Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
5 octobre 2013 6 05 /10 /octobre /2013 18:38

Le GIEC sonne l'hallali ! C'est la lutte finale contre le réchauffement climatique, c'est à dire contre les pollutions produites par les 7 milliards d'humains que nous sommes.

Depuis 1800 la population mondiale a été multipliée par 7 grâce à la science et la technologie. Mais cela ne s'est pas fait sans produire des pollutions dont les conséquences sont aujourd'hui dramatiques, et qui vont continuer de croître du seul fait de la croissance mondiale et de l'élévation du niveau de vie des plus pauvres. (Sans oublier celui des riches !) Sans contraintes de l'environnement, c'est à dire si la planète pouvait le supporter, c'est par 4 que le PIB mondial devrait être multiplié en un demi siècle (en ordre de grandeur). Mais cela n'est pas possible.

On peut dès aujourd'hui écrire la chronique d'une catastrophe annoncée, celle d'une « boucle de régulation » qui, du fait de la modification de l'environnement (notamment climat avec toutes ses conséquences), va entraîner la diminution de la population mondial et du niveau de vie. Comme toute régulation un nouvel équilibre sera rétabli lorsque les différents paramètres auront retrouvés des valeurs qui le permettent. Quelles sont-elles ?, question sans réponse aujourd'hui ; mais ce que l'on peut prévoir ce sont des coupes sombres dans sa population comme la planète n'en a jamais connues. (La seule référence historique serait celle des grandes pestes européennes qui avaient divisé pratiquement par 2 la population de l'Europe au 15ème siècle.)

Et l'on ne voit pas comment ces catastrophes pourraient être évitées – même si nous devenons, nous les riches, vertueux... et même très vertueux -, car l'environnement sera modifié comme prévu par le GIEC du fait des facteurs explicités ci-dessus. Ne nous leurrons pas : les Terriens – même en détresse – ne vont pas abandonner leur mode de vie pour retourner à un état de nature. Ils vont résister et cette résistance contribuera à accroître l'ampleur des corrections naturelles.

L'utopie c'est de croire qu'un Gouvernement mondial serait assez fort pour imposer l'abandon d'une civilisation technologique qui entraînera un chômage et une misère de masse, une baisse de l'espérance de vie, et réussir à faire baisser la démographie. On voit bien la difficulté qu'ont les Politiques pour imposer des mesures à la marge, qui n'ont d'ailleurs qu'un effet placebo et ne remettent pas en cause n le genre de vie ni le PIB.

Toutefois, avant que cette « boucle de régulation » ne s'emballe, il n'est pas utopique de penser qu'une limite du volume d'extraction de gaz et de pétrole pourrait être imposée par les Institutions onusiennes et/ou le G20 pour limiter à la source les émissions de CO2, et freiner le réchauffement climatique ; ces mêmes Institutions pouvant par ailleurs agir pour limiter la croissance démographique en mobilisant des ressources financières à la hauteur de l'enjeu. Ce serait déjà ça ! Un petit pas pour l'humanité... Mais rien d'autre que de retarder les échéances d'une catastrophe annoncée (nous humains, sommes les dinosaures de demain... ) car il est hautement peu probable que cette boucle de régulation naturelle qui condamne l'espèce humaine soit stoppée par réflexe de survie suffisamment fort.

Sourions, pendant la catastrophe nous sommes filmés..

 

Gerald Cursoux

Repost 0
Published by L'archipélien - dans document
commenter cet article
4 octobre 2013 5 04 /10 /octobre /2013 17:30

Pas un cri pas une larme

Ce silence qui tue

Elle en a peur aussi.

Femme Martyre

Levres ecchymoses

En guise de roses.

 

Pas un cri pas une larme

Ces mains sans egards

Elle les hait comme lui.

Amant  Satyre

Coquet de contremarque

L'Enjolivé veuf braque.

 

 

Terre de Haut le 5 Octobre 2013 ψ

 

 


Repost 0
3 octobre 2013 4 03 /10 /octobre /2013 17:30

Je suis français et je suis classé blanc dans cette société. Hier, à la préfecture d’Ille-et-Vilaine, j’ai pris toute la mesure de ce que signifiait « être rendu raciste malgré soi ». Et c’est la préfecture – donc l’Etat français ou la République française – que j’accuse de (me) rendre raciste et, accessoirement, de me mettre en danger.

Hier en effet, vers midi, j’ai décidé d’aller m’occuper de ma carte grise suite à un déménagement. Il pleuvait à la bretonne (une espèce de crachin qui mouille même quand t’as l’impression qu’il ne pleut pas encore).

J’arrive à la préfecture et je trouve une bonne cinquantaine d’êtres humains alignés en file indienne devant l’entrée de la préfecture et donc sous la pluie. La file s’aligne devant la porte d’entrée de gauche qui est fermée et, au-dessus de cette porte fermée, un panneau extérieur précise « étrangers, cartes de séjour ». Je « vois » que la file est constituée très majoritairement d’êtres humains classés « pas blancs ». Je comprends donc qu’il s’agit d’une file d’étrangers qui attendent d’accéder au « service étrangers » de la préfecture. Et ce service n’ouvre – c’est écrit sur la porte – qu’à 13 h 30 et jusqu’à 15 h 30 le lundi, le mardi et le jeudi. Bref, je comprends que cette file d’êtres humains sous la pluie attend pour accéder à un service public qui n’ouvre que 6 heures par semaine.

A droite du panneau « étrangers », un autre précise « cartes grises ». Devant, aucune file d’êtres humains sous la pluie. Et, sous ce second panneau, la porte d’entrée de droite de la préfecture est ouverte tandis qu’il est précisé que le service reçoit de 9 h à 13 h 30 tous les jours (plus de 20 heures par semaine donc). Comme je viens pour changer ma carte grise, je longe toute la file d’êtres humains sous la pluie et je rentre tranquillement dans la préfecture par la porte ouverte qui m’est réservée. Premier acte raciste puisque, simple usager de la préfecture comme les autres êtres humains sous la pluie, je passe devant tout le monde et j’ai le droit d’entrer dans la préfecture malgré la pluie.

Je vais à l’accueil de la préfecture et je croise une personne employée que je n’ai jamais vue. Je m’adresse à elle : « J’ai deux questions. Pourquoi il y a plein de gens qui attendent dehors sous la pluie ? ». Elle me répond : « Ce sont des étrangers qui attendent l’ouverture du service étrangers ». Je dis alors : « Et c’est normal que des êtres humains attendent sous la pluie pour entrer dans la préfecture ? ». Elle me répond : « C’est qu’il y en a beaucoup ».

J’arrête alors de paraître totalement naïf – puisque je suis, dans la vie civile, militant de soutien aux personnes sans-papiers – et je dis : « Oui mais le service n’est ouvert que 6 heures par semaine, alors qu’il était ouvert 10 heures par semaine avant le changement organisationnel qui a eu lieu en août 2013 » (et qu’il était ouvert encore plus longtemps avant les multiples changements organisationnels de la période noire du sarkozysme). « Donc ce n’est pas le nombre d’étrangers qui crée les files mais l’organisation de la préfecture », conclue-je.

La personne employée est visiblement embêtée et me répond qu’elle n’est pas là depuis longtemps donc qu’elle n’en sait pas davantage. Je décide de ne pas en faire le bouc-émissaire du système raciste dans lequel elle est obligée de gagner sa vie et « J’en viens donc à ma seconde question : comment fait-on pour changer une carte grise ? ». La personne m’explique que j’ai le choix entre faire le changement par courrier – ce qui prend environ 4 semaines – et faire le changement de suite en me présentant au guichet, où j’attendrai un peu mais pas beaucoup. Second acte raciste puisque, simple usager de la préfecture comme les autres êtres humains sous la pluie, j’ai eu la possibilité d’être renseigné sur mes démarches en 2 minutes chrono.

 

suite...

 

Je me demande alors naïvement si je dois attendre dehors sous la pluie que le service « cartes grises » puisse me recevoir mais je découvre que, non, il suffit que je m’assois dans un espace réservé au chaud à l’intérieur de la préfecture. J’hésite à me laisser tenter par un troisième acte raciste puisque, simple usager de la préfecture comme les autres êtres humains sous la pluie, j’ai la possibilité d’attendre à l’intérieur et non dehors sous la pluie.

Je décide de recourir à la voie postale pour ne pas céder à la tentation. Troisième acte raciste puisque, simple usager de la préfecture comme les autres êtres humains sous la pluie, j’ai l’alternative de passer par la voie postale si je ne veux pas paraître raciste en attendant un accès au guichet. Je ressors. Quatrième acte raciste puisque, simple usager de la préfecture comme les autres êtres humains sous la pluie, ma sortie laisse penser que mon problème a été rapidement résolu (ce qui est le cas puisque j’ai la solution postale pour faire mes démarches, solution dont ne disposent pas les êtres humains sous la pluie).

Une espèce de culpabilité et de honte de dominant commence alors à me hanter et je décide d’aller à la rencontre des êtres humains sous la pluie. Au moins ça puisque je n’ai ni le courage ni la solution pour détruire l’organisation qui fabrique mes actes racistes. Je décline mon identité militante – « bonjour, je suis membre d’une association » – et je commence à sonder la file. « A quelle heure êtes-vous arrivé ? ». « A 8 h, me dit le premier, le second, le troisième ». «  A 10 h, me dit le vingtième », etc. etc. Je rappelle qu’il est un peu plus de midi et que le service n’ouvre qu’à 13 h 30. La file flirte déjà avec le boulevard, à une quarantaine de mètres de l’entrée de la préfecture.

 

Je me souviens soudain que l’entrée de la préfecture est abritée par une avancée et que, par le passé, les gens qui attendaient n’hésitaient pas à utiliser cette avancée pour se mettre à l’abri quand il pleuvait. Mais la file ne peut l’atteindre car – grâce à de nouvelles chaînes bien agencées mais pas encore fixées aux jambes des êtres humains sous la pluie – l’organisation de la file a été pensée de manière à l’éloigner de l’avancée qui aurait pu lui servir d’abri. Si tu veux accéder au service ouvert 6 heures par semaine, tu dois attendre dehors et te mettre en file et, aujourd’hui, tu dois te mouiller, point barre.

Je note que certains êtres humains sous la pluie ont des parapluies mais pas les autres. Je me dis que ces derniers se présenteront mouillés au guichet et que, en ces temps où « l’étranger pas blanc n’est pas beau », cela ne fera qu’accentuer les prénotions racistes que les « blancs » ont sur la distance culturelle entre l’Occident et eux.

Plusieurs êtres humains sous la pluie me redisent des choses que j’ai déjà entendues sous Sarkozy quand nous manifestions à la préfecture pour en critiquer le fonctionnement. « J’ai pris un jour de travail pour venir » ; « C’est la troisième fois que je viens et que je fais la queue parce qu’on n’a pas d’autres moyens de déposer un simple document, de les appeler ». En effet, depuis le changement inerte de 2012, le « service étrangers » de la préfecture 35 ne peut plus être joint par téléphone et l’assume.

Je croise une bénévole d’une autre association qui, pour la troisième fois en 15 jours, accompagne une famille et qui, pour la troisième fois en 15 jours, a dû faire la queue à partir de 10 h. Je calcule rapidement que ça fait plus de 10 heures d’attente pour un seul et simple accompagnement. Je l’admire mais, lorsqu’elle me précise pour quoi elle accompagne la famille, je crois savoir d’avance que ça ne va pas marcher non plus cette fois. Je n’ose pas le lui dire parce que la famille a trop attendu pour que je prenne le risque de me tromper. Un petit acte raciste de plus puisque je vais laisser cette famille faire la queue encore 2 heures sans doute pour rien.

 

Suite...

 

Je finis par repartir et je commence à réfléchir à rédiger un mail qui permettrait, au moins, de ne pas oublier et, encore mieux, de comprendre comment le FN, aux portes du pouvoir, est apparu historiquement comme un « parti normal » qui ne faisait que radicaliser un peu des « politiques normales de droite ou dites de gauche ». Je me mets à penser que ces êtres humains sous la pluie ont toutes les raisons d’haïr la République française et ses symboles ou ses succursales. Cette République qui – depuis tant d’années et sans parler ici des lois migratoires restrictives – ose les humilier en les traitant moins bien que des chiens mouillés. Tout en rédigeant en plus, avec une hypocrisie et une malhonnêteté malsaines, des chartes Marianne...

Je me demande combien de temps je tiendrais, moi le « blanc », si un service public qui fonctionne mal et réduit ses horaires d’accueil me faisait en plus attendre des heures sous la pluie. Que dis-je : si un service public qui fonctionne mal et réduit ses horaires d’accueil organisait tout pour me faire attendre des heures sous la pluie. Il est fort possible que je péterais un plomb. Autre privilège raciste que de s’autoriser à penser que je réagirais ainsi alors que les autres êtres humains sous la pluie n’ont individuellement pas le choix. En effet, la préfecture 35 a montré – je l’ai vu de mes yeux – qu’elle n’hésitait pas à faire interpeller par la police tout être humain sous la pluie qui manifestait une forme ou une autre de TOP (trouble à l’ordre public).

Je me demande encore : et si un jour, excédés, les êtres humains sous la pluie brûlent, pillent, cassent la préfecture, qui les soutiendra ? Même moi qui dispose, depuis 15 ans, de toutes les informations permettant de lire la genèse de leur révolte antiraciste légitime, je ne suis pas sûr que – au-delà de déclarations solidaires de principe – je n’irai pas jusqu’à me contenter de ne pas les critiquer parce que j’ai du mal avec la violence gnagnagna. Et pourtant, aujourd’hui, tout le monde admire ces « noirs » américains qui ont pété les plombs parce qu’ils refusaient d’être plus longtemps séparés des « blancs » dans des bus…même pas sous la pluie…

 

Suite...

 

Du coup, République française, je t’accuse de me mettre en danger. En effet, après tous mes actes racistes objectifs d’hier, je me suis dit : « Il se pourrait qu’un jour un être humain sous la pluie m’agresse parce que je lui passe de fait devant, parce que l’organisation de la préfecture crée des privilèges et donc des privilégiés (dont moi), crée des humiliations et donc des humiliés (eux) ». A force de voir surtout des « blancs » te passer devant et ne pas voir ces « blancs » attendre sous la pluie, il est logique que n’importe quel « blanc » devienne le simple symbole du monde des « blancs ». Et si la révolte jaillit, avec son lot de « dommages collatéraux », j’aurai beau jeu de dire que j’ai toujours milité pour les sans-papiers. La préfecture des « blancs » a tout fait pour que je sois identifié comme un maillon – certes faible mais maillon quand même – de l’ordre raciste. A cause des privilèges racistes que la préfecture a mis en place pour moi, français classé « blanc ». 

Des puristes doivent sans doute s’interroger : mais pourquoi s’accuse-t-il de racisme et pas de simple xénophobie ? Parce que la politique migratoire de la République française a ceci de sélective que ce ne sont pas tous les étrangers qui attendent sous la pluie. En combinant une politique européenne de libre circulation des européens, donc de gens classés pour la plupart « blancs », et une politique effroyablement complexe de visas qui privilégie les pays riches – souvent « moins blancs » sachant que, dans les processus racistes, un pays devient d’autant plus « blanc » qu’il s’enrichit – la République française n’a pas mis en place une politique xénophobe mais raciste. Une avancée anti-xénophobe comme l’Union Européenne tend alors à se transformer en outil républicain raciste. Pendant que les espagnols ou les anglais n’ont plus à passer par le « service étrangers » de la préfecture 35 pour vivre ici, les autres êtres humains qui doivent encore y passer et attendre sous la pluie sont de moins en moins classés « blancs ». Bien entendu, tous les « non blancs » qui vivent en France ne sont pas des êtres humains sous la pluie mais il est difficilement contestable que presque tous les êtres humains sous la pluie devant la préfecture 35 sont des « non blancs ».

C’est pourquoi j’accuse la République française et sa préfecture de m’avoir rendu raciste. Pas juste xénophobe. Et c’est pourquoi je suis en danger si – comme je le souhaite ardemment – les antiracistes s’attaquent à toutes les formes de racisme

Repost 0
Published by L'archipélien - dans actualités
commenter cet article
2 octobre 2013 3 02 /10 /octobre /2013 17:30

Dans l'antiquité grecque, sous le regard de Socrate se formèrent les premières écoles philosophiques. La plus outrageusement rigoriste fut celle d'Antisthène, le fondateur de l'école cynique. Il fut lui même élève de Gorgias et disciple de Socrate.

C'est dans cet univers de la grande époque classique, qu'un atypique insoumis jaillit de la boite de Pandora. Son nom était Diogène. Le rigorisme ambiant, concept de nature tyrannique, précipita cette âme libre hors du temps. Pour cette raison, deux millénaires et quatre siècles après l'implosion de la supernova, la légende du charismatique ancêtre habite nos cœurs. Diogène, le philosophe clochard et gastéropode d'amphore fait partie de la famille.

ADVERTISEMENT

Voici comment le plus marginal, le plus provocateur et le moins canonique de tous les philosophes devint le plus populaire des cyniques et au fond de tous les autres penseurs.On connaît peu de choses de sa vie, de ses écrits, de son enseignement véritable. Il est vrai que dans ce monde oriental originel, les mots et les phrases fleurissaient sur l'agora et dans les campagnes alimentant les chimères. Les scribes folâtres hésitaient encore a immortaliser « la vraie vie » sur le parchemin. Deux siècles auparavant, Pythagore avait donné le La. Pythagore, étymologiquement « celui qui a été annoncé par la Pythie ». Ce qui ajoute à l'augure de Diogène. La vie énigmatique de Pythagore permet difficilement d'éclaircir l'histoire de ce réformateur religieux, mathématicien, philosophe et thaumaturge. Dans cet univers de démiurges aussi familiers que créatifs, Diogène rencontra l'inspiration et fut sans doute un des premiers plébéiens à affronter de toute son âme, le monde et ses puissants, éveillant les bonnes et mauvaises consciences.

L'enseignement oral fit le reste, exerçant sa magie, emplissant l'imaginaire, demeurant libre et fluide comme la musique de son illustre inspirateur. Les mythes et leurs légendes s'emparèrent de ce fascinant vagabond philosophe. Sa destinée, ses idées peu banales, ses mille exploits et mille propos vrais ou inventés ajoutèrent à la fantasmagorie. La source la plus sérieuse venue jusqu'à nous se trouve dans le monumental ouvrage : « Vies et doctrines des philosophes illustres de Diogène Laërce (IIIe siècle) » Deux mille ans avant Nietzsche, Diogène agissait à renverser les interdits, le sacré, tous les tabous. « Il s'employait à déconstruire la société dans ses fondements ». A Corinthe, il affronta verbalement l'homme solaire, Alexandre le grand, l'empereur le plus prestigieux de tous les temps. Vêtu de ses haillons légendaires, il trouva devant lui ce demi dieu dans son habit de lumière, magnanime, lui proposant : « Demande moi ce que tu veux, je te le donnerai. » Diogène abruptement lui répondit : « Ôte toi de mon Soleil »

Alexandre, de surenchérir, « n'as tu pas peur de moi ? » Et là, devant cette autorité royale, Diogène louvoya « Qu'es tu donc ? Un bien ou un mal ? » « Un bien fit Alexandre. » « Qui donc, reprit Diogène, pourrait craindre le bien ». On peut être gueux aux pieds nus, ascète, digne mendiant, homme libre, mais aimer la vie. Ce monarque, élève d'Aristote, faisait assassiner tous ses rivaux, y compris au sein de sa famille. L'habileté de Diogène était d'élever la conscience de son illustre protagoniste tout en protégeant sa vie. Sa franchise et son audace intellectuelle lui valurent en retour cet éloge de l'empereur : « Si je n'étais Alexandre, je voudrais être Diogène. »

Le cynisme apparaît, pour le sens commun, comme un comportement moral, comme une manière d'agir et de s'exprimer en société, qui bafoue les bienséances et la morale établie, (nos humoristes modernes) L'humour dont il use, acide et provocateur, ne serait à cet égard qu'un moyen, relevant des programmes d'usage qui seraient éthiques. Mais le cynisme est aussi une école philosophique, voire, si on accepte d'étendre la dénomination hors du cercle des disciples d'Antisthène et de Diogène, un courant philosophique dont on trouve encore des tenants dans les premiers temps du christianisme (la foi et l'action qui relèvent des évangiles), des orientations chez Nietzsche. Les philosophes maintiennent une distinction nette entre les deux acceptions de ce terme, de manière à épargner au cynisme philosophique la dévalorisation dont le sens commun affecte le cynisme dit « vulgaire ».

Les valeurs fondatrices de la société (le travail, la famille, la patrie, le mariage et la souveraineté politique) sont d'emblée récusées, et toutes les conventions et bienséances sont bafouées. A un raisonnement fondé sur des concepts, sur l'articulation logique des signifiés, Diogène oppose la manipulation des signifiants naturels, irréductibles à quelque langage que ce soit. La métaphore avec pour toile de fond la nature. (plus tard, les évangiles)

La dénonciation des valeurs atteint tout ce qui peut donner corps à un projet humain : honneurs, réputation, pouvoir, richesses, amour, et même science et spéculation intellectuelle. Les systèmes de valeurs sont récusés au nom de l'autonomie du sujet humain.(un aspect de l'anarchie)

le cynique adopte la position « nature » Cette régression (ou reconquête) naturaliste se traduit en particulier par une référence systématique à la bestialité. (Les civilisations de l'ancien orient, le modèle amérindien.)

Pour atteindre un tel détachement, le cynisme est une morale spartiate, qui commence par des épreuves, un endurcissement, une désensibilisation. Apprendre à ne rien attendre, rien espérer, à n'accorder sa confiance à rien ni à personne. Diogène se promenant sur la place publique avec une lampe, au milieu d'une foule d'hommes, « Je cherche un homme » : il dénonce le caractère fallacieux de l'appellation « homme », au regard de ce qu'il estime être, lui, un homme : l'appartenance à une classe conceptuelle et linguistique est de l'ordre du paraître ; seul l'individu cynique accède à l'être.

