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28 avril 2010 3 28 /04 /avril /2010 17:30

C’est en 1884 que C. Hugues décrit en psychiatrie les « pathologies limites », pour des états qui oscillaient toute leur vie entre les limites de la démence (au sens de l’époque, c‘est à dire : psychose) et de la normalité. C’est le psychanalyste Stern qui, en 1938, reprend le terme borderline en insistant sur "l’hypersensibilité" des sujets, leur "rigidité défensive" et leur "peu d’estime de soi". En psychanalyse, il est généralement admis que cette catégorie vaste et floue désigne des organisations à la frontière des névroses et des psychoses. Pourtant même cette notion de frontière entre névrose et psychose est très controversée. En réalité, on parle généralement d’un trouble de la personnalité, encore bien mal connu.

Alors tentons de définir ce qu’est un trouble de la personnalité :

Chaque personne a son style de personnalité, c'est-à-dire sa façon de penser, de gérer et d’exprimer ses émotions et d'être en relation avec les autres. Toutefois, lorsque la personne a un style de personnalité inadapté, il est possible qu’elle présente un trouble de la personnalité.

Quand parle-t-on de Trouble de la personnalité ?

On parle de trouble de la personnalité lorsque certains traits de la personnalité se rigidifient, entraînant soit une souffrance, soit des dysfonctionnements.

Il s'agit d'une affection chronique, apparaissant généralement au cours de l'adolescence.

Les troubles de la personnalité sont souvent associés à d'autres affections psychiatriques, dont ils aggravent le pronostic.

Les différents types de trouble de la personnalité :

• Trouble de la personnalité paranoïaque

• Trouble de la personnalité schizoïde

• Trouble de la personnalité schizotypique

• Trouble de la personnalité borderline

• Trouble de la personnalité narcissique

• Trouble de la personnalité psychopathique

• Trouble de la personnalité histrionique

• etc.

Le trouble de la personnalité borderline (ou trouble de la personnalité limite) est un trouble de la personnalité grave qui s'exprime par des humeurs changeantes, par des relations humaines troublées, par un manque de confiance en soi-même et aussi par des comportements auto-agressifs.

L'entourage personnel doit souvent supporter les conséquences de ces instabilités qui nuisent aussi à l'image de soi du malade, à sa vie de tous les jours et à son projet de la vie.

Bon, tout ça c’est de la théorie. Moi je désire avancer chaque jour davantage pour apprendre pourquoi mon enfant portait en elle tant de souffrance

J’ai reçu sur mon blog ouvert en mars 2007 d’incroyables témoignages que je souhaite partager avec vous : http://mon-impossible-reve.kazeo.com

Une maman en mai 2007 :

Mon Fils de 25 ans s'est suicidé à l'étranger et le jour où j'ai pressenti le drame, j'ai contacté le consulat de France du pays, mais le personnel, au lieu de déléguer à un médecin, a géré et mal géré car cela a précipité mon fils dans son geste. Je demandais qu'on envoie un médecin à son hôtel avec la précision que les frais seraient a ma charge, je ne pouvais agir autrement étant à 24 000 kilomètres de lui. On n'a pas voulu, mais on lui a donne un rendez-vous avec une équipe pour l'emmener en HP. Il a pris peur et a préféré partir pour toujours ........ J'ai appris en médecine qu'il devait avoir une personnalité "borderline". Je ne connaissais pas cette maladie.

Une jeune maman Borderline :

« Etre borderline, C'est être emmuré en permanence, ne pas pouvoir avoir une relation normale avec quelqu’un. La moindre chose nous rend hors de nous, nous fait bouillir littéralement. Ces satanées émotions volcaniques !

Etre borderline, c'est être porté à s'autodétruire de toutes les façons possibles pour oublier la souffrance PERMANENTE, qui ne nous lâche jamais. On voudrait être comme les autres.... C'est impossible »

Cette même personne encore :

« A jamais...toujours ce silence de ma part, ce retrait de moi-même face aux autres. Toujours me cacher, toujours me taire jusqu'à ce que je pète ma coche (mon amie est québécoise) dans un instant de souffrance totale. C'est, et ce sera toujours, l'histoire de ma vie jusqu’à la fin. Mais ne soyez pas triste de me voir aussi silencieuse et solitaire, ma vie est bien comme ça. La solitude est de loin la meilleure chose que j'ai connue dans ma vie.

Bien sur, j'ai déjà eu ça, des amies. Une à la fois car je suis très possessive. Mais la dernière que j'ai eu s'est suicidée à l'âge de 19 ans. Fini l'amitié pour moi, le choc a été trop rude. Je relis ses lettres et ça me fait toujours aussi mal après toutes ces années. Je l'envie d'avoir réussi à partir alors que moi, je suis encore ici à me traîner le corps sur cette Terre. J'ai pourtant essayé, moi aussi de partir.... J'en porterai toujours les marques sur moi. Tous ces coups de lame m'ont marquée bien plus profondément que ma peau. Et pourtant, malgré tout, je continue à vivre. Chaque putain de journée où je vois mon bras me rappelle à quel point j'ai déjà souhaité être ailleurs qu'ici.

Ma vie tient à si peu de choses, en fait, mais ce sont surtout des êtres. Ma fille, mon ami Soul, mes parents, ma sœur. Sans eux, je n'ai plus aucune raison d'être là. J'ai pourtant si peu confiance aux humains, j'en suis rendu, avec l'expérience, qu’à ne voir que le mauvais qui est en eux. Je peux bien être agoraphobe....

Lorsque je croise quelqu’un sur le trottoir, c'est plus fort que moi, je le vois comme un ENNEMI. Quelqu’un dont il faut impérativement me méfier. Quelqu’un qui, s'il ose seulement me sourire, me fera encore plus peur, car je verrais là un signe qu'il se fout de moi ou qu'il me veut du mal.... Tant d'années à être abusée, violentée... C’est donc là ou ça me mène ? »

Une jeune fille de 20 ans :

« Je me sens morte, morte mais vivante, mon corps, qui me répugne tant, me semble se décomposer, je pourris de l'intérieur, je me répugne.

Je ne m'autorise plus rien : ni l'amour, ni la réussite, suis je condamnée a me haïr ? »

« Mes cris sont en effet insonores et muets mais mes hurlements ne se voient ils pas dans mon regard, ou sur mes bras : véritables champs de bataille, mutilation barbare …. suis je mon propre bourreau ? »

« Pourquoi personne n'est il là pour moi, moi qui suis présente constamment pour tout le monde, me vouant aux autres... »

« J'aimerai que quelqu'un me prenne dans ses bras, que l'on me serre, que l'on me dise que j'ai le droit d'aller mal, que ce n'est pas de ma faute, que je ne suis pas responsable de mon je ne sais quoi qui me pourrit l'existence »

« Aidez moi ! »

Nul ne peut imaginer la violence de cette souffrance intérieure.

J’ai choisi ces témoignages parmi tant d’autres. Parfois le lien virtuel que m’a autorisé le web se rompt avec le temps, parfois il perdure comme avec ma petite fée de 20 ans qui fait preuve d’un courage inimaginable.

Ce que je ressens parmi ces témoignages reçus, c’est le couperet qui tombe sur le patient lorsque le diagnostic tombe ; c’est encore ressenti à ce jour comme une maladie incurable.

Il faut travailler et travailler encore pour faire naître l’ESPOIR.

 

Auteur Tichote sur Agora Vox

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Published by L'archipélien - dans psychologie
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commentaires

Evelyne 05/09/2012 17:54

Tout est dit merci !

Evelyne de http://www.assurance-sante.fr

mutuelle 10/05/2012 14:31

Bonjour,
Au moins une personne atteint l'un de ces troubles. De quel façon on peut y remédier?

Nemo 07/05/2010 00:09


Très bon article sur la personnalité borderline. j'en ai moi-même rédigé un sur mon blog, ici : http://bricedalise.blogspot.com/


L'archipélien 07/05/2010 19:15



Merçi pour son auteur.En ce moment je refléchis sur un cas d'espèce "border line"dans le monde politique.


Les malades qui nous gouvernent , c'est je crois le titre d'un ouvrage dont le nom de l'auteur m'échappe...L'actualité nous le démontre chaque jour...Putain deux ans!!!!



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  • Le monde est dangereux non pas à cause de ceux qui font le mal, mais à cause de ceux qui regardent et laissent faire” Einstein.
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