dans lequel il explique que « nous (les banquiers, NDLR) avions progressivement perdu notre vigilance et développé une culture de la conquête et du profit plus forte que celle du contrôle, du doute et de la suspicion ». Le Bret devait quitter le monde de la finance. Il effectue aujourd’hui un retour en force et se fait pour l’occasion le « défenseur des pauvres ». Nous aurions tant aimé que ce soit vrai… Ce n’est malheureusement que la naissance d’un nouveau business fait sur le dos des classes populaires.

Capitaine Martin 

http://www.resistance-politique.fr/...

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4 juin 2013 2 04 /06 /juin /2013 05:21

L’enfance et l’adolescence en danger

La protection de l'enfance en danger en France comporte deux volets :

  • la protection administrative ;

  • la protection judiciaire des mineurs.

 

La première est confiée au conseil général (département, direction de la solidarité départementale, associations agréées, établissements agréés, éducateurs spécialisés, familles d'acceuils). Elle est régie par le Code de l'Action Sociale.

La seconde est confiée au ministère de la justice (État) à travers le juge des enfants et le procureur de la République. Le code civil faisant référence.

 

La protection de l'enfance en danger en France comporte un volet de trop, la protection judiciaire devrait être l'ordonnatrice et la responsable de toutes les protections de l'enfant et de l'adolescent, elle est un très mauvais parent de substitution.

 

Qu’est-ce qui se passe après un signalement à la protection de l’enfance ?

Le signalement signifie que quelqu’un s’inquiète pour l’enfant et veut que la situation soit évaluée.

Les travailleurs sociaux doivent examiner chaque signalement en matière de protection de l’enfance.

Cependant, aucune mesure de protection de l’enfance ne sera prise sans faire une enquête approfondie .

Quelquefois le signalement est sans raison et l’affaire se clôt.

Dans certains cas, il faut pourtant intervenir immédiatement, car l’enfant est en danger.

C'est à la justice d'intervenir, à dicter et à contrôler les mesures à envisager pour que le danger cesse.

 

En général, il n’est pas nécessaire de prendre des mesures immédiates, mais la protection de l’enfance discute avec la famille et essaie de voir ensemble, quels sont les besoins de la famille.

Si l’enfant et la famille ont besoin d’aide, un projet personnel est établi.

 

Quelles sont les aides qui sont tout d’abord apportées à la famille ?

Mesures de soutien en milieu ouvert.

Souvent, des Parents ont peur que la protection de l’enfance leur enlève l’enfant en danger ?

 

Pourtant, même si la protection de l’enfance doit intervenir, ce sont les mesures les plus adéquates et justes qui sont prises pour aider les familles.

La protection de l’enfance essaie toujours d’aider l’enfant pour qu’il puisse continuer à vivre chez lui avec ses parents.

Ces services prioritaires s’appellent mesures de soutien en milieu ouvert.

Ces premières mesures sont toujours facultatives et basées sur la coopération avec la famille.

 

Il y a beaucoup de mesures de soutien en milieu ouvert et elles varient trop selon les communes, et il y a un risque de clientélisme de proximité omniprésent .

 

L’accompagnement de la famille au domicile.

Personne de soutien ou famille de soutien.

Aide financière aux activités de l’enfant.

Groupes de parole et d’entraide.

Services d’accompagnement et de thérapie.

 

Quand un enfant est-il placé hors de son domicile ?

Quelquefois les parents ne peuvent pas s’occuper de leur enfant pour une raison ou une autre.

Parfois c’est l’enfant qui fait lui-même des choses pouvant le mettre en danger.

Si l’irresponsabilité des parents mettent l’enfant en danger ou à cause de lui-même et qu’il n’y pas d’autres moyens, il doit être confié à une structure hors de son domicile, c'est le placement judiciaire de l’enfant par le juge des enfants .

Le placement peut être une solution de courte durée face à une situation difficile.

Le juge place en d’urgence l’enfant en danger.

 

Comment sont réalisées la prise en charge et le placement hors milieu familial ?

La prise en charge est préparée minutieusement en collaboration avec la famille, lorsque cela est possible.

L’enfant pris en charge va vivre dans une famille d’accueil ou dans un établissement de la protection de l’enfance.

 

C'est là où l'institution pèche par manque de moyens humains et financiers pour assumer le contrôle des familles d’accueil (le défenseur des droits et une très longue littérature des ex-enfants de la DDASS pointent les nombreuses défaillances parfois dramatiques).

