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8 avril 2010 4 08 /04 /avril /2010 17:30

Aujourd’hui, il suffit d’avoir un travail, c’est déjà ça. Cette expression est révélatrice de changement de mentalité sans qu’il y ait intervention de grand penseur avec un système de pensée structuré pour endoctriner les gens. Cela s’est fait insidieusement, par de petites phrases, par la peur.

Qu’y a-t-il de plus répugnant, de plus pénible, d’infamant, que de perdre des acquis sociaux qui ont été arrachés suite à une lutte difficile et longue. Les gens ne le pensent pas ainsi.

Ce qui fait peur c’est être au chômage.

Mais quand on parle de compétitivité, de mondialisation on évacue l’homme en tant que entité concrète face à des slogans abstraits qui le desservent.

Ce qui peut nous faire peur c’est l’échec, de se rendre compte de nos limites, de nos faiblesses. L’estime de soi vient de l’image renvoyée par l’autre, quand il est en relation avec nous.

Pour éviter l’échec, on accepte sa condition, on est moins tenté de lutter, ou de réclamer un changement. Parce que l’échec permet à celui qui nous a imposé notre condition de se retrouver doublement renforcé dans sa position. D’abord, notre échec lui donne raison du choix qu’il nous a imposé. Ensuite, notre échec nous affaiblit et donne aux autres l’exemple à ne pas suivre.

Deux exemples pour illustrer ces deux aspects de la vie et du comportement.

Le chômage qui est actuellement l’un des problèmes le plus important de notre société, montre comment les hommes ont radicalement changé leur perception de ce que représente « le travail ».

A la suite du marxisme et des idées anarchistes, l’homme cherchait à améliorer ses conditions du travail et de son salaire, lequel est la contrepartie de son labeur et du temps qu’il donne au capital, selon Marx, sa plus-value.

Aujourd’hui, il suffit d’avoir un travail, c’est déjà ça. Cette expression est révélatrice de changement de mentalité sans qu’il y ait intervention de grand penseur avec un système de pensée structuré pour endoctriner les gens. Cela s’est fait insidieusement, par de petites phrases, par la peur.

Qu’y a-t-il de plus répugnant, de plus pénible, d’infamant, que de perdre des acquis sociaux qui ont été arrachés suite à une lutte difficile et longue. Les gens ne le pensent pas ainsi.

Ce qui fait peur c’est être au chômage.

Mais quand on parle de compétitivité, de mondialisation on évacue l’homme en tant que entité concrète face à des slogans abstraits qui le desservent. Et surtout, on donne l’illusion aux salariés que l’on parle dans leur intérêt. Si l’entreprise est compétitive, vous gardez votre emploi. Quelle escroquerie intellectuelle, la compétitivité de l’entreprise ne garantie en rien l’employabilité des salariés. Mais ces derniers ont intégré dans leur esprit que l’intérêt de l’entreprise est forcément le leur. C’est un raccourci.

Avant même le début de la politique visant à réduire les acquis sociaux, l’esprit public a été préparé par cette façon de lui faire admettre que le travail permet d’avoir une place respectable dans la société, que le travail est une valeur. Ici n’est concerné que le travail manuel, à la chaîne et les petits boulots, d’autres formes de salariat intellectuel mais sous la subordination de l’employeur.

La notion de travail comme labeur, comme corvée, comme pénibilité, est évacuée. Travailler permet de consommer. Travailler c’est s’épanouir. Et être exclu du sanctuaire de la consommation est une indignité qu’il faut tout faire pour l’éviter.

Ajoutons à cela, une fois que la peur de perdre son travail est bien ancrée dans les esprits, l’acceptation de faire des efforts. On est valorisé et on a de l’estime de soi parce que l’on fait des sacrifices pour les autres.

Ainsi, est-il plus facile de faire accepter aux gens de céder facilement leurs droits en croyant sincèrement qu’ils le font dans l’intérêt de tout le monde, et non d’une catégorie « qui se paye leur tête ».

La sécurité sociale est déficitaire, la dette public devient une menace pour les génération future, les banques risquent de faire faillite, les retraites sont impossible à financer etc. Ce sont là des problèmes économiques et politiques graves. Mais qui est responsable ??

On ne cherche pas les responsables, on demande aux gens de trouver de l’estime dans leur vie à travers le déconsidération des autres. Il faut donc lutter contre la fraude à la sécurité sociale, il faut allonger la durée des cotisations et pourquoi pas les augmenter, il ne faut pas être égoïste, il faut penser aux générations futures, il faut financer les turpitudes et l’escroquerie des banques sous prétexte de sauver les épargnants, déresponsabiliser les banques n’est pas immoral ni criminel. Mais l’essentiel c’est que le citoyen ait l’estime de soi, qui est d’être au coeur de préoccupations politiques et économiques. On se préoccupe de son avenir, de sa retraite et son environnement.

Mais les gens peuvent agir eux-même sans peur en exigeant des politiques des comptes de ce qu’ils ont fait. Comment ? Par le vote, par le boycotte, des associations civiles, etc.

L’estime de soi doit être suscitée de par leurs propres actions et non celles de ceux qui les dominent. L’abstention est l’aspect révélateur de ce manque d’estime de soi.

La phase suivante, c’est quand les citoyens auront été dépossédés en douce de leurs droits, et que l’action devient plus dangereuse, certains vont s’activer au prix de leur vie pour réclamer et défendre la liberté et la dignité à la place de la sécurité, la servitude et l’endoctrinement.

 

L’histoire est un éternel recommencement.

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Published by L'archipélien - dans éducation
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  • Le monde est dangereux non pas à cause de ceux qui font le mal, mais à cause de ceux qui regardent et laissent faire” Einstein.
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