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15 juillet 2013 1 15 /07 /juillet /2013 18:49

En une vie ?

Dans un monde où règnent encore, sur certains territoires, la famine, la misère, le désarroi, comment certains peuvent-ils être aussi riches ? Certaines fortunes frisent l'indécence, elles nous font voir un luxe éhonté, des patrimoines qui se comptent en millions, voire en milliards d'euros...

On peut bien parler d'indécence, quand des chômeurs ou même des salariés en France ont des difficultés à se nourrir, à se loger, à survivre...

On étale, à la une des grands journaux, la fortune d'un certain Bernard Tapie et il n'est pas le seul dans ce cas, bien sûr : hôtel particulier, villa de luxe à Saint Tropez, manoir, plusieurs appartements, jet privé, yacht de grand prestige, une multitude de comptes en banque...

Dans notre pays lui- même, la misère côtoie un monde où domine l'argent facile, car l'argent génère toujours plus d'argent : en louant son yacht de luxe à de riches clients, Bernard Tapie doit aussi engranger énormément d'argent...

Les inégalités et les écarts de fortune ont toujours existé mais cet étalage génère un malaise : on se dit que notre monde n'est plus à la hauteur des attentes...

Peu importe, au fond, que Bernard Tapie gagne autant d'argent mais comment se fait-il que d'autres n'aient rien ?

Comment se fait-il que d'autres soient privés de tout et même du nécessaire ?

Dans quelle société vivons-nous ? Une société qui reste fondamentalement inégalitaire, et qui ne laisse que peu de chances aux plus démunis...

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Une société où il faut se battre, sans cesse, pour ne pas perdre des droits acquis, une société qui frappe de plein fouet les plus pauvres, les plus fragiles : si les prix du gaz, de l'électricité, des loyers augmentent, qui en pâtit, qui en supporte les conséquences ?

Une société où il ne fait pas bon être chômeur, en fin de droits, un monde où il faut lutter pour préserver des droits qui s'amenuisent.

Si des écarts scandaleux existent, c'est aussi que la société les entretient, les cultive : pour éradiquer ces injustices flagrantes, quelle est la solution ?

Sûrement pas celle de l'austérité car celle-ci pèse sur les plus pauvres... c'est eux qui en payent le prix, c'est à eux qu'on demande toujours des sacrifices...

Au fond, le monde n'évolue guère, il aurait plutôt tendance à régresser tant les écarts se creusent entre les plus riches et les plus pauvres...

Comment peut-on être aussi riche alors que d'autres sont si pauvres ?

 

auteur : Rosemar

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14 juillet 2013 7 14 /07 /juillet /2013 18:41

J’ai tout largué y compris les amarres !

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Mouillage gratuit au Sud du Portugal.

640 jours !

Voilà 640 jours que nous avons quitté Paris, nos familles, notre travail, nos amis...
Après en avoir rêvé pendant toute une vie j'ai vendu tout ce que j'avais pour acheter un voilier et je suis parti avec femme, enfant et chat. Un peu d'argent pour tenir quelques mois et dix doigts dont je sais me servir et sur lesquels je comptais pour regarnir la caisse de bord quand son niveau plonge sous celui de la mer.
 
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C’est encore loin ?

La décision de changer pour une vie de romanichelle n'a pas été facile à prendre. Et encore moins à faire accepter à ma femme. D'autant qu'entre temps une petite fille a rejoint le clan familial, ce qui, aux yeux de ma femme, rendait le projet quasi-impossible. Il m'a encore fallu quelques années pour la convaincre, d'autant que notre expérience du bateau était pratiquement nulle, à part quelques ronds dans l'eau sur un petit bateau pendant les vacances. Et c'est avec une fillette de cinq ans que nous avons enfin largué les amarres.

 
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Des kilomètres à pieds.

Il a aussi fallu lutter contre ceux qui veulent vous convaincre de laisser tomber. La famille qui s'inquiète et qui voudrait voir grandir notre fille. Ceux qui vous explique que c'est un suicide professionnel, qu'on ne retrouvera pas de travail à notre retour, qu'on sera catalogué "inapte au travail". D'autres qui nous ont expliqué que nous finirions clochards dans un pays pourri, que rien ne vaut la France etc, etc, etc... Et encore nous ne leur avions pas dit que nous ne comptions pas rentrer en France mais chercher un endroit pour vivre où nous serions mieux et qui nous donne plus d'espoir pour l'avenir de nos enfants. Nos enfants car depuis notre départ un petit garçon est venu rejoindre l'équipage. Encore une occasion pour nos familles de nous dire : "Bon. Maintenant, avec un bébé, vous allez arrêter vos conneries et rentrer ?".

 
Bref une utopie... De la folie... Mais la folie n'est-ce pas plutôt de passer trois heures par jour dans les transports en commun pour aller gagner quelques pièces ? Un peu d'argent, de quoi faire garder notre fille pendant que nous bossons alors que nous rêverions de la voir grandir. Et pour s'acheter le dernier téléphone parce que la pub nous explique qu'il est indispensable et que si nous ne l'avons pas nous ne sommes que des cons. C'est vrai qu'il est bien, il y a même un programme qui nous dit ce qu'il ne faut pas rater à la télé ce soir. Il faut dire aussi que l'anormalité poussait en nous depuis longtemps. On l'avait déjà jeté il y a pas mal d'années cette foutue boite à images...
 
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Des copains qui nous accompagnent souvent.

Donc on a vendu tout ce qu'on avait accumulé comme objets, bidules, véhicules et autres, on a acheté un beau voilier d'occasion que nous avons préparé pendant cinq mois et nous voilà partis.

 
Au programme rien de spécial. A chaque étape nous décidons quelle sera la suivante. Pas question de foncer vers les Antilles comme la plupart des bateaux voyageurs mais au contraire prendre notre temps. Si on n'aime pas un endroit on repart le lendemain. Si ça nous plait on reste un peu plus. On est même resté deux mois dans un village portugais où on s'est senti bien, accueilli et accepté par toute la population. A ce sujet, c'est incroyable mais la solidarité existe encore ! Nous la rencontrons presque tous les jours. Un personne rencontrée deux heures qui nous prête sa voiture pour que nous puissions découvrir l'arrière pays, les pêcheurs qui nous offrent du poisson, les exemples sont si nombreux que les lister remplirait un livre. Et quand on vous aide gratuitement, comme ça pour le plaisir, mais tellement que vous ne pouvez rien faire pour rendre la pareille, le jour où vous pouvez à votre tour aider quelqu'un vous le faites. Et ça crée encore du bonheur ! Et le bonheur attire le bonheur. Et notre vie parisienne si morose est devenue d'une richesse impossible à décrire. Nous croisons parfois des gens qui ont fait des choix de vie comme le nôtre et il n'y a qu'avec eux qu'on arrive à se comprendre, à partager certains sujets.
 
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Recoudre une voile, c’est long mais pas cher.

Nous vivons maintenant de peu de choses, ce qui m'aurait paru impossible il y a encore quelques années. Nous pêchons, cueillons, échangeons... Nous rencontrons beaucoup de gens, créons des amitiés sincères car basées sur aucun intérêt particulier. Nos journées passent entre la scolarité de notre fille que nous faisons nous-mêmes (au passage on évite les théories du gender et autre folie actuelle), l'entretien du bateau qui est devenu un membre à part entière de la famille et pas le moins chronovore, les rencontres avec les amis, les visites des lieux que nous traversons, l'avitaillement et la recherche de nourriture. Sans compter les coups de mains que nous donnons à droite à gauche... Dire que nos amis restés en France nous imaginent en train de glander dans le cockpit, sous le soleil. Nous n'avons pas une minute à nous ! Tout le temps débordés mais notre vie a gagné en intensité.

 
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Un repas gratuit mais excellent.

Nous sommes aujourd'hui dans un modèle décroissant sans avoir l'impression de nous priver pour autant. Notre électricité est celle produite par nos panneaux solaires. Une douche nous coûte entre dix et douze litres d'eau. Nous avons un vieil ordinateur, plus de téléphone, troquons, ne mangeons que les légumes de saisons et achetés au paysan du coin. Quel plaisir de bricoler un truc avec un vieux bout récupéré dans l'eau. J'ai plus de plaisir à me servir de mon palan artisanal que j'en avais à utiliser mon smartphone dernier cri.