Héraclès est le héros cynique par excellence, celui dont les travaux constituent à la fois des épreuves qui confortent son « pouvoir faire », et des preuves qui démontrent qu'un individu libre et fort ne connaît ni obstacles ni contraintes. Telle est la libre destinée de Sisyphe, Olympien, prompt au travail gratuit, pour le plaisir, pour la beauté de l’effort, pour marquer définitivement sa verticalité d’homme et son unicité dans le grand cirque de la vie.

Le rire cynique oppose sa singularité en refusant la tyrannie collective, C'est l'exclusion. La dérision cynique fait rarement rire les autres, car ce n'est pas le rire qui rassemble, mais cherche et provoque la division. La dérision cynique coupe les ponts avec la collectivité perçue comme autoritaire...ni Dieu, ni maître disait mon père rieur en évoquant fièrement nos aïeux artisans et libres penseurs. Je ne savais pas que je sympathisais avec Diogène et Sisyphe et que j'étais en phase à ce point avec mes ancêtres.

Mes ancêtres...les Gaulois qui d'ailleurs, soumis au questionnement rituel d'Alexandre le prétentieux, qui venait de les conquérir, lui répondirent qu'ils ne le craignaient point mais avaient simplement peur que le ciel leurs tomba sur la tête. Des grands cyniques, n'aimant et redoutant que la nature, le sanglier, l'hydromel et Danann, la déesse mère qui s'incarnait en Walkyrie à la chaumière, brandissant un ustensile contondant quand ils avaient abusé de la cervoise pendant les ripailles joyeuses. (Asterix d'Uderzo et Goscinny). Le cynisme traverse le temps et l'histoire. Au moyen âge par exemple, Rabelais (Gargantua et Pantagruel,) est tout à fait dans la ligne caricaturale, excessive et grotesque de l'humour gaulois cynique.

Il ne faut pas trop les chatouiller les cyniques, ils accèdent à l'« irruption » intempestive dans les scènes de la vie publique, l'« imprévisibilité » des conduites et des réparties, la « brutalité » des propos, la « spontanéité » des réactions, l'absence de délai dans la satisfaction des besoins. Souvenez vous ce qui arriva à Alexandre « le bien heureux » dans sa superbe juvénile rencontrant Diogène.

Le cynique est un misanthrope, la totalité des valeurs sociales et civilisées étant rejetées, il ne lui reste d'autres possibilités qu'une hypothèse individuelle de type esthétique. Dans l'art il excelle, son originalité créatrice transcende son humanité ombrageuse. Mais, dans la mesure où il récuse d'emblée le langage et les classes conceptuelles, le discours cynique ne peut être que mimétique, et la critique qu'il applique à toutes choses ne peut être que caricature. La « représentation » serait en quelque sorte l'arme absolue du cynisme. La scène, le cinéma, le théâtre, constituent pour lui des réservoirs d'expression. Il est notoire que ce type d'artiste a beaucoup de difficulté à réaliser une vie sociale stable et surtout un couple harmonieux. Il est au fond habité par un projet de vie qu'il incarne en solitaire.

Satire, diatribe, ironie, bouffonnerie, non-sens ou calembour, le rire cynique, mise en scène dérisoire de l'humain et du social, cherche à mettre à nu l'autre face des conduites et des valeurs. « Plus je connais les hommes, plus j'aime mon chien. Plus je connais les femmes, moins j'aime ma chienne. » Pierre Desproges.

Jankélévitch fait observer dans L'ironie, à propos du discours cynique : « Il fait éclater l'injustice, dans l'espoir que l'injustice s'annulera d'elle-même par l'homéopathie de la surenchère et de l'esclandre ». En somme, le cynique compte sur le sens esthétique de ses contemporains pour éveiller leur sens moral.

Nietzsche le cynique, entre autre, oppose, au lieu du bon et du mauvais, le gros, le gras, le lourd à l'agile, au léger, au souple, à l'élégant. Ce qui devient intolérable, c'est alors la perception individuelle de la laideur, et non plus la seule amoralité. il faut le désensibiliser par la perception de la laideur, et cette désensibilisation entraînera ipso facto une modification du jugement moral.

 

En synthèse, le cynisme oppose à la collectivité tyrannique son individualité insoumise. Diogène nous enseigne donc la brutalité du style, (effet d'immédiateté), la mise en scène, (la représentation), le détachement, (la désensibilisation), la démoralisation, (le scandale)

En somme nous sommes au cœur d'un mécanisme humain qui caractérise bien l'esprit gaulois, voire même profondément français. Avec un tel ferment de vérité, il est bien entendu que les français adhèrent en majorité à ces valeurs et rejettent par la même occasion, la tyrannie, le sectarisme religieux et politique, le collectivisme rigoriste, la médiocratie démocratique. Tous les vocables en isme, sauf le cynisme de Diogène.

 

 

Auteur Jack Mandon in Agoravox

Repost 0
Published by L'archipélien - dans document
commenter cet article
1 octobre 2013 2 01 /10 /octobre /2013 18:15

 

Et que, je vous narre le récit...666.

De cette enflure repue en royalties,

Russula cyanoxantha en terre saintoise,

A faire se tourner un chaud d'eau de renonce.

 

 

 

Terre de haut le 2 /10/2013 ψ

 

 

 

 

 

20130928_144116-PANO.jpg

Repost 0
30 septembre 2013 1 30 /09 /septembre /2013 17:51

Dans une étude sur 122 élèves, il en résulte que les leçons sont moins bien apprises, lorsque les supports sont trop colorés ou distrayants ! on aurait pu s'en douter, dans distrayant, il y a distraire, et distraire est le contraire, de se concentrer. En fait, la meilleure compréhension, du cours semble obtenue avec des décors pauvres et abstraits, presque rébarbatifs. courage, il faut, un peu, souffrir pour réussir. 

