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8 août 2013 4 08 /08 /août /2013 18:23

La croissance étant aux abonnés absents, le travail se raréfiant, le partage revient au devant de la scène… l’occasion peut-être d’évoquer l’autarcie, vision d’un autre monde, plus solidaire, plus doux, moins gaspilleur.

Le mot est donc lâché : l’autarcie.

Par ces temps de crise financière, sociale, et politique, ils sont de plus en plus nombreux ceux qui, tournant le dos à la société que l’on nous propose, ont mis l’autarcie dans leur ligne de mire, sans attendre les « lendemains qui chantent » promis par des générations de politiciens, dont les promesses ne cessent d’être des paroles en l’air, et laissé l’action remplacer l’indignation. lien

Dans une logique de « décroissance », d’autosuffisance, l’autarcie se conjugue sur tous les aspects de la vie sociale : énergie, économie, santé, loisirs, création…

Sur la question économie, il y a le SEL, service d’échange local, qui permet à un citoyen d’échanger un service, une marchandise, contre un autre service, ou une autre marchandise.

C’est aussi une autre approche du monde du travail, sans être pour autant du travail au noir, une autre approche du troc, même si dans le cadre du sel, on n’est pas tenu de rendre à celui dont on reçoit. lien

La définition d’usage est qu’il s’agit d’un « système d’échange alternatif au sein d’un système monétaire et économique traditionnel. Il rassemble au sein d’une association ou d’un réseau des personnes qui échangent entre elles des biens et des services, sans souci mercantile et sans utiliser d’argent ». lien

Le barème habituel pour donner un cadre à l’échange est généralement basé sur le temps (1 heure = 60 unités).

La carte des 450 SEL de France est sur ce lien, et on peut découvrir les adresses des différents SEL sont sur ce lien.

Il s’agit surtout d’un échange de compétences, et le SEL est une opportunité pour ceux qui décident, ou ont déjà décidé d’approcher l’autarcie.

La question de l’énergie passe par la production solidaire et partagée, chère à Jérémy Rifkin (lien) consommée à proximité, évitant ainsi les pertes énergétiques et financières liées aux centrales thermiques, qu’elles soient nucléaires, au charbon, ou au pétrole, puisque le cout du transport de l’électricité représente 46% du montant de nos factures. lien

Pour notre pays qui, bon an, mal an, consomme 270 MTEP (millions de tonnes équivalent pétrole), (lien) une consommation sur place de toute l’énergie produite, chaque fois que c’est possible, permettrait de ramener théoriquement nos besoins à 220 MTEP. lien

Ensuite, une isolation performante des habitations, des immeubles, des bureaux, outre qu’elle serait créatrice de 75 000 emplois/an, (lien) diminuerait nos besoins de 20 MTEP.

Prenons l’exemple d’un hameau, composé d’une centaine de personnes.

Une petite centrale à méthane, utilisant soit le petit lait, le compostage, les déchets ménagers, les déchets d’étables, les déjections animales... peut produire régulièrement 160 mètres cubes de méthane par jour (lien) soit 240 litres de pétrole. lien

Ce méthane est brûlé directement dans un totem (moteur spécial méthane), lequel moteur doit être refroidi, permettant ainsi une production d’eau chaude utilisée pour les habitations, et produira de l’électricité, laquelle sera consommée sur place. lien

Mais ce méthane peut aussi servir comme carburant pour nos véhicules. lien

C’est ce qu’avait réalisé, il y a bien longtemps, Jean Pain, dans son Vercors, ou dans le Var.

Celui qu’on a appelé le « Pape de l’or vert » avait commencé sa carrière en devenant garde forestier sans salaire, s’étant installé sur un terrain de 3 hectares, commençant par mettre en place un dôme de 3 mètres de haut et 6 mètres de diamètre constitué de broussailles broyées.

Au milieu de ce « gâteau » énergétique, il avait placé une cuve d’acier hermétique de 4 mètres de haut, pleine de débris végétaux de 2 mois d’âge, macérant dans l’eau, et grâce à la chaleur dégagée par le compost qui le recouvrait, il récupérait ainsi le méthane produit. lien

Il avait ainsi constaté que 10 kg de broussailles broyées fournissait l’équivalent d’un litre de pétrole, que l’eau chaude produite par la meule permettait d’alimenter tous les radiateurs de son habitation, et que le compost produit lui permettait d’avoir des légumes et des fruits en quantité, de grande qualité.

Ce qui n’est pas sans nous rappeler le BRF, dont il a été l’initiateur. lien

Il en avait déduit que 1000 hectares de forêt pouvait produire près d’un million de mètres cubes de méthane, des millions de litre d’eau chaude, et 6000 tonnes d’engrais.

Or la forêt française couvre une superficie de plus de 16 millions d’hectares, (lien) ce qui signifie que potentiellement, elle permettrait théoriquement la production de 16 milliards de M3 de méthane, soit 24 milliards de litres de pétrole. lien

Mais, s’il n’est pas question de broyer toute la forêt française pour en faire du méthane et du compost, on peut acter du potentiel des forêts appelées « de culture », et constatant sa sous-exploitation actuelle, (qui provoque un manque à gagner pour l’état de 6 milliard/an), imaginer la valorisation que l’on pourrait en faire, sans pour autant en diminuer la superficie. lien

Au-delà de cette énergie à la portée de tous, propre à permettre l’autarcie, n’oublions pas le photovoltaïque, qui grâce à la lumière, produit de l’électricité, le petit hydraulique, ni le petit éolien qui peut prendre le relais lorsque le soleil n’est pas au rendez vous.

Sur le chapitre de la santé, on oublie souvent que nous avons sous la main toutes les plantes pour nous guérir, et que les médicaments traditionnels ne sont généralement que l’exploitation marchande des molécules de ces plantes. lien

De l’utilisation basique des plantes, à celle sous la forme d’huiles essentielles, qu’il n’est pas si complexe de fabriquer, en passant par le « médicaliment », se soigner passe aussi par une consommation d’aliments sains et équilibrés, évitant ainsi le gâchis de leur transport en se limitant le plus souvent possible à la consommation de produits de saison.

Sur le chapitre de l’habitat, au-delà du DiY (Do it Yourself) qui offre la possibilité, par des créations originales d’améliorer nos lieux de vie (lien), et qui propose même un site sur FB (lien), il existe surtout un livre étonnant : « Savoir revivre » de Jacques Massacrier,  (éditions Albin Michel).

Paru dans les années 70, et réédité régulièrement, c’est un manuel largement illustré, donnant toutes les clefs de l'autonomie allant de l’auto construction, à l’alimentation, en passant par le jardinage, le traitement des déchets, la cuisine, l’énergie, etc…

Extrait : « en retournant près de la nature, nous contribuons à la protéger, nous réintégrons notre élément naturel et cessons de collaborer avec une société dont la vitalité est basée sur le gâchis. Nous sommes peut-être les pionniers d’une grande migration vers un monde meilleurs qui est à notre portée. L’homme s’obstine à inventer l’Enfer dans un milieu paradisiaque ».

Ce livre, qui a plus de 30 ans n’a rien perdu de sa pertinence, et on peut y apprendre à faire son pain, produire du charbon de bois, fabriquer des bougies, son savon, conserver des aliments, lutter contre l’invasion des fourmis, faire différents nœuds, fabriquer un panier, créer différents vêtements, bouturer, marcotter, découvrir le bon voisinage des plantes entre elles, connaitre les moments de la lune où il faut planter chaque espèce, les vitamines que procurent chaque aliment, découvrir les vertus des plantes médicinales, fabriquer son dentifrice, s'initier à la réflexologie, soigner diverses maladies, découvrir des tas de recettes de cuisines, de la fabrication du curry, à celle de la moutarde…même la météorologie est abordée…

Sur ce lien, les détails de ce livre incontournable pour tous ceux qui sont tentés par l’expérience de l’autonomie et de l’autarcie.

Cela permet de visualiser toutes les pages de l’ouvrage, mais on peut aussi acquérir le livre version papier, ce qui est tout de même plus pratique. lien

C’est le moment d’évoquer le réseau des « jardins partagés », permettant aux jardiniers amateurs de partager leurs techniques, mais aussi leurs fruits et leurs légumes. lien

Et puis il y a le mouvement lancé entre autres par François Rouillay, coordinateur national « d’incroyables comestibles » qui propose dans une logique d’autosuffisance, de «  transformer nos territoires en immenses potagers  », avec des jardins sur les toits des immeubles, comme récemment à Chicago. lien

En effet, rien n’interdit de planter des arbres fruitiers entre les barres d’immeubles, de cultiver des fruits et des légumes à la place des pelouses de nos citées, ou sur les balcons, les toits.

Comme le dit Rouillay, dans la droite ligne de Pierre Rabhi et de son mouvement «  Colibris  », dont il est un grand admirateur : « cela montre que loin des grands médias, une révolution citoyenne, celle de la gratuité et du partage est en marche », convaincu que « ce sont les marginaux d’aujourd’hui qui créent les nouvelles solidarités de demain ».

Arte ne lui a-t-il pas décerné le trophée de la meilleure idée contre la crise ? lien

Comme dit mon vieil ami africain : « fais du bien à ton corps pour que ton âme ait envie d’y rester  ».

Merci aux internautes pour leur aide précieuse.

Olivier Cabanel

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Published by L'archipélien - dans économie
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7 août 2013 3 07 /08 /août /2013 18:14

L'accouchement sous anesthésie est-il bien un progrès ? 

La péridurale se popularise dans les années 1970 pour désigner l'anesthésie d'une zone située le long de la colonne vertébrale, entre les cervicales et le sacrum ; l'espace péridural, fait de graisses et de vaisseaux sanguins, est ainsi désigné parce qu'il recouvre la dure-mère, une gaine rigide qui a elle-même pour fonction de protéger la moelle épinière. L'application la plus répandue de la péridurale est, on le sait, l'analgésie de l'accouchement. Le bénéfice immédiat est la disparition de la douleur, ce qui pour beaucoup suffit à abolir toute forme de discussion sur l'opportunité de l'intervention ; à ce sujet, on n'hésite pas à comparer l'événement à une extraction dentaire...

