Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
17 juin 2013 1 17 /06 /juin /2013 17:30

Le jeudi 6 juin, l'armée russe effectuait le quatrième test de son dernier prototype de missile balistique intercontinental de nouvelle génération, le Rubej (littéralement : frontière). Amené à remplacer le Yars et le Topol-M, le Rubej a été développé spécifiquement pour contrer la menace que représente le bouclier anti-missile que l'OTAN tente de déployer aux frontières de la Russie : en Europe, au Moyen-Orient et en Asie-Pacifique. Pour chacune de ces régions, le prétexte est tout trouvé : défendre les pays membres de l'OTAN en Europe, contrer les menaces nucléaires iranienne (soi-disant) et nord-coréenne dans les deux autres régions.

En réalité, le programme extrêmement coûteux développé par l'OTAN, et essentiellement par le Pentagone, vise à établir un bouclier anti-missile hégémonique sur l'ensemble du globe : dans une lettre adressée à l'Agende de défense antimissile, les chercheurs David Montague et Walter Slocombe, membres de la Commission du Conseil national de la recherche sur l'évaluation des concepts et systèmes pour la défense antimissile états-unienne en phase de propulsion en comparaison d'autres alternatives, détaillent les raisons pour lesquelles ce programme est démesuré et loin d'être adapté aux menaces que pourraient éventuellement représenter l'Iran et la Corée du nord ; une défense efficace comprendrait uniquement le déploiement d'intercepteurs dans le nord-est des États-Unis et en Alaska, la mise en place de cinq radars au Royaume-Uni, au Massachusetts, au Groenland, au Dakota du Nord et en Alaska et l'acquisition de quelques nouveaux intercepteurs pour renforcer les sites d'Alaska et de Californie. Bien moins coûteux et surtout, bien moins invasif et menaçant pour la Russie, ce programme continue d'être ignoré par le Pentagone.

Malgré les incessantes sollicitations de l'armée russe, l'OTAN persiste à refuser non seulement de créer un bouclier anti-missile commun avec la Russie, chacun ayant à charge sa zone géographique d'influence, mais surtout n'a jamais daigné donné de garanties légales à la Russie lui indiquant que ce bouclier ne la visait pas – de telles garanties auraient permis à l'armée russe de visiter les installations du bouclier de l'OTAN.

Désespéré par l'absence de coopération de l'OTAN, l'état-major russe a alors pris les devants en lançant le développement d'une nouvelle génération de missiles balistiques intercontinentaux capables en théorie de percer n'importe quel bouclier que l'OTAN pourrait déployer. D'après certaines sources militaires, le secret du Rubej résiderait dans la formule du propergol solide utilisé pour la propulsion, permettant une accélération plus importante lors de la phase ascendante et rendant ainsi la trajectoire du missile beaucoup moins prévisible. Les différentes ogives seraient par ailleurs munies chacune d'un moteur, permettant des manœuvres complexes en phase descendante.

Le dernier test du Rubej a donc été un succès : toutes les ogives ont détruit leur cible. Un dernier test reste néanmoins nécessaire afin de confirmer son entière fonctionnalité, celui-ci devant avoir lieu avant la fin de l'année 2013. D'après le général Zarudnitski, le premier régiment de Rubej sera déployé au début de l'année 2014, bien avant que l'OTAN ait pu mettre en place les phases 3 et 4 de son bouclier anti-missile, prévues au-delà de 2017, celles qui, notamment, inquiétaient la Russie. L'état-major russe a l'air particulièrement confiant vis-à-vis de son dernier missile : le vice-premier ministre et ancien ambassadeur auprès de l'OTAN, Dmitri Rogozine, a ainsi déclaré que « les systèmes de défense antimissile américains actuels ou futurs ne seront pas en mesure d'empêcher ce missile de détruire sa cible. »

Les différents tests de missiles balistiques intercontinentaux de nouvelle génération qu'a effectué la Russie jusque-là avaient deux trajectoires principales : de la région d'Arkhangelsk vers la région du Katmtchatka et de la région d'Astrakhan vers la région de Balkhash (au Kazakhstan). Si la première couvre une distance de 6 000 km, usuelle pour un missile intercontinental, la seconde ne couvre qu'une distance de 2 000 km. Plusieurs tests ont été effectués sur cette distance et cela soulève deux questions essentielles :

- Pourquoi utiliser un missile intercontinental sur une distance aussi réduite que 2 000 km ?

- Quelles sont les cibles potentielles correspondant à une telle distance ?

À la première question, on peut envisager que ce soit pour percer un éventuel bouclier antimissile aux frontières de la Russie : le Rubej ferait ainsi office de missile multi-usages, missile de portée moyenne et intercontinental. À la seconde, on peut supposer que tous les pays accueillant une composante du bouclier global de l'OTAN deviennent des cibles potentielles pour la Russie, et la liste des prétendants est plutôt longue, même à une distance de 2 000 km des frontières russes.

Cela lui confère également un argument de poids supplémentaire dans l'éventualité d'une vive dégradation de la situation au Moyen-Orient : quel que soit le nombre d'intercepteurs déployés chez les potentiels collaborateurs, en Turquie, en Arabie Saoudite, au Koweït, au Bahreïn, au Qatar, aux Emirats Arabes Unis ou à Oman, plus personne n'est à l'abri de l'ours russe, pas même la Terre sainte.

Repost 0
Published by L'archipélien - dans internationales
commenter cet article
16 juin 2013 7 16 /06 /juin /2013 17:31

Je renonce à la Gauche !

Oui, c'est bien cela, je renonce à la gauche, cette gauche française pour qui j'ai eu tous les amours possibles... jusqu'à l'aveuglement qui sied si bien aux taupes.

Le fossé est désormais trop grand entre ce que je ressens, vis au quotidien, ai vécu en terme d'expériences (bonnes et mauvaises s'entend). J'en suis arrivé au constat que je n'ai face à moi que des gens atteints par le syndrome « Rain-Man ».

Autisme à tous les étages

Dirigeants politiques, centrales syndicales, leader de partis sont à mon sens les grands coupables. Aucune audace, peu de visions claires, stratégies floues pour ne pas dire inexistantes.... ont peu à peu ébranlé mes convictions les plus profondes.

Quand j'entends ces hommes nous dire que le seul mot d'ordre est la grève dominicale et puis rien... j'en arrive à rire plus que jaune. Il n'y a plus à tergiverser avec les élites faussement élues dans une dictature douce qui ne dit pas son nom. Aujourd'hui, nous avons besoin de beaucoup plus que de simples « grevettes » de midinettes un 1er mais ou lors de la rentrée des classes.

Confronté au totalitarisme politico-financier c'est d'une autre nécessité qu'il s'agit, bien plus forte, violente... et cela ne peut que passer par la case « grève générale ».

Sans préavis, sans déposer quoi que ce soit en préfecture et durablement !

Choix sociétaux et culturels déphasés

Mariage et adoption pour tous, régularisation à tout-va, import de la lie Africaine, islamisation qui se répand doucement, mais surement, etc.... là les fossés ont commencé à se creuser. Les agressions au contrat social laïc n'ont plus de cesse, et les exemples fleurissent au gré des saisons.

On aurait pu faire des aménagements au PACS avec un leg plus facile entre personnes d'un même sexe par exemple, cela aurait eu aussi tout son sens, et je n'y aurais rien trouvé à redire. Mais non une poignée (grosse certes) à préférer le passage en force !