 
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Vue sur notre jardin le soir.

Je sais que vous aussi vous avez au fond de vous un vieux rêve impossible. Et bien j'ai une bonne nouvelle pour vous : il est tout sauf impossible. Foncez ! accomplissez-vous ! N'attendez surtout pas votre retraite pour le faire, il n'est pas sûr que ça existe encore la retraite d'ici là. Ni que vous ayez encore la force, le courage ou le temps pour le faire. Ne croyez surtout pas ceux qui vous disent qu'il n'y a qu'une vie et qu'elle se résume à métro, boulot, dodo...

 
Et si un jour vous vous lancez dans votre rêve, envoyez-moi un petit mail pour me le raconter, ça me fera sincèrement plaisir.
 
Pour suivre notre histoire ou nous contacter : www.opalula.com.
Auteur :Chalau
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12 juillet 2013 5 12 /07 /juillet /2013 17:30

Nos riches se portent bien. Merci !

Avec le soleil, l'été et ses marronniers, on retrouve dans Challenge, la 18ème édition du classement des 500 plus grandes fortunes de France. Réjouissons-nous nos riches se portent bien et nul doute que nous profiterons de leurs généreux pourboires.

AVEC LEUR ENTREPRISE, ILS NE CONNAISSENT PAS LA CRISE

D'après Challenge , la fortune de nos cinq cents les plus riches de France a progressé de presque 25 % en un an. ( Qui a dit que l'inflation est contenue ? ) et unanimement ils remercient tous les salariés d'avoir accepté une hausse ridiculement faible de leur salaire de 0.2 %, en moyenne, en un an. ( INSEE )

Plus fort encore, en une décennie, leur fortune a quadruplé, alors que le P.I.B. de la France n'a fait que doubler et que la fortune des 10 % des plus pauvres a augmenté entre 2004 et 2010 de ...114 € , soit tout de même près de 20 euros par an. Un dixième de la richesse de l'ensemble du patrimoine des français serait entre les mains de moins de un cent millième de la population.

Et parmi ces cinq cents, il y encore beaucoup trop d'inégalités : les 10 premiers concentrent 40 % du total des cinq cents, après s'être enrichis de 30 milliards de plus en 12 mois.

Saluons enfin l'arrivée de Xavier Niel, celui qui a tout compris, dans le Top 10 des meilleurs, qui depuis 2003 a vu sa fortune multiplié par 70. Comme quoi les pauvres, en achetant des marques low-cost, savent être encore très généreux avec leur dirigeant.

ET PENDANT CE TEMPS NOTRE PRÉSIDENT CHERCHE DÉSESPÉRÉMENT ENCORE DES SOUS

Tout le monde le lui dit à François, il faut diminuer la dépense publique et redresser les comptes de la nation. Pour renflouer les caisses, on ne peut que solliciter ceux qui ont une richesse illimitée avec leur force de travail. Il y a un mois il fallait trouver plus d'un milliard pour les allocations familiales ( c'est énorme à comparer avec la fortune de Bernard Arnaud qui est inférieure à 25 milliards d'euros ), il va falloir combler le déficit des régimes de retraites en travaillant plus et Bruxelles le harcèle pour maintenir le déficit du budget de la nation dans des limites acceptables par les experts internationaux.

Le problème est, que dans nos contrées, la mine d'or qu'était le travail salarié, grâce d'une part à l'augmentation de la productivité et d'autre part aux délocalisations, est en fin d'exploitation, et que, la courbe du chômage ne s'inverse pas. Il est donc de plus en plus difficile de demander à la classe des travailleurs, qui n'ont que leur intelligence et leur bras comme patrimoine, de contribuer encore à boucher les trous.

Alors notre pauvre François se désespère et se demande comment font-ils encore pour s'enrichir sans cesse ces cinq cents génies, alors que le budget de la France part en sucette et que la production nationale stagne.

Parmi tous ces gagnants fortunés, qui lui donnera la solution et l'aidera à sortir de cette impasse ? Il paraitrait qu'ils ne sont pas encore très copains et qu'ils préfèreraient encore soutenir l'agité des épaules ou son ex Premier Ministre, celui qui avait dit que la France est en faillite. ( CF Les riches-francais-aiment-sarkozy-et-fillon. )

 

P.S. Les demandeurs d'emplois qui n'ont pas encore remboursé leur trop-perçu d'allocations, indûment versées, sont priés de le faire avant de partir en vacances ( il y a encore 30 % de retardataires qui plombent les comptes pour 300 millions d'euros environ ).

LA SCIENCE DU PARTAGE

 

Auteur: Karol

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11 juillet 2013 4 11 /07 /juillet /2013 17:30

Fidele à lui-même , il a été jusqu'au bout de ses forces . Telle  est la breve appréciation que je fais à la nouvelle du décès de mon ami frère  Daniel...

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11 juillet 2013 4 11 /07 /juillet /2013 17:30

C’est nouveau, ça vient de sortir. Non en fait, c’est dans l’air du temps. La croissance c’est fini, on va dans le mur, il faut réfléchir à changer le PIB, le durable, le travail, trouver le « buen vivir », retrouver du sens, des valeurs…. les gens sont déboussolés, et dépriment, c’est la cata…. C’est plus la peine de proposer quelque chose, de faire de la politique, de voter même, ça bougera pas ! il faut

  • -1 Soit attendre la nouvelle civilisation, parce que vous ne savez pas ? Pour qu’une nouvelle civilisation advienne, il faut que la précédente meure. Il faut une rupture, Il faut un cataclysme, une catastrophe, un choc météoritique, le choc dans le mur quoi ! que sais-je ?, une révolution peut être !!! Et puis cette nouvelle civilisation sera l’affaire de l’Homme Nouveau. Ce n’est pas de notre ressort puisque nous sommes de la civilisation défunte.
  • -2 Soit préparer la survenue de cette nouvelle civilisation en proposant des pistes de travail, fruit de nos expériences, donc désastreuses, qui pourront, espérons-le, par la magie de leur archéologie « intellectuelle » servir aux nouveaux venus.

Les propositions démocratiques qui vont suivre, se situent dans cette deuxième perspective, car elles sont même à nos yeux, trop pour ainsi dire "iconoclastes" dans notre civilisation politique actuelle, à l’agonie. Mais, il est urgent de lancer un combat collectif sur la rénovation démocratique.

Chap 1 ) De la représentativité politique..

La crise multidimensionnelle actuelle, se traduit dans nos sociétés, par une crise du pouvoir politique et du système de représentation de citoyens. Une synthèse de l’état des lieux a été fait par A Duhamel ( journaliste sans doute pas le plus révolutionnaire mais son analyse, dans une chronique du journal libération, est pertinente et synthétique ; http://www.liberation.fr/politiques/2013/07/03/la-crise-de-la-societe-politique_915693 ; voici sa conclusion « Les Français, toutes les enquêtes le confirment, n’ont jamais porté un jugement aussi négatif sur les hommes politiques (sur les journalistes aussi, d’ailleurs), sur leur honnêteté, sur leur compétence, sur leur efficacité. Pour ne pas percevoir une crise de la société politique, il faut s’aveugler volontairement. ». Bien évidemment la démocratie ce n’est pas que le système de représentation, c’est aussi les contre pouvoirs - soit institués ou à instituer - la justice, la presse, les groupes de pressions, les manifestations, la résistance, et c’est aussi les autres moyens d’expression de la volonté populaire, droit de pétition, référendums, débat public, système participatif ..... cependant le système représentatif est primordial puisque c’est lui qui permet la désignation des tenants du pouvoir. Or donc, c’est une lapalissade de dire que notre système politique connaît une profonde crise de la représentativité..

A) Les réponses traditionnelles à la crise du système électoral.

.Il s’agit donc d’agir ou de proposer des réformes sur les techniques électorales elles-mêmes. Il y a mille et une manière de l’améliorer ou de le faire évoluer. ( type de scrutin, mélange des types de scrutins, ordre des scrutins, dimensions des circonscriptions électorales, modalités d’accès au rôle de candidat, financement des campagnes, rôle des partis, modalités d’exercice des mandats, durée, cumul, renouvellement. etc etc... De fait jusqu'à présent, dans le cadre de la Vème République, nous avons donc assisté à la lente dégradation de ce système représentatif par des réformes qui hormis en trois occasions ont été soumises à l’approbation populaire. (2 référendums organisés par le Président de Gaulle ; une sur l’élection du président au suffrage universel ( 1962) l’autre sur la réforme du Sénat, en 1969, refusée., ) et le référendum sur le quinquennat en 2000 par Chirac). Une des plus symptomatiques de ces dégradations est bien évidemment le renversement du calendrier électoral, qui a conduit à donner à l’élection législative non plus sa fonction d’élire les députés du peuple mais d’élire les membres de la majorité présidentielle . La dernière de ces dégradations, qui n’a d’ailleurs reçu aucun retentissement ni médiatique ni politique, ce qui est remarquable, est la disparition de l’élection uninominal du Conseiller Général. Or cette élection cantonale était la seule qui permettait à un citoyen qui se targuait d’avoir des idées, de pouvoir se présenter sans grands risques financiers. Bien sûr il n’avait que peu de chances, voire aucune, d’être élu, sans l’appui d’un parti, mais il faisait ainsi vivre la démocratie dans une circonscription à dimension humaine, pour peu d’investissements financiers personnels. Maintenant c’est fini. Non seulement, l’élection sera binominale sur deux cantons, parité oblige, mais les frais sont multipliés et les partis imposent un peu plus leurs pattes sur le scrutin. Le système électoral français qui pouvait à la limite s’enorgueillir d’une diversité de ses scrutins, est en train de réduire cette dernière supposée richesse. Alors bien évidemment, les pouvoirs en place, sous la pression, font semblant d’agir. C’est ainsi que sur la question du cumul des mandats , on avance doucement, sur des réformes que ces pouvoirs présentent comme des "grands pas en avant". C’était le cas de la minime avancée sous Jospin , puis maintenant sur celle présentée par Hollande. Mais les élus et autres oligarques de parti, résistent des quatre fers, et ne résolvent en rien, ou si peu, cette question de la crise de la représentativité des élus.

De la revitalisation du système électoral 

Nous voyons donc que dans le cadre du système français, il y aurait de quoi réformer, rénover, proposer des évolutions, pour tenter de combler ce déficit représentatif. Il y a là, logiquement un combat multiple à engager, pour exploiter de nombreux leviers juridiques, contre ces dégradations et pour revivifier notre système représentatif. De nombreuses groupes, individus, experts font des propositions que l’on peut appeler traditionnelles ou normales, car elles se situent dans le contexte du système lui même traditionnel. D’autres pensent que ce n’est plus possible, que le système électoral de représentation est une perversion, et que tirant quelques leçons d’un passé « athénien » glorifié, et se souvenant du principe « tout homme qui a du pouvoir est tenté d’en abuser et en abuse absolument », imaginent toutes sortes de solutions pour en sortir. Une particulièrement retient notre attention, « le tirage au sort. » des représentants du peuple.

B) L’impasse dramatique du tirage au sort .

Rappelons d’abord, que la technique du tirage au sort, n’entre pas dans le cadre de la démocratie directe. C’est important de le dire parce que « l’ode à la démocratie directe grecque » a beaucoup servi pour la promotion de « ce tirage au sort ». Le tirage au sort est un moyen de désigner des représentants d’un groupe ou du peuple. C’est donc une sorte de système représentatif qui est pourtant honni par les promoteurs du "tirage au sort", car supposé y suppléer. Sans rentrer dans les modalités du choix du collège "des tirés au sort" et de l’organisation pratique qui pourtant soulèvent de nombreuses questions, et de critiques, mais allons à l’essentiel. Ce comité de « tirés au sort » serait donc habilité à prendre des décisions, à établir des règles ou même à établir une constituante. Très bien. et qu’est-ce qui se passe ? Bien évidemment ; plus personne ne peut contester cette décision ou cette constitution, puisque c’est arrêté par le comité de « tirés au sort » censé avoir décidé ce que le peuple veut. Il est donc impossible de remettre en cause ces décisions, car ce serait justement remettre en cause le tirage au sort. Il n’y a donc plus de débats, de discussions possibles dans la société politique car celui-ci a été préempté par le comité des tirés aux sort. Bien évidemment à cette critique, on oppose des palliatifs qui sont ; les décisions seront présentées au peuple par référendum, ou les tirés au sort seront renouvelés régulièrement et révocables. Mais un premier examen suffit à les rejeter ; Si une décision du « comité des tirés au sort » est soumise par référendum au peuple, la réponse ne peut être que positive puisque l’inverse signifierait que le comité n’était pas légitime, et pas impartial puisqu'il se serait trompé. S’il y a renouvellement rapide du « Comité des tirés au sort » rien ne change, parce qu’alors cela signifie que le premier tirage au sort n’était pas efficace. Oui mais, les représentants seront révocables par référendum ! Alors là, ce n’est plus le système représentatif électoral, que l’on cherche à pallier , mais bien plutôt les fondements de la démocratie car de deux choses l’une ; Un représentant est désigné pour un mandat. S’il y a des fautes de sa part, soit ça relève de la justice ( cour de justice ou tribunaux ordinaires), soit de la discipline et responsabilité individuelle ( Place à l’humain) ou du parti, s'il y a manquement aux promesses. Pour le reste soit on veut la responsabilité des personnes et donc on doit assumer le choix de la personne désignée pendant son mandat, soit la politique revient à jouer a « secret story » tous les soirs après le repas. De fait le tirage au sort des représentants du peuple entraîne la conséquence que le comité des tirés au sort arrête la REGLE VRAIE impartiale et objective, voulue par le peuple, alors que l’on espérait de la démocratie, seulement vouloir la meilleure règle possible. De fait cela revient à établir une instance décisionnelle quasiment d’essence divine, à laquelle le peuple devra obéissance sans barguigner. .

De la place du tirage au sort dans une démocratie ; 

Pourtant il est utile de reconnaître que le tirage au sort a une existence de représentation du peuple dans notre société, qui n’est à ce jour remise en cause par personne et qui fonctionne à la satisfaction de tous ; ce sont les jurys des tribunaux d’assise. A ce propos d’ailleurs le précédent Président de la république avait institué également des jurés « tirés au sort » pour les tribunaux correctionnels, mais pour des raisons de lourdeur tant financières que d’encombrement des juridictions, ce système s’est avéré inefficace et d’ailleurs superfétatoire, étant donné l’enjeu pénal relativement moindre de ces tribunaux. Une autre initiative de « jurys citoyens » avait semble soulevé un intérêt certain lors de la campagne présidentielle de Ségolène Royal en 2007. De ces trois remarques, il ressort 1) que le tirage au sort peut se révéler intéressant pour représenter le peuple dans le cadre de jugement citoyen , et 2) que les citoyens sont considérés de plus en plus aptes à se saisir d’une participation a un examen des agissements des pouvoirs. Or si en matière de justice individuelle dite « civile », on admet les compétences de « tirés au sort », on ne voit pas pourquoi ils ne seraient pas aptes à effectuer des contrôles en « matière publique », sur les agissements de nos institutions publiques et de nos assemblées d’élus.. De cette remarque de bon sens, nous semble-t-il, il apparaît qu’il est tout a fait possible et même utile de bâtir une institution de « contre pouvoir citoyen » dédié à ce contrôle public. C’est donc là la première proposition pour l’avenir , avant de venir à la seconde relative au système électoral.

CHAP 2) Les propositions nouvelles.

A) Le contre pouvoir citoyen  et le tirage au sort.

Il ne s’agit pas de détailler ici le projet lui-même puisqu’il fait l’objet d’une série d’articles chargée d’en détailler les tenants et aboutissants. Les deux premiers articles de cette série sont ici.

Dans notre démocratie à bout de souffle, il est clair que les organes de contrôle public sont déficients. Bien entendu la Cour des comptes a un rôle irremplaçable, mais les regrets récurrents de cette institution de la part même de ses membres sont le suivi des recommandations et l’information du public. D’ailleurs il y a eu un projet de suppression des cours régionales des comptes. Nous espérons qu’il a disparu des cartons. Le Comité Economique Social et Environnemental qui peut avoir avec ses avis un rôle d’orientation (sorte de pouvoir a priori) est de moins en moins actif. On attend en vain des travaux éclairant et les élus et les citoyens, mais aujourd’hui les débats sont ailleurs ; agences, Think tanks, Grenelles et autre colloques dédiés. « Le Service central de prévention de la corruption) " le SCPC, créé par la loi du 29 janvier 1993, était aussi novateur en Europe. Depuis, des institutions comparables se sont multipliées dans le monde. Mais en France, ce service est aujourd'hui obsolète. Elle avait prévu la possibilité pour le SCPC de faire des investigations. Mais il n'était pas concevable de confier à une autorité administrative de tels pouvoirs sans contrôle du juge. Le Conseil constitutionnel a donc censuré ces dispositions, et le SCPC n'a jamais retrouvé de pouvoir opérationnel » voir article http://blogs.mediapart.fr/blog/eric-alt/020713/la-prevention-de-la-corruption-grande-absente-des-debats-sur-la-probite-publique#comment-3659697

Sans s’appesantir, il est clair que cette fonction de contrôle public, que notre démocratie doit retrouver, est plus que négligée voire niée dans l’organigramme institutionnel français. Et le citoyen ne peut que se satisfaire d’être spectateur du travail des autres contre-pouvoirs éventuels, même si ceux-ci peuvent se révèler efficaces ; par exemple la justice, la presse, ou des démarches associatives si celles-ci ne sont pas bloquées.

Comme l’a dit un internaute sur dans un débat ( FFI sur Agoravox) « ce qu’il convient de faire face à une institution qui se délabre et qui ne parvient plus à remplir sa fonction, c’est de créer une autre institution à coté, un doublon. Ensuite, il s’agit de laisser le temps à ce doublon de grandir, jusqu’à ce qu’il soit opérationnel. Puis, lorsqu’il l’est, il est temps d’organiser la passation des pouvoir de l’institution corrompue vers son doublon. Ainsi, tout se passe en continuité et sans rupture, les fonctions essentielles étant toujours assurées, les branches pourries du système étant émondées au fur et à mesure qu’elles apparaissent. Il est même ainsi possible d’expérimenter petit-à-petit, et pourquoi pas par tirage au sort ». Parce qu’en effet, le tirage au sort présente l’avantage indéniable d’éviter l’établissement plus ou moins pérenne d’une oligarchie. Il est venu le temps d’instituer un contre pouvoir citoyen basé sur le tirage au sort dont les seules fonctions seraient de participer au contrôle public et à l’information des citoyens. (Pour les développements suivre les liens de la série).

B) l’éligibilité dans le système électoral

Une des critiques récurrentes du système représentatif par l’élection serait donc que l’élection conduit à la création automatique d’une oligarchie dite "sachante", qui s’entretient ensuite par cooptation partisane ou d’intérêts privés, et le non renouvellement « des élites ». Oligarchie, qui à force d’abus de pouvoirs, de duplicité et de comportements suffisants ou arrogants, crée un abîme et une incompréhension entre les attentes citoyennes et les décisions politiques. Alors bien évidemment la précarisation de cette oligarchie devient une nécessité vitale pour la démocratie et les moyens tels, que le non cumul des mandats de plus en plus radical, le renouvellement limité dans le temps des mandats, la diversité des types de scrutins, la révision urgente des modalités du Référendum d’initiative citoyenne, sont des mesures déterminantes et urgentes.

Depuis quelque temps et en réponse aux multiples conflits d’intérêts entre cette oligarchie politique et l’oligarchie économique, on a aussi tenté, "en moralisant la vie politique", de s’attaquer aux conditions d’éligibilité des citoyens pour faire en sorte de les limiter. Ainsi certaines professions devaient être exclues du droit à l’éligibilité, avocats d’affaires etc . ; nous mêmes dans le Pacte Démocratique , nous souhaitions l’inéligibilité des fonctionnaires de catégorie A en raison de leur fonction déjà au service de l’intérêt général. D’ailleurs en Grande Bretagne, les fonctionnaires ne sont pas éligibles, car nul ne peut être « juge et partie ». 

Proposition d’inéligibilité des parlementaires

Mais cette question est compliquée , sauf si on remarque une chose. Comme vous le savez, en France , on aime bien faire référence à la démocratie grecque. Ainsi une intervention sur le sujet est tout à fait intéressante. C’est celle de Madame Méda, membre du Collectif Roosevelt 2012 et professeure de sociologie à l'Université Paris Dauphine, en ouverture d’une conférence sur le partage du travail ; vidéo http://www.dailymotion.com/video/x11dsju_01-la-place-du-travail-histoire-par-d-meda-roosevelt-2012_news ou http://blogs.mediapart.fr/blog/guy-baudon/070713/partager-le-travail-par-dominique-medaroosevelt2012 . Elle dit ainsi « que les activités que recouvrent le travail, activités liées à la reproduction de conditions matérielles de vie étaient méprisées et que l’on valorisait les activités politiques de délibération des conditions de vie  ». Nous remarquons tout de suite qu’elle ne parle pas là des esclaves et serviteurs exclus du pouvoir de délibérer, mais bien des artisans, commerçants, travailleurs qui produisent la richesse. De fait seule une aristocratie libérée des conditions du travail était apte à délibérer politiquement hors la servitude que ces conditions impliquent. Si nous comprenons bien que cette insertion puisse servir à la thèse de l’opportunité d’un partage du travail, nous remarquons quand même que le monde n’a, en fait, pas beaucoup changé. En effet, ce sont toujours les rentiers ou la population libérée des servitudes économiques ou financières qui sont de tout temps et maintenant, à la manœuvre politique. Quel parti ne se plaint pas, hypocritement, de la sous représentation ouvrière ou des classes populaires ? Rien n'a changé et celà est une continuité de l'histoire démocratique, y compris la Grèce antique. C’est donc là qu’il nous faut porter l’effort démocratique, et c’est pour cela que notre proposition « iconoclaste » consiste à renverser cet ordre des choses par le biais de conditions d’inéligibilité financières.

Une telle proposition ne rompra pas l’égalité de droit des citoyens, puisque tout le monde conserve le droit de vote , « un citoyen, une voix », mais fixera un critère d’inéligibilité supplémentaire. C'est ainsi que nous proposons de rajouter une condition d’ordre financier à l'éligibilité, qui consite à fixer un seuil pécuniaire au-dessus duquel on ne peut plus être éligible. 

Détermination du seuil financier. Ce seuil est déterminé en fonction du salaire moyen.

  • - Le salaire moyen des salariés est de 2410 Euros Brut. en 2012. De fait ( 10 % des salariés gagnent moins de 1142 Euros, 10% gagnent plus de 3317 Euros, et 1 % gagnent plus de 7654 euros)
  • - Pour information, le salaire médian qui est tel que la moitié de la populations gagne moins et la moitié gagne plus, est de 1675 Euros brut par mois, en 2012.

Il semble donc judicieux de fixer le seuil financier qu’il ne faut pas dépasser pour être éligible entre 3317 euros et 3500 euros de telle sorte que seulement de 7 à 10 % des salariés ne puissent être candidats aux élections, et à condition que le revenu par ménage ne dépasse pas le double de ce seuil. Pour rappel, 10 % des ménages gagnent plus de 5417 euros. 

Le seuil peut donc être raisonnablement fixé à 3500 euros brut par mois, au dessous duquel un citoyen peut être candidat aux élections parlementaires. 

Une première conséquence ; il est évident que cette proposition entraîne ipso facto une diminution du salaire des parlementaires, condition évidente pour pouvoir être réélu ? En conséquence le surplus actuel de l’indemnité peut être reversé aux aides aux collaborateurs ce qui facilitera le travail des parlementaires ou l’embauche d’une autre aide. 

 

Les précautions nécessaires.

Même si cette proposition aura comme avantage indéniable d’éviter le creusement continu de l’abîme entre l’oligarchie politique et les citoyens, nous savons d’ores et déjà, que le principe, vrai et vérifié, qu’il n’y a pas de pouvoirs sans abus de pouvoir, demeure. C’est la raison pour laquelle cette proposition n’est en aucune façon, exclusive de toutes les mesures nécessaires, pour encadrer le système électoral et l’exercice des mandats, détaillées plus haut, ainsi que de l’établissement d’un contrôle public sur le fonctionnement des institutions et des élus. C’est aussi pourquoi il nous a semblé utile de rappeler concomitamment la proposition concernant le Contre Pouvoir Citoyen. 

 

Conclusion.

Il est tout à fait possible de trouver cette proposition totalement farfelue, puisqu’elle revient de fait à l’établissement d’une éligibilité censitaire à l’envers, ou quelque chose d’approchant. Mais, nous pensons que notre civilisation est basée sur le profit et que l’argent est devenu la servitude la mieux partagée, et il est peut être bon et pertinent de s’y attaquer frontalement. Libérée de cette servitude alors peut-être que la capacité politique de délibération des conditions de vie reprendra le dessus ou sera favorisée.

 

Autuer Bernard 29

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11 juillet 2013 4 11 /07 /juillet /2013 17:05

 

 

 

Jean louis CASSIN se trouverait entre les mains de pirates sur le sol vénézuelien , selon les informations qui m'ont été données par des personnes crédibles. Cependant toujours aucune nouvelle concernant Judes Daniel ... Quelqu'un peut il intervenir pour confirmer ?

 

Je croise les doigts ...

 

 

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10 juillet 2013 3 10 /07 /juillet /2013 17:30

A moins de vivre sur une ile déserte, de n’écouter ou de regarder que des chaines à même de vendre du temps de cerveau disponible, impossible d’avoir échappé aux informations concernant Edward Snowden, l’homme qui a rendu public le vaste programme de surveillance mondiale que la national security agency (NSA) américaine a mis en place. Ces informations sont en elles-mêmes importantes, mais la réaction des pays concernés l’est probablement encore plus. Elles en disent en effet long sur le fonctionnement de nos états dits démocratiques, sur les dérives sécuritaires qui les polluent, et sur le courage de nos dirigeants.

Des écoutes à large spectre

Il y a un mois environ, « the Guardian » (1) et « the Washington post » (2) rendaient publiques des informations classées secrètes, fournies par Edward Snowden, sur les moyens que la NSA a déployés au niveau mondial sur la captation des appels téléphoniques et sur la lecture des messages électroniques. Ces révélations portent plus précisément sur les utilisateurs de l'opérateur téléphonique Verizon, mais aussi sur ceux d'AOL, Apple, Facebook, Google, YouTube, Microsoft, Skype, Paltank et Yahoo ! Néanmoins, le tout n’est pas de collecter les données mais de pouvoir les analyser. C’est là qu’intervient « prism », nom d’un système informatique permettant de traiter ces informations. Le fonctionnement de ce système n’est pas connu, mais selon « Le Monde » (3) : « les premières informations suffisent pour définir Prism comme un moteur de recherche très performant, permettant à la NSA d'interroger des masses de données très importantes issues de ces services, et ce, quasiment en temps réel, afin de rechercher un nom, un lieu, une date, etc., dans les mails, messages instantanés, communications vidéos ou autres documents. Selon le Washington Post, ce sont plus de 117 000 "cibles" qui étaient visées par le programme dans la journée du 5 avril ».

 

L’union européenne visée, mais de façon sélective

Plus récemment, le magazine allemand Der Spiegel a publié de nouvelles informations fournies par Edward Snowden. Elles ont révélé que les écoutes opérées par la NSA américaine allaient bien au-delà des simples interceptions téléphoniques (4). Selon ce journal, un document top-secret de septembre 2010 décrit comment la NSA s’est attaquée à la représentation diplomatique de l’UE à Washington. « Non seulement des micros ont été installés dans le bâtiment dans la capitale américaine, mais le réseau informatique interne a aussi été infiltré. De cette façon, les Américains non seulement obtenait un accès aux réunions dans les locaux de l'Union européenne, mais aussi aux e-mails et documents internes affichés sur les ordinateurs ». On apprend ensuite que c’est le siège même de l’union européenne à Bruxelles qui a fait l’objet d’écoutes

Au sein de l’union, la NSA distingue différents pays. Le Royaume-Uni, et hors union européenne, l'Australie, le Canada et la Nouvelle-Zélande sont des pays amis, et non pas des pays-cibles. Dans l’union, l’Allemagne et la France sont considérées comme des « partenaires de troisième classe » et font donc l’objet d’écoutes. Ainsi, selon Der Spiegel et Le Monde (op. cit.) « chaque mois les services secrets américains espionnent les données d'un demi-milliard de communications en provenance d'Allemagne. Même les communications du gouvernement allemand seraient concernées ».

Suite aux premières révélation, Edward Snowden est inculpé depuis le 22 juin 2013 par les Etats Unis de vol de matériel appartenant au gouvernement, de communication non autorisée d'information relative à la défense nationale, et de communication volontaire d'informations classifiées à une personne non autorisée. Selon « le nouvel observateur » (5), ces accusations « sont basées sur l'Espionnage Act de 1917. Les peines prévues sont de 10 ans de prison, soit 30 ans s'il était reconnu coupable des trois chefs d'inculpation ». Cependant, pour pouvoir le juger, encore faudrait-il que les Etats Unis obtiennent son extradition.

 

Des réactions fortes aux USA

Information souvent passée sous silence en Europe, les réactions aux déclarations d’Edward Snowden aux USA, sont souvent fortes chez les élus et dans la presse. Ainsi chez les républicains comme chez les démocrates, Snowden est considéré assez généralement comme un traitre. La sénatrice démocrate Dianne Feinstein le décrit non pas comme un lanceur d’alerte mais comme quelqu’un ayant commis un acte de trahison, joignant d’ailleurs sa voix au sénateur républicain Lindsay Graham pour « se féliciter que la NSA écoute nos conversations ». Certains journalistes ne sont pas en reste : pour Jeffrey Toobin, du New Yorker, Edward Snowden n’est pas un héros mais plutôt un « immense narcissique qui ne mérite que la prison ». Certains vont même plus loin, comme l’analyste politique Ralph Peters qui accuse Snowden aussi de trahison pour attirer l’attention sur lui et qui en conséquence demande le rétablissement de la peine de mort dans des cas comme ceux de for Snowden ou de WikiLeaks. A l’inverse, le très conservateur animateur de télévision Glenn Beck et le réalisateur Michael Moore, pourtant très opposés politiquement, ont tous deux décrit Edward Snowden comme un héros

 

Une attitude finalement assez molle en Europe

Devant l’ampleur de ces écoutes, comment ne pas être frappé par les réactions somme toute molles des autorités des pays concernées ? Ainsi, Richard Freedman, porte parole du parlement Européen indiquait à la presse « nous venons de demander des informations complémentaires aux autorités américaines », ajoutant sa crainte de voir cette affaire exercer un impact sérieux sur les relations transatlantiques. La ministre de la justice allemande, Sabine Leutheusser-Schnarrenberger, déclarait qu’il est « inconcevable que les Etats Unis voient les européens comme des ennemis », rapprochant néanmoins cette attitude des pratiques oubliées de l’époque de la guerre froide. En France, François Hollande déclarait « Il y aura une rencontre entre le ministre des Affaires étrangères et l'ambassadeur [US] pour faire valoir et faire savoir que nous ne pouvons pas accepter ce type de comportement entre partenaires et alliés […]. Nous ne voulons pas préjuger, mais enfin les éléments sont déjà suffisamment réunis pour que nous demandions toutes les explications" tout en concluant « Nous ne pouvons pas accepter ce type de comportement  ».

En revanche à ce jour, aucune convocation d’ambassadeur, et aucun accord sur un ajournement des discussions sur les accords de libres échanges transatlantiques. Au contraire, les européen viennent même d’exprimer leur souhait d’une ouverture rapide de ces négociations. C’est donc de fait toujours le « business as usual » qui semble être de rigueur.

 

Finalement, de quoi Snowden est-il le nom ?

Au vu de ce qui précède, on constate donc un décalage énorme entre les faits, un espionnage massif et permanent de pays européens « amis » par les Etats-Unis, et les réactions de ces pays européens. La question est donc pourquoi ? Plusieurs réponses peuvent être apportées. Toutes ne sont pas forcément déterminantes isolément, mais toutes conduisent à briser les illusions des plus naïfs des européens.