On loue aussi l'émancipation de la femme par rapport à son destin tragique figé dans la malédiction biblique : « Tu enfanteras dans la douleur » (Genèse 3-16). Pour beaucoup, et au premier chef les féministes, la péridurale équivaut à la réappropriation de son corps par la femme, au même titre que la contraception, l'avortement, ou aujourd'hui la procréation médicalement assistée... et envisager les choses autrement, c'est aussitôt contester les droits des femmes et témoigner d'une coupable nostalgie pour le sexisme et le patriarcat.

Tout au mieux concèdera-t-on le droit à choisir son mode d'accouchement, selon la loi libérale de l'offre et de la demande. En effet, la doxa consumériste vante toujours le choix comme la pierre de touche du progrès : ainsi la péridurale « permet » de choisir, de « personnaliser » même son accouchement... la publicité est séduisante, mais la femme qui va accoucher est-elle bien en état de choisir ? Ce choix qui lui serait « proposé » n'est-il pas à bien des égards contraint ou mensonger ? Car tout dépend de la manière dont il est formulé...

Dans ce questionnement sur l'opportunité de la péridurale, je voudrais ici aller bien plus loin : peut-il y avoir choix devant l'inconnu, et devant une des expériences fondamentales du mammifère humain, au même titre que la naissance, la maladie et la mort ? Sans faire l'apologie de la douleur en tant que telle – qui est d'ailleurs toujours relative et modulée selon les circonstances, l'entourage, le vécu – je voudrais ici m'interroger sur le coût d'un tel « progrès », notamment sur ses conséquences psycho-sociales à long terme, sur la manière dont il modifie et reconfigure notre rapport au corps et à l'autre.

Une intervention sans conséquences ?

Il est toujours très difficile de discuter les avancées de la médecine puisqu'elle se donne pour mission d'éradiquer le mal : la souffrance bien sûr (et l'histoire de l'analgésie remonte à l'Antiquité), les maladies, jusqu'à la mort elle-même que l'on peut aujourd'hui déjouer, ou les impossibilités constitutives qui autrefois empêchaient la réalisation de désirs communément partagés (par exemple le désir d'enfant). Plus généralement, depuis l'ère positiviste et le règne apparent de la raison, difficile de critiquer les progrès scientifiques, sauf à rester sagement sur le terrain spécialisé dont ils relèvent. Ainsi, la médecine n'admet guère d'autre objection que clinique (avec la notion de risque : complications, effets secondaires, pathologie conditionnée, etc), technique ou à la rigueur financière, et quelques fois éthique. On admet par exemple que la péridurale comporte certains risques (céphalées, paralysie...), que l'on travaille bien évidemment à réduire et à prévenir. Mais sinon... où est le problème ?

J'avance sur des œufs, et m'en tiens pour l'instant à la culture scientifique : je commencerai par quelques études portant sur le vécu de la mère et l'état du nourrisson, selon qu'il est né ou non sous péridurale. A ce sujet les enquêtes restent curieusement maigres et partielles (1), mais elles font apparaître un certain nombre de conséquences immédiates : les accouchements sous anesthésie épidurale sont semble-t-il plus longs, ils entraînent un recours quasi systématique à l'ocytocine (pour re-stimuler le travail) et requièrent plus souvent une délivrance instrumentale (épisiotomie, forceps, ventouses, césarienne) : ainsi, choisir la péridurale, ce n'est pas seulement faire l'économie de la douleur, c'est aussi déléguer le travail de l'accouchement à la technique médicale. En outre, elle constitue une épreuve pour le bébé qui n'échappe pas à l'analgésie via le placenta. Les nourrissons ainsi nés apparaissent moins éveillés, moins toniques, plus réfractaires à la mise au sein.

Evidemment on peut toujours considérer ces conséquences comme négligeables, mais n'y a-t-il pas une certaine naïveté à prétendre que les interventions techniques sur le corps sont, même ponctuelles, sans effet sur le psychisme ? Ce qui disparaît ici, c'est bien la maîtrise maternelle ; ce qui est estompé, c'est l'épreuve sensible du passage et de la séparation.

Choisir son accouchement ?

Passons donc à l'argument du choix et considérons qu'il y ait là une offre bienveillante. Encore faut-il que la maternité fasse en effet valoir la possibilité d'un choix... Or si l'on se prépare consciencieusement à l'hypothèse péridurale, le corps médical est moins bavard devant la perspective d'un accouchement « à l'ancienne »... en réalité, ce dernier ne fait justement pas partie de l'éventail des propositions, et si l'on veut se passer de l'anesthésie magique, il vaut mieux en avoir fait le choix antérieurement et même être en état de le revendiquer contre vents et marées. De fait, en France la péridurale n'est pas le résultat d'un choix : c'est la norme (près de 70% des accouchements, et jusqu'à 90 ou 100% dans de nombreuses maternités ; 80% aux Etats-Unis contre 15% aux Pays-Bas). Il faut dire ici que le mode de financement des hôpitaux français n'est pas pour rien dans cette performance quantitative : la péridurale, c'est rentable, cela pérennise les crédits de fonctionnement. Que 80% des femmes en « bénéficient » selon la terminologie consacrée (et trompeuse), ne signifie pas du tout qu'elles en aient fait le choix éclairé.

Mais entretenons encore un moment la fiction du choix : dans quelles conditions s'effectuerait-il ? Pour qu'il soit libre, il faut qu'il ait lieu dans un contexte serein... or dans une situation aussi inédite (pour les primipares) ou aussi critique (le moment venu), il n'est pas rare que les décisions les plus fermes se renversent : temps de travail plus long ou plus court que prévu, anesthésiste plus ou moins disponible, infections éventuelles... Et puis le désir de la future mère est pour le moins ambivalent, influencé tant par la situation que par ceux qui l'entourent, proches, conjoint et personnel médical. D'ailleurs beaucoup disent vouloir aviser le moment venu...(2)

En fait, avec la péridurale, on se trouve maintenant partagé entre la peur de la douleur, pourtant universelle, la peur des risques anesthésiques et... l'angoisse du choix lui-même ! D'où de nombreuses décisions négatives, qui visent le moindre mal plutôt qu'une véritable résolution. Enfin le corps maternel est devenu un enjeu de pouvoir, entre le savoir obstétrical et la parole mal assurée des femmes. En réalité, dans un tel contexte, il est devenu très difficile, voire héroïque, de « choisir » d'accoucher « à l'ancienne » : si vous refusez le confort anesthésique, il ne faudra compter sur personne pour surmonter l'épreuve ; à l'hôpital, il faudra même affronter l'hostilité des professionnels.

Ainsi, le prétendu choix libère moins qu'il ne contraint à une angoisse quelque peu déplacée par rapport à la réalité de l'expérience : le véritable enjeu n'est pas la « gestion » de la douleur, mais – il faut le rappeler - la mise au monde d'un être humain, une vie nouvelle, l'expulsion d'un corps autre. Comme la naissance, la maladie, la vieillesse, la mort, c'est une expérience fondamentale de la corporalité et de nos limites qu'on ne peut esquiver sans dommage.

Une souffrance insupportable ?

Venons-en donc à l'argument central : la suppression de la douleur. Avant de chercher à l'éviter, on pourrait se demander de quoi est faite cette souffrance. En vérité, rien de comparable avec une extraction dentaire ni avec quelque pathologie ou accident que ce soit : cette douleur-là est celle d'un avènement désiré, elle correspond à une nécessaire délivrance, que le corps réclame tout entier et de toutes ses forces ; elle est aussi passagère, c'est le cas de le dire ; enfin elle est universellement partagée depuis la nuit des temps, sans qu'ailleurs on s'en émeuve beaucoup.

Bien sûr c'est un séisme inimaginable, bien sûr qu'on s'y perd soi-même (comme on se perd en la jouissance) : cette expérience nous fait rencontrer et traverser notre animalité mortelle. Dans l'accouchement, il ne s'agit plus de moi, il s'agit de la perpétuation de l'espèce. Non seulement ce n'est pas grave, mais c'est peut-être même nécessaire. D'où vient que l'on se soit à ce point focalisé sur la douleur, sinon de ce qu'on a trouvé les moyens de la réduire ? Et d'ailleurs, inversement, la possibilité de la gommer fait qu'elle paraîtra d’autant plus insupportable. Cette souffrance est en effet augmentée par la surmédicalisation elle-même : quand la femme est priée de consulter à l'hôpital, soumise à de multiples investigations, et finalement allongée sur une table d'opération, livrée aux professionnels de l'accouchement.

Il y a je crois un réel danger à ainsi encourager la dépossession maternelle et à assimiler la maternité à une pathologie. Comment se fera le nécessaire travail de séparation à long terme si la dyade est endormie au moment décisif ? Comment les mères s'empareront-elles de leur responsabilité et de leur devoir d'éducation à l'autonomie, si elles échappent à l'inauguration de leur statut ? On répondra que point n'est besoin d'en passer par là, on allèguera le cas des enfants adoptés. Bien sûr. Encore une fois, je ne me situe pas au niveau des particuliers, mais à l'échelle des conséquences psycho-sociales ; quand une écrasante majorité de femmes contourne la réalité de l'accouchement, quand la société tout entière approuve sans réserve et encourage l'anesthésie des parturientes, ne finit-on pas par penser que mettre au monde est une simple formalité, un simple désagrément ? La péridurale annule l'épreuve : on n'y apprend rien ; circulez, il n'y a rien à voir !

Une incontournable épreuve

Pourtant certaines femmes cherchent à se réapproprier cette expérience intime et primitive qu'est l'accouchement. Tenant tête à la souffrance programmée, elles revendiquent une implication totale. Il y aurait là quelque chose à ne surtout pas manquer.

Je postulerai quant à moi qu'elle est rien moins que fondatrice pour le devenir humain, en ce qu'elle est une épreuve de réalité et qu'elle enseigne la puissance du vivant. On l'a vu, la douleur est un argument bien fragile : c'est normal, il déplace et masque la réalité de cette expérience. Incommensurables, les douleurs de l'accouchement correspondent pourtant à un simple état du corps qui doit accomplir sa tâche. Et c'est précisément là que réside un précieux savoir : la douleur n'est pas nécessairement un mal, c'est un possible non destructeur. Partie intégrante de notre condition, elle mérite qu'on l'accueille et qu'on se laisse transformer par elle. Dans ce séisme corporel, on appréhende bien la mort, non comme catastrophe, mais comme condition du vivant.

