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15 janvier 2013 2 15 /01 /janvier /2013 17:46

L'installation d'une caméra permanente  depuis l'office du tourisme de Terre de Haut  permet, à celui qui le souhaite, de voir  tout ce qui se passe sur la place du débarcadère . C'est de bonne guerre pour  les voyeurs  dans l'âme  qui se réjouissent de disposer, incognito depuis leur tanière, d'une fenêtre ouverte sur un espace public . Je n'ose penser que cette caméra n'ai pas reçu l ' accord  de la municipalité et, encore moins, qu'elle ne respecterait pas  les  autorisations  préfectorales nécessaires à son utilisation.

 

Dans un espace insulaire comme le notre, il suffirait de quelques caméras pour que nous soyons l'objet, à notre insu,   de tentations dévoyées de la part de quelques esprits  policiers.

 

  http://www.lessaintes.fr/

 

L'article qui suit nous indique les risques possibles de la vidéo surveillance pour nos libertés. J'appelle chacun de vous à demeurer   vigilant..

 

 

 

Qui surveillera les surveillants ?

LIBERTÉS PUBLIQUES Dans le cadre d’une démarche participative et militante, un nouveau site recense les cameras quadrillant l’espace public de nos cités.

En été 2011, Le Courrier avait lancé une campagne d’«outing» de caméras de vidéosurveillance quadrillant l’espace public genevois. Les grands esprits se rencontrant, l’initiative avait trouvé un relais citoyen: un projet participatif avait été mis sur pied via internet. Chacun était invité à déposer sur une page dédiée à cette problématique les yeux de Big Brother qu’il croisait sur son chemin.
Ce site connaît une nouvelle jeunesse. Il vient d’être intégré à un réseau plus vaste lancé par le collectif antifasciste lyonnais Rebellyon. Cette cartographie se veut «participative, collaborative et accessible au plus grand nombre». Elle permet de rendre visible la prolifération des caméras tout en collectant un maximum d’informations les concernant. «Dès maintenant, chacun et chacune peut s’approprier le site, lutter, agir, participer, partager ses idées, informer, consulter la revue de presse et se réapproprier l’espace urbain!» peut-on lire sur la page internet du collectif. Ce dernier explique, via un tutoriel, comment inscrire une nouvelle caméra sur le site.

En construction
Fort bien fait, le logiciel Sous-surveillance.net offre une cartographie mettant en scène les principales villes françaises. Il est ensuite possible de zoomer sur certaines zones animées par des associations partenaires. A Genève, une page spécifique est ainsi accessible. Pour l’heure, quelque 340 caméras y sont répertoriées. Le nombre d’entrées augmente chaque jour.
On est probablement loin du compte, pour l’instant, dans la mesure où un inventaire très approximatif demandé il y une année par le Grand Conseil genevois recensait 1358 installations de videosurveillance, comme le rappelle Isabelle Dubois, préposée cantonale à la protection des données.
Des initiatives similaires sont menées dans plusieurs villes françaises: Paris, Marseille, Nantes, etc. Des antennes existent en Allemagne, en Belgique ou en Italie. Certains de ces collectifs utilisent l’outil Google pour leur démarche.

Démarche positive
Les quelque 340 caméras répertoriées à Genève sont soigneusement documentées: opérateur de l’engin (par exemple l’Etat ou un privé), le type de surveillance (surveillance du trafic ou d’un établissement privé), l’apparence de la camera, sa localisation géoréférencée, son orientation et son lien Streetview qui permet d’aller le voir via internet.
L’initiative est vue positivement par Mme Dubois que nous avons sollicitée. «L’Etat ne se donne pas les moyens de mettre en application les principes de la Lipad [loi sur l’information du public et l’accès aux documents, qui règle ces problèmes de transparence], constate-t-elle. Il est assez logique que des collectifs prennent alors le relais.» Même si la préposée exprime aussi des réserves devant le caractère anonyme du site.

Tâche de l’Etat
Mais en l’occurrence, selon elle, il serait bien de la responsabilité de l’Etat de faire l’inventaire de toutes les caméras présentes sur l’espace public, de tenir ce document à jour et de le mettre à disposition du public. Ce qui n’est pas le cas. Un projet de loi sur la videosurveillance visant à donner un cadre plus précis à ces pratiques est gelé depuis une année en commission du Grand Conseil. «Précisément parce que les députés voulaient un état des lieux», selon Mme Dubois, qui déplore que la transparence «n’est malheureusement pas une priorité du monde politique».
Rappelons que son service a été laminé en commission des finances, qui a coupé deux des quatre postes le composant. Un recours pour déni démocratique a été déposé et est toujours pendant devant la Chambre administrative de la Cour de justice pour contester la légalité de la démarche.
Une situation dénoncée par Alexis Roussel, vice-président du Parti pirate suisse (lire ci-dessous). «A Genève et en Valais, on assiste à une réduction des budgets des préposés à la protection des données. Or ce sont justement ces services qui recensent et donnent leur agrément pour la collecte des données, relève M. Roussel. Supprimer le seul outil de contrôle dont on dispose est inquiétant.» I
 

VAUD Des caméras en plus, mais «pas de raz-de-marée»

La pose de caméras dans le domaine public est-elle un phénomène en expansion dans le canton de Vaud? «Il y a une tendance à la mise en place de nouvelles installations, mais ce n’est pas non plus un raz-de-marée», constate Christian Raetz, préposé cantonal à la protection des données. Selon son recensement, 68 communes (sur 318) se sont dotées d’un règlement de vidéosurveillance, une démarche obligatoire avant l’installation de caméras depuis l’introduction, en 2007, de la loi cantonale sur la protection des données. Toutes n’ont cependant pas mis en pratique leur règlement, du moins pour l’instant. «Certaines communes l’ont simplement adopté ‘au cas où’», précise le préposé, à qui les collectivités doivent aussi soumettre une demande d’autorisation avant la mise en place d’un dispositif.