Cerveau et Psycho : n°58 de juillet 2013 : Manuels colorés, leçons oubliées 

Pédagogie ludique et capacité cognitive : Après grandeur et misère des courtisanes, les illusions perdues 

Il y a une quarantaine d'année, les situationistes ont envahi la pédagogie, avec comme conséquence inattendue, l'avènement à l'école, de ce que Guy Debord, lui-même, appelle, ironie de l'histoire, la société du spectacle. La déconstruction de la pédagogie, sans garde fou, ni parapet, s'est engouffrée, dans l'innovation, et ce, sans aucun discernement. Nous continuons, encore, à assumer de nos jours, les conséquences de ces choix, dont la pertinence n'a jamais été vérifiée, ni prouvée .

Dans un Article de la célèbre revue, Cerveau et Psycho, à la rubrique, l'actualité des sciences cognitives, Sébastien Bohler relate les conclusions des psychologues de l'Université de l'Ohio, sur l'attention des élèves, par rapport à la nature spectaculaire et ludiques, des supports pédagogiques. Dans une étude sur 122 élèves, il en résulte que les leçons sont moins bien apprises, lorsque les supports sont trop colorés ou distrayants ! Et Sébastien Bohler d'ajouter, sans ironie, "on aurait pu s'en douter : dans distrayant, il y a distraire, et distraire est le contraire, de se concentrer. En fait, la meilleure compréhension, du cours semble obtenue avec des décors pauvres et abstraits, presque rébarbatifs. courage, il faut, un peu, souffrir pour réussir." Toujours dans le même article, l'auteur de nous rappeler certains versets du credo pédagogiste, en vogue et encensé pendant des décennies, en particulier dans la pédagogie ludique, qui semble, encore, vouloir se métamorphoser, aujourd'hui, dans l'euphémisme des jeux sérieux. "Peut-être avez vous vu de ces manuels scolaires qui enseignent l'accord du participe passé avec un petit personnage qui saute dans la marge, ou des cours de maths où un petit nounours explique qu'il doit tracer un triangle équilatéral multicolore. L'idée de cette iconographie est de capter l'attention des élèves, pour qu'ils s'engagent mieux dans la tâche" Mais qui se souvient des années d'or du pédagogisme, se rappelle, aussi, que nous étions en pleine grandeur et misère des courtisanes. Pour réussir sa carrière, la pédagogie ludique et son cortège d'innovation, étaient un passage obligé ! Le suite de grandeur et misère des courtisanes, dans la Comédie Humaine, se trouve dans le roman des illusions perdues.

Eric de Trévarez

Cerveau et Psycho : n°58 de juillet 2013 : Manuels colorés, leçons oubliées

Repost 0
Published by L'archipélien - dans document
commenter cet article
28 septembre 2013 6 28 /09 /septembre /2013 17:30

 

 

 

De rien d'autre

Qu'un iota de matière impure

Fait homme,

L'édile lièvre -cornaque à tête dure-.

Député mime Marceau ! 

Zizi pan la girouette!

Qui l'eût dit ?  

Flagorneur oint de centrisme  vénal.

Hic et nuc!

La cuvée "bord l'eau " enivre  l'urne communale.   

Suffrages à l'encan  !

Démocratie bacchanale !

 

 

Terre de haut le 29 Septembre 2013ψ

 

 

Lien:

'cornaque

Repost 0
27 septembre 2013 5 27 /09 /septembre /2013 19:26

Une conférence environnementale pour l’éducation à l’environnement

Dans un monde où tout le monde s’accorde à le dire : « on ne peut plus faire comme avant », impossible d’imaginer que nous puissions apprendre comme dans le temps. Apprendre autrement pour faire autrement, ça fait partie du challenge de ceux qui misent sur la transition écologique, ils ont raison.

Vers une transformation culturelle de la société

Le rendez-vous des 20 et 21 septembre 2013 est important pour l’éducation à l’environnement et au développement durable (EEDD) de notre pays. Il arrive à un moment où le constat est partagé par tous, l’EEDD est pertinente mais elle manque de force. La musique est bonne mais à peine audible, il faut lui donner du volume. Autre constat partagé et c’est très heureux, cette EEDD est constituée d’un ensemble d’actions : la sensibilisation, l’information et la formation. Notre chantier commun, c’est bien l’éducation de tous, tout au long de la vie, plus question de la limiter aux enfants et à l’école. C’est bien de la transformation culturelle de la société dont il est question, et plus précisément peut-être de cette métamorphose dont nous parle Edgar Morin depuis quelques années déjà.

La République parle d’une grande cause nationale.

Cette idée de faire de l’EEDD un des 5 thèmes de la conférence environnementale était en gestation dans la société civile depuis longtemps. Cela fait des années que nous sommes collectivement, toutes parties prenantes impliquées, dans le faire-ensemble pour donner plus de force à notre action. Et puis il y a eu les assises de Caen en 2009 qui ont donné naissance à l’Espace National de Concertation pour l’EEDD (ENC), puis il y a eu les assises de Lyon précédées de 95 assises et autres rendez-vous en territoire. Des assises de Lyon où la République a parlé d’une « grande cause nationale » à propos de l’EEDD. Les assises de Lyon avec leur mode ascendant et participatif qui, disons le, ont rassuré tout le monde quant à la capacité des acteurs de l’EEDD d’être réellement dans le dialogue et la co-construction. Avec la crise écologique qui ne cesse de nous faire mal, le besoin est là tous les jours plus évident, les désirs sont là, les méthodes sont éprouvées, les acteurs sont là, ils ont envie d’avancer ensemble, oui on pouvait y aller. Le gouvernement y est allé, bravo, le moment est bon !

Année 2013, marquée d’une pierre blanche.