C'est un discours difficile à tenir, j'en ai bien conscience, car la douleur est aujourd'hui partout traquée comme le mal même, et qui ne cherche pas à y échapper à tout prix est un masochiste qui s'ignore, un illuminé ou un dangereux intégriste. Mais ce que je dis ici, c'est tout autre chose : la douleur participe du nécessaire avènement d'un autre semblable, entre la perte des eaux et le sectionnement du cordon. Elle témoigne d'un passage, qui est l'épreuve imposée à l'enfant aussi bien qu'à la mère. Pour donner naissance à un autre, pour mettre au monde, je dois passer par ma propre disparition – et alors ?

Pour la femme comme pour l'homme à venir, il y a peut-être quelque avantage à « en passer par là » : la naissance, la souffrance, la mort sont ce par quoi nous sommes pris dans le réel, confrontés comme jamais à l'incontournable (et rassurante) réalité du corps, notamment à la vérité de la reproduction et de la mortalité. A force de négocier avec ces expériences, on risque le désarrimage, on permet le triomphe des fantasmes les plus fous, par exemple qu'on pourrait en finir avec la douleur et avec la frustration, ou encore l'illusion qu'on puisse faire droit à tous ses désirs. Et qu'il soit devenu si difficile, sous nos latitudes post-modernes, de vivre l'altérité, c'est peut-être un des effets insoupçonnés de la médicalisation de la maternité.

Finalement, revenons au mot, la péridurale, qui désigne l’insensibilisation des tissus recouvrant la « dure-mère »... je me demande quand même si la péridurale ne risque pas, à long terme, de fabriquer des molles-mères, des mères floues, à demi paralysées, et des hommes égarés, qui ne savent plus bien quelle est leur place dans le monde ni ce qu'ils doivent à leur condition.

Hélène Genet

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6 août 2013 2 06 /08 /août /2013 17:31

Ces Pauvres « restaurateurs »… On va tous pleurer !

Vite ! Vite ! La cellule psychologique pour soutenir ces nouveaux pauvres qui se sont pourtant cassés la nénette afin de s’améliorer, de se mettre aux gouts de la nouvelle clientèle, de trouver de nouveaux produits, d’ajuster les prix ; bref, de se remettre en question de fond en comble année après année…

Ouais, ça c’est du fantasme en barquette de 12 !

 

Les « restaurateurs » français, en fait, les réchauffeurs de plats surgelés, les préparateurs de « cuisine d’assemblage », les tournicotons du micro-onde ne font plus de bonnes affaires, mêmes les touristes Martiens délaissent leurs cantines sentant bons le graillons, les rogatons et vieilles chaussettes concoctés par l’industrie alimentaire mon cher Watson !

Je suis en Albanie, sans comparaison avec l’infâme bouffe servie en France dans + de 80 % des restos. Dans ce petit pays des Balkans les produits sont frais, simples, bons et sans chichi. C’est un croisement de cuisine Italienne et un peu de Grec, de Slave. Lorsque je sors de table je n’ai pas l’impression d’avoir été une poire croisée avec un pigeon. Dire qu’aujourd’hui j’assume d’écrire que l’on mange mieux en Albanie qu’en France va faire bondir + d’un… Et pourtant. Depuis tant d’années les producteurs se sont vendus à la grande distribution, ce qui a donné à 5 centrales d’achats un pouvoir sans partage. Il a donc fallu devenir inventif et faire pousser des « choses » low cost. Des tomates pleines de flotte, des carottes au gout indéfinissable, des patates blafardes et de la viande indistincte question gout. Tout ça mitonné dans des usines à bouffe et envoyé de bon matin dans 80% de ce qui s’appelle un restaurant. Ca a l’avantage d’éliminer « LE CHEF », ce mec caractériel qui pour un oui ou pour un non rend son tablier en plein service du samedi soir. Plus besoin de faire le marché dès l’aube, les légumes sont sous vide, conditionnés et prédécoupés par des gamins de moins de 14 ans en Chine ou ailleurs. Les « plats » sont livrés en cartons de 10, et ya plus qu’à. Faire décongelé le magret de Canard à l’ancienne ou le saumon matelote ; un bout de persil frais (c’est la loi), et en avant, chaud devant, d’une chose décongelée, et ben, t’as un plat régional de notre terroir à nous à nous, mijoté avec amour, gloire et beauté. Sauf que… Les gens, les clients voyagent et voient ce qu’il se fait dans des pays limitrophes tels que La Suisse (où on y bouffe très bien, avec un accueil impeccable), en Belgique et le sens festif de ces bons vieux belges sans façon, bonne franquette, ne parlons pas de l’Espagne avec ses supers restos et ses produits délicieux, ses tapas et enfin l’Italie… Je viens de la traverser du nord au sud. Un plat de spaghettis, une tranche de Prociutto, une tomate du jardin, un bout de Parmesan ; ah, re-ahhhhhhhhh ! Et le sourire et la grappa offerte. Enterrés les cuistres-cuistots franchouilles, leur arrogance, leurs étoiles au Michelin et des coups de pieds au cul qui se perdent !

Donc, ya plus de client. Titre le Nouvel Obs. : Mois de juillet "catastrophique" pour les restaurateurs.

« Les restaurateurs s'inquiètent d'une baisse de fréquentation record de plus de 13% au mois de juillet par rapport à 2012 et lancent une campagne contre le relèvement du taux de TVA de 7% à 10% prévu par le gouvernement en 2014. » 

Est-ce possible d’être plus bête ? C’est la TVA qui les tue les povres ! Pas leur tambouille dégueulasse, mais la TVAAAAAA ma bonne dame McDonald ! Il suffira donc de baisser de 3 points et hop, magique, et c’est Bocuse à tous les étages.

« La situation n'a jamais été aussi catastrophique, nos entreprises accusent une diminution inédite de leur chiffre d'affaires et les résultats de ces quatre dernières semaines nous font craindre le pire, notamment pour l'emploi », écrit Michel Morin, président du SNRTC, dans un communiqué. 

 

Et allons y, ah ! l’emploi… Sous payé, n’arrivent même plus à recruter du personnel, faut voir comme ils sont logés les saisonniers, en + doivent payer leur repas, faire des horaires bancales qui les occupent de 9 heures du matin, à 1 heure du matin et souvent passer la serpillière sans heures supplémentaires. Je ne parle pas des abus en actes et paroles de ces faiseurs de mauvaises soupes avec le personnel féminin, souvent très jeune qui doit entendre les plaisanteries salaces du « patron ». Franchement qui a envie de se coltiner une des pires clientèles au monde, radine, pour un salaire au Smic, et dans une ambiance de travail à chier ? D’accord, sont pas tous comme ça, heureusement, y’en a encore qui servent de la vraie cuisine, à des prix abordables. Mais, Il faut maintenant se refiler les bonnes adresses comme des conspirateurs, car, c’est rare en ce pays un restaurant qui ne sert pas du Leader Price, concocté à la Jean-Pierre manges moi l’Coffe sur la commode !

Sont vraiment sans aucune fierté ces gens là, toujours à pleurnicher au lieu de se retrousser les manches, d’aller le matin acheter des produits frais à Rungis, ou faire travailler les petits maraichers, de faire les pluches, de vraiment cuisiner, de servir des plats que nous les clients ne pourrions pas faire à la maison, de penser à l’amabilité, la gentillesse (et oui, c’est parfois pénible d’être au service des autres, mais à chacun ses inconvénients professionnels), et enfin, de se dire que pour 20 euros, un client devrait pouvoir avoir la satisfaction d’un repas complet, la panse repue et le sourire aux lèvres. 

Et si vous osez émettre la moindre critique, je veux dire de celle qui est constructive « ma crème brulée est vraiment-vraiment brulée , pourriez vous la changer ? » Alors là attention ! Le restaurateur est prêt à en découdre, tout en vous balançant « si vous n’êtes pas content, allez voir ailleurs !!! »… C’est ce que je fais depuis des années, ne pas lâcher un fifrelin à ces gâtes sauces, alors, que modestement, chez moi, dans ma kitchen, je me débrouille très bien. Ouais, quelle me dit merci ma chérie !

 

Cela fait des années que la poule aux œufs d’or est en train de se tarir ( ? ok, une poule qui se tarie, d’accord ???) .

Les étrangers ne sont pas fous, et savent bien que les restos français servent une cuisine de cantine, sauf si vous pouvez assumer une addition de 100 euros par personne et +, là, vous touchez dans le haut du panier de la gastronomie et je le confirme, à ces prix là, ce qui est dans l’assiette est une magie des papilles. Pour le tout venant, mais dans ce pays c’est la règle depuis toujours, le mépris abyssale du « tout venant », et bien c’est bouffe insipide, plein d’eau, sans couleur, sans odeur, sans saveur ; c’est entre le dégueulis et la chiasse, à vous de voir. Les étrangers sont aussi nombreux à visiter notre pays qu’auparavant , mais ils ne dépensent plus de la même manière. Soit, ils font le plein de la glacière avant de partir, soit, ils vont au supermarché et mangent sur le bord de la route. Le touriste reste peu de temps, voit ce qu’il y a à voir, puis traverse le pays et va dépenser ses sous au sud de l’Europe. J’ai vu de mes yeux il y a 15 jours en Italie des restaurants le midi et le soir plein à craquer de touristes en train de se régaler… Alors que plus haut en France, ils sont désert ces restos ? Ké passa ? Il y a dans la question la réponse non ? C’est pas une question de crise financière banane, on a toujours un billet de 20 qui traine au fond des poches ; C’est une question de qualité des plats, de qualité du service, de qualité de la propreté des toilettes, de la qualité de la décoration et enfin, un peu, de la qualité de l’addition… Ouais y’a du boulot Emile !

 

Nous avons vécu dans un pays de cocagne. Souvenez vous y’a pas si longtemps, nous pouvions nous arrêter sur le bord de route dans n’importe quel petit boui-boui, et s’en mettre plein la cloche pour 3 francs, 6 sous… Puis, le Jacques Borel est arrivé avec ses cantines de merde de bord d’autoroute, puis MC Do (France = 1er marché mondial hors USA), puis, les surgelés, puis, les hypermarchés (France + grand nombre de grandes surfaces par habitant au monde)… Une population en coupe réglée qui boulotte pour une mafia de la boustifaille d’infamie, mais qui rapporte énorme, en + bien souvent les bénéficiaires de ce holdup des estomacs ne payent pas d’impôts en France, sont peinards en Suisse... Mais le peuple est con de faire la queue tous les samedi pour enrichir ces familles d’improductifs… Fatalitas et conneritas quand tu nous tiennas !!!

Les problèmes d’obésité, de santé, et aussi de bien être… Aux chiottes la qualité de vie, la convivialité ! Pour en finir avec ce triste tableau, nous avions les vins… Ben il a fallu que les mecs de Bordeaux trafiquent le pinard, le coupe, ou mettent des mauvaises étiquettes sur des jajas ce qui a fait perdre beaucoup de prestige au pays… Que ce soit les restaurateurs, les industriels, les viticulteurs ; tous, dans le même sac et hop, dans la fosse septique.

 

Quant à moi, encore ce soir je vais me régaler une fois de + de la bonne cuisine Albanaise dans la ville de Vlorë, j’aurais une pensée pour vous, « mes frères » « mes sœurs » sachant que vous êtes restés au pays et devez bâfrer la tambouille à Findus  ; Findus, à cheval sur la qualité, bordel !

 

Georges Zeter/Aout 2013

 

Ya pas que des idiots qui lisent le Nouvel Obs. ; Voici le copier/collé d’un internaute.

Clement sot a posté le 5-08-2013 à 17:29

95% de la "profession" sont des réchauffeurs de surgelés. Le métier, c'est entre le client et la barquette. Ca commence à se savoir. CQFD. Si le gouvernement voulait faire quelque chose d'intelligent pour une fois, il mettrait une TVA à 5% pour les produits frais, à 15% pour de la transformation et à 25% pour les réchauffeurs de barquettes et junk food. Et l'obligation d’étiquetage.

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5 août 2013 1 05 /08 /août /2013 17:30
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Népotisme-Oligarchie-Ploutocratie
République française

Dire que la démocratie est “représentative” signifie que les électeurs votent pour des représentants.

Dans un référendum par exemple, on vote directement pour une idée ou une loi, alors que dans la démocratie dite “représentative”, on vote pour des hommes, des personnes.

On continue à appeler ce système “démocratie” parce que tout le monde peut voter au moyen de ce qu'on appelle le “suffrage universel”.

Cela dit, il faut sans cesse rappeler que le mot “démocratie” signifie littéralement de par ses deux racines grecques “commandement du peuple” puisque demos signifie “peuple” et kratein “commander”.

On comprend donc la supercherie de ce modèle qu'on appelle perfidement “démocratie” à savoir que, premièrement, l'électeur donne son pouvoir à un autre en votant ; que, deuxièmement, il ne choisit pas les candidats, on les lui impose ; et que, troisièmement, l'élu est passible de faire ce qu'il veut une fois élu.

En réalité, la représentation est une vaste mystification car il n'y a pas de distance entre la possibilité de corruption et la représentation.

Rappelons que dans la démocratie d'Athènes au siècle de Périclès, les bouleutes étaient tirés au sort parmi des citoyens volontaires entre trente et soixante ans pour une année seulement et l'on ne pouvait être bouleute que deux fois en tout et pour tout dans sa vie.

La politique n'était donc pas professionnalisée, c'étaient de perpétuels amateurs qui s'occupaient de politique, et ceux-ci, du fait d'un roulement permanent, ne pouvaient pas s'incruster ad vitam aeternam.

Ces bouleutes n'étaient pas des représentants mais plutôt de simples administratifs qui devaient prendre note des propositions de lois proposées directement par les citoyens.

Ces propositions étaient ensuite étudiées devant l'ecclésia, assemblée du peuple qui votait alors à main levée.

Il s'agissait d'une vraie démocratie parce qu'elle était directe, parce que le peuple votait pour des idées ou des lois directement, et non pas pour des représentants qui auront les mains libres pour faire ce qu'ils veulent une fois élus.

L'expression “démocratie représentative” est un oxymore c'est-à-dire une expression frontalement contradictoire où le premier mot contredit le second, et inversement, c'est comme dire un cercle carré ou un feu glacé, ça n'a aucun sens, le même mot démocratie n'est utilisé que pour endormir le peuple qui ne voit pas le contresens véhiculé par cette expression fallacieuse.

La représentation induit obligatoirement la corruption, ce qui ne serait pas possible en passant directement par des idées.

Si je convoque le peuple et lui demande directement “acceptez-vous de faire construire une mosquée à tel ou tel endroit ?”, la réponse sera bien évidemment “non”.

Or, grâce à la représentation, il suffit qu'un illuminé friqué prenne rendez-vous avec l'élu muni d'une enveloppe bien remplie et lui dise : “tenez pour vous, il y en aura d'autres, n'ayez crainte, nous allons construire une mosquée, traitez de raciste toute personne qui s'opposera à ce projet, mettez-leur la pression, et surtout, pas de débat”.

Dans ces conditions, l'élu va tout faire pour aller dans le sens de son bienfaiteur-corrupteur et n'hésitera pas à trahir ses électeurs pour son avantage personnel.

La démocratie représentative est un système de corruption permanent qui berne le peuple vingt-quatre heures sur vingt-quatre, sept jours sur sept.

Voilà pourquoi la vraie démocratie est la démocratie directe où l'on vote pour des idées ou pour des lois directement car on ne peut pas corrompre une idée.

Si donc la démocratie représentative a été instaurée, c'est pour pouvoir tricher sans cesse car on peut très facilement corrompre un élu en l'incitant à aller dans telle ou telle direction.

D'autre part, en votant directement pour des idées ou pour des lois, la séparation des pouvoirs serait respectée : on entend par “séparation des pouvoirs” le fait que ceux qui écrivent les lois ne sont pas les mêmes que ceux qui les appliquent, sinon il y a une évidente collusion d'intérêts.

Si donc le peuple votait par exemple l'abolition des privilèges, l’abolition des privilèges prendrait immédiatement effet car ceux qui voteraient cette loi ne seraient pas les mêmes que ceux qui l’appliqueraient.

Or, dans ce système véreux de représentation, on demande à ceux qui ont des privilèges s'ils accepteraient d'y renoncer : la réponse est bien évidemment “non” et l'on ne peut pas s'en sortir, ceux qui écrivent les lois étant les mêmes que ceux qui les appliquent.

Voilà pourquoi il est impossible de supprimer les privilèges : tout simplement parce que la séparation des pouvoirs n'est pas respectée et que les élus écrivent des lois sur-mesure pour eux-mêmes.

Même la Constitution, si essentielle puisque rien n'est au-dessus d'elle, a été rédigée par ceux-là mêmes à qui elle profite.

En conclusion, la démocratie représentative n'est pas une démocratie, on n'utilise le même mot que pour berner le bon peuple, on en arrive même à la dictature des minorités puisqu'une infime minorité d'activistes ou de lobbyistes de toute obédience arrive à imposer son diktat à la face du monde, comme on l'a vu, ce qui est bien évidemment tout le contraire de la démocratie où c'est la minorité qui s'incline devant la majorité, et non l'inverse.

 

auteur: duraes leges sed leges

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4 août 2013 7 04 /08 /août /2013 17:48

On en a trop peu parlé, mais le 25 mai, dans toute l’Europe, des milliers de personnes ont manifesté contre Monsanto et la commercialisation des OGM dans une mobilisation inédite contre les agissements d’une multinationale. Et le 2 juin, France 5 diffusait un reportage très instructif sur l’huile de palme.

Les scandales de l’huile de palme
 
Le reportage de France 5 était édifiant à plusieurs titres. Il rappelait les conséquences de l’exploitation des palmiers sur la forêt équatoriale, montrant bien également que ce sont essentiellement les multinationales qui profitent de son exploitation, et non les paysans, parfois réduits à une condition proche de l’esclavage au nom du progrès économique. Le reportage dénonçait également l’utilisation de pesticides Syngenta extrêmement dangereux pour la santé et dont la multinationale fait pourtant une promotion cynique, la population pensant s’en protéger avec du lait concentré Nestlé…
 
Problème, les industriels peuvent camoufler aujourd’hui l’utilisation d’huile de palme sous le nom générique d’huile végétale ou matière grasse végétale. Pourquoi l’Europe ou nos gouvernants n’imposent-ils pas d’indiquer s’il s’agit d’huile de palme ou non ? Les consommateurs ne devraient-ils pas pouvoir choisir de consommer tel ou tel produit en toute transparence ? Il est difficile de ne pas voir dans cette possibilité offerte par le législateur le lobbying des grandes entreprises…
 
Le reportage évoque le label RSPO, créé par les industriels (et auquel Syngenta et… le WWF sont associés) qui garantirait une exploitation responsable de l’huile de palme, assurant respect des forêts et des paysans. Malheureusement, il est difficile de vérifier sur place ce qu’il en est en réalité puisque les exploitations RSPO ne peuvent pas être visitées. Les journalistes ont réussi à le faire en caméra cachée et pas grand chose ne semble distinguer l’huile de palme « responsable » de l’huile de palme ordinaire, dont le principal bénéfice est d’être la matière grasse la moins chère du marché.
 
Des politiques aux abonnés absents ou du mauvais côté
 

Il est effarant que le ministre de la consommation, Benoît Hamon, ne soit pas plus actif sur ces questions. Il y a pourtant tant de sujets sur lesquels agir, assurer une plus grande transparence, traquer les abus des multinationales qui sont parfois plus soucieuses de leurs profits trimestriels que de la santé de leurs consommateurs et plus encore de celle des paysans des pays en voie de développement auprès desquels elles s’approvisionnent. Car derrière les discours fermes à l’égard des OGM à la télévision, dans la réalité, certaines multinationales savent faire avancer leurs intérêts.

 
C’est ainsi que Red Bull s’est appuyé sur l’Union Européenne pour pénétrer le marché français, malgré les avis négatifs de nos autorités sanitaires. C’est ainsi également que les industriels ont obtenu que le label Bio européen autorise la présence 0,9% d’OGM ! C’est ainsi que la Commission Européenne autorise de nouveau l’utilisation de farines animales, malgré le scandale de la vache folle. Depuis le 1er juin, les poissons peuvent donc être nourris de farines de carcasses de poulets et de porc
 
Pire, après une multitude de rebondissements, la commercialisation des OGM Monsanto est toujours en suspend en europe, malgré l’opposition de 80% des Etats, du fait des manœuvres de la Commission et de la Cour de Justice. En outre, l’UE, pourtant toujours prompt à réglementer, ne daigne pas informer les citoyens de la présence d’OGM dans leur nourriture… En revanche, elle est toujours prête à étendre les droits des semenciers au détriment des paysans, comme aux Etats-Unis.
 
Bref, merci aux manifestants du 25 mai. Le combat contre la privatisation du vivant et la marchandisation anarchique de la filière agro-alimentaire au profit de quelques multinationales et au mépris du principe de précaution est un combat de tous les jours. C’est le seul moyen pour se faire entendre.
Laurent PINSOLLE
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2 août 2013 5 02 /08 /août /2013 18:53
Un arrêté précise les conditions de revalidation des formations professionnelles maritimes PDF Imprimer Envoyer
Outre mer
Vendredi, 02 Août 2013 13:52

« Les conditions de revalidation des titres de formation professionnelle maritime et de maintien des compétences professionnelles des titulaires de ces titres » sont précisées par un arrêté du 24 juillet 2013 paru au « Journal officiel » du jeudi 1er août. Ce texte est notamment pris en application de la directive 2012/35/UE du Parlement européen et du Conseil du 21 novembre 2012 relative au niveau minimal de formation des gens de mer. Il précise que « la revalidation d'un titre de formation professionnelle maritime relève de la compétence » du directeur régional des affaires maritimes ou du chef du service des affaires maritimes dans les collectivités d'outre-mer et en Nouvelle-Calédonie.


« À partir du 1er octobre 2013, seules les demandes d'agrément d'un prestataire désirant organiser les tests et dispenser les stages de revalidation ou dispenser les formations de recyclage conformes » aux dispositions inscrites dans l'arrêté du 24 juillet relatif à la revalidation des titres de formation professionnelle maritime, seront instruite. Cet arrêté précise notamment que « la revalidation d'un titre de formation professionnelle maritime s'effectue à la date d'échéance de la validité de ce titre ou, par anticipation, douze mois au plus avant cette date ». Des dérogations peuvent toutefois être accordées « en cas de circonstances exceptionnelles et sur demande motivée du titulaire du titre ».

S'ASSURER DES APTITUDES DES CANDIDATS

Les tests et stages de revalidation concernés par cet arrêté du 24 juillet 2013 « permettent de s'assurer de l'aptitude du candidat à maîtriser les pratiques d'exploitation sur des navires dans les fonctions afférentes au titre concerné ainsi que de sa connaissance des réglementations en vigueur concernant la sécurité de la navigation et la prévention des pollutions ». Les programmes et modalités de déroulement des tests et des stages concernés sont annexés à l'arrêté.

 L'arrêté précise également que « les tests de revalidation sont organisés par un prestataire agréé à cette fin. En cas de réussite au test, [il est délivré] au candidat un document attestant de la réussite au test mentionnant la nature du test, le cas échéant, la nature du stage suivi ainsi que les éléments nécessaires à l'identification du candidat ». De même, « lorsque le test est précédé par un stage de revalidation, le prestataire dispensant le stage doit être agréé pour cette activité ». Les prestataires dispensant les « formations de recyclage » nécessaires pour changer de fonction doivent, eux aussi, être agréés.

Il est également précisé que, « pour organiser les tests et dispenser les stages de revalidation et les formations de recyclage, tout prestataire doit remplir [plusieurs] conditions », notamment « être agréé pour dispenser la formation conduisant à la primo-délivrance du titre faisant l'objet de la demande d'agrément ou, pour l'École nationale supérieure maritime et les lycées professionnels maritimes, dispenser cette formation dans le cadre de leur plan de scolarité ».
Source : AEF Dépêche n°186209, jeudi 1er août 2013

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2 août 2013 5 02 /08 /août /2013 06:16

L' arbre tombe toujours du coté ou il penche ...

 

 

 

 

 

 

 

 

On dit souvent que le futur et la robustesse économique se déclinent en Asie. Que la vieille Europe s’autonourrît de sa gloire passée et s’embourbe dans les contradictions, visibles à l’œil nu de ses choix financiers, de ses intérêts post coloniaux et d’une servitude, maintes fois prouvée, vis à vis des Etats-Unis. Ces derniers continuent à imprimer des dollars à toute allure, se reposent sur des brevets moralement inadmissibles, tout en donnant des cours de bonne gestion au reste du monde. La classe politique Africaine, à quelques rares exceptions près, se vautre dans les délices d’un néo-colonialisme qui ne dit pas son nom, continue à fournir ses matières premières aux moins offrants (c’est-à-dire à ceux qui savent le mieux la corrompre) et à acheter aux mêmes des armes pour mener des guerres prédatrices, qui, elles aussi, ne disent pas leur nom.

Si en Asie, le futur économique de notre planète, sous la direction lumineuse de partis et de régimes autoritaires, indique que les règles, les lois, les conventions internationales tout comme l’éthique des Etats ne sont plus que des boules de décoration des arbres de Noël auquel plus personne ne croit. Si en Asie on se complaît à gérer des milliards de pauvres et quelques centaines de millions de riches en exhibant ce modèle, comme jadis le faisaient les puissances européennes, comme étant universel, en Amérique Latine, sur le fond et sur la forme - mais sans les confondre -, se met en place une nouvelle morale politique, qui, certes imparfaite, continue à primer le politique, le régional et le particulier. En d’autres termes, la population n’est pas exclue du processus, n’est pas receveuse de leçons, n’est pas objet maniable et corvéable à merci.

Ce n’est donc pas un hasard si, et de manière très sélective, on s’inquiète à Paris, à Londres ou à Washington de l’état de la démocratie en Amérique Latine. Qu’en Argentine, au Brésil, en Uruguay, en Equateur et ailleurs les gouvernements soient élus, cela n’empêche en rien les « inquiétudes » occidentales et les rengaines sur des « Républiques bananières » et autres régimes autoritaires. La paille à Buenos Aires ou à Quito, par un jeux d’optique oh combien subjectif, cache la poutre de Ryad, de Pékin, ou d’Islamabad. On « s’inquiète » des amis du régime Vénézuélien, oubliant que les nôtres se situent du côté des émirats, dont tout le monde connaît leur fibre démocratique ou des potentats de l’Asie centrale (qui se paient le luxe d’acheter, en prime, nos clubs de foot) Ainsi, selon nos experts télégéniques, la diplomatie expliquerait parfaitement nos amis mais pas ceux des autres. 

Il a donc bien fallu que l’Europe des lumières séquestre un président latino-américain et essaie de fouiller son avion (couvert par l’immunité diplomatique) pour enfin comprendre que la seule loi, la seule convention, la seule règle qui compte est celle du plus fort, en l’occurrence du pouvoir américain qui n’exporte pas seulement ses ordinateurs made in Taiwan mais aussi sa paranoïa. Au contraire : la leçon iraquienne ou afghane, où le « monde civilisé » est parti en guerre pour installer la démocratie et a fini par y renforcer le Moyen - Age et ses châteaux forts mafieux a été copieusement reproduite en Libye, avec bien entendu les mêmes résultats. 

C’est donc cela la nouvelle éthique politique : être servile vis-à-vis des puissants (ou qui se projettent en tant que tels) et se racheter en s’en allant faire la guerre là où notre inquiétude démocratique empêche nos philosophes (ou qui se projettent comme tels) de dormir. Mais ces mêmes philosophes à la fibre républicaine s’inquiètent un peu soit-il du sort que, à coups de chantages, de byzantinismes et de propagande, on inflige en Europe même, aux peuples grec, espagnol ou portugais ? Ou sont-ils naïfs (pas à la manière de Voltaire cela va sans dire, mais disons-le quand même), pour croire que les premiers ministres technocrates imposés, les chantages au pognon, les coups de force accompagnés par les ricanements des ignares qui dirigent notre Europe ne sont qu’une garantie des processus démocratiques au sein de ces pays, face à des peuples volages, paresseux et fumistes qui se complaisent dans l’anomie ? Car c’est toujours le même processus qui, s’applique à Athènes ou à Bamako : la loi du plus fort est toujours la meilleure. 

Vous êtes colonisés par les USA, fustige, indigné, Evo Morales. Et il a, en partie, raison. En partie, car sans les hommes gris, sans odeur, sans saveur et surtout sans vision autonome qui gouvernent l’Europe, Washington cesserait d’espionner les uns et les autres et s’occuperait pour une fois et sérieusement de sa dette, la plus importante du monde, et pour laquelle personne n’a son mot à dire.

 

Auteur:  M Koutouzis

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31 juillet 2013 3 31 /07 /juillet /2013 18:42

Observez le mépris d'un Harlem Désir ou d'un Le Roux envers une Afrique qui tourne le dos au socialisme parasitaire en payant les conférenciers qu'elle se choisit ; il est clair que personne ne les payerait pour raconter des histoires qui enfoncent le Zimbabwe dans la gabegie tyrannique d'un Mugabe qui ose encore donner des leçons "anti-impérialistes" et pérorer sur "l'exploitation" alors qu'il est le premier à en profiter en faisant du trafic de diamants.

Pendant ce temps ces parasites croient représenter bien plus que la gauche mais carrément "le progrès". Et leurs gabegies alimentent leur pareil au même islamiste qui veut faire identiquement en détruisant tout ce qui tient lieu de civilisation humaine globale depuis 500 ans à savoir l'école, la liberté, l'égalité entre hommes et femmes. Les socialistes font le lit de ces gens là ou alors s'allient à eux comme en France. La droite gaulliste et centriste ne fait pas mieux bien sûr tandis que la droite dite nationaliste ou gaulliste rêve du temps révolu des tyrans occidentalisés.