A ce jour, la vidéosurveillance est opérationnelle dans 29 communes, parmi lesquelles Lausanne, Yverdon, Aigle, Moudon et Lutry. «La plupart des caméras sont installées dans des lieux assez ciblés: complexe scolaire, déchetterie, passage sous-voies, abords de la gare, etc. Je n’ai pas constaté une mise en place généralisée de la vidéosurveillance», continue Christian Raetz.
Il existe cependant une tendance au renforcement du dispositif existant, par exemple à Lausanne. Initialement cantonnées à la surveillance des bâtiments publics (administrations, églises,...), les caméras ont été étendues ces dernières années aux écoles et aux infrastructures sportives. Plus récemment, dans le cadre de sa politique antidrogue, la municipalité a fait poser neuf appareils autour de la place Chauderon, aux endroits connus pour être les «points chauds» du trafic.

Si le préposé indique n’avoir jamais été jusqu’à refuser un projet communal, il a «souvent imposé des conditions». «J’ai aussi demandé à ce que des caméras factices soient retirées, car à mon sens ces installations contreviennent au principe de bonne foi: une autorité n’a pas à tromper les citoyens», ajoute Christian Raetz.
Le responsable n’a en revanche aucune prise face au problème des caméras privées filmant sur le domaine public, un phénomène qu’il n’est d’ailleurs pas en mesure de quantifier. «Les privés sont soumis à la loi fédérale sur la protection des données. Les règles qui s’appliquent sont assez générales et le préposé fédéral est clairement dans l’impossibilité de procéder à des contrôles systématiques. Quant à la possibilité d’intervention des autorités locales, elle est faible», déplore-t-il. arnaud crevoisier

Des caméras pour détecter les comportements «suspects»

Alexis Roussel, vice-président du Parti pirate suisse et fin connaisseur des nouvelles technologies, nous livre ses inquiétudes sur l’évolution du phénomène.

Les caméras au quotidien, un phénomène fait pour durer?
Alexis Roussel: Nous allons vivre durablement avec les caméras. Pas seulement celles qui sont dans la rue, mais aussi sur les voitures, dans nos téléphones, sur nos lunettes, etc. Il ne s’agit pas ici de surveiller, mais de regarder l’espace public. Ce qui pose la question de la loi. Jusqu’ici, celui qui prend une image porte une responsabilité. A l’avenir, avec la prolifération des supports, cela pourra-t-il encore être le cas?

Quel risque voyez-vous dans cette multiplication?
L’interconnexion des données. Les universités européennes travaillent sur le projet Invect qui recense toutes les caméras publiques et privées afin de créer un réseau automatisé de détection des comportements suspects. Par exemple, un automobiliste qui parcourt un même aller-retour entre deux villes trois fois durant la journée – détecté via son téléphone portable, sa carte de crédit, etc. – sera associé à un type de criminalité et suscitera une alerte.

Cela fonctionne-t-il?
Un logiciel de prédiction des crimes, créé à Santa Cruz, commence à s’exporter. A partir d’analyses statistiques, il permet de prédire quels crimes se commettront dans les jours à venir et d’envoyer des patrouilles sur place. Cela marche relativement bien tant qu’il s’agit de délits commis par des gens normaux, qui ont réfléchi. Un braquage, par exemple. Il est en revanche impossible de prédire un pétage de plomb, comme en Norvège ou à Daillon.

Les caméras de surveillance permettent-elles de faire diminuer la criminalité?
Les caméras donnent de bons résultats pour analyser le trafic routier ou dans des lieux clos qui font l’objet d’une surveillance active, et où les flux sont extrêmement codifiés: parkings, aéroports, etc. Mais il n’y a pas de corrélation entre le nombre de caméras dans l’espace public et la criminalité. Les délinquants s’adaptent, par exemple utilisent des cagoules, ou se déplacent. Quant à l’effet dissuasif, il ne fonctionne qu’au début. Ensuite, on assiste à un effet d’habitude. On le voit dans les trams. On nous vend un système, fort coûteux, qui entretient l’illusion de la protection. Face à un crime, une caméra ne pourra ni l’empêcher ni intervenir. Il est bien plus efficace de miser sur la présence physique de policiers.

Concernant les caméras de surveillance, à quelle évolution technologique peut-on s’attendre à court terme chez nous?
Tout d’abord les caméras qui filment en permanence à 360 degrés. Pour pallier les leurres mis en place par les délinquants visant à attirer l’attention de la caméra à un endroit pendant qu’un forfait se commet ailleurs. Ou encore la haute définition, qui permet de filmer à une distance impressionnante, 1 à 2 kilomètres, des manifestations par exemple. Avec un nombre de pixels suffisants, le logiciel sera capable d’exécuter une reconnaissance faciale des visages individuels pris dans une foule. Rien dans la loi actuelle n’interdit leur utilisation.

En quoi jugez-vous cela problématique?
Avec l’agrégation des données, on risque de tomber dans une société où l’Etat et les entreprises privées savent tout de vous, et peuvent même prédire votre avenir. Tout ça au nom d’un risque zéro impossible à atteindre. I

PROPOS RECUEILLIS PAR CHRISTIANE PASTEUR

 

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  • Le monde est dangereux non pas à cause de ceux qui font le mal, mais à cause de ceux qui regardent et laissent faire” Einstein.
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