Avec la loi de refondation de l’école qui fait entrer l’EEDD dans le code de l’éducation, avec le Premier Ministre qui a saisi le Conseil Economique Social et Environnemental sur l’EEDD, avec le rapport du recteur Jacques Moret sur l’éducation à la biodiversité, avec les instructions pédagogiques du mois de juillet consolidant les entrées « projet », « partenariat » et « territoire » dans l’avancée des E3D (établissements en démarche de développement durable), ceci en plus des assises et de la première journée européenne de l’EEDD tenue à Lyon le 4 mars 2013, on peut dire que le chemin du développement de l’EEDD 2013 est marqué d’une pierre blanche.

Une action concertée pour une action volontariste de l’Etat

A J- quelques jours, ce qui se profile donne espoir. Le gouvernement a très opportunément décidé que la préparation de la table ronde 5 consacrée à l’EEDD se déroulerait au sein de l’ENC. Ainsi des acteurs qui tous travaillent ensemble depuis plusieurs années et se sont collectivement mobilisés pour la réussite des assises de Lyon ( services de l’Etat :7 ministères, l’ADEME et les agences de l’eau, des collectivités : Association des Régions de France, Parcs Naturels régionaux…, des associations, des syndicats, des entreprises : Véolia, La Poste, EDF, SNCF..., des territoires, et des chercheurs …), se sont réunis et ont travaillé d’arrache-pied pour produire un rapport largement pris en compte par le gouvernement. C’est très satisfaisant. La fiche préparatoire de la table ronde 5 pose deux objectifs essentiels. Le premier est de déboucher sur « une action volontariste de l’Etat inscrite explicitement dans les politiques publiques… », politiques publiques autant d’éducation et de formation que d’environnement et de développement durable. Le deuxième objectif c’est d’aller vers : « un développement concerté…de projets multi-partenariaux impliquant ensemble tous les acteurs… »

Des projets éducatifs concrets beaucoup plus nombreux et financés

Ce sont deux objectifs qui correspondent bien aux attentes des acteurs mais nous devrons être vigilants à la manière de les atteindre. Il faudra beaucoup d’écoute et d’ouverture de la part de toutes les parties prenantes. Nous avons certes une « culture commune » en émergence au sein de l’ENC et dans tous les territoires, mais il faudra aller plus loin. Si de façon historique et encore bien actuelle, des conflits existent bien entre différentes parties prenantes, nous devons quand il s’agit de l’éducation laisser les armes et même toutes les armes à la porte des salles où l’on parle, l’intelligence collective de la société française le vaut bien. Donc sur ce chemin que nous avons à faire pour atteindre ces deux objectifs nous devrons passer par l’existant, c'est-à-dire en impliquant des groupes où la concertation est déjà là et bien vivante. Les Espaces Régionaux de Concertation (ERC), les plateformes régionales, les collectifs sont là, ils fonctionnent au même titre que l’ENC. Les mobiliser dans leur diversité donnera des résultats. Nous devrons aussi passer par des assises régulières, nous avions dit tous les 4 ans à Caen, c’est un minimum. Mais nous devons surtout mener ensemble des projets éducatifs concrets beaucoup plus nombreux et financés, c’est une nécessité. Parce que c’est là que le bas blesse. L’EEDD, réalité née d’une bâtardise entre protection de l’environnement et éducation populaire n’a guère droit de citer à l’endroit où l’on affecte les moyens et ça il est d’une haute nécessité que ça change. Si rien n’est fait là, rien ne sera réellement crédible.

A suivre

 

 

RGerard: Educateur à l'environnement

Repost 0
Published by L'archipélien - dans Chrysosblog
commenter cet article
26 septembre 2013 4 26 /09 /septembre /2013 19:21

L’architecte de la création

La multiplication des articles défendant une vision créationniste contre un paradigme évolutionniste divise les Agoranautes. La discussion dans les commentaires dégénère souvent en une cacophonie mêlant insultes et satyre acerbe aux incantations divinatoires. En somme, tous les ingrédients d'une lecture palpitante qui ne laisse personne indifférent.

L'opinion selon laquelle la machinerie de la vie serait tellement parfaite qu'elle ne peut être le fruit d'un hasard, mais l'oeuvre d'un esprit planificateur, séduit de plus en plus de gens.

Pourtant, quand on examine cette création , on remarque qu'elle est très loin d'être parfaite. En effet, si elle l'était, elle n'aurait pas besoin d'évoluer et de se diversifier sans cesse. Au niveau cellulaire, nous sommes une usine à gaz, pas ergonomique pour un sou, perdant énormément de temps et d’énergie dans les taches inutiles, comme la lecture interminable des introns lors de l'épissage, un système mal organisé, soumis à un risque permanent d'erreur, ridiculement mal foutu. Au niveau macro-organisationnel on ne peut que constater l'absence de toute valeur morale, la guerre permanente de domination où l'on s'entredévore à tout va, où la destruction et la mort sont les outils bien plus efficaces que l'ordre et l'ergonomie, gaspillant les ressources dans une production abondante d'une main et semant la mort dans une impitoyable sélection de l'autre.

 

La vie n'est pas la perfection, mais son contraire. Le « génial architecte » ne fait que bricoler pour améliorer sa machinerie, en tâtonnant, passant des fausses routes en culs-de-sacs, refaisant sans cesse les même erreurs, ne tenant aucun compte de l'expérience passée, tout en effaçant périodiquement la quasi totalité de son travail. Le principe fondateur de la vie est justement son imperfection qui le fait évoluer sans cesse. Une évolution née des défauts du pénible recopiage provoquant des mutations, presque toutes nuisible à la bonne marche de ce sac de noeuds, mais de temps en temps, très rarement d'ailleurs, il s'en trouve une qui, en général contre toute logique, améliore les chances de survie. La vie est un curieux mécanisme dont le moteur est l'erreur et le seul plan visible l'obsolescence programmée.