Pendant ce temps encore la gauche tunisienne et égyptienne au lieu de construire une éthique politique capable de relever les défis d'aujourd'hui n'ont fait que copier les gauches européennes cherchant à grignoter des avantages corporatistes alors qu'une économie est à mettre debout.

En bref nous sommes à la fin d'un cycle idéologique qui voit s'effondrer en même temps les modèles étatistes et productivistes, ce qui profitent aux "arriéristes" verts (écolo-islamistes) et leurs nouveaux alliés totalitaires du néo-bolivarisme. Tandis que l'arabo-islamisme renoue avec ses guerres intestines qui ont seulement été arrêtées par la colonisation turque puis européenne.

Il ne sert donc à rien comme le fait Le Monde de s'en prendre à nouveau à Bush concernant les actuels massacres de shiites par des sunnites suite à la tyrannie shiite soutenue par l'Iran et la Syrie d'Assad.

Tant qu'une critique sérieuse du manque de sécularisation et de contre pouvoirs de ces pays n'aura pas lieu ceux-ci oscilleront entre l'économie soumise aux grandes familles adossées aux marchés mondiaux comme au Maroc au Qatar aux Émirats arabes unies à l'Arabie Saoudite 'une part, et d'autre part l'économie planifiée par une caste militaire comme en Egypte et en Algérie.

Au Venezuela le pays s'enfonce sûrement dans le chaos grâce à la gauche et ses soutiens français. Comme ce fut le cas du Cambodge, du Vietnam, de l'Algérie, Cuba, etc. L'Inde et le Brésil ont échappé à ce massacre économique en suivant le pragmatisme chinois plutôt que l'idéologie parisienne qui faute de mieux a décidé cette fois de s'appliquer surtout en France.

La droite aussi est out bien entendu.

 

 

auteur:  lucien samir in agora vox

 

 

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30 juillet 2013 2 30 /07 /juillet /2013 17:48

Un devoir de reconnaissance m' amène a republier cet article...

 

 

 

Le départ physique de Chavez a laissé un vide que Maduro a vite comblé en faisant vivre, plus que jamais, le père de la révolution bolivarienne, Hugo Chavez, en en passant rapidement à l'action sur le terrain du peuple.

L’AMÉRIQUE LATINE À LA CROISÉE DES CHEMINS (Venezuela)

Lorsqu’Hugo Chavez a fait cet aller-retour Havane-Caracas-Havane, en décembre 2012, il savait que ses jours étaient comptés et que le temps était venu, pour lui, d’assurer sa succession. Il venait de remporter une éclatante victoire, le 7 octobre 2012, pour un nouveau mandat de 6 ans au service de son peuple à travers le socialisme du XXIe s.

Tout au long de la campagne électorale, il fut question de ce socialisme à construire au jour le jour. Le programme électoral, diffusé à l’échelle nationale, en développa les grandes orientations et en précisa les fondements. Dans son introduction, on peut y lire ce qui suit :

« le socialisme bolivarien du XXI° siècle comprend cinq grands objectifs historiques, à savoir :

I – Défendre, étendre et consolider le bien le plus précieux que nous ayons reconquis depuis 200 ans, l'Indépendance nationale.

II – continuer à construire le socialisme bolivarien du XXI° siècle au Venezuela comme alternative au système destructeur et sauvage du capitalisme et ainsi, assurer la « plus grande sécurité sociale possible, la plus grande stabilité politique et le plus grand bonheur » pour notre peuple.

III – Transformer le Venezuela en une puissance du point de vue social, économique et politique, à l'intérieur de la Grande Puissance naissante de l'Amérique latine et des Caraïbes qui garantisse la création d'une zone de paix dans Notre Amérique.

 IV – Contribuer au développement d'une nouvelle Géopolitique internationale dans laquelle prenne corps un monde multipolaire à plusieurs centres qui permettent d'atteindre l'équilibre de l'Univers et de garantir la Paix planétaire.

V – Préserver la vie sur la planète et sauver l'espèce humaine… 

Le peuple vénézuélien appuya cette orientation en votant à 55,26% pour le candidat Chavez. Le taux de participation fut supérieur à 80 %. Sa mort créa un vide immense et donna lieu à une manifestation populaire, jamais vu dans l’histoire de l’Amérique latine et sans doute du monde entier. Des millions de personnes défilèrent, jours et nuits, pendant plus de trois jours devant son cercueil, exprimant leur amour pour cet homme qui avait tout donné pour son peuple.

NICOLAS MADURO LE DAUPHIN ET SUCCESSEUR DE CHAVEZ

 Il est présenté comme faisant partie de l'aile modérée du PSUV. Hugo Chávez le décrit comme « un révolutionnaire à part entière avec sa main ferme, avec sa vision, avec son cœur d’homme du peuple, avec son talent avec les gens, avec la reconnaissance internationale qu’il s’est acquise, c’est l’un des jeunes dirigeants ayant les meilleures capacités » ainsi qu'« un homme plein d’expérience malgré sa jeunesse ».

http://www.dailymotion.com/video/xwk1ic_portrait-de-nicolas-maduro-dauphin-de-chavez_news#.UekgfOBbqcg

Ce choix de Chavez ne repose pas sur un coup de cœur spontané, mais sur une connaissance de longue date de l’homme, du militant et du combattant. Ce syndicaliste, chauffeur d’autobus, est à l’œuvre révolutionnaire depuis son plus jeune âge. Déjà, dans les années 1970, il militait comme leader étudiant. Il avait à peine trente ans lorsqu’il syndique les travailleurs du Métro de Caracas. En 1992, Il était de la rébellion, menée par Chavez pour renverser le gouvernement fasciste. En 1996, il se joint de nouveau à Chavez pour la formation d’un nouveau parti politique, le Parti socialiste unifié du Venezuela (PSUV) et pour la préparation des élections de 1998.

Il participa en 1999 à la rédaction de la nouvelle constitution, fut député, présida, en 2005, l’ l’Assemblée nationale avant de devenir, à partir de 2006, ministre des Relations internationales. Chavez le nomma, en décembre 2012, Vice-président.

Tout au long de ces années, comme ministre des Relations internationales, il a passé des jours et des semaines en compagnie de Chavez, que ce soit dans l’avion présidentiel ou dans les chambres d’hôtel, lors des missions à l’étranger. Ils ont construit ensemble les bases de ces relations internationales que le Venezuela a développées tout au long des sept dernières années.

NICOLAS MADURO AUX COMMANDES DE LA RÉVOLUTION BOLIVARIENNE

 Depuis son élection comme président du Venezuela, Nicolas Maduro se révèle de plus en plus comme un pragmatique, profondément déterminé à réaliser les grandes missions, élaborées par Hugo Chavez. Il s’est également engagé à vaincre la corruption, à mettre un terme à la criminalité et à soumettre aux lois constitutionnelles les forces terroristes et fascistes dont l’objectif est le renversement du gouvernement. Dans ce dernier cas, plusieurs sont mis au banc des accusés, soit pour corruption, soit pour mal versassions de biens publics ou de crimes commis contre des personnes ou des institutions oeuvrant au service du bien commun.

Dès son arrivée au pouvoir, il a mis en marche le gouvernement de rue, sillonnant, semaine après semaine, les rues des 23 États. Un moment unique pour prendre contact avec les populations locales, les organisations sociales et, ainsi, sensibiliser ses ministres et le gouvernement aux problèmes rencontrés par ces populations. Des rencontres qui ont conduit à prendre des décisions conjointes sur des projets concrets.

Des projets de plus d’un milliard de dollars ont été retenus et, pour lesquels, les argents ont été retenus. Pour avoir un regard rétrospectif sur toute cette période, je vous invite à lire cet excellent article.

À ce programme de gouvernement de rue, le président Maduro a lancé le programme « pays sécuritaire  » dont l’objectif est de s’attaquer à la criminalité. Ce programme met à contribution les forces de l’armée, celles de la police et des brigades de citoyens formés à cette fin. À ce jour, dans certaines régions les homicides ont diminué de plus de 56%. Il s’agit d’une opération de ratissage systématique de toutes les zones plus sensibles à la criminalité, à la violence, à la corruption.

À ces nombreuses initiatives à l’interne s’ajoutent toutes celles à l’internationale. Dans ce milieu, Nicolas Maduro n’est pas un inconnu. Il a été un acteur important à la consolidation des principaux organismes d’intégration des pays de l’Amérique latine et des Caraïbes. Il le fut de façon particulière pour la création de l’ALBA, véritable alternative au traité de libre-échange nord-américain et de CELAC, premier regroupement de tous les pays de l’Amérique latine et des Caraïbes, sans la présence des États-Unis et du Canada, son petit caniche.

En ce début de juillet, le Venezuela vient de prendre la présidence pro-temporelle de MERCOSUR, organisme d’intégration économique du Brésil, le l’Argentine, d’Uruguay , du Venezuela et du Paraguay, actuellement exclu depuis le coup d’État qui a destitué le président légitime, Fernando Lugo. 

L’Équateur et la Bolivie participent à ces rencontres comme invités et, dans les deux cas, ils ont manifesté leur intérêt d’intégrer le MERCOSUR comme membres à part entière.

Cette présence du Venezuela dans ces organismes régionaux s’étend également à UNASUR. On se souviendra de la mobilisation des membres de cet organisme pour défendre la victoire électorale de Nicolas Maduro comme nouveau Président du Venezuela. Il en fut de même tout récemment avec le comportement inadmissible des quatre pays européens (France, Portugal, Italie et Espagne) qui mirent la vie du Président bolivien en danger, lui refusant d’atterrir sur leur territoire pour du ravitaillement en essence.

Ces organismes régionaux sont devenus l’épine dans le pied de l’Empire et des oligarchies fascistes qui ne déragent pas d’avoir perdu leur pouvoir de domination et les richesses dans un certain nombre de ces pays dont l’influence voit croissante.

À cette présence régionale, il faut ajouter cette visite toute récente du président Maduro au pape François ainsi que celles réalisées en Europe, particulièrement l’Italie, la France et la Russie.