 

Qu’est-ce qui se passe après le placement ?

L’enfant ou le jeune a besoin de soutien et d’aide après le placement et c’est aux communes qu'incombe le devoir d'offrir ce soutien, appelé l’accompagnement après placement.

Cet accompagnement doit être mis en place après tout placement qui a duré plus de six mois pour tous les enfants.

Pour cela, un projet personnel séparé est établi.

L’objectif de l’accompagnement après placement est de faciliter le retour à la maison de l’enfant ou du jeune.

L'émancipation ne doit être réservée qu'à des jeunes exceptionnels.

La protection à l'enfance établit avec le jeune, les mesures de soutien dans le cadre d'un accompagnement obligatoire.

L’accompagnement devrait apporter un soutien financier concernant le logement, la subsistance, le travail ou les études.

Les mesures qui sont décidées sont inscrites dans un projet individuel.

 

L’accompagnement doit continuer jusqu’à ce que le jeune adulte ait atteint 21 ans et se poursuive en application de Art 305 de Code Civil sur obligation parentale de subsistance.

 

auteur: AVISO

 

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1 juin 2013 6 01 /06 /juin /2013 18:49

Quand les socialistes font pire que le gouvernement  de vichy :          

 

 

"manif pour tous, une arrestation arbitraire bloquée par Maître Triomphe"

 

Lien:http://youtu.be/GIVBc0WD018

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1 juin 2013 6 01 /06 /juin /2013 05:40

Le Néo-Libéralisme, l’autre face du Capitalisme

JPEGEn ces temps de « délitement des valeurs » que l’on pensait immuables, beaucoup de certitudes ont été ébranlées par le néo-libéralisme. Même les sociétés qualifiées il n’y a pas si longtemps de « primitives » sont en train de perdre leur identité sous la pression d’un Occident néolibéral qui série, catalogue et dicte la norme. Elles sont en danger du fait d’une disparition rapide d’un « capital symbolique » au profit d’une macdonalisation de la culture. Le néo-libéralisme impose une vision du monde qui fragilise les sociétés et les laisse en proie à l´errance. Margareth Thatcher avait l´habitude de dire qu´elle ne connaissait pas de citoyens, elle ne connaissait que des consommateurs. 

C’est dans l’histoire contemporaine des États-Unis, berceau du néo-libéralisme, qu’il faut chercher les origines de cette idéologie. Après le démantèlement de l’empire soviétique, il s’attelle fiévreusement à mettre la main sur le reste du globe et à imposer sa globalisation. On est face à un « État manager », un État de plus en plus réduit dans sa surface mais de plus en plus renforcé dans ses structures de commandement. L’État Providence est mort de sa belle mort. Tous les acquis que les travailleurs ont arrachés aux démocraties libérales grâce à leur lutte et à la pression qu’exerçait le camp socialiste sur le « monde libre » se réduisent comme une peau de chagrin. Empires disloqués, nations éclatées, voilà l’orientation que le néo-libéralisme veut imposer au sens de l’histoire. Le capital a horreur des frontières comme il a horreur des solidarités. La précarité affecte actuellement plus de 40% des salariés des secteurs public et privé. 

Le mouvement, rendu possible par les politiques de déréglementation financière, vise à remettre en question toutes les structures collectives capables de faire obstacle à la logique du marché pur : nation, dont la marge de manœuvre ne cesse de décroître ; groupes de travail, avec, par exemple, l’individualisation des salaires et des carrières en fonction des compétences individuelles et l’atomisation des travailleurs qui en résulte ; Ainsi s’instaurent, le règne absolu de la flexibilité, avec les recrutements sous contrats à durée déterminée ou les intérims et les « plans sociaux » à répétition, et, au sein même de l’entreprise, la concurrence entre filiales autonomes, entre équipes contraintes à la polyvalence et, enfin, entre individus, à travers l’individualisation de la relation salariale. 

Dans les pays du Sud l’on constate que les rares acquis des travailleurs disparaissent inexorablement au nom du marché, de la mise à niveau des normes Iso et d’une mondialisation que l’on nous présente comme inéluctable. Le but étant d’arriver à une armée de réserve de main-d’œuvre docilisée par la précarisation et par la menace permanente du chômage. Cela amène à des situations de détresse extrême qui donne lieu à un stress irréversible qui peut amener à l’autodestruction ; il n’est que de se souvenir du feuilleton des suicides de France Telecom. Le libéralisme est à voir comme un programme de « destruction des structures collectives » et de promotion d’un nouvel ordre fondé sur le culte de « l’individu seul mais libre ». Le néolibéralisme vise à la ruine des instances collectives construites de longue date par exemple, les syndicats, les formes politiques, mais aussi et surtout la culture en ce qu’elle a de plus structurant et de ce que nous pensions être pérenne.