Alors que notre représentation de l'esprit créateur implique la perfection, la toute-puissance et la pureté, la vie est tout le contraire : un bazar animé par son imperfection, se plaisant dans ses excréments, pourrissant tout, une vrai nuisance susceptible même de perturber à terme l'ordre physique des forces régissant l'univers.

Un architecte qui met 3 milliards d'années pour bricoler de toutes pièces une structure complètement bancale basée sur son imperfection, un abominable bazar dont la seule force est sa faiblesse, en l’occurrence une absence manifeste d'un plan rationnel et une improvisation hasardeuse, est-il vraiment un bon architecte ? Les mécanismes physiques de l'univers, si logiques et parfaits, prévisibles et réductibles à des équations simples sont, j'en conviens, proches de la perfection. Mais la vie est tout le contraire, de surcroit une nuisance potentielle pour la bonne marche de cette organisation. Si l'on fait une comparaison avec le corps humain, la vie ressemblerait à un cancer, des cellules se multipliant de façon incontrôlée que les anticorps cherchent à éliminer.

L'Humain a développé une morale qui est en tout point opposée à la nature. L'empathie, la tolérance, la raison … n'existent pas hors de la civilisation humaine. La nature n'est qu'une lutte permanente, impitoyable, privilégiant la souffrance au bien-être, la mort à la longévité, la saleté à la pureté. Une création planifiée et pensée ? Dieu est donc un incapable sans morale, un criminel !

 

 

Auteur: Deneb

Repost 0
Published by L'archipélien - dans actualités
commenter cet article
25 septembre 2013 3 25 /09 /septembre /2013 19:18

Vous avez dit JUSTICE !

Quand un petit, un sans grade demande l'aide juridictionnelle, il lui faut « montrer patte blanche »...

Certains ne peuvent pas y prétendre même s'ils sont en surendettement.

En effet la détermination des droits s'effectue en fonction des revenus déclarés.

Ainsi un jeune couple qui veut porter plainte contre son propriétaire ne peut pas le faire car en difficultés financières sérieuses mais sans droit à l'aide juridictionnelle.

il faut qu'il se tourne vers une association.

C'est aléatoire....Combien vont abandonner ainsi toute poursuite ?

Aujourd'hui des menaces sérieuses pèsent sur l'aide juridictionnelle, celle qui fonctionne déjà mal aujourd'hui....C'est une justice à deux vitesses, une justice de classe qui se renforce.

Les associations de consommateurs et familiales comme le CNAFAL s'interrogent et s'insurgent, elles ont raison :

 

Une réforme incompréhensible : une justice au rabais

 

« L'aide juridictionnelle qui permet aux personnes à revenus modestes de se défendre en justice, va être sérieusement mise à mal.

Le précédent Président de la République avait mis en place une taxe forfaitaire de 35 euros pour toute action en justice, prud’hommes compris. Le CNAFAL avait protesté fermement à l’époque. Madame Taubira, Ministre de la Justice, avait abrogé cette taxe inique il y a quelques mois et le CNAFAL s’en était félicité.

Pour réaliser des économies de 100 millions d’euros par an, le Ministère de la Justice reprend d’une main ce qu’il avait aboli de l’autre.

Or, aujourd’hui le projet de loi des finances 2014 prévoit de moduler, donc de raboter, l’aide juridictionnelle qui permet à 900 000 personnes chaque année d’aller en justice, alors qu’elles n’en n’ont pas les moyens. Cette aide peu valorisée depuis des années, représente la « dernière roue » de la « charrette justice ». On sait que depuis des années que le budget justice est le « parent pauvre » des dotations. Cela conduit de plus en plus à une justice à deux vitesses et qui repose, pour les citoyens modestes, sur la bonne volonté des avocats, lorsqu’ils veulent bien s’engager à fond, ce qu’une majorité d’entre eux font ! Cette aide va devenir de plus en plus symbolique et n’est pas une garantie d’une justice équitable et d’une égalité des droits !

Le CNAFAL souhaite que le projet de modulation en fonction de la taille des barreaux soit abandonné et que le montant de l’aide juridictionnelle soit revalorisé en fonction du coût de la vie.

De même, le recours au juge administratif ne sera plus possible en cas de contentieux pour l’ensemble du permis de conduire (retrait, points). 70% des automobilistes obtiennent gain de cause devant la justice administrative... Plus grave encore, les contentieux dans le champ social (aide au logement, RSA, loi Dalo) seraient également privés de recours aux juridictions administratives ! Le décret en préparation pour application au 1er janvier 2014 n’offrirait qu’un recours en Conseil d’Etat dont on sait que l’usage est très cher et hors de portée des revenus modestes.

Le CNAFAL rappelle que le budget du Ministère de la Justice en France est un des plus faibles d’Europe. La justice doit avoir les moyens de dispenser une justice égale pour tous.

Le CNAFAL ne peut accepter ce qui est contraire à la devise républicaine. »

 

Si le gouvernement s'obstine à faire des économies sur le dos des plus humbles, il prive de fait les plus humbles du droit de se défendre, de porter plainte et d'attaquer en « justice »

 

Jean-François Chalot

Repost 0
Published by L'archipélien - dans actualités
commenter cet article

Profil

  • L'archipélien
  • Le monde est dangereux non pas à cause de ceux qui font le mal, mais à cause de ceux qui regardent et laissent faire” Einstein.
  • Le monde est dangereux non pas à cause de ceux qui font le mal, mais à cause de ceux qui regardent et laissent faire” Einstein.

Archives