L’OPPOSITION À NICOLAS MADURO

De toute évidence, Nicolas Maduro est l’homme à abattre. Ce fut le cas avant la mort de Chavez, ce fut le cas pendant sa vice-présidence et c’est toujours le cas depuis qu’il est président. Il est l’homme à abattre avec cet autre qui assume présentement la présidence de l’Assemblée nationale, Diosdato Cabello. Des plans concernant ces assassinats sont connus, les personnes identifiées.

Les campagnes de désinformation opèrent sur tous les fronts, les initiatives de subversions et de divisions se multiplient.

Ce qui s’est passé, récemment, avec la Colombie (réception par le président Santos du candidat perdant de l’élection présidentielle, Capriles,) n’est pas étranger à ces efforts pour briser l’unité latino-américaine et de créer un conflit avec le Venezuela. Le problème n’est pas dans le fait de recevoir Capriles, le candidat perdant, mais de recevoir un candidat perdant qui refuse de reconnaître les résultats officiels de l’élection et qui a généré, suite à cette élection, des mouvements de protestations qui ont fait plus de 11 morts ainsi que plusieurs blessés, sans compter les dommages matériels à plusieurs édifices de services communautaires.

Ce geste du président Santos venait saper à sa base les liens de confiance qui rendaient possible une coopération entre les deux pays. Le président Maduro a clairement fait comprendre à son collègue colombien qu’il ne saurait poursuivre une telle coopération sans qu’il y ait une clarification de cette initiative présidentielle colombienne.

Ce sera grâce aux bons offices de Lula, puis de Correa et d’autres membres de la communauté latino-américaine, que les deux pays en arriveront à renouer leurs relations. Ce fut, suite à une rencontre entre les deux présidents, le 22 juillet dernier, que les bases pour de nouvelles relations ont été établies et acceptées. Surtout pour les photos de cette rencontre voir ici.

Une victoire contre les forces de division régionale et locale.

CONCLUSION

Il est de plus en plus évident pour l’opposition impériale et oligarchique que leur retour au pouvoir au Venezuela ne pourra se réaliser par la voie démocratique.

D’abord, le système électoral, l’un des plus perfectionné au monde, ne leur laisse aucune marge de manœuvre pour corrompre ou tricher l’électorat. En second lieu, la grande majorité de la population, plus consciente et plus impliquée dans la vie politique, se joint à cette révolution bolivarienne dont Chavez demeure toujours l’inspiration et le grand leader. Chavez, plus que jamais est présent dans l’esprit et le cœur des Vénézuéliens et des Vénézuéliennes. Nicolas Maduro est celui qui lui donne consistance et réalité.

Également, il faut noter que Nicolas Maduro ne manifeste aucune crainte devant les menaces d’invasion, d’homicide ou de tout autre nature. Devant le cas du jeune Knowden, il n’a pas plié les genoux devant les pressions de Washington. Devant les dernières déclarations de la représentante des États-Unis aux Nations Unies, parlant du Venezuela comme d’une terre où règnent les persécutions politiques, il a aussitôt mis fin aux négociations pour le rétablissement des relations entre les deux pays, décidés deux mois plus tôt avec le nouveau secrétaire d’État des États-Unis, John Kerry. Il a d’ailleurs exigé que Washington s’explique.

Il a demandé comment un pays comme les Etats-Unis qui a une prison à Guantanamo, la prison de la honte, qui poursuit comme un criminel un jeune étasunien qui a eu le courage de dénoncer la grande tricherie allant tout autant contre la constitution des Etats-Unis que du droit international et des droits de la personne, peut se présenter comme une référence crédible pour juger les autres ?

Il a dit à qui voulait l’entendre, que dans ce type d’interventions dans les affaires intérieures du pays, c’était tolérance zéro.

 

Je crois que le peuple vénézuélien va sortir vainqueur de ce bras de fer avec l’oligarchie fasciste et l’empire. Maduro n’en est pas à son premier combat et il a pour lui la Constitution, la loi à faire respecter et surtout, la détermination à poursuivre l’oeuvre de Chavez. Sa visite à Rome a permis de refroidir quelque peu les solidarités de l’épiscopat avec les forces de l’opposition.

Il faut toujours se rappeler qu’aucun coup d’État en Amérique latine ne saurait être possible sans la complicité de l’Église catholique. Cette dernière, avec l’arrivée du pape François, devient de plus en plus difficile. Tout n’est pas gagné, mais l’horizon d’un jour nouveau s’impose de plus en plus.

Aujourd’hui, 28 juillet, le peuple vénézuélien célèbre le 59è anniversaire de naissance d’Hugo Chavez. Ce dernier est plus que vivant dans le cœur et l’esprit de millions de vénézuéliens et vénézuéliennes.

http://www.sibci.gob.ve/2013/07/cantos-y-cohetazos-para-celebrar-cumpleanos-del-comandante/

Une histoire à suivre

Oscar Fortin

Québec, le 23 juillet 2013

http://humanisme.blogspot.com

http://www.lavoixpeuhle.info/2012/12/10/nicolas-maduro-dauphin-et-intime-de-chavez/



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29 juillet 2013 1 29 /07 /juillet /2013 07:44

« Mon Dieu gardez-moi de mes amis, quant à mes ennemis je m'en charge. »

Voltaire

19 juillet, un contrôle policier dérape ! S'en suit une nuit d'émeute et quelques jours de tension dans la bonne ville de Trappes. Le calme est revenu, les fautifs sont punis. Les partis politiques ont fait ce qu'il fallait faire pour alimenter la tension et le gouvernement par la voix du ministre de l'Intérieur a réagi fermement trouvant intolérable de s'en prendre à la police. Est-ce pour autant que l'incident est clos ? Que la paix reviendra après ces incidents ? Il semble bien que non, la situation est plus complexe.

Les causes du dérapage

Nous allons décrire brièvement les deux versions en présence : celle de la police et celle des personnes contrôlées : « A l'origine des violences à Trappes, lit-on sur le journal Le Monde : un contrôle d'identité qui a dégénéré, jeudi 18 juillet, suivi de l'arrestation du mari de la femme contrôlée parce qu'elle portait un voile intégral sur la voie publique - ce qui est interdit en France depuis 2011. Depuis, deux scénarios se font face sur le déroulement du contrôle et de l'interpellation du mari. Pour les forces de l'ordre, c'est le mari qui s'est opposé au contrôle, assénant des coups à un policier, ce qui lui a valu d'être interpellé puis placé en garde à vue. » (1)

Le fonctionnaire de police présente des marques d'étranglement au cou et une trace de coup au niveau d'une pommette, a précisé le procureur de la République de Versailles, M.Lesclous. « Lors du contrôle d'identité d'une femme en voile intégral à un arrêt de bus jeudi, la situation a dégénéré. Le mari de cette femme a sauté à la gorge du policier qui effectuait le contrôle et a tenté de l'étrangler. Il a donc été placé en garde à vue pour rébellion », précise Christophe Crépin, de l'UNSA-Police. Le mari de la femme voilée a ensuite été déféré au parquet, qui a requis son placement sous contrôle judiciaire. Il doit être convoqué dans les deux mois devant le tribunal ».(1)

« Pour le mari, la version est tout autre. Interviewé sur la chaîne La Locale, il nie la version des policiers. Selon lui, pas de refus de contrôle de leur part, mais des provocations de la part des forces de l'ordre. L'homme raconte que vendredi, il se dirigeait avec son épouse, sa belle-soeur et sa belle-mère, courses à la main, vers son domicile pour rompre le jeûne du Ramadan. C'est alors que les policiers procèdent au contrôle, « sans même nous dire bonjour », souligne le mari. « A la base on n'a jamais refusé le contrôle », insiste-t-il, précisant avoir déjà subi plusieurs contrôles de ce type qui se sont bien déroulés, et que le couple a, à chaque fois, payé l'amende infligée pour port du voile intégral. Ce soir-là, selon lui, à la demande des policiers, sa femme propose donc de relever son voile, mais plus loin, à l'abri des regards. La mère de la jeune femme a demandé pourquoi les policiers la contrôlaient : « On n'est pas des criminels, on rentre chez nous en famille, simplement. » C'est alors que, selon lui, « le policier la pousse », un geste qui fait dégénérer la situation ».(1)

« Quant à la tentative d'étranglement qui lui est reprochée, l'homme est catégorique : « C'est totalement faux. A aucun moment je n'ai porté atteinte à un des policiers ou essayé de l'étrangler ou autre. « C'est déjà arrivé que les policiers soient provocants, agressifs envers nous sans aucune raison valable. Comme si on avait fait un crime de fou de vouloir pratiquer notre religion, simplement », a encore ajouté le jeune homme. Sa femme et lui se sont convertis à l'Islam, il y a cinq ans. « Avant que je sois musulman, je ne m'étais jamais fait contrôler, je n'avais aucun souci avec la police, on se disait bonjour, a-t-il expliqué. Depuis que je suis musulman, leur regard est différent [...]. Ils nous pistent [...]. On a l'impression d'être des criminels. » »(1)


Les réactions

« La principale bénéficiaire de la situation actuelle écrit Alex Lantier ? est Marine Le Pen, dirigeante du Front national néo-fasciste (FN). Son taux de popularité augmente et a atteint 31 pour cent. Elle a réagi aux émeutes de Trappes en qualifiant les habitant de « voyous déchaînés. » Elle a dit, « Il est plus que temps de taper du poing sur la table en organisant la reconquête par la loi et l'ordre de chaque mètre carré du territoire national ».(2)

Le leader de l'UMP n'est pas en reste. Jean-François Copé qui dans une tribune pour Le Monde, appelle « la majorité à « faire bloc » contre les dérives intégristes. Au prétexte des violences à Trappes, il exhorte François Hollande et Jean-Marc Ayrault à réaffirmer leur attachement à l'interdiction du voile intégral ». (3)


Ce que pensent les « Trappistes »

Un sentiment de malvie exacerbé à la fois par les contrôles intempestifs et itératifs, mais aussi le chômage, la bravade, le refuge dans la religion. « Tous les Trappistes interrogés évoquent des contrôles d'identité qui ne visent « que les musulmans », une atmosphère islamophobe propre à Trappes. » Toute la ville est énervée ! Vous pensez qu'on se révolte juste pour un contrôle qui tourne mal ? C'est toute l'atmosphère de Trappes qui nous donne des envies de révolution », s'emporte un homme d'une trentaine d'années devant un centre commercial de la ville. On en a marre que les politiques ici veuillent « blanchiser » la ville ». Kamel Laouadi, 32 ans et père de famille, l'air grave. « On n'a pas la haine par hasard. On se battrait pour la France, mais il faut arrêter de venir toucher à la religion tout le temps. » Pour lui, « ce qui va se passer ce soir » n'est qu'un début. « Dans vingt ans, Trappes, c'est la Tchétchénie ! » (4)

Autre son de cloche des Trappistes excédés par celles qui portent le voile : « Près d'un arrêt de bus, samedi matin, un chibani de 89 ans, partage ses interrogations : « Il y avait bien des petites bricoles avant, mais c'était pas méchant. » Arrivé en France en 1946, il habite le quartier depuis 1973, après avoir travaillé dans les mines de charbon dans le Nord. Le retraité, lui, dénonce la réaction de la femme voilée et de son mari : « Je n'aime pas ça. A la douane, il faut montrer son visage pour passer. C'est comme ça, même en Algérie les douaniers ont le droit de vérifier pour connaître le visage. » A quelques mètres de là, « Abdislam » Marocain de 65 ans - se dit musulman, mais « pratiquant sans barbe ». « Je n'aime pas les femmes qui portent le voile. La religion, ce n'est pas avec le voile, c'est avec le coeur. » (...) « Ça faisait longtemps qu'on n'avait pas vu ça, surtout en plein Ramadhan, témoigne Mariam, une aide-soignante de 26 ans « Chacun ses croyances, sa religion, poursuit cette musulmane qui se dit non-pratiquante. Maintenant, les femmes voilées ont peur de sortir seules et de se faire agresser par des jeunes ou par la police. » » (5)


Rachid Nekkaz, celui qui paie les amendes des femmes voilées

Quand il y a réaction il y a toujours une contre réaction !. On apprend que les amendes de 150 euros pour port de niqab sont payés par un philanthrope qui peut être sincère mais qui donne l'impression d'encourager à la bravade celles qui portent le niqab autrement que par convection. Sur le site Rue 89 nous lisons : « 661 amendes ont été dressées depuis la loi de 2011 interdisant le port du voile intégral dans l'espace public. Rachid Nekkaz est né en 1972 à Choisy-Le-Roi, promoteur immobilier en a payé 653. La dernière, c'était celle de Liala, mardi 23 juillet. Liala a contacté Rachid Nekkaz, directement, « en passant par le site de mon association « Touche pas à ma Constitution », assure-t-il Pour qu'il sorte le carnet de chèques, la jeune femme a dû lui envoyer « un petit courrier, s'engageant à ne pas faire preuve de violence envers des policiers ».(6)

« Sa femme est une Américaine, et catholique. « Je suis un musulman laïc, opposé au niqab. Ce que je défends, c'est la liberté pour les femmes de le porter ou non. » (...) Pour Moussa Khedimellah, sociologue de l'islam et des quartiers populaires : « Nekkaz est un lanceur d'alerte. Il aurait pu avoir une carrière politique à la Tapie, mais il a préféré utiliser son argent pour éveiller les consciences. » Il ajoute : « C'est un amoureux de la France, engagé depuis plus de vingt ans du côté des pauvres. Sa démarche est à la croisée de celles de Coluche et de Stéphane Hessel. »(6)


Le fond rocheux du racisme exacerbé par la situation économique

Nous ne dirons jamais que tous les Français sont racistes ! Et à ce titre aucun peuple ne peut donner des leçons à un autre sur cette plaie qui nous vient du fond des âges et qui est consubstantielle de la nature humaine. En fait, ces tragiques événements nous montrent qu'il n'y a rien de nouveau sous le soleil : le racisme, la stigmatisation, la discrimination ont été banalisés par les qui pour des raisons électoralistes ne veulent pas être débordés par l'extrême droite, qu'ils soient d'ailleurs de droite (précédente mandature) ou de gauche. La situation économique délicate, le chômage des jeunes sont aussi des catalyseurs de la malvie. Cependant, comme souvent lors d'événements de ce type, les tensions ont été surmultipliées sur les réseaux sociaux.

Il suffit de taper « émeutes banlieue » pour retrouver la plupart des clichés de son montage. Mieux encore, une télévision officielle participe à l'attisement, le site de TF1news a également utilisé cette image, en ajoutant en légende « nuit du 19 au 20 juillet 2013 ». Enfin, comme rapporté par un internaute, « sur une vidéo extraite d'un journal télévisé de France 2, la caméra parcourt un entrepôt de bus calcinés. La voix off, celle d'Elise Lucet, ne laisse aucun doute : ce sont bien les transports en commun de Trappes qui ont été visés. Mais c'était à l'automne 2005, quand les événements qui ont débuté à Clichy-sous-Bois s'étaient répandus dans la banlieue parisienne ».

Pour couronner le tout, on apprend que le mardi 23 juillet une enquête de l'Inspection générale de la police nationale (IGPN) a été décidée pour identifier les auteurs de propos racistes publiés sur une page Facebook destinée à la police, après les violences qui ont frappé la ville de Trappes. Les commentaires, « au contenu violent et parfois raciste » selon une source proche du dossier, avaient été publiés sur la page Facebook de « Forum police-info ».


L'islamophobie et ses causes multiples

Au-delà du racisme, l'islamophobie. C'est donc une double peine ! Le dernier rapport de la Cncdh en parle. « Pour la troisième année consécutive, les indicateurs de racisme sont en hausse, que l'intolérance augmente. Le phénomène s'ancre dans la durée et cette évolution est particulièrement préoccupante », s'inquiète la Cncdh, en se basant sur un sondage CSA réalisé fin 2012 auprès de 1029 personnes. Le rapport souligne une « augmentation toujours plus marquée de la méfiance à l'égard des musulmans et un rejet croissant des étrangers, perçus de plus en plus comme des parasites, voire comme une menace. » (7)

« Il y a une mauvaise perception de la religion musulmane qui menacerait un modèle social en difficulté et la laïcité comme élément de l'identité française », analyse Emmanuel Rivière, directeur d'opinion de TNS Sofres. Dans « un contexte de hausse du chômage et de fermeture d'usines », la commission souligne « une dangereuse banalisation des propos racistes ».Deux autres vecteurs de cette banalisation : Internet et les discours politiques. « Internet contribue grandement à cette banalisation. Elle s'alimente également de l'instrumentalisation dans le discours politique de certaines thématiques (immigration, religion-laïcité), ainsi que de certains dérapages qui ont suivi », note la commission. Dans ses propositions, la commission appelle les pouvoirs publics « à trouver les moyens pour lutter contre les préjugés dès la crèche et l'école maternelle ».(7)

Pourtant les musulmans de France ont voté nettement à gauche, Selon une étude Ifop, au premier tour de la présidentielle 2012, François Hollande avait recueilli 57% des voix de l'électorat musulman contre seulement 7% pour Nicolas Sarkozy et, au second tour, le candidat socialiste avait raflé 86% des voix des musulmans.

C'est dire que ce n'est pas une question de vote pour la droite ou la gauche qui fera que les musulmans seront en sécurité dans leur pays. Seul le savoir et la compétence permettront leur intégration par le haut. Que fait le Cfcm pour défendre les citoyens français de confession musulmane qui veulent vivre d'une façon apaisée leur spiritualité à l'ombre du respect des lois de la République ? Rien !Le verra-t-on initier un débat sur la nécessité, comme en Grande-Bretagne, de contribuer à la sérénité en proposant que chaque contrôle soit filmé et que la personne contrôlée reçoive un récépissé ? L'Affaire de Trappes n'aurait jamais eu lieu car chacun sait quelles sont les limites de la loi. Le verra-t-on revendiquer à l'instar du Crif que l'on respecte ces Français qui ont choisi d'être musulmans en invitant le gouvernement à sa table ? Non, le Cfcm s'occupe lui de perturber l'imaginaire des musulmans en leur proposant à la hussarde de commencer le jeûne un jour plus tôt pour se vouloir moderne en empruntant une rationalité.

Ce qui se passe en France est triste mais le reflexe de victimisation ne paye plus. Les Français musulmans même de la dixième génération seront toujours « d'origine »...Ils doivent comprendre que la France- avec toutes les lois mises en place ces dernières années et qui contredisent dans son essence la loi de 1905 sur la laïcité- ne permettra jamais et son droit la mise en place d'un Islam exogène à ses valeurs. Elle veut un Islam invisible sans aspérité et c'est une erreur car cet Islam sera source d'instrumentalisation et de création des extrêmes qui feront leur miel des situations sociales déplorables !

Les Français de confession musulmane devraient s'inspirer du modèle des Français de confession juive qui misent sur l'intelligence, la discrétion et la compétence. Quand nous aurons une masse critique de Français musulmans éclairés qui n'ont pas la tentation de faire de l'Islam un fonds de commerce, qui ne font pas dans l'ostentation, alors l'Islam de France sera respecté, voire honoré pour son apport culturel, cultuel et pour ce désir d'être ensemble dont parle si bien Renan.


1. »A aucun moment je n'ai porté atteinte à un des policiers » Le Monde.fr 24.07.2013

2.Alex Lantier http://www.mondialisation.ca/des-emeutes-eclatent-a-trappes-apres-linterpellation-par-la-police-de-la-famille-dune-femme-voilee/5343622

3. http://www.lexpress.fr/actualite/po... CAZId3hik.99

4.L'atmosphère de Trappes qui nous donne des envies de révolution » Le Monde.fr 20.07.2013

5.Trappes : un jeune blessé à l'oeil, six arrestations Le Monde 19 07 2013

6. http://www.rue89.com/2013/07/24/est-rachid-nekkaz-celui-paie-les-amendes-femmes-voilees-244504

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  • Le monde est dangereux non pas à cause de ceux qui font le mal, mais à cause de ceux qui regardent et laissent faire” Einstein.
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