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25 avril 2011 1 25 /04 /avril /2011 17:30

Provoquée par un petit acarien, la maladie peut se propager à des petites collectivités humaines. 

Elle s'invite dans les écoles, les maisons de retraite, les hôpitaux, les familles… La gale, maladie cutanée bénigne mais hautement contagieuse, est en recrudescence en France, selon un récent rapport de l'Institut de veille sanitaire, InVS . Associée dans l'imaginaire collectif au manque d'hygiène, parfois même considérée comme une maladie honteuse, cette parasitose touche en fait tous les âges et tous les milieux sociaux.

Le Sarcoptes scabiei hominis se transmet essentiellement par contacts directs rapprochés (environnement familial, rapports sexuels…) avec une personne atteinte, plus rarement par l'intermédiaire de vêtements ou linges contaminés. Après une incubation de plusieurs semaines, trois en moyenne, la maladie se révèle le plus souvent par des démangeaisons qui prédominent la nuit. Ce prurit peut s'accompagner de lésions cutanées diverses, plus ou moins étendues sur le corps, et respectