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27 août 2012 1 27 /08 /août /2012 16:53

 

 

 

 

"Devenir père est un cheminement progressif"

Par LEXPRESS.fr, publié le 15/06/2012 à 18:21

 

La place du père est parfois difficile à trouver pendant la grossesse. Benoît Le Goëdec, sage femme et auteur de "Papa débutant, le guide que tous les jeunes pères attendaient!" a répondu à vos questions. 

 

"Devenir père est un cheminement progressif"

"C'est l'enfant qui vous fera devenir père à part entière."

REUTERS/Michaela Rehle

 

Froci: Est-il plus facile pour les hommes d'avoir affaire à un sage-femme qui est un homme?

Benoît Le Goëdec: Cela dépend de chacun. Néanmoins, ils trouvent quelqu'un qui leur ressemble tout en ayant connaissance de la femme. Et ce rapport au féminin/masculin permet de libérer la parole. Ils ne sont alors pas le seul homme dans une histoire de femmes.  

Vivo: Dit-on vraiment sage-femme pour un homme? Comment les femmes enceintes vous accueillent-elles?

Benoît Le Goëdec, sage-femme

Benoît Le Goëdec, sage-femme

L'Express

On dit sage-femme mais le dictionnaire autorise "maïeuticien". La maieutique est l'art d'être sage-femme. Les femmes enceintes nous accueillent bien une fois que le premier lien est fait; que, derrière le genre, la fonction prend le dessus; qu'elle trouve en nous ce qui fait la sage-femme, à savoir la science et l'humanisme, la compétence médicale et l'écoute. Elles sont même après surprise que ce soit possible chez un homme! Les seules réticences persistantes sont de l'ordre de l'extrémisme religieux. Et puis, il existe la liberté de praticien. Celles qui ne peuvent envisager l'intime auprès de nous vont vers une sage-femme femme. 

Julien: Pour vous, quel est le meilleur moment pour avoir un enfant?

Celui où le désir est partagé entre la femme et l'homme. Celui où chacun est prêt à assumer l'engagement et la responsabilité que cela représente. Ensuite, pensez que la fécondité est meilleure quand on est plus jeune. Et que beaucoup de choses continuent à se vivre avec un enfant. C'est plus une richesse qu'une contrainte. Soyez juste en phase.  

Vegas: Quelles sont les inquiétudes récurrentes des futurs pères?

Les plus grandes inquiétudes sont le post natal: la responsabilité nouvelle, la place que l'enfant prend dans le couple et la maternité de leur femme. La deuxième est l'accouchement: la peur de la douleur de l'autre, le sentiment d'impuisance  

Antoineau: Ma femme est enceinte de huit mois et pourtant, je ne me sens pas encore père... Est-ce normal?

Comptez sur le premier regard 

Beaucoup d'hommes disent cela. Neuf mois pour devenir père, quelques heures d'accouchement et la rencontre avec le bébé. Devenir père est un cheminement progressif que vous êtes en train de faire. Mais l'homme ne rencontre pas le bébé par l'intériorité comme la femme qui le porte. Alors, il y a un décalage. Comptez sur le premier regard, sur l'éclat de joie post-natal. C'est l'enfant qui vous fera devenir père à part entière. Laissez le temps au temps et continuez d'être proche de votre femme pour que cela se construise  

Ckdo: Futur heureux papa d'un petit boudchou, heureux dans la sphère privée, je ressens néanmoins une très grande différence de perception de mon actuel statut et futur statut "en public". J'ai notamment cette sensation lorsque l'on vient s'enquérir de l'état de ma compagne (à quasiment 7 mois révolu) et du petit loulou. Quasi systématiquement, aucune question me concernant, même en famille. Je ne suis pas narcissique pour un sou, et j'avoue ne rien dire de crainte de paraître pour un gros lourdaud égoïste. Du coup, j'ai la sensation d'être en total décalage/retard dans ma prochaine paternalité au regard de ma compagne qui vit pleinement le fait d'être enceinte. Suis-je le seul à ressentir cela ? Comment faire pour tenter de faire bouger les choses avec tact?

Les femmes ont beaucoup d'espace de paroles: consultations, échographie, préparation à l'accouchement... Les hommes très peu. Pourtant, ils vivent beaucoup de choses. L'entourage et la société sacralise et surprotège la femme enceinte au point parfois de définir pour elle les chemins à suivre. Alors criez: et moi! Car mieux est l'accompagnement ante natal, plus simple est la création du lien post natal et du couple. Après, vous verrez, on s'intéressera à vous. Et puis venez vers nous. N'hésitez pas à solliciter une sage-femme pour un entretien individuel, vous raconter, être écouté et accompagné. Mais dans l'ordre du normal, pas du soutien thérapeutique. Votre demande surprendra peut-être, mais elle est légitime. Et notre profession est une profession médicale sans malade. Elle a donc développé toute cette écoute, ce soutien dans la physiologie. Je vois parfois des hommes seuls et nous échangeons. Puis finissons par une relaxation ou un massage.  

Cédrit (Facebook): L'essentiel est d'être présent au maximum, pour vivre intensément la grossesse (présence pour les échographies, différents rdv médicaux, à la préparation à l'accouchement et à la préparation de la chambre). Ca empêche de stresser à l'arrivée du bébé et rassure en même temps! Pour finir, assister à l'accouchement et couper le cordon sont les plus beaux de tous les moments que nous puissions vivre en tant que premiers pas de père, vous ne pensez pas?

Je suis d'accord: être dans le présent de la femme nous permet d'approcher et de vivre tout cela. Préparer la venue permet aussi lui faire sa place dans nos vies. Et puis, il y a la montée en puissance de l'accouchement et l'éblouisement du premier cri, de la première rencontre. Plus que couper le cordon, je dirai l'avoir contre soi, en peau à peau, tout nouveau-né. Oui ce sont de grands moments. 

Loulou : Difficile de trouver sa place entre maman et bébé lorsqu'il est arrivé... Avez-vous des conseils?

Tout a changé, vous n'êtes plus les mêmes 

Prenez du temps pour les soins du nouveau-né: bercer, changer, endormir, laver. Et faites le seul, sans que la mère ne vous donne des conseils. C'est un des premiers axes. Ensuite, cela dégage du temps pour la mère qui peut se repenser femme. Donnez lui aussi des marques d'attention, de séduction. Elle n'est pas que mère, vous n'êtes pas que père. Et ensuite, laissez un peu de temps. Tout a changé, vous n'êtes plus les mêmes et il faut poser un nouveau regard sur soi et sur l'autre. Rassurez la mère pour qu'elle soit en mesure de vous laisser l'enfant. Votre place de père est d'autant plus facile à prendre que vous êtes l'homme qu'elle aime. Et inversement.  

Futurpapa : Faut-il préparer la chambre longtemps à l'avance?

Pas forcément. Cela dépend de votre temps à l'approche de la naissance. Et puis au début du retour à la maison, il n'y est pas beaucoup. L'intérêt de la préparer à l'avance est que toutes les odeurs des peintures et les humidités des colles ne soient plus présentent quand il arrive. Mais la plupart des familles ne préparent la chambre qu'à l'approche du terme car il faut qu'ils soient en mesure de projeter un enfant dedans. 

Polux : Je ne veux pas être présent dans la salle d'accouchement... Comment le faire comprendre à ma femme?

Dites lui qu'elle ne sera pas seule, les sages-femmes seront là. Ensuite que vivre un évènement comme celui-là en y étant contraint est violent et source de difficultés après l'accouchement. Ensuite que vous serez là quand même. Que vous allez errer dans le couloir très proche et que pour l'homme c'est l'attente, ne rien faire d'autre quand elle accouche qui lui permet de le vivre. Pas forcément être en salle d'accouchement. Enfin, dites-lui que vous n'êtes ni sage-femme ni thérapeute et que cela n'est pas de l'indifférence, juste une façon de vouloir le vivre pour pouvoir le vivre bien. Dans la réalité, dans la rencontre avec les sages-femmes, elle verra qu'elle n'est pas seule et que vous n'êtes pas à même d'être présent. Toute situation de tension et de stress sont des facteurs dévaforables à l'accouchement. Vous pouvez influer négativement sur son état si vous n'êtes pas bien. Dites le lui. Et parlez de ce que vous ressentez. 

Aristide : Ma copine m'a annoncé qu'elle était enceinte la semaine dernière et je me sens déjà père! Mais elle me dit que je la couve trop, que je lui fais trop de remarques sur ce qu'elle mange ou ce qu'elle fait...

Faites lui confiance. Laissez lui le temps et l'espace pour intégrer cette grossesse sans se sentir limitée, contrainte, malade. Il faut trouver la juste mesure. Vous êtes encore dans la joie de l'annonce. Préservez cette présence mais laissez la respirer, en effet, pour qu'elle y trouve du plaisir. C'est tôt pour elle, et encore très théorique. 

Triplette : J'ai déjà deux enfants et nous attendons des triplés... J'ai peur d'être débordé, de ne pas avoir de temps pour chacun et de faire des différences. Comment gérer une arrivée multiple avec déjà deux garçons (2 et 4 ans) à la maison?

Acceptez de faire des différences 

Cela va demander une forte capacité d'organisation. Vous avez des enfants encore petits qui vous obligerons à vous occuper d'eux. Comme vous serez obligés de les faire attendre parfois, dites devant les aînés aux nouveaux venus quand ils crieront pour manger "attendez un peu, vous n'êtes pas tout seul: il y a votre grand frère". Cela fera plaisir au grand de ne pas être le seul à devoir attendre. Et puis faites-vous aider pour pouvoir garder des temps singuliers: lire une histoire, une chanson le soir, sortir faire une course avec un seul.... Ensuite, acceptez de faire des différences. Vous ne les aimerez pas de la même façon, ils sont différents. Ce qui est necessaire est de les aimer chacun de façon unique.  

Craquotte : Y a-t-il des activités que l'on peut faire ensemble avec la future mère?

OUI: la préparation à l'accouchement (haptonomie ou méthode bonapace particulièrement), la natation, se promener...    

 

 

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  • Le monde est dangereux non pas à cause de ceux qui font le mal, mais à cause de ceux qui regardent et laissent faire” Einstein.
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