De plus, nous vivons une époque où le plaisir est devenu une priorité, où les carrières autrefois toutes tracées se brisent sur l’écueil de la précarité, la vie à deux ressemble de plus en plus à un CDD amoureux. On peut citer comme autres perturbations inédites, le développement de l’individualisme, la diminution du rôle de l’Etat, la prééminence progressive de la marchandise sur toute autre considération, le règne de l’argent, la transformation de la culture en modes successives, la massification des modes de vie allant de pair avec l’individualisation et l’exhibition des « paraître », l’importante place prise par des technologies très puissantes et souvent incontrôlées, comme l’internet et ses dérivés, l’allongement de la durée de vie et la demande insatiable de grande santé, la désinstitutionalisation, qui sont en définitif, autant d’éléments qui contribuent à l’errance de l’individu, sujet qui devient, de ce fait, une proie et une victime du néolibéralisme. 

Dans cette révolution culturelle libérale, bien loin d’être sortis de la religion, nous sommes tombés sous l’emprise d’une nouvelle religion conquérante, le Marché ou le money-théïsme. Le Divin Marché et les dix commandements implicites de cette nouvelle religion, sont beaucoup moins interdicteur qu’incitateur, ce qui produit de puissants effets de désymbolisation, comme l’atteste le troisième commandement : « Ne pensez pas, dépensez ! ». Nous vivons dans un univers qui a fait de l’égoïsme, de l’intérêt personnel, du self love, son principe premier. Destructeur de l’être-ensemble et de l’être-soi, il nous conduit à vivre dans une cité perverse. Pornographie, égotisme, contestation de toute loi, acceptation du darwinisme social, instrumentalisation de l’autre : notre monde est devenu sadien. Il célèbre désormais l’alliance d’Adam Smith et du marquis de Sade. À l’ancien ordre moral qui commandait à chacun de réprimer ses pulsions et ses désirs, s’est substitué un nouvel ordre incitant à les exhiber, quelles qu’en soient les conséquences.

Les formes de la destitution subjective qui envahissent nos sociétés se révèlent par de multiples symptômes : l’apparition de défaillances psychiques, l’éclosion d’un malaise dans la culture, la multiplication des actes de violence et l’émergence de formes d’exploitation à grande échelle. Tous ces éléments sont vecteurs de nouvelles formes d’aliénation et d’inégalité. La fameuse « perte de repères chez les jeunes » n’a alors rien d’étonnant : ceux-ci expérimentent une nouvelle condition subjective dont personne, et sûrement pas les responsables de leur éducation, ne possède les clefs. Et il est illusoire de croire que quelques leçons de morale à l’ancienne pourraient suffire à enrayer les dommages. En ce sens, l’état apparent de liberté promu par le néolibéralisme est un leurre. La liberté comme telle n’existe pas : il existe seulement des libérations. La condition subjective issue de la modernité est menacée. Pouvons-nous laisser l’espace critique, si difficilement construit au cours des siècles précédents, se volatiliser en une ou deux générations ? 

Mieux encore le néo-libéralisme fait de l’homme « bionique » un jeu de mécano et de pièces détachées. Un « homme nouveau » voilà ce que le marché est en train de fabriquer sous nos yeux. En détruisant toute forme de loi qui représenterait une contrainte sur la marchandise, la dérégulation néolibérale provoque des effets dans tous les domaines. Dépressions, troubles de l’identité, suicides et perversions se multiplient. Au point que le marché ne veut plus de l’être humain tel qu’il est. A l’aide du clonage et de l’ingénierie génétique, il exige désormais carrément la transformation biologique de l’humanité. La démonstration était relativement simple : le marché récuse toute considération (morale, traditionnelle, transcendante, transcendantale, culturelle, environnementale…) qui pourrait faire entrave à la libre circulation de la marchandise dans le monde. C’est pourquoi le nouveau capitalisme cherche à démanteler toute valeur symbolique au profit de la seule valeur monétaire neutre de la marchandise. Puisqu’il n’y a plus qu’un ensemble de produits qui s’échangent à leur stricte valeur marchande, les hommes doivent se débarrasser de toutes ces surcharges culturelles et symboliques qui garantissaient naguère leurs échanges. On peut voir un bon exemple de cette désymbolisation produite par l’extension du règne de la marchandise en examinant les billets de banque établis en euros. Il n’y a plus sur les euros que des ponts et des portes ou des fenêtres, exaltant une fluidité déculturée. 

La valeur symbolique, est ainsi démantelée au profit de la simple et neutre valeur monétaire de la marchandise de sorte que plus rien d’autre, aucune autre considération (morale, traditionnelle, transcendante…), ne puisse faire entrave à sa libre circulation. Sous les coups de boutoir de la post-modernité, la civilisation telle que nous l’avons connue risque de disparaître rapidement. On ne devrait cependant jamais oublier que des civilisations millénaires peuvent s’éteindre en quelques lustres. Le néolibéralisme est en train de se défaire de toutes les formes d’échanges qui subsistaient par référence à un garant absolu ou métasocial des échanges. Pouvons-nous laisser l’espace critique, si difficilement construit au cours des siècles précédents, se volatiliser en une ou deux générations. 

Le formatage de l’individu sujet consommateur sous influence, commence très tôt ; la télévision généralise dès l’enfance la confusion entre le réel et l’imaginaire, le moi et l’autre, la présence et l’absence. Le néolibéralisme ne vise pas seulement la destruction des instances collectives construites de longue date (famille, syndicats, partis, et plus généralement culture), mais aussi celle de la forme individu-sujet apparue au cours de la longue période moderne. Le laminage des enfants par la télévision commence très tôt. Ceux qui arrivent aujourd’hui à l’école sont souvent gavés de petit écran dès leur plus jeune âge. Tout d’abord, avec la télévision, c’est la famille, comme lieu de transmission générationnelle et culturelle, qui se trouve réduite à la portion congrue. Les institutions scolaires, université incluse, accueillent donc des populations flottantes, dont le rapport au savoir est devenu une préoccupation très accessoire. Un type nouveau d’institution molle, dont la post-modernité a le secret, à mi-chemin entre maison des jeunes et de la culture, hôpital de jour et sillage social, assimilable à des sortes de parcs d’attraction scolaire, est en train de se mettre en place. La fabrique d’un individu soustrait à la fonction critique et susceptible d’une identité flottante ne doit donc rien au hasard : elle est parfaitement prise en charge par la télévision et l’école actuelle. Le rêve du capitalisme n’est pas seulement de repousser le territoire de la marchandise aux limites du monde où tout serait marchandisable (droits sur l’eau, le génome, les espèces vivantes, achat et vente d’enfants, d’organes…), mais aussi de faire rentrer les vieilles affaires privées, laissées jusqu’alors à la disposition de chacun dans le cadre de la marchandise. Plus rien alors ne pourra endiguer un capitalisme total où tout, sans exception, fera partie de l’univers marchand : la nature, le vivant et l’imaginaire.

D’où viendrait le salut ? Il ne s’agit pas de concevoir un « modèle de société », voire de chercher quelque oxygène dans l’idée d’utopie. Il nous faut élaborer une Voie, qui ne pourra se former que de la confluence de multiples voies réformatrices, et qui amènerait la décomposition de la course folle et suicidaire qui nous conduit aux abîmes. La voie nouvelle conduirait à une métamorphose de l’humanité : l’accession à une société-monde de type absolument nouveau. Elle permettrait d’associer la progressivité du réformisme et la radicalité de la révolution. Il serait également utile de multiplier les universités populaires qui offriraient aux citoyens des initiations aux sciences politiques, sociologiques, économiques. Il faudrait également adopter et adapter une sorte de conception néo-confucéenne, dans les carrières d’administration publique et les professions comportant une mission civique (enseignants, médecins), c’est-à-dire promouvoir un mode de recrutement tenant compte des valeurs morales du candidat, de ses aptitudes à la « bienveillance » (attention à autrui), à la compassion, de son dévouement au bien public, de son souci de justice et d’équité. La résistance à tout ce qui dégrade l’homme par l’homme, aux asservissements, aux mépris, aux humiliations, se nourrit de l’aspiration, non pas au meilleur des mondes, mais à un monde meilleur. Cette aspiration, qui n’a cessé de naître et renaître au cours de l’histoire humaine, renaîtra encore …

D'après un article de Chems Eddine CHITOUR

http://2ccr.unblog.fr/2013/05/26/le-neo-liberalisme-c%E2%80%99est-quoi/

Voir le film : « DE LA SERVITUDE MODERNE »

« Le discours capitaliste, c’est quelque chose de follement astucieux, ça marche comme sur des roulettes, ça ne peut pas marcher mieux. Mais justement ça marche trop vite, ça se consomme. Ça se consomme si bien que ça se consume » …LACAN

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30 mai 2013 4 30 /05 /mai /2013 12:30

Je mets à disposition de la république une carriere de deux hectares, sur l'ile de terre de haut dans l'archipel des saintes, pour l'etablissement d'un centre de décontamination de tous les V.I.P. accros de thunes...

 

 

-Une temperature constante de  40 degres à l'ombre ,

-Une végétation de cactées et d'épineux  

-Un terrain plan incliné à 45% avec vue sur mer infestée de requins citrons et

-Des nuits symphoniques en moustiques majeurs .

 

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28 mai 2013 2 28 /05 /mai /2013 17:30
Par doré le 28/05/2013 à 09:57 

L'homophobie, une construction ?

En 1999 Philippe Muray écrivait dans Après l'histoire :

"La construction de toutes pièces de l'"homophobie" en tant que délit, destiné à mettre en état de péché virtuel et constant ce qui reste des hétérosexuels, est un stade capital dans la conquête du nouveau pouvoir.

Comme jadis au temps de Staline avec la fable de "l'encerclement capitaliste" du régime soviétique et tous les bataillons imaginaires d'assassins, de traîtres, de saboteurs, d'espions qui rodaient comme chacun sait aux portes du meilleur des mondes, il convient de dramatiser, par la pure et simple invention d'adversaires commodes, l'établissement d'une terreur nouvelle aidant au renforcement de la nouvelle dictature et justifiant l'accroissement de ses méthodes de répression.

La différence essentielle, par rapport aux anciens terrorismes d'état, vient de ce que l'intervention, chez eux, était pratiquée à froid, sans anesthésie, et de manière sanglante, alors qu'à notre époque, on a appris à opérer sous anesthésie (le festif est l'autre nom de cette méthode chirurgico-sociale).

Mais ce n'est encore là qu'un des volets d'une entreprise beaucoup plus large. Un autre point du programme hétérophobe consiste à imposer assez vite une représentation des hétérosexuels en tant que communauté parmi d'autres, non plus significative d'aucune majorité, d'aucune légitimité spéciale, d'aucune norme (... ) mais plutôt constituée de gens vaguement ringards, archaïsants, et en cours de folklorisation et de provincialisation.
...
C'est toujours le propre des totalitarismes de traiter de fous (et de traiter en fous) ceux qui ne succombent pas à leurs prestiges. Et en effet est-ce qu'il ne faut pas être dérangé, névrosé jusqu'à l'os, pour ne pas applaudir sans fin ce qui nous est aujourd'hui proposé ? Est-ce qu'il ne faut pas être cinglé pour risquer d'aller rejoindre le camp des recalés de la modernité festive ? ".

 

 

 

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27 mai 2013 1 27 /05 /mai /2013 18:28

C’est un grand constitutionnaliste que nous perdons aujourd’hui, celui qui marchait dans les pas du doyen Vedel. Guy Carcassonne vient de mourir subitement à 62 ans, d’une hémorragie cérébrale que rien ne laissait présager. Cet ancien conseiller de Michel Rocard laisse un grand vide derrière lui, tant sa présence dans les médias était devenue, ces dernières années, usuelle.

Dans la nuit de dimanche à lundi, alors qu’il était en voyage à Saint-Pétersbourg avec sa femme, Claire Bretécher, célèbre auteure de bandes dessinées, il a été victime d’une hémorragie cérébrale foudroyante. Ils ont eu ensemble un fils, Martin.

Cette nouvelle m’émeut particulièrement, elle évoque un passé déjà lointain (plus de 35 ans déjà…) où nous nous sommes côtoyés dans l’équipe de Michel Rocard. Jeune diplômé de l’université il faisait partie de l’équipe de l’héritier de Pierre Mendés France qu’incarnait dans les années 1970, Michel Rocard. A la fois rigoureux en politique, sage et réfléchi, il était aussi plein d’humour avec une ironie parfois féroce, tout aussi féroce que les personnages de sa compagne Claire Bretécher.

Il est né un 14 mai de l’année 1951. Il fera toutes ses études de droit à l’université de Paris X, obtenant sa licence en droit (1971) puis ses diplômes d’études supérieures en droit public (1972) et en sciences politiques (1973). Il conduira avec brio sa thèse d’Etat en droit sur la transition démocratique en Espagne (1979). Il sera un premier temps conseiller juridique du groupe socialiste à l’Assemblée nationale, puis celui de Michel Rocard, lequel se prépare à l’élection présidentielle de 1981 où il ne se présentera pas, ralliant au final celle de François Mitterrand.

Il passera l’agrégation en 1983 et rejoindra l’Université de Reims où il enseignera le droit public, puis ce sera le retour à ses premiers amours : Paris X à Nanterre en 1988.

Il entamera une carrière politique aux côtés de Michel Rocard, à son cabinet de Ministre de l’agriculture de 1983 à 1985. Puis de 1988 à 1991, comme conseiller à Matignon, en charge des relations avec le parlement. Il nouera à loisir les majorités nécessaires à l’action publique de son patron et explorera toutes les finesses de l’action parlementaire.

Joueur de rugby dans sa jeunesse au Paris Université Club (PUC), il en a gardé la pugnacité, le goût pour l’offensive et un sacrosaint respect pour les règles.

Très proche du célèbre constitutionnaliste français Georges Vedel, il en assumera l’héritage et participera à tous les grands débats publics sur la politique et la société. Il signera une tribune régulière dans l’hebdomadaire Le point et de temps en temps au quotidien Le Monde. Il avait aussi contribué à la réflexion sur la modernisation des institutions initiée par Nicolas Sarkozy et présidé par Edouard Balladur. Contrairement à son collègue et ami Olivier Duhamel, partisan d’une 6ème république, il prend le parti de la Constitution de 1958, dont il défendait la souplesse et l’adaptabilité aux circonstances. Il revendiquait ouvertement l’absolue interdiction du cumul des mandats, qu’il accusait de contribuer à l’affaiblissement du Parlement.

On a pu le voir encore dernièrement dans un documentaire diffusé par la chaine Arte sur « La Ve république et ses monarques ».

Amoureux de la vie, inventif et curieux, proche de ses étudiants à la faculté, fidèle en amitié, il a tout au long de sa vie (trop courte) cherché à réinventer la vie, faisant sien ce slogan un peu désuet du parti socialiste des années 70/80.

 

Auteur Pelletier jean in agora vox

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25 mai 2013 6 25 /05 /mai /2013 18:35

La PJJ d'Île-de-France appelée à la grève

Les professionnels de la Protection judiciaire de la jeunesse (PJJ) d'Ile-de-France, chargés d'accompagner les mineurs délinquants, sont appelés à la grève mardi contre la poursuite de "restrictions budgétaires drastiques"et pour la mise en oeuvre des réformes annoncées par la Chancellerie. "Sur fond de crise économique et sociale, les restrictions budgétaires drastiques continuent : de - 30 à - 50% de budget pour l'ensemble des services éducatifs", affirme dans un communiqué vendredi le syndicat SNPES/PJJ/FSU à l'origine du mouvement. Le syndicat déplore que "seuls les lieux d'enfermement (centres éducatifs fermés, établissements pénitentiaires pour mineurs, quartiers des mineurs en Maison d'Arrêt) y échappent alors qu'ils ne prouvent aucunement leur efficacité dans la baisse de la délinquance".

La grève vise aussi à exprimer l'impatience des personnels face aux annonces de Christiane Taubia "non concrétisées": suppression du tribunal correctionnel pour mineurs instauré sous le gouvernement précédent, "priorité aux services de milieu ouvert et d'insertion". Les services de la PJJ interviennent dans le cadre des mesures d'investigation sur le parcours et la personnalité d'un jeune pour aider aux décisions du magistrat, ainsi que pour la mise en oeuvre des décisions de justice concernant des mineurs essentiellement délinquants. La jeunesse est la priorité affichée du ministère de la Justice dans le budget 2013, un des rares en hausse (+4,3%), qui a prévu de créer quelque 500 emplois dont 205 pour la PJJ. Ces créations visent à rattraper la suppression de 600 postes sur les 4 dernières années dans cette administration. Le compte n'y est pas pour le SNPES/PJJ/FSU qui déplore "des jeunes laissés en souffrance, bien souvent à la rue, faute de places en structures d'hébergement adaptées, des jeunes sans perspective de qualification faute d'être accompagnés dans les dispositifs d'insertion, une politique du chiffre qui ne tient aucunement compte de la spécificité des missions éducatives de la PJJ".

 

In JDD

 

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  • Le monde est dangereux non pas à cause de ceux qui font le mal, mais à cause de ceux qui regardent et laissent faire” Einstein.
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