Illusion n°1 : les Etats Unis sont un pays amis. Si nous ne sommes pas en guerre ouverte avec les Etas Unis, il existe bien un conflit d’intérêt marqué que François Mitterrand avait bien décrypté lorsqu’il disait : « La France ne le sait pas, mais nous sommes en guerre avec l'Amérique. Oui, une guerre permanente, une guerre vitale, une guerre économique, une guerre sans mort apparemment. Oui, ils sont très durs les Américains, ils sont voraces, ils veulent un pouvoir sans partage sur le monde. C'est une guerre inconnue, une guerre permanente, sans mort apparemment et pourtant une guerre à mort » (6). Si l’on pense qu’il ne s’agit là que des délires d’un vieux Monsieur rongé par la maladie, il faut relire ce qu’a publié le « Project for the New American Century » (projet pour le nouveau siècle américain) « think tank » néoconservateur américain. Ce groupe de réflexion a œuvré dans les années 2000 pour trouver des moyens de prolonger au XXIe siècle la domination américaine sur le monde, dans tous les domaines, qu’ils soient économiques, militaires, voire culturels. Sans rentrer dans une analyse rapide et simpliste, il semble que cette tendance hégémonique soit à associer au poids de l’idéologie WASP (acronyme de blanc, anglo-saxon et protestant en anglais) selon laquelle « Dieu a créé les anglo-saxons et l'Amérique pour dominer le monde, la bible dans une main et le fusil dans l'autre. Dieu étant la justification du pouvoir, nulles lois humaines ne peuvent s'opposer à Lui  » (7). 

Illusion n°2 : Barack Obama mène une politique progressiste. Certes, jusqu’à présent, Barack Obama avait réussi à donner une image nouvelle et attachante des Etats Unis, surtout en comparaison de ce qu’avait été le mandat de Georges W. Bush. Alors que ce dernier avait porté la guerre en Irak et en Afghanistan, Barack Obama a organisé le retrait passé à et venir de ses troupes de ces deux pays, laissant cependant derrière lui des champs de ruines. Cependant Guantanamo existe toujours malgré les promesses, les dispositions les plus contraignantes du Patriot Act perdurent, et des drones US sont régulièrement utilisé pour des attaques ciblées de « terroristes », en contradiction totale avec ce qu’un Etat démocratique devrait faire. Par ailleurs, comment Le Président Obama peut-il maintenant dénoncer la surveillance étroite (et réelle) dont font l’objet les Iraniens, les Coréens, ou les Chinois de la part de leurs propres service secrets, alors que l’administration américaine procède finalement de la même façon, de façon systématique, sans contrôle judiciaire, envers ses propres nationaux et envers ceux de pays « dits amis ».

Illusion n°3 : L’Europe nous permet d’exister face aux USA. On rirait presque jaune de constater la faiblesse réelle de cet argument, qui nous a été présenté maintes fois au moment de la ratification des traités européens. Ainsi, en 2007,lors du la signature du traité de Lisbonne, le président du Conseil Européen de l’époque, José Socrates, affirmait que ce traité « permet à l'U.E d'être plus forte, pour répondre aux désirs ardents des citoyens européens, pour promouvoir l'économie européenne et pour défendre les valeurs européennes ». Avis partagé par Joseph Daul, alors président du parti populaire européen (droite) (8). Même argument, donc, repris cette année lors de la signature du traité sur la stabilité, la coordination et la gouvernance au sein de l’UE, par le député belge Bernard Clerfayt : « c’est le compromis qui permet aux 27 pays d’Europe d’aller de l’avant, de progresser, de construire un euro plus fort, une Europe plus forte, une Europe qui se coordonne sur le plan budgétaire et économique ; qui permet toujours à chacun des États-nations qui constituent cette Europe, à l’intérieur de ses budgets, d’avoir un débat sur ses priorités politiques en matière de sécurité, de règles fiscales, de solidarité et autres ».

Cet aveuglement est d’autant moins compréhensible que dès la fin des années 1990, l’Europe avait été informée de l’existence d’un réseau états-unien d’écoutes internationales, le réseau Echelon. Celui-ci impliquait d’ores et déjà des centres d’interception de communication au Royaume-Uni, au Canada, en Australie et en Nouvelle-Zélande. Il avait entre autre servi à de l’intelligence économique dirigée contre des sociétés françaises ou européennes tel qu’Airbus, Enercon, ou Thomson/Thalès. Selon les journalistes Duncan Campbell et Nicky Hager, ce réseau présenté comme réseau de surveillance militaire a surtout fonctionné comme réseau d’espionnage économique et fonctionnait sur la base de la reconnaissance de mots clefs (9). Nick Hager a été auditionné par les autorités européennes, qui ont timidement recommandé à leur ressortissant de crypter leur communication personnelles. Quant à une réaction forte vis-du Royaume Uni ou des Etats Unis, il n’y en eu pas, le Foreign Office ayant certifié « qu’il n’existe aucune incompatibilité entre la position du Royaume-Uni dans l’Union européenne et son devoir de garantir la sécurité nationale » et M. Martin Bangemann, alors commissaire chargé commerce attendant «  des preuves de l’existence du système » avant de prendre toute décision « risquant de nuire aux bonnes relations commerciales avec les Etats-Unis » (9).

Aujourd’hui, en dépit de l’importance des révélations concernant Prism et les écoutes de la NSA, on ne peut être qu’étonné du silence assourdissant de José Manuel Barroso, le président de la Commission européenne, qui affirme toujours croire en la relation transatlantique. Pour Thomas Snégaroff, de l’IRIS, cela s’explique par le fait que M. Barroso « porte à bout de bras un accord de libre-échange avec les Etats-Unis et que ceci doit être son dernier grand acte politique à la tête de la Commission européenne ». Il craint donc par des prises de positions trop marqués de fâcher les américains et de voir « tout son édifice s’effondrer ». Quant à reporter les négociations, c’est oublié, la commission étant soutenue par la chancelière allemande qui faisait déclarer à son porte parole « La Commission veut démarrer les négociations le 8 juillet. Et en cela, le gouvernement [note : allemand] la soutient. Nous voulons cet accord de libre échange et nous voulons aussi démarrer maintenant les négociations ».

 

Illusion N°4 : la France, patrie des droits de l’Homme, sait être courageuse. Il s’agit là peut être de la plus cruelle des désillusions. La France, toujours si prompte à émettre des commentaires sur le peu de démocratie dont font preuve certains pays, s’est couverte de ridicule dans cette affaire. Tout d’abord, le gouvernement français, à l’instar de celui d’autres nations européennes a rendu public son refus d’accorder l’asile à Edward Snowden après avoir affirmé ne pas avoir reçu de demande de l‘intéressé. Les motivations officielles sont ambigües, le communiqué du ministère de l’intérieur restant très laconique : « La France a reçu, comme beaucoup d'autres pays, par l'intermédiaire de son ambassade à Moscou, une demande d'asile de M. Edward Snowden. Compte tenu des éléments d'analyse juridique et de la situation de l'intéressé, il n'y sera pas donné suite ». La réalité est bien sur tout autre, la France, qu’elle soit Hollandiste ou à plus forte raison Sarkozyste ne veut pas de fâcher avec un pays aussi puisant que les USA. Sans doute Le président Mitterand et le Général se retourneront ils dans leur tombe ! Le premier avait en effet courageusement interdit le survol de la France par des bombardiers américains, le second avait toujours refusé de placer son pays sous le contrôle américain, par exemple au sein de l’OTAN sans que nous ayons eu a subir de représailles. Dans le cas qui nous intéresse, peut être faut il rappeler la phrase de Churchill qui disait à Chamberlain au sujet des accords de Munich : « Vous avez voulu éviter la guerre au prix du déshonneur. Vous avez le déshonneur et vous aurez la guerre ».

Ce déshonneur évoqué plus haut s’est trouvé porté à son paroxysme récemment lorsque l’avion de M. Evo Morales, qui revenait d'un sommet des pays exportateurs de gaz organisé à Moscou, a été interdit de survol du territoire français, espagnol et portuguais. Les autorités de ces deux pays européens soupçonnaient la présence d’Edward Snowden à bord de l'appareil présidentiel. L’avion ayant déjà volé trois heures, a du retourner se poser à Vienne, ou il fait l’objet dune inspection visuelle. L'interdiction de survol faisait suite - selon le ministre bolivien des Affaires étrangères - à une rumeur qui suggérait qu’Edward Snowden se trouvait à bord de l'appareil. Le président bolivien a été contrant de quitter son avion pendant plus de 13 heures pour aller s’installer dans les salons de l’aéroport puis dormir dans un hôtel viennois. Cette décision outre, qu’elle est contraire aux usages internationaux les plus universels, est un véritable camouflet au président bolivien (10). Imaginons d’ailleurs ce qui se serait passé si l’avion présidentiel avait été Air Force one… Dans ce dossier, la France s’est donc non seulement fâchée avec les autorités de Bolivie et nombre de celles de ses voisins sud-américains, elle s’est aussi fâchée avec leurs peuples, donc certains n’ont pas hésité à brûler des drapeaux français et à caillasser nos ambassades voire à tenter d’y mettre le feu. Et plus grave, elle s’est finalement couverte de ridicule et de honte au niveau mondial.

 

Illusion n°5 : les états « démocratiques » protègent leurs citoyens.

Il est possible que cet avis soit erroné, mais il est reste envisageable que les soucis que rencontre Edward Snowden soit liés en réalité au fait que ses révélations ont mis en lumière un des plus gros mensonges de nos démocraties actuelles, à savoir le fait que nos lois et nos institutions publiques, au sens large, nous protègent. Eh bien non ! Sans nier que nous vivons toujours en démocratie, il faut nous faire à l’idée que nos gouvernant nous surveillent très étroitement, bien sûr pour nous protéger du terrorisme ou des malfaiteurs de grands chemins, mais aussi très probablement parce que nos dirigeants ont peur de leur administrés, et pas seulement des pauvres et des exclus (11).

Récemment, les Etats Unis ont jugé que rentrer dans ce pays avec un ordinateur portable crypté était constitutif d’une intention criminelle. Or les PC portables de nombreuses entreprises privées et de certaines administrations françaises (et européennes) sont cryptés pour éviter le vol de données en cas de vol du portable. Cette disposition n’a entraîné aucune protestation audible de l’UE, et de façon encore plus surprenante, aucune mesure de rétorsion équivalente n’a été prise à l’encontre des voyageurs américains entrant dans l’union avec un ordinateur crypté. 

Dans la même veine, l’Europe avait aussi cédé en 2010 aux Etats Unis en autorisant le transfert des données bancaires de ses citoyens vers les Etats-Unis. Cet accord garantissait l'accès à plus d’une trentaine de données concernant les passagers aériens aux agences de sécurité américaines. Ce transfert était exigé des compagnies aériennes au moment de l'achat des billets (12). Dès mars 2003, les autorités américaines avaient d’ailleurs émis un véritable ultimatum imposant aux compagnies aériennes de communiquer aux services de douane et de sécurité américains toutes les données personnelles enregistrées dans le fichier « passenger name record » (ou PNR) pour les voyageurs allant ou transitant par les Etats-Unis. La menace alors émise était l’interdiction pure et simple d’atterrir sur le sol américain. Là encore, aucune réaction majeure de l’UE, bien que la communication de ces données soit attentatoire au droit à la vie privée tel qu’il est défini par l’article 8 de la Convention Européenne des Droits de l’Homme, ainsi que les articles 7 et 8 de la Charte des Droits Fondamentaux de l’Union Européenne.

Edward Snowden est donc bien un briseur des illusions de nos démocraties et gouvernants actuels. La conclusion de Pierre Desproges dans le tribunal des flagrants délires peut ici être rappelée, en dépit du sérieux du sujet, car elle est somme toute explicative : « donc l'accusé est coupable »...

 

 

Auteur: Rony

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9 juillet 2013 2 09 /07 /juillet /2013 17:30

 

La fameuse grande loi du capitalisme de marché repose sur les travaux de Léon Walras, le fameux équilibre général basé sur la concurrence pure et parfaite, un concept totalement théorique. Le seul équilibre existant étant surtout celui de la terreur et le déséquilibre général est devenu la règle.

Les économistes oublient ainsi dans leurs analyses le grand médiateur tout puissant, l'alpha et l'oméga des marchés : la violence. Nous pourrons donc continuer à donner le prix Nobel d'économie à ceux qui tentent de trouver l'équilibre général dans l'hypocrisie générale la plus totale.

La violence de l'économie n'est que le reflet du miroir d'une économie de la violence...

La criminalité organisée transnationale est donc au coeur de l'économie mondiale avec une part croissante des financements issus des trafics en tous genres, une véritable gestion mafieuse du système économique des sociétés contemporaines.

Ancien officier supérieur des services de renseignement français, Alain Rodier est spécialiste du renseignement militaro-industriel, du terrorisme et de la criminalité organisée, les fameuses Organisations criminelles transnationales (OCT).

Il a écrit dans une note du 13 juin 2012 publiée sur le site du Centre Français de Recherche sur le Renseignement (CF2R) :

« Une partie importante de l'argent sale issu des profits tirés des différentes activités du crime organisé est redirigée vers des investissements respectables sur les marchés financiers. »

Sa conclusion est d'ailleurs sans appel :

« La criminalité organisée transnationale représente donc un danger phénoménal pour l'économie mondiale. Elle a été fortement aidée par le libéralisme sauvage prôné par nombre d'économistes et repris par des responsables politiques. A la décharge de ces derniers, il faut bien reconnaître que leur marge de manœuvre est de plus en plus étroite, les Etats étant désormais interdépendants en raison de la mondialisation. Il est d'ailleurs légitime de se poser la question : qui commande qui ? Autre question intéressante : qui se cache derrière ce que l'on appelle les « marchés  ? »

Pour approfondir : vidéo 1 sur mon blog

Les trafics de drogue, d'être humains , d'armes, de cigarettes, d'espèces protégées, sont connus, mais apparaissent désormais de nouveaux débouchés très lucratifs comme les trafics de déchets dangereux ou d'organes.

L’ONU estime que le blanchiment de l'argent de la drogue représente 1000 milliards de dollars par an. Il faudrait y ajouter les opérations illégales de capitaux : évasion fiscale, corruption, détournement de fonds, sans compter le shadow banking (la finance fantôme), échappant à toute régulation et représentant environ 60 000 milliards de dollars fin 2011, le PIB de la planète aujourd'hui avec les tentatives de régulation (Bâle III).

Le marché international du trafic d'armes est évalué à 1 200 milliards de dollars par an

Le trafic de cigarettes représente un dixième des ventes mondiales, soit 600 milliards de cigarettes.

347 tonnes de tabac et cigarettes ont été saisies en France en 2010, soit une augmentation de 30 % en un an.

La prostitution, le premier emploi dans le monde, concernerait 40 à 42 millions de personnes selon le   rapport mondial de la Fondation Scelles sur l’exploitation sexuelle, sorti le 10 janvier 2012.

0,6% de la population mondiale se prostitue. 75% de ces personnes ont entre 13 et 25 ans et 90% d’entre elles dépendent d’un proxénète. Les femmes et fillettes représentent 80% du nombre total de personnes qui se prostituent.

Selon les estimations, 3000 enfants seraient victimes chaque jour de trafiquants. Aux Philippines, selon l'UNICEF, il y aurait de 60 000 à 100 000 enfants prostitués.

En 2010, les revenus annuels de la prostitution étaient estimés à plus de 187 milliards de dollars.

Avec la crise, la prostitution est un business en pleine croissance, surtout en Europe comme en Espagne ou en Grèce

Les trafics de déchets sont peu médiatisés. Ils représentent pourtant des sommes colossales.

Le coût de plus en plus élevé du traitement de ces déchets dans les pays occidentaux a en effet favorisé le développement de trafics internationaux. Chaque année les pays industrialisés produisent plus de 300 millions de tonnes de déchets. Le prix moyen de recyclage d’une tonne de produits dangereux pouvant grimper jusqu’à 1.100€ nous comprenons mieux le système actuel mis en place par les mafias pour « délocaliser » les déchets les plus toxiques que l'on jette sur les côtes d'Afrique (Somalie entre autre).

Pour approfondir : vidéo 2 sur mon blog

Lawrence Summers, ancien directeur du conseil économique national de la Maison-Blanche avait d'ailleurs donné sur ce sujet une explication limpide et imparable en décembre 1991, dans une note interne, alors qu’il était économiste en chef de la Banque mondiale :

« Les pays sous-peuplés d’Afrique sont largement sous-pollués. La qualité de l’air y est d’un niveau inutilement élevé par rapport à Los Angeles ou Mexico. Il faut encourager une migration plus importante des industries polluantes vers les pays moins avancés. Une certaine dose de pollution devrait exister dans les pays où les salaires sont les plus bas. Je pense que la logique économique qui veut que des masses de déchets toxiques soient déversées là où les salaires sont les plus faibles est imparable. [...] L’inquiétude [à propos des agents toxiques] sera de toute évidence beaucoup plus élevée dans un pays où les gens vivent assez longtemps pour attraper le cancer que dans un pays où la mortalité infantile est de 200 pour 1 000 à cinq ans  ». Source The Economist (8 février 1992) et The Financial Times (10 février 1992).

La journaliste du New York Times, Elisabeth Rosenthal (le 27 septembre 2009), a étudié le marché des « délocalisations de déchets » et rapporte que 16 % des exportations de déchets sont illégales .

Le trafic d'organes est en plein essor, un véritable marché d'avenir avec l'évolution des techniques de transplantation. Tout a un prix et nous sommes, sans le savoir, en possession d'un véritable trésor de plus en plus convoité.

Voici quelques estimations que l'on retrouve sur ici :

• Peau : 10 € par cm²
• Mains et avant-bras : 290 €
• Épaule : 380 €
• Estomac : 385 €
• Paire de globes oculaires : 1.150 €
• Artère coronaire : 1.150 €
• Intestin grêle : 1.910 €
• Cœur : 90.000 €
• Foie : 157.000 €
• Rein : 200.000 € 

Avec de tels montants les prélèvements "sauvages" se multiplient.

Selon une estimation de l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), la contrefaçon génèrerait 250 milliards de dollars de revenus criminels par an.

Plus grave encore, elle concernerait de plus en plus les médicaments.

« Les médicaments frauduleux suscitent de plus en plus d’inquiétudes dans le monde entier, mais plus particulièrement dans les pays en développement. »

Le commerce illicite d'espèces protégées (tortues, serpents, perroquets, etc, etc) est lui aussi en plein essor.

Le montant total de tous ces trafics donne le vertige et ont littéralement infecté l'économie mondiale. Pourtant, les criminels ne sont en quelque sorte que des businessmen sans scrupules qui répondent à une demande du marché car, sans demande des clients, la prostitution enfantine par exemple ne pourrait exister.

Dénoncer et enfermer le criminel permet d'oublier l'extrême complicité de l'ensemble de l'humanité et l'on retombe encore et toujours à la source du problème : la psyché.

 

Auteur : Gilles BONAFI

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8 juillet 2013 1 08 /07 /juillet /2013 18:41

Article publié le 4 juillet 2013 Nettoyant éco-logique au savon noir fait-maison

Appelée aussi anissi'nettoyant au savon noir par les intimes, cette recette de lessive au savon noir se réalise très facilement en se basant sur ma recette au savon de Marseille. Pour le pas à pas, ça se passe ici aussi : Pas à pas de ma lessive au savon de Marseille. Vous avez besoin de peu de produits de base pour la réaliser.
Peu de produit suffit pour nettoyer la maison du sol au plafond et l'avantage c'est qu'elle est très économique. Sans HE elle est sans danger pour mes mains, mais par précaution et parce que c'est une habitude, je n'aime pas me salir les mains, j'utilise des gants de ménage pour l'utiliser.

Ingrédients :

  • 2 litres d’eau
  • 150 g de savon noir mou en pot
  • 150 g de cristaux de soude
  • 6 CàS de bicarbonate de soude
La Recette :
Le principe reste le même que pour la lessive au savon de Marseille.

  • Faire bouillir 150g de savon noir en pâte dans 1 litre d’eau pdt au moins 5 minutes,
  • puis quand le savon est presque froid, rajouter 6 CàS de bicarbonate. Attention si on rajoute le bicarbonate quand c’est encore chaud, ça mousse !
  • Rajouter 150g de cristaux de soude dilués dans 1/2 litre d’eau et le 1/2 litre d’eau d’eau froide restant tout en remuant.
  • Passer au mixeur à main… Mixer plusieurs fois à intervalles réguliers.
  • Résultat de la préparation : il reste un peu de mousse qui n’enlève rien à l’efficacité du produit , pour le reste c’est transparent un peu jaunâtre…
  • Mettre moitié dans un pulvérisateur, moitié dans un flacon à bouchon flipflop selon l’utilisation recherchée…

Son Utilisation :

  • Je l’ai testé comme détachant et lessive… Quand on pschitte, ça fait liquide et ça mousse (vous savez comme…)
  • J’en ai mis sur un gant de toilette blanc bien crado resté sur le bord de la baignoire (un coup de mes elfillous encore ! Ils ont du laver leurs godasses avec ou je ne sais quoi…) et environ 100ml dans la boule doseuse au cœur du linge et j’ai lancé ma machine de serviettes de toilette à 60°. Machine finie, premières impressions : le gant est redevenu presque blanc, (mais bon, va savoir s’il était blanc blanc propre !) ça a l’air de bien marcher…
  • Après plusieurs essais fructueux, mon pshitt-pshitt magique est un très bon détachant !
  • Testé et approuvé aussi en tant que liquide vaisselle, attention cependant cela mousse beaucoup moins et je mets aussi un filet de vinaigre dans mon liquide de rinçage pour bien rincer le savon !
  • Je vous donnerai plus tard les différentes utilisations possibles… A suivre donc…

Source image : http://maroc-argan.fr

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8 juillet 2013 1 08 /07 /juillet /2013 13:27

Le temps, encore humide et instable ce matin s'améliore cet après-midi et la nuit prochaine.

Mais la tempête tropicale CHANTAL s'est formée sur le proche Atlantique. A 5h00 locales, son centre (1007 hPa) était situé par 10.4°N et 49.5°N, soit à environ 1400 km au Sud-Est de la Guadeloupe.

Elle se déplace rapidement vers l'Ouest-Nord-Ouest à 43 km/h.

Prévisions :

La tempête tropicale CHANTAL va traverser notre archipel demain mardi.

Demain, le temps se dégrade dès le début de matinée avec les premières averses orageuses.

Les pluies s'intensifient à la mi-journée. Ces pluies intenses entraîneront des cumuls importants et seront accompagnées d'orages et de rafales de vent.

Accalmie en soirée.

Le vent se renforce mardi matin. Il souffle de Nord-Est entre 30 et 40 km/h en moyenne puis à 60 km/h l'après-midi en basculant au Sud-Est, avec des rafales à 100 km/h. Il retombe à 40 km/h le soir.

La mer devient forte et hachée avec des creux dépassant 3m en Atlantique, 2m50 dans les canaux.

Elle est légèrement agitée en Caraïbe et Culs-de-Sac avec des creux d'1m50. La houle bascule Nord- Est puis Est-Sud-Est en soirée. Amortissement rapide la nuit suivante.
Mesures individuelles de comportement préconisées par la préfecture :

VIGILANCE JAUNE MER DANGEREUSE
Informez-vous de la situation météorologique et soyez particulièrement prudents :
- si vous devez pratiquer des sports à risque en bordure de mer
- si vos activités de plein air sont situées dans une zone exposée, près des plages, mais aussi et surtout en mer bien entendu.

VIGILANCE JAUNE VENTS FORTS
Informez-vous de la situation météorologique et soyez particulièrement prudents :
- si vous devez pratiquer des sports à risque en extérieur
- si vos activités de plein air sont situées dans une zone exposée, sur terre, notamment près des sommets en montagne, près des falaises, comme en mer bien entendu.

VIGILANCE JAUNE PLUIES FORTES
Informez-vous de la situation météorologique et soyez particulièrement prudents :
- si vous devez pratiquer des sports à risque en extérieur
- si vos activités de plein air sont situées dans une zone exposée, sur terre, notamment en montagne, près des cours d'eau, comme en mer aussi.
- si vous devez circuler dans des zones inondables (franchissement de gués ou de passages bas encaissés).
- en cas d'orage : évitez l'utilisation des téléphones et des appareils électriques. Ne vous abritez pas dans une zone boisée, tout près de pylônes ou poteaux ».

Karen Bourgeois - DOMactu.com
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  • Le monde est dangereux non pas à cause de ceux qui font le mal, mais à cause de ceux qui regardent et laissent faire” Einstein.
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