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12 décembre 2013 4 12 /12 /décembre /2013 18:30

Tous les observateurs sérieux s’accordent pour affirmer la pluralité de la crise actuelle dont l’effet le plus manifeste et médiatique remonte à 2008, lorsque la crise des subprimes a entraîné une crise financière systémique qui est devenue économique puis sociale et maintenant, politique, avec des conséquences à l’échelle d’une nation ou bien à l’échelle planétaire. On voit en effet une redistribution dans les cartes du jeu politique. La globalisation du système induit par effet domino des crises sociales et politiques touchant certains pays alors que d’autres sont connus pour rester stable, maintenir leur modèle social. Sans oublier les pays émergents avec des contrastes entre ceux qui tirent leur épingle du jeu et ceux qui semblent ramer. Beaucoup s’accordent à penser qu’un monde nouveau émerge. D’autres parlent de crise de civilisation, de développement durable. Quelques uns se croient obligés de parler de crise écologique et s’imaginent que le salut des sociétés et de la politique se résout dans la transition écologique et la croissance verte.

Si une chose est certaine, c’est bien la prise de conscience qui s’est dessinée depuis la crise financière de 2008. Dans la sphère publique et politique les questions d’avenirs sont débattues. Le 5 décembre, les invités de Franz-Olivier Giesbert ont réfléchi au monde de demain. Le gouvernement a planché sur la France de 2025 au cours de l’été 2003 alors que le Sénat vient de publier un rapport sur la France des dix prochaines années. Ces réflexions partent d’une bonne intention mais sont-elles capables de cerner la profondeur du problème contemporain ? Ce n’est pas certain. Car la Modernité n’est pas perçue avec lucidité. Peut-être que nos élites se réfugient derrière un pari pascalien en se disant que tout peut continuer moyennant des adaptations, transitions et réformes et que les choses finiront pas s’arranger ou du moins s’améliorer.

Je préfère choisir le pari inverse et partir d’une hypothèse forte. Les sociétés avancées comme la notre, comme les Etats-Unis et bien des pays européens, sans oublier Japon et Corée, sont face à des problèmes devenus insolubles, insurmontables. En paraphrasant une célèbre formule de Reagan, je dirais volontiers que la science et la technique, ce n’est pas la solution mais c’est le problème. Plus précisément, il faudrait dire que la technique est devenu un problème, sinon Le Problème. La technique est devenue autant un outil performant qu’un fardeau que l’humanité porte car la technique semble asservir les humains, demandant de plus en plus de temps, alors qu’on aurait pu penser que cette technique libérerait du temps pour laisser à l’homme un usage plus libre et disons créatif de son existence. Ce constat semblera bien banal aux lecteurs assidus de l’œuvre d’Ellul.

La Modernité est comme la technique, elle est un Janus, porteur d’espérance, de progrès mais aussi de désastres, aliénations et dégradations. La Technique honore le genre humain, elle le dégrade aussi. On en dira autant pour la Modernité occidentale qui a fait le choix de la Technique. La malédiction anthropologique de la Modernité est-elle occidentale ou universelle ? Cette malédiction étant qu’une majorité de l’humanité est considérée comme un moyen par un ensemble de chefs et que les grandes réalisations techniques et urbaines, les existences de l’hyper classe, reposent sur le sacrifice de centaines de millions d’individus. Etat et Capital complices. A ce dispositif s’ajoute une seconde malédiction, celle de la Technique qui elle aussi, impose à l’homme d’être un moyen, et de commettre un sacrifice, celui de la liberté mais surtout de la vie bonne et de la santé physique et morale. Le monde est gagné par la bêtise. Un plateau télé pour commenter les deux avions réquisitionnés par Hollande et Sarkozy en vue de l’hommage à Mandela. Si Keynes était parmi nous, il penserait à euthanasier non seulement les rentiers mais aussi les journalistes de masse.

Nous ne sommes plus dans l’univers marxiste du prolétariat exploité, aliéné, taylorisé, mais dans un monde où la technique, même quotidienne, devient source d’aliénation. Le smartphone exploite son utilisateur, l’incitant à tweeter, à envoyer des SMS, à consulter des tas de pages en 3 ou 4 G, à cliquer et tapoter, à perdre son temps à chercher à satisfaire des désirs sans intérêt mais subtilement implantés dans le subconscient par la propagande publicitaire. La médecine exploite la misère physique et affective des gens, quels que soient leur maux. De plus, la thèse de la pharmacologie sociétale de Stiegler peut être appliquée à nombre de gens malades du désir et de l’envie, des déglingués du consumérisme, avec des revenus modestes ou élevés. Bref, rien de bien nouveau sauf que l’on pressent un chaos généralisé.

Autant liquider rapidement cette réflexion qui mérite un livre que je n’écrirai pas parce que le sujet m’ennuie et que j’ai suffisamment écrit sur la société pour publier un livre. La Modernité est face à deux fléaux. Le premier c’est le désir, et la cupidité, notamment venant des élites. Concrètement, ça donne une industrie du luxe prospère, des véhicules surpuissants de plus en plus chers, des yachts de plus en plus grands et aux extrêmes, des millions de gens qui ne peuvent pas accéder à des soins basiques, optiques, dentaires, etc. L’Etat porte une responsabilité. Les élites ne sont pas les seules à être concernées par ces désirs et autres addictions. La Modernité aurait pu réussir, dans les années 60, en satisfaisant les besoins pour un plus grand nombre. Maintenant, elle satisfait des désirs sans fin pour un petit nombre en laissant dans le besoin des populations entières en Occident.

L’autre fléau c’est la technique. Les normes, l’acharnement, sécuritaire, sanitaire. Ces personnes en fin de vie qu’on maintient avec des tuyaux, ces grands prématurés qu’on s’acharne à faire vivre en sachant que leur existence risque d’être un enfer. La médecine contemporaine devient une barbarie, instrumentalisant cancer et autres maladies…Le système craquera car les besoins artificiels ne pourront pas être résolus, avec la pyramide de l’âge et la vie dégradée qu’impose le Système. De plus, certaines études montrent que si l’augmentation de la durée de vie est avérée, la qualité de vie est mauvaise. L’humanité transformée en une inhumanité par la technique. Qui devient de plus en plus contraignante et onéreuse. La technique est devenue une fin et l’homme est son moyen. La pression du travail rend les gens malades. Les mutuelles se frottent les doigts et la médecine avec. Les problèmes sociaux sont devenus insurmontables, sans parler des problèmes géopolitiques, la France enfermée pendant des décennies dans son rôle de police africaine. Doubler ou tripler le nombre de militaires. Qui va payer ? Et le marché de la drogue, croissant, parce que les gens veulent trouver des exutoires à la vie merdique que le Système propose et que les valeurs s’effacent. Humanité déglinguée et dégradée, les shoots d’héroïnes pour les uns, les sacs Vuitton pour d’autres qui se croient héroïnes mais ne sont que de vulgaires putes de luxe.

Les écologistes croient qu’en sauvant la planète ils sauveront l’humanité. Ils se fourvoient complètement. Les agendas du développement durable ne sont qu’un programme de stalinisme vert destiné à contrôler la vie des gens. Les élites ne sont pas opposées à ce projet. L’homme moderne détruit autant la nature que l’humain. Il faut maintenant s’accommoder d’un monde que personne n’a voulu mais que tout le monde accepte. Vivre dans un monde chaotique. L’humanité avait un autre choix. Les problèmes auxquels doit faire face l’Europe et le monde sont insurmontables. Le plus étrange étant que ces problèmes ont été créé par l’homme.

Ces choses dites, je m’en vais retrouver ma zénitude pour réfléchir à la cosmologie, la mécanique quantique et l’évolution des espèces. Je sais très bien comment changer le Système mais comme le Système convient à une majorité, alors il n’y a rien à changer. Bon voyage dans le chaos mondial !

 

auteur: Bernard DUGUE

 

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  • Le monde est dangereux non pas à cause de ceux qui font le mal, mais à cause de ceux qui regardent et laissent faire” Einstein.
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