C'est un Franck Ribery porte-parole d'un foot français version racaille, qui nous gratifie d'un « Inch Allah » pour espérer la victoire du groupe national. Ce sont de plus en plus de Belphégor qui déambulent tels des fantômes dans les parcs à marmots, et que l'on ne me dise pas qu'elles sont françaises, ce sont des rues complètes avec devantures « Hallal », c'est la permissivité face à l'arrogance de petites raclures de quartiers qui n'ont rien à voir avec la culture de nos ancêtres.

Et, je ne parle pas des Darwin de la plume universelle que sont des Nicolas Domenach ou Gilles Verdez, qui pensent que la France est encore un pays de lumière et un phare pour l'humanité. Il n'y a qu'à restaurer l'apprentissage du French Cancan à l'école et le tableau sera complet.

Ces imbéciles utiles au système ne se rendent même plus compte que ce auquel ils croient a, comme le Titanic, sombré il y a une centaine d'années. À ce jour, tout ceci n'est qu'un voile des illusions perdues. 

Une autre élite — les bobos

Qu'il semble désuet et hors d'age le combat de Coluche pour créer ses — les — « Restos du coeur », que me parait évanouis dans les temps, les coups de gueule d'un Daniel Balavoine contre le candidat Mitterand, ou sont les Jean Edern Allier de nos jours, et je désespère quand j'entends un suppôt du sarkozysme — Didier Barbelien — chantant les louanges d'un « Jean de France »... on voit bien qu'il n'a rien compris, cet idiot,) qui était et que défendait Jean Ferrat ! C'est une insulte à la mémoire de cet immense homme.


J'ai au moins eu le bonheur de connaitre et voir Trust et leur hymne antisocial qui n'est que plus vrai à ce jour et qui n'a pas pris une ride.

De nos jours, c'est tapis rouge pour l'abyssale bêtise transmise par un « Djamel de Bouses », ce sont « des fils et filles de » aux pseudo talents acquis et qui ont « pignon sur rue » ; ce sont d'ex faux rebelles qui font des pubs pour une banque, un réseau d'assurance, un lunettier ; c'est tout un « chaud bise » incapable de se battre pour de nobles causes et qui fait ainsi le lit des puissants.

Respect total à un Jean-Jacques Goldman qui s'est tenu hors de tout ce barnum une vie durant, refusant les strasses d'un Drucker ou les paillettes de TF1 ! Qui peut en dire autant maintenant ?



Destruction de la Nation

La France, celle que j'entends quand j'écoute encore Jean Ferrat, se meurt. Sous les coups de boutoir d'un Medef, d'une classe politique qui rend les monnaies de la pièce reçues en douce. C'est tout un système que l'on veut abattre, quelque soit l'angle choisi l n'y pas pas une lueur d'espoir. La lâcheté des possédants est confondante, et ceux qui ont encore tout à perdre sont ceux qui ont les poches désespérément vides. Et, pas un rayon de soleil à l'horizon pour que cela change.

L'urgence est là, et je crains qu'il est déjà bien tard pour que la machine fasse un petit pas arrière, ceci me paraisse compromis. Il n'y a qu'à voir comment les syndicats se sont couchés dernièrement devant les propositions du Medef et que dire des négociations à venir sur les retraites, ou ce sont les experts du Merdef qui ont torchés pour les gouvernants le « comment bien découpés les peuple ».

Un général de Gaulle n'aurait jamais laissé faire cela, la grandeur de cet homme ne l'aurait pas autorisé. Pour que la Révolution française ait eu lieu, il a fallu en passer par des souffrances et cela a pris bien longtemps, mais là, ceux qui sont censés être les porte-parole de la contestation populaire sont emmurés dans un silence assourdissant ! Depuis les années 70, nombre d'acquis ont été limés, rabotés, transformés voir sucrés. Pays livrés à tous les vents mauvais de l'économie mondialisée, on n'a pas besoin d’être de grands devins pour s'apercevoir que notre modèle — ou ce qu'il en reste — n'est pas pour plaire aux mains invisibles qui avides, en veulent toujours et encore plus.

Un peuple fautif et arriéré

Tout n'est pas non plus à mettre sur le dos des corrompus d'un système quasi totalitaire. Il est bon parfois de descendre à l'étage inférieur et d'y trouver aussi des coupables. Et ceci donne des sueurs froides. Tu as tout pour faire le plus grand ragout du dégout. Des hordes de crétins iphonisés qui vont acheter le dernier mobile à 500 boules par milliers. Que penser des flots de supporters applaudissant les plus dopés des dopés, les bouts de viande à 50 millions pièce qui tapent dans des balles, etc... et tout ceci grâce à de l'argent sale, ou provenant d'émirs qui financent un islam de barbares

Tu as les mêmes demeurés aux divers « festi-veaux ». À partir d'un moment si tu regardes en face la réalité tu te dis que bien des personnes méritent ce qu'elles subissent et que c'est presque tant mieux !

Au lieu de défendre les vertueux qui ont pour nom Bradley Manning, Julian Assange, Edward Snowden, les gars de Pirate Bay ou chez nous des José Bové, mes concitoyens préfèrent remettre en selle des Balkany, Tibéri en attendant Sarkozy.

À vomir, et je n'ai décidément plus rien à voir avec eux.

Quand il s'agirait de ne plus respecter ceux qui disposent de l'autorité d'un état fachisant, des millions d'âmes préfèrent se ruer sur le futil et l'inutile. Que faire avec cela ?

Par mauvaise fortune, par contrainte ou pas choix j'ai renoncé à tout ou presque : plus de moyens de transport pour ne pas payer de taxes ignobles et polluer, désormais à pied le plus clair du temps ou vélo, plus de marques siglées sur mes épaules ou à mes pieds, je cuisine peu de malbouffe (ou moins) plus tributaire d'une licence propriétaire, je suis un Linux user et fier, et ceux à qui je devais dire « merde » en face, je n'en ai pas eu peur, même si j'ai perdu des emplois. Mais je passe pour un extra-terrestre, ou un illuminé le plus clair du temps.

La goutte de trop — L'effet Meric

Fortuitement, rentrant avec junior d'une petite balade qui unit la famille, je me retrouve au milieu d'un groupe vociférant à qui mieux mieux la haine des fachistes et j'en passe. Oui, un jeune homme est mort, trop jeune, et pour une idiotie, une provocation de trop, une de celle qui tourne mal, comme on en voit trop dans les faits divers. Pour rien en somme. Et, que n'ai-je pas entendu comme bassesse sur le bord gauche de l'échiquier politique ? Tant de mauvaise foi — car la provocation venait bel et bien du camp du disparu — de toute la classe dirigeante colorée rose à rouge m'a profondément dégoûté.

On ne combat pas avec les méthodes dignes d'un Copé ou d'un Sarkozy, il faut faire preuve de plus de courage et de bravoure. Et, le seul que j'ai entendu en avoir, c'est Éric Zemmour homme gaulliste dans ce qu'il y a de plus noble.

C'est toujours la même histoire qui se répète avec cette gauche imbue d'elle-même et empêtrée dans ces certitudes de bien, tout incapable qu'elle est à ne pas voir les forfaitures de son histoire quand des Mitterand — qui m'avait donné un fol espoir en 81 — faisait poursuivre les Maghrébins jusqu'à ce que ceux-ci tombent à terre, ou quand un Blum ne lâcha ces grandes avancées sociales que sous la contrainte avant que tout ne lui explose à la figure. Des vertueux hormis Jaurès... il n'y en a jamais eu des tonnes, mais pour le folklore on ferme les yeux en passant aux lendemains que l'on espère joyeux.

Bilan

Alors c'est trop... trop de trop tard, trop de pas assez et trop de si peu du camp que j'ai toujours soutenu. Je vais sur d'autres chemins, je ne sais pas ou ils me mèneront, je vais voir du coté d'un François Asselineau ou de Nicolas Dupont-Aignan (en aucun cas il ne pourra y avoir un amour avec le centre, ou les ordures made in UMP)... mais pour moi ces gauches si « mal à droite » (enfin surtout pour le PS qui n'est qu'un parti de droite de plus, tendance Union Monétaire Profit — genre Cahuzac) c'en est fini, je tire le rideau.

À force de vivre d'espoir déçu, on reprend invariablement sa liberté un jour ou l'autre.

 

auteur yvance77

Repost 0
Published by L'archipélien - dans politique
commenter cet article
15 juin 2013 6 15 /06 /juin /2013 17:30

Naît-on écrivain par la grâce de Dieu ? Cette rengaine a beau dater, elle n'en demeure pas moins vive dans les esprits crédules, où elle persiste - en France plus qu'ailleurs - avec la vigueur d'une vielle superstition. Il n'échappe pourtant à personne que nul ne vient au monde plume en main, pipe au bec, la cervelle bardée de tournures chics et d'intrigues chocs. Écrire est un art qui, à l'instar de la musique, suppose de la technique. Alors foin d'atermoiements, allons au fait : comment « pimp »-t-on sa plume ?

Jusqu'au siècle dernier, l'enseignement dispensé par l'école républicaine – naguère plus respectée – conjugué à de nombreuses lectures – alors divertissement sans rival - constituaient l'ossature classique d'une écriture, d'un style, d'un sens du récit. C'est dans ce contexte grisonnant que les Etats-Unis, pris d'une de leurs fameuses pulsions de pragmatisme, ajoutèrent leur pierre à l'édifice : les ateliers d'écritures (writing workshops) se proposaient de prêter main forte à ceux qui manquaient de confiance, d'inspiration, en un mot de savoir-faire littéraire. Par le fait, le succès de ces établissements ne s'est jamais démenti outre-atlantique ; des écrivains de renom, tels Philippe Roth ou Kazuo Ishiguro, ont bénéficié de leurs enseignements.

En France, pays où l'élitisme bride souvent la création, le procédé dérangea d'entrée. Et pourquoi donc ? L'artiste y aurait-il ceci de commun avec Dieu qu'il serait cause de lui-même, voguerait dans d'inatteignables nuées et commettrait chef-d’œuvre sur chef-d’œuvre avec la désinvolture d'un Orphée ? Nieztche dénonça cette fable : « D’où vient donc cette croyance qu’il n’y a de génie que chez l’artiste, l’orateur et le philosophe ? Qu’eux seuls ont une « intuition » ? (…) tout ce qui est fini, parfait, excite l’étonnement, tout ce qui est en train de se faire est déprécié. Or personne ne peut voir dans l’œuvre de l’artiste comment elle s’est faite ; c’est son avantage, car partout où l’on peut assister à la formation, on est un peu refroidi. »

Tout est dit : si les écrivains français sont si rétifs à leur évocation, c'est que l'existence de tels ateliers révèle le côté artisanal, humain, et construit de leur « génie ». D'aucuns récusent même la qualité d' « écrivain » à ces « usurpateurs », en ce qu'ils seraient irrémédiablement marqués par les techniques prodiguées, aux dépens de leur propre personnalité littéraire. C'est oublier que les élèves n'aiment rien tant qu'à s'affranchir des maîtres. Que le mimétisme ne dure qu'autant qu'il y a quelque chose à mimer. Quand à la présence d'un professeur, jugée contradictoire à la démarche littéraire, elle n'a jamais fait débat en matière de sculpture, notamment dans les ateliers de la Renaissance ; en outre, ne sont-ce pas deux choses équivalentes que de suivre les cours d'un écrivain et de subir l'influence de ses lectures ?

Après un siècle de tergiversations, la France finit tout de même par lâcher de son leste dogmatique ; elle se range peu à peu à l'idée que l'écriture ne perd rien à ajouter un troisième pilier à son apprentissage. Et si la lecture demeure la condition sine qua non de toute création littéraire, on ne saurait négliger cet apport tout à la fois technique et psychologique que représentent les ateliers d'écriture. Pourvu, toutefois, que leur coût ne brave pas le sens commun, ainsi qu'il semble en être le cas chez Gallimard, où huit modestes séances vous seront monnayées à hauteur de 1500 euros. Soit l'achat de trois-cent livres de poche...

 

Auteur: Deming

Repost 0
Published by L'archipélien - dans document
commenter cet article
14 juin 2013 5 14 /06 /juin /2013 17:30

Ce qui se trame présentement contre le Venezuela ressemble en tout point à une offensive planifiée et sans retenue pour mettre un terme à la révolution bolivarienne et à l'intégration des pays latino-américains et des Caraïbes. À ce titre, la Colombie est une alliée indéfectible de Washington et des oligarchies nationales vénézuéliennes. L'ex-président Uribe et ses alliés d'extrême droite demeurent toujours actifs dans ce projet funeste et anti-démocratique.

Ce n’est pas d’aujourd’hui que le Venezuela est mis à l’épreuve des forces oligarchiques nationales et des politiques agressives de Washington. Depuis l’élection d’Hugo Chavez, en 1998, de l’adoption d’une nouvelle constitution , en 1999, d’une nouvelle élection présidentielle, conformément à la nouvelle constitution, en 2000, les anciens maîtres du Venezuela ne déragent plus. Oligarchies nationales, cupule ecclésiale et Washington serrent les rangs pour briser à sa racine ce nouveau régime.

Dès 2002, une première tentative de coup d’État qui n’aura duré que quelques heures aura mis au grand jour les adversaires de la révolution bolivarienne. On se souviendra qu’avec l’aide de certains hauts gradés de l’armée, l’oligarchie nationale prit le contrôle des lieux décisionnels de l’État. Chavez fut transporté dans un lieu secret et les principaux acteurs de ce coup militaire (le patronat, la hiérarchie ecclésiale, les représentants oligarchiques et les médias meanstream célébrèrent cette victoire, le temps que le peuple et une partie de l’armée, restés fidèles à Chavez, interviennent et mettent fin à la fête. Chavez est aussitôt localisé, libéré et ramené au poste auquel le peuple l’avait élu, à savoir celui de Président.

En 2004, selon une procédure prévue par la constitution, les opposants de Chavez font campagne afin d’obtenir suffisamment de signatures pour demander sa destitution. Un référendum a lieu et Chavez en sort encore plus fort. Il peut compter sur la majorité du peuple. À la même époque, mai 2004, 126 Colombiens, paramilitaires en mission au Venezuela, sont capturés. Ils avaient pour mission d’assassiner Chavez et de déstabiliser le gouvernement par des actions de sabotages. À cette époque, la Colombie est sous la gouverne d’Alvaro Uribe.

Cette guerre souterraine contre Chavez et la nouvelle démocratie, celle du peuple pour le peuple, n’a jamais cessé. Les oligarchies et Washington avec la collaboration de la Colombie ne décolèrent toujours pas.

En mars 2013, le président Chavez meurt d’un cancer bien mystérieux. Cette mort donne un nouvel espoir à ses adversaires, celui de reprendre le contrôle du pays et des richesses pétrolières. À ces objectifs s’ajoute également le sabotage des organismes régionaux d’intégration et d’unification des pays de l’Amérique latine et des Caraïbes. Il faut penser à UNASUR, MERCOSUR, ALBA, CELAC. Dans aucun de ces organismes ne figurent les États-Unis et le Canada.

L’élection présidentielle du 14 avril dernier donna gagnant Nicolas Maduro, le candidat désigné par Chavez. Sa victoire a été bien en deçà de ce que les sondages disaient, mais il en est sorti gagnant.

Une élection qui s’est déroulée dans un climat de paix et sous l’œil vigilant de plus de 300 observateurs étrangers. Une victoire, reconnue par tous des pays de l’Amérique latine. Les États-Unis sont le seul pays qui ne reconnaît pas les résultats de cette élection. En cela, l’Administration Obama apporte tout son soutien à l’opposition vénézuélienne sous la direction du candidat perdant, Henrique Capriles. Il faut préciser que ce dernier avait refusé, tant avant que pendant l’élection, de reconnaître les résultats de l’élection. Ces derniers jours, le Conseil électoral national a rendu publiques les conclusions de la révision totale des résultats de la dernière élection. À 99.009 %, ces résultats confirment ceux du 14 avril 2013.

Le soir des élections, le candidat perdant, Henrique Capriles a invité ses partisans à aller manifester et à exprimer leur colère. Ce fut le début de nombreux saccages dans des lieux publics, dans des centres médicaux, dans des locaux du Coneil national électoral et ainsi que de nombreux blessés et de plusieurs morts. La nuit du 15 avril demeurera une page tragique de l’histoire vénézuélienne.

« Dès l´annonce de Capriles, des groupuscules néofascistes déferlent dans les rues du pays. Des symboles du chavisme sont détruits, des militants attaqués et assassinés, des petits commerces sont saccagés et brûlés. On dénombrera 7 morts et 61 blessés, par balle pour la plupart. Cinq sièges régionaux du Parti socialiste Uni du Venezuela (Psuv) sont dévastés par les flammes, tout comme douze cliniques populaires où officient des médecins cubains.  »

Le 26 mai, Jos Biden arrive à Bogota pour une rencontre avec le président Santos. Il vient donner le signal d’une nouvelle offensive contre le Venezuela. En effet, à peine reparti de Bogota pour le Brésil, le président Santos reçoit officiellement Enrique Capriles, cet opposant qui n’a jamais voulu reconnaître les résultats de l’élection du 14 avril en dépit du fait que tous les pays de l’Amérique latine, y incluant la Colombie, les aient reconnus et que tous les observateurs internationaux en aient confirmé la pleine crédibilité. Capriles, c’est, également, celui qui a incité à la violence laquelle a fait plus de 63 blessés et 7 morts.

Le Venezuela est en colère. Les principes de bonne entende, établis en 2010 entre les deux gouvernements, viennent se heurter à un autre agenda qu’a la Colombie. Les médias meanstream trouvent la réaction du Venezuela exagérée et présentent l’événement comme quelque chose de normal et d’interne à la Colombie. 

Pour le président Maduro, il ne s’agit pas d’un événement normal, relevant de la seule souveraineté de la Colombie. Cette colère vient du fait que le président Santos était bien au fait des crimes de Capriles et qu’il sait pertinemment que la dernière élection, sanctionnée par le Conseil électoral national, instance suprême de validation de toute élection, est la référence à prendre en considération. D’ailleurs, ce même président Santos avait participé avec tous les membres d’UNASUR pour discuter des élections au Venezuela et de la légitimité du président Nicolas Maduro. Tous, sans exception, y compris Santos, avaient alors reconnu la validité de l’élection et confirmé leur soutien au nouveau Président.

Imaginons un seul instant que le Président du Venezuela reçoive officiellement le chef des groupes armés qui veulent renverser le gouvernement colombien ! Que se passerait-il alors de la part des autorités colombiennes et de ses alliés ? Ce serait, à n’en pas douter un motif suffisant pour couper toutes les relations diplomatiques entre les deux pays.

Ce n’est pas tout. Deux jours à peine après cette rencontre explosive, le président Santos annonce son intention de demander l’intégration de la Colombie à l’OTAN. Une autre intervention qui vient semer la confusion dans les relations des pays de l’Amérique latine qui ont déjà décidé de faire de ce territoire une terre de paix. Sur ce point précis de l’OTAN, je vous invite à lire cet excellent article d’Alberto Rabilotta.

 

Depuis, les évènements se succèdent.

D’abord deux groupes de paramilitaires colombiens ont été arrêtés, début juin, en sol vénézuélien. Leur mission devait les conduire jusqu’à Caracas pour y assassiner le Président et d’autres personnalités du gouvernement.

Vient par la suite cette information, transmise par le journaliste et ancien vice-président du Venezuela, Jose Vicente Rangel, à l’effet qu’une représentation de la opposition s’est rendue à San Antonio, Texas, pour y acheter 18 avions de guerre à être livrés sur une des bases militaire étasuniennes en Colombie.

Je termine ce survol d’évènements avec cette double information. La première porte sur l’audience privée que le pape François accordera au président Maduro, lundi, le 17 juin. Une rencontre à suivre de près.

La seconde est que trois représentants de l’opposition vénézuélienne seront reçus, deux jours plus tard, par le grand patron de la diplomatie vaticane. Il semblerait que ce soit pour réclamer la libération des soi-disant prisonniers politiques au Venezuela.

Ce dernier point met en relief les relations privilégiées qu’a cette opposition avec l’épiscopat et le nonce apostolique vénézuéliens. À ma connaissance, c’est la première fois qu’une telle requête est présentée par une opposition politique à un si haut niveau. En général, elle s’adresse à l’épiscopat national qui voit ou non la pertinence d’en saisir le Nonce apostolique et par la suite ce dernier décide de s’en faire ou pas l’avocat auprès des plus hautes autorités de l’Église. D’autant plus que le Venezuela n’a pas la réputation d’avoir des prisonniers politiques, à tout le moins, pas depuis l’arrivée de Chavez à la Présidence, en 1998.

On verra bien ce que la presse internationale va nous en dire de ces deux rencontres. Je vous promets que je vais y être attentif.

Il n’y a pas de doute que la presse internationale meanstream sera là pour recueillir les commentaires et observations de ces représentants de l’opposition. Sur la rencontre du Président avec le Pape, il faudra, sans doute, que des scribes de l’information alternative prennent la relève.

Bonne journée à vous tous et toutes qui avez eu le courage de me lire jusqu’à la fin

 

Oscar Fortin

Québec, le13 juin 2013

http://humanisme.blogspot.com

Repost 0
Published by L'archipélien - dans actualités
commenter cet article
13 juin 2013 4 13 /06 /juin /2013 17:30

Policiers et pompiers de Basse-Terre  étaient à la manoeuvre hier matin, à la rue du Docteur CABRE , au alentour de 9 heures .Objet de leur intervention : un véhicule stationné face au magasin Athlète Foot dont le réservoir troué menaçait d'une catastrophe la ville entiere. L'air environnant  était saturé par l'odeur du carburant  prenant à la gorge  passants et résidents.

 

Après avoir sécurisé les lieux  entre le carrefour du Moulin Blanc et le carrefour Chez Bady  par la pose de barrières métalliques  ,les  hommes du commissariat de la Ville - aidés des policiers municipaux  - demanderont aux commerçants de baisser  leurs rideaux afin d'opérer en toute sécurité.

 

Puis se sera au tour des soldats du feu  de procéder à l'enlèvement du  véhicule  en cause et  de débarrasser  la chaussée de tous rédidus de carburant  . Une heure plus tard la situation est revenue à la normale grâce à la maîtrise et à l'expérience de ces  professionnels ( hommes et femmes) chargés d'assurer la sécurité publique.

 

Prévenir vaut mieux que guérir:

 

Un grand bravo à la personne qui a  eu le reflexe de signaler le danger à la police. Basse -Terre a échappé de peu à une catastrophe, comme celle de la rue Peynier  qui avait causé la mort de plusieurs enfants et d'une mamie; c'était il y a une quinzaine d'années  .

 

Demeurant rue Maurice Marie -Claire ,à l'époque,  j 'ai encore en mémoire des images  de cet incendie meurtrier ;  il était  11 heures 35  et je me rappelle   avoir permis a une personne âgée dont le domicile était contigu au départ du feu d' avoir la vie sauve .

 

Les manoeuvres des premiers pompiers arrivés sur zone avaient été retardées par un câble  électrique sous tension tombé a terre .

 

En depit de cela ,un peu de présence d'esprit  de la part des intervenants professionnels aurait sans doute permis d' éviter le drame...

 

Quand j'ai quitté les lieux  sur injonctions des  forces de l'ordre ,  les flammes étaient si hautes qu'elles traversaient la chaussées et  léchaient  les lucarnes de l'immeuble en face ...Transformé  une demi heure après en brasier .

 

Lorsque j'ai voulu témoigner  de ce que j'ai vu , aucun service habilité n'a voulu  m'entendre. De sorte que je considère que le procès fait au colonel BAZIRE ( cadre pompier) ne m'a pas paru équilibré .

 

Repost 0
Published by L'archipélien - dans actualités
commenter cet article
12 juin 2013 3 12 /06 /juin /2013 18:27

L’avenir de l’homme

Qui sont ces deux êtres sur cette photo ?

Non, il ne s’agit pas du croisement d’un être humain et d’un hibou.

Non, les extraterrestres n’ont pas débarqués sur terre.

Non , il ne s’agit pas d’un jeune couple effrayé après avoir croisé une bande de skinheads.

Cette photo est juste le fruit du travail d’un professeur d’université à Washington, Alan Kwan, et d’un artiste, Nickolay Lamm, sur ce que pourrait être l’être humain dans 100 000 ans.

D’après le professeur, dans ce futur lointain l’homme aura domestiqué l’espace et il s’y rendra régulièrement. Les hommes auront des yeux bien plus grands car ils verront au-delà du Soleil et de la Terre. Cela les aidera aussi pour mieux voir dans l’obscurité. Avec le temps, nous serions même capable de cligner des yeux latéralement.

Le cerveau humain devrait continuer de se développer, ce qui aura pour effet d’augmenter visiblement la taille de nos têtes. On ne nous dit pas si cela rendra l’homme plus intelligent, et surtout, plus sage.

Grâce à la manipulation génétique, on pourra choisir le visage de son enfant. Toujours d’après le professeur Lamm nous privilégierons « des lignes fortes et majestueuses, un nez droit, de grands yeux intenses, et globalement, un visage harmonieux respectant les règles de symétrie gauche/droite ».

À priori tout le monde sera beau (pour leur époque bien sur). Au delà de l’apparence, tous ces changements auront un impact plus important sur le confort de l’être humain.

Une dernière caractéristique qui ne devrait pas satisfaire tout le monde .La pigmentation de la peau sera plus foncée, pour faire face et s’adapter aux rayons UV.

Mais je vais tout de même essayer de rassurer ceux qui risquent de cauchemarder en imaginant leur descendance avec de telles caractéristiques . Qu’ils se souviennent des années 70 et 80, et du monde merveilleux que devait être le XXIème siècle, un monde ou la pollution aurait disparu, ou le pétrole aurait été remplacé par des énergies on ne peut plus propre, ou la paix régnerait dans le monde, bref un monde idéal.

On voit ce qu’il en est 40 ans après.

On a plutôt le sentiment que l’on veut nous ramener avant guerre lorsqu’on entend certains politiques, voir au XIXème siècle,si l’on en croit les "réformes" qu’il faut adopter.

Alors vouloir prévoir ce qu’on sera dans 100 000 ans lorsqu’on se plante à ce point sur quelques décennies tient presque du comique. C’est pourquoi on a envie de dire à Mr Nickolay Lamm qu’il utilise l’argent de ses recherches pour des travaux qui seront plus utiles au bien-être de l’humanité.

 

 

Auteur Fatizo

Repost 0
Published by L'archipélien - dans anthropologie
commenter cet article
11 juin 2013 2 11 /06 /juin /2013 19:26

Les résultats des élections municipales de Terre de haut sont connus à 99 %, avant même  que le premier tour de scrutin n'ait lieu .Je ne vous donnerais pas le nom de la liste gagnante, histoire d'alimenter les supputations et les talents littéraires des corbeaux  saisonniers. Ce n'est pas etre devin que de dire que nous nous dirigeons vers  des élections municipales  faussement  démocratiques.

 

Dis moi qui tu crains je te dirais pour qui tu votes ?

 

Voici résumé en une phrase la  question centrale  de la comédie à venir ;  infranchissable ligne rouge  délimitant les affiliés de la gauche et de la droite les plus bêtes du monde  ; depuis des décennies ,ce modèle de pensée binaire -  yin et  yang à la sauce saintoise  pour faire court  - ne cesse d'alimenter  les antagonismes les plus désuets .

 

Malheur aux vaincus !

 

Ce serait offenser  l'orgueil et  "bon droit" des deux camps,  que de plaider  pour l'union sans arrières pensées de nos intelligences . La diversité des opinions  , les nuances n'ont pas leur place dans le coeurs de nos "notables municipaux fossilisés " . Pourquoi me soucierais-je  de travailler  pour l'intérêt général  là ou seule la sauvegarde de mes intérêts privés  prime ! C'est ce à quoi  pense le politique  une fois installé au pouvoir.

 

L' efficience  d'une politique au service de tous  voudrait que l'on tourne le dos  à cette personnalisation  du pouvoir ;cette caricature malsaine d'un camps contre un autre dans laquelle  le votant  se laisse enfermer masque bien évidemment  les vraies questions.

 

Je crois que le devenir de la communauté saintoise   se situe hors du champs du pouvoir politique .La viabilité du  vivre ensemble  passe  ,selon moi , par l'auto gestion  de la cité par les citoyens qui y résident. c'est la solution d'avenir pour mettre fin a une caste inefficace et  ringarde.

 

L'hypothèse de  constitution d'une liste de troisième voie résolument au dessus des clivages de droite et de gauche  contribuerait peut être , le temps d'une campagne, a  faire bouger un peu les lignes  .Mais, une fois les feux de cet amour éteints,  les forces d'inerties et les clivages claniques  feront que  Terre de haut  retrouvera son statut de commune reine de l'  absurde.

 

Il faut être atteint de cécité intellectuelle pour se payer deux fêtes des marins pêcheurs, durant le même week end ,sur une languette de basalte d'à peine quatre kilomètres carrés .

 

A tous les échelons, les hommes politiques ayant montré leur inutilité , il revient désormais  aux citoyens de se saisir des sujets qui les concernent .

 

Je ne crains pas d'affronter  les réactions de la droite et de la gauche ,  comme tout citoyen  sans os ni maître  ...L'expérience m'a enseigné de  moins redouter  le "diable" qui s'affiche clairement que le fourbe qui se cache derrière le flatteur .

 

Oui, j'ai voté Hollande à la présidentielle ! Non , je n'ai pas renoncé à ma liberté de conscience.

Repost 0
Published by L'archipélien - dans politique
commenter cet article
10 juin 2013 1 10 /06 /juin /2013 17:30
Jean-Marc Ayrault (Reuters/Charles Platiau)

Dévoré par les médias, L’homo politicus serait en voie d’extinction selon Christian Salmon. Ou quand la performance médiatique traduit l’impuissance politique. Entretien.

Depuis son livre Storytelling, la machine à fabriquer des histoires, paru en 2007, l’écrivain Christian Salmon analyse comment la scène politique a substitué l’art de la mise en scène (stage craft) à l’art de gouverner (state craft). Dans son nouvel essai, La Cérémonie cannibale – De la performance politique, il prolonge ce travail de déconstruction de l’exercice de l’Etat, désormais sans souveraineté.

La moralisation de la vie politique, la transparence des patrimoines des élus : comment, dans le contexte d’une transformation profonde de la condition politique, sujet de votre nouveau livre, interprétez-vous cette nouvelle obsession ?

Christian Salmon - Lorsque la gauche cesse de faire de la politique, elle fait appel aux valeurs pour se distinguer de la droite. Faute de proposer une alternative politique crédible, elle se paie de mots, de valeurs abstraites et adopte des postures moralisatrices qui sont constamment démenties par les faits. Tartuffe était socialiste. Le deuxième septennat de François Mitterrand a été empoisonné par les affaires. Baudrillard parlait de la gauche divine dans les années 80. A trop se vouloir “divine”, exemplaire, irréprochable, la gauche au pouvoir finit toujours en enfer. C’était l’affaire DSK hier, c’est l’affaire Cahuzac aujourd’hui. Mais loin de faire une analyse politique de ses erreurs, le PS s’enferme dans le cercle vicieux de la moralisation : faute, expiation, réparation. On accable le fautif et on adopte dans l’urgence de nouvelles règles qu’on brandit comme une preuve de la moralisation en cours. L’affaire de la publication du patrimoine des ministres en est un exemple. C’est une règle que pratiquent déjà la plupart des pays européens. La France ne fait donc que rattraper ses voisins. Mais le contexte dans lequel est adoptée cette mesure transforme une règle “banale” en une réponse exceptionnelle à des faits eux-mêmes considérés comme “hors norme”. Jusqu’à la prochaine incartade !

La gauche perd-elle ses repères avec l’affaire Cahuzac ?

Qu’est-ce qu’être de gauche aujourd’hui ? Qu’est-ce que gouverner à gauche ? C’est une question que nous devons adresser à ceux que nous avons élus mais aussi à nous-mêmes lorsque nous votons pour “la gauche”. Pour Deleuze, c’était une question de perception. “Percevoir d’abord le monde” dans sa globalité : “Savoir par exemple que les problèmes du tiers-monde sont plus proches de nous que les problèmes de notre quartier”, ce qui est devenu évident avec le réchauffement de la planète et le débat sur les OGM qui se prolonge désormais, faute d’être traité, jusque dans notre assiette. Tous les problèmes auxquels sont confrontés les gouvernements se posent à une échelle mondiale ou européenne, qu’il s’agisse des stratégies des grands groupes industriels, de la transition énergétique, du problème des dettes souveraines ou des paradis fiscaux. Dans l’affaire de Florange, l’Etat a fait la preuve de son impuissance mais il a été aussi ridiculisé par Mittal. François Hollande a pu dire de monsieur Mittal qu’il n’avait pas de surmoi. La vérité, c’est qu’il est le surmoi de Hollande. La gauche n’a jamais affronté la question de la souveraineté nationale et du rôle de l’Etat. La mondialisation néolibérale a déconstruit l’Etat, elle l’a vidé peu à peu de ses pouvoirs et de ses prérogatives.

Plus le politique est impuissant, plus il est volontariste, dites-vous dans votre nouveau livre.

C’est ce que j’appelle le “paradoxe du volontarisme impuissant”. L’Homo politicus fait sans arrêt appel au volontarisme et au potentiel des individus. Il a recours à la rhétorique de la rupture et du changement. Il rejette l’expérience passée pour affirmer sa foi vide en un avenir hypostasié mais sans projets, sans vision. Le changement se suffit à lui-même. “Le changement, c’est m aintenant !” “Yes we can !”… C’est l’apologie du changement pour le changement. La posture du volontarisme est la forme que prend la volonté politique lorsque le pouvoir est privé de ses moyens d’agir. Si cette volonté n’a plus les moyens de s’exercer, le volontarisme ne peut pas être suivi d’effet. Il faut donc qu’il redouble d’intensité, qu’il s’affiche avec plus de force pour se recrédibiliser, démonstration qui va accentuer encore le sentiment d’impuissance de l’Etat.

La place de l’idéologie et des valeurs est-elle vraiment marginale dans cette nouvelle (dé)configuration de la condition politique ?

L’idéologie est le discours qui ordonne et hiérarchise des objectifs politiques. Cela suppose que l’on a les moyens de mettre en oeuvre ses objectifs selon un certain agenda politique. Cela suppose aussi que l’on a certaines marges de manoeuvre, ce qu’on appelle la souveraineté nationale. Depuis trente ans, l’Etat néolibéral s’est dessaisi de ses prérogatives par des abandons de souveraineté. L’Etat fuit de partout. Vers le bas, il abandonne ses compétences aux régions ; vers le haut, il a cédé à l’Europe le contrôle de ses frontières et le pouvoir de battre monnaie. Il subit la pression des agences de notation et des marchés financiers et s’est condamné à seulement observer les multinationales déplacer les pions de leurs investissements. Il subit la concurrence des pays émergents et a soumis sa politique de défense à l’Otan.

Est-ce une crise de la souveraineté ou bien une période transitoire avec une souveraineté en pleine transformation ?

La souveraineté est un processus complexe, un dispositif à double détente. Une puissance d’agir détenue par le roi ou le souverain et une certaine symbolique de l’Etat. Le dispositif de représentation est ce qui lui permet de se maintenir, d’être présente dans l’espace et le temps, c’est-à-dire dans la continuité du royaume sans avoir à s’exercer. La symbolique du pouvoir, c’est le relais indispensable de la puissance, c’est la persistance rétinienne de la souveraineté. On affiche les portraits du roi, on raconte les récits de la vie à la cour, on imprime son visage sur les billets de banque. On règle ses apparitions publiques, les cérémonies du pouvoir. C’est cette double réalité que la mondialisation néolibérale et la construction européenne ont disloquée. Maastricht c’est la fin du pouvoir de battre monnaie, et Schengen la fin du contrôle des frontières – les deux piliers de la souveraineté nationale depuis la naissance des nations. Résultat de cette dislocation : l’action est perçue comme illégitime et la parole de l’Etat et sa signature ont perdu toute crédibilité.

Nous vivons donc une crise de croyance générale…

Une crise de crédibilité de la parole publique, une crise de confiance dans la signature de l’Etat. L’affaire Cahuzac est un précipité chimique de cette double crise puisque l’homme qui ment devant l’Assemblée nationale et “aux plus hautes autorités de l’Etat” est aussi de par sa fonction de ministre du Budget le gardien des finances publiques, et donc le détenteur de la signature de l’Etat. C’est pourquoi cette affaire est politiquement sensible et non pas seulement moralement condamnable.

Qu’est-ce qui a changé avec l’apparition d’internet et des technologies de l’information ?

L’explosion des réseaux sociaux comme Twitter, l’apparition des chaînes du tout-info ont pulvérisé le temps politique. La course à la mobilisation des audiences s’est accélérée. Nous vivons dans une ébullition informationnelle qui interdit toute prise de distance, toute délibération. Avec la télévision par câble, l’Homo politicus est soumis à une obligation de performance vingt-quatre heures sur vingt-quatre et sept jours sur sept. Internet le plonge dans un espace performatif où chacun doit imposer son récit. L’homme politique n’a plus le monopole du récit national. Toute la symbolique du souverain s’effondre ; l’incarnation du royaume dans la personne du roi va être remplacée par une exhibition sans répit de l’homme politique. De Clinton à Sarkozy, en passant par Blair, Bush et Obama, apparaît sous la loupe des nouveaux médias un chef d’Etat surexposé, proche jusqu’à l’obscène, omniprésent jusqu’à la banalisation, et dont la téléprésence confine à la dévoration médiatique. On est passé de l’incarnation à l’exhibition, du double corps du roi au corps augmenté des téléprésidents. C’est le corps en sueur d’un Sarkozy. C’est le corps spectral d’un Berlusconi. C’est le corps amaigri d’un Hollande. C’est la longue silhouette d’un Obama, aussi fine qu’un logo. Les hommes politiques se virtualisent, deviennent des sortes d’anges numériques, de valeurs boursières, dont la cote dans les sondages est extrêmement volatile. Ils sont soumis à une obligation de performance. Ils doivent changer la perception que les gens ont de l’efficacité de l’action politique.

Vous opposez donc la performance à la démocratie ?

Selon Foucault, la démocratie, c’est un certain état de la délibération publique, les conditions d’un “parler vrai”, d’un dire vrai que les Grecs nommaient la “parrêsia”. Ce n’est pas seulement un problème d’honnêteté mais aussi un problème d’acoustique, de réglage des conditions d’exercice de la parole publique. La démocratie suppose le droit de parler librement mais aussi la possibilité de convaincre, d’exercer son ascendant. C’est un acte de vérité politique qui passe par la discussion, le dissensus, ce qui suppose un certain courage. Mais Foucault nous alertait : la parrêsia n’est pas la performance. La performance politique est un dispositif qui permet à un énoncé de se réaliser. Il suppose le consensus, pas le dissensus. Et donc de se rallier à l’état de l’opinion, ce qui implique une attitude de flexibilité, d’adaptation, pour ne pas dire d’opportunisme.

De purs actes démocratiques sont-ils encore possibles ?

Lorsque Christiane Taubira ramène le débat sur le mariage pour tous des chaînes du tout-info vers le Parlement, et qu’elle déploie en son enceinte un langage de vérité et de conviction, elle opère un changement de scène et de paradigme politique qui relève du réveil démocratique. Lorsque Foucault parle de la crise du politique dans les démocraties athéniennes au tournant du Ve et du IVe siècle avant J.-C., il évoque le changement de la scène politique ; on passe de l’agora à l’ecclesia, de la place publique à la cour du souverain. Jean-Luc Mélenchon a choisi de faire le chemin inverse pendant sa campagne de 2008, il ramenait le débat sur la place publique. Ses discours en faveur des étrangers ont opéré un puissant changement de paradigme par rapport à l’instrumentalisation par la droite du débat sur l’identité nationale. Cela supposait du courage. Et cela fut entendu. C’est toute la différence entre l’événement et la performance. Jacques Derrida en parlait très bien : une performance, c’est un acte “citationnel”, qui reproduit à l’identique les conditions et des paroles reconnaissables. L’événement, lui, surgit et fait surgir des images nouvelles, des langages inconnus. Il surprend le narrateur au cours de son récit comme la terre au loin apparaît au navigateur. C’est ce que ne comprennent pas la cohorte des communicants qui ont envahi les bureaux des ministères. Ils singent l’événement. Ils courent après leur propre message. Ce sont des navigateurs immobiles.

Que devient la communication dans cette désacralisation de la fonction politique ?

Plus l’Etat est “insouverain”, plus les communicants prennent de l’importance et cannibalisent le politique. Dans son livre sur les sociétés sans Etat, Pierre Clastres définissait le rôle du chef comme une autorité sans pouvoir, une parole sans pouvoir de commandement. Il le définissait comme un mannequin du pouvoir. L’Etat ayant perdu beaucoup de ses prérogatives, le chef d’Etat est de plus en plus un homme qui parle, raconte des histoires. Ses missions régaliennes ? Rassurer, redonner confiance, conjurer la spirale de l’incrédulité. Avant, un ministre était entouré de conseillers techniques ; aujourd’hui, il vit et travaille surtout avec son chargé de communication ; plus de 50 % de son temps est consacré à occuper une place dans les médias. Une logique de “réapparition” spectrale, de persistance et de survie médiatique. La puissance de la communication est l’envers de l’impuissance politique.

La communication politique seraitelle ainsi un vice de la démocratie ?

Ce n’est pas un vice mais simplement un effet de système. Il faut des personnages qui règlent la performance ; vous ne faites pas une pièce de théâtre sans éclairagiste ; ce ne sont pas seulement des conseillers, des gourous, des Raspoutine qui donnent des recettes et rédigent des éléments de langage mais des metteurs en scène, des prestidigitateurs dont la mission est de faire réapparaître le spectre des hommes politiques menacés de disparition. La scène de cette dévoration c’est la télévision et ses apparitions y sont attendues, guettées, comme celles d’un fantôme ou d’un revenant. D’où la régie scrupuleuse qui préside à la mise en scène de cette cérémonie cannibale dans laquelle apparition et dévoration vont de pair. En vérité, l’homme politique est peut-être en train de disparaître. Non pas à la sauvette, ni même de manière lente et inaperçue, comme l’extinction d’une espèce. Il disparaît au vu et au su de tous, au comble de son exposition, dans une surexposition médiatique par une sorte de dévoration. Pour paraphraser une formule de Martin Amis, on pourrait dire de lui “He has vanished into the front page”. Il a disparu à la une.

Recueilli par Jean-Marie Durand et Serge Kaganski

La Cérémonie cannibale – De la performance politique (Fayard), 154 p., 12 €

le 28 avril 2013 à 12h00
Repost 0
Published by L'archipélien - dans actualités
commenter cet article
9 juin 2013 7 09 /06 /juin /2013 17:30

Jadis, les enfants avaient grand espoir (souvent avec raison) de vivre dans de meilleures conditions que leurs parents. Depuis de nombreuses années, cet espoir s’est progressivement dissipé et l’avenir de nos enfants et de nos petits-enfants s’assombrit de plus en plus.

Cette dynamique s’insère dans le cadre du processus de tiers-mondialisation de la planète engendré par la mise en œuvre des politiques néolibérales depuis le début des années 1980. Comme souvent dans l’Histoire, la France est à la pointe du mouvement.

Les statistiques s’accumulent révélant le sous-développement graduel de notre pays. Dans un précédent article « La France en marche vers le Tiers-Monde ? »[i],  j’ai montré que, selon les résultats publiés dans le Rapport sur le développement humain 2013, par le Programme des nations unies pour le développement (PNUD), la France s’enfonçait inéluctablement dans les tréfonds du classement des nations selon l’indicateur du développement humain (IDH).

 Le processus de sous-développement de la France semble devoir perdurer si l’on en croit le magazine The Economist. En effet, ledit magazine publie un classement des pays où il fait bon naître au cours d’une année donnée. Ce classement est fondé sur un indice calculé sur la base de 11 indicateurs : « certains sont des facteurs fixes, tels que la géographie, et d’autres ne changent que très lentement au fil du temps (démographie, de nombreuses caractéristiques sociales et culturelles), et certains facteurs dépendent des politiques et de l’état de l’économie mondiale »[ii].

L’indice tente « de mesurer quels pays vont fournir les meilleures opportunités pour une vie saine, sûre et prospère dans les années à venir »[iii] pour un bébé de l’année. Il apparaît intéressant de comparer les résultats du classement de 2013 avec ceux de 1988, un quart de siècle auparavant. Le tableau ci-dessous retrace l’évolution du rang en 2013 des vingt premiers pays du classement de 1988.

PNG - 12.2 ko
Le meilleur endroit pour naître

En 1988, il faisait bon naître aux États-Unis (1er) et en France (2ème) certainement en raison des perspectives futures de haute qualité de vie. Parmi les vingt premiers du classement on retrouve, sans surprise, les pays développés appartenant à l’OCDE.

 Vingt-cinq années plus tard, le classement est bouleversé. Les premiers de la classe ont sombré dans les profondeurs du classement. Le naufrage le plus important est celui de la France qui passe de la 2ème position à la 26ème soit une chute de 24 rangs… qu’on ne saurait évidemment imputer aux Présidents qui se sont succédés à la tête de notre pays pendant la période envisagée : François Mitterrand, Jacques Chirac, Nicolas Sarkozy et François Hollande. À la limite on pourrait dire qu’ils sont responsables, mais pas coupables. Les coupables sont, in fine, les électeurs qui, par leur vote, les ont portés au pouvoir. À l’instar de l’entreprise, la démocratie moderne est caractérisée par une relation « d’agence » dans laquelle le « principal » (actionnaire - électeur) délègue son pouvoir à un « agent » (PDG – élu) afin que celui-ci gère au mieux des intérêts dudit principal : l’entreprise ou l’État. Le risque est grand que le principal s’éloigne de sa mission initiale pour gérer l’institution au mieux de ses intérêts propres et de ceux de ses amis, de ses obligés, de ses sponsors… et ce, d’autant plus facilement que l’agent bénéficie d’une asymétrie d’information par rapport au principal. L’instrumentalisation de la relation d’agence politique par les agents-élus est au cœur du déclassement de la France.

À titre de consolation, on peut constater que notre dégringolade a été accompagnée par celles du Japon (- 19 places), du Royaume-Uni (- 19 places), de l’Italie (- 17 places) et des Etats-Unis (- 15 places).

Par contre, des petits pays (Suisse, Nouvelle Zélande…) ainsi que ceux du Nord de l’Europe (Norvège, Suède, Finlande…) progressent dans le classement. Il est à noter qu’un seul membre de la zone euro est présent dans les dix premiers en 2013 : les Pays-Bas (8ème).

Que faire ? Émigrer vers des pays bien classés pour que nos enfants et nos petits enfants aient des chances de bien vivre ? Pour cela, il faudrait fuir notre pays. D’aucuns l’ont fait pendant la dernière guerre, mais d’autres sont restés pour résister jusqu’à la victoire, pour élaborer et proposer ensuite un projet susceptible de générer des jours heureux pour eux-mêmes et pour leur descendance.

 

auteur : Bernard CONTE


 

Repost 0
Published by L'archipélien
commenter cet article
8 juin 2013 6 08 /06 /juin /2013 19:07

Il y a plus d’un demi-siècle, les observateurs du monde évoquaient le développement des sociétés avancées autour du complexe militaro-industriel. L’objectif s’insérant dans un ordre géopolitique d’affrontement des puissances et bien entendu la guerre froide en premier lieu. En fait, les pionniers du complexe militaro-industriel furent le Japon impérialiste et l’Allemagne nazie. Les Etats-Unis ont dû alors plus que doubler la mise sous Roosevelt pour l’emporter contre l’Axe. 70 ans plus tard, la guerre froide est loin derrière alors que l’axe du mal est devenu fluide pour ainsi dire. Fini les Etats militarisés, place aux nébuleuses désignées comme terroristes, traquées par les drones mais aussi surveillées lorsque ces nébuleuses sont pressenties par les agences de l’Etat parano au sein même du territoire. Voilà pourquoi nous parlerons d’un complexe numérico-industriel.

Le journal britannique progressiste Guardian vient de se procurer un document secret où il apparaît que la non moins secrète agence NSA a développé le programme PRISM pour espionner les citoyens américains à partir du Net et plus précisément de données fournies par les majors du numérique que l’on connaît bien. Juste un mot sur cette NSA fondée en 1952 par Truman pour des raisons de renseignement militaire et qui a vite dérivé pour devenir une agence qui surveille tout, grâce à ses relais satellitaires et ses filiales parsemées sur le globe. Depuis le 11 septembre, la surveillance a été renforcée mais comme certains parlementaires sont taquins, pour ne pas dire sourcilleux des garanties individuelles, GW Bush aurait répondu en 2007 que la surveillance non autorisée avait cessé. Mais depuis 2008, il semble que sous l’administration Obama ce petit jeu ait continué au point de s’intensifier avec les nouveaux réseaux. Ainsi, deux troubles-fêtes, les sénateurs Widen et Udall, eurent l’outrecuidance de demander récemment combien de citoyens avaient été espionnés par la NSA. La réponse de l’administration fut des plus claires, puisqu’il n’y eut pas de réponse. On croit savoir pourquoi. La NSA ne peut pas espionner les gens puisque la NSA, contrairement à la CIA ou au FBI, n’a pas d’existence officielle.

Ce qui n’a pas empêché le Guardian d’avoir accès à une note Powerpoint à usage interne et spécifiant les modalités de ce programme qui permet d’entrer dans les serveurs Internet et d’accéder à diverses informations comme des mails échangés, des fichiers téléchargés, des requêtes effectuées, des historiques de pages consultées, des chats et autres données partagées sur les forums avec bien évidemment les adresses IP. Les entreprises qui « collaborent » ont pignon sur le Web ; elles sont très connues et même appréciées par les Internautes. D’après les infos du Gardian, voici les entreprises qui collaborent avec leur date d’entrée dans le dispositif.

2007, Microsoft. 2008, Yahoo. 2009, Google, Facebook, Paltalk. 2010, Youtube. 2011, Skype, AOL. Fin 2012, Apple. La liste étant amenée à s’étendre. Interrogés par le Gardian, les responsables de ses entreprises ont juré qu’elles ne participaient pas à ce programme d’espionnage ou alors, si c’est le cas, c’est vraiment à leur insu. Mais on ne sait pas comment il faut entendre cela car il y a l’insu authentique et l’insu de son plein gré. D’ailleurs, Microsoft, la première compagnie sur la liste, avait déployé comme slogan, votre sécurité est notre priorité. Ce qui ne l’empêchait pas de communiquer (comme d’autres compagnies) des données mais sur des bases légales, sans pouvoir s’y opposer dès lors qu’une demande officielle et justifiée par les autorités est formulée. Or, ce qui est semble-t-il nouveau, c’est que la NSA peut entrer dans les serveurs pour collecter des données, un peu comme au temps du KBG, les agents soviétiques pénétraient dans n’importe quel domicile sans avoir de justificatif à fournir. Un autre billet du Gardian évoque les propos d’un ancien de la NSA déclarant que ce qui s’annonce est d’une ampleur systémique qui défie l’imagination. Ce qui n’a rien d’étonnant pour qui connaît la puissance atteinte par les processeurs et les mémoires d’ordinateur.

Maintenant, que la NSA puisse agir ainsi ne nous étonne guère à l’ère de l’hyper surveillance et du fascisme numérique. Si les informations livrées par le Guardian s’avèrent exactes, alors ce devrait être une sacrée bombe médiatique outre-Atlantique, à moins que les citoyens et les médias de masse aient définitivement abdiqué face aux libertés fondamentales. Ce qui serait le signe d’un tournant inquiétant de la civilisation. Et en France, sommes-nous protégés d’une telle éventualité ? Allez, espérons qu’un député taquin s’amusera à poser la question au gouvernement lors des séances du mardi ou mercredi. Quant à Obama, sans doute certains doivent regretter de lui avoir accordé le Nobel de la paix…

Auteur    Bernard DUGUE


Sur le même thème

Repost 0
Published by L'archipélien - dans politique
commenter cet article

Profil

  • L'archipélien
  • Le monde est dangereux non pas à cause de ceux qui font le mal, mais à cause de ceux qui regardent et laissent faire” Einstein.
  • Le monde est dangereux non pas à cause de ceux qui font le mal, mais à cause de ceux qui regardent et laissent faire” Einstein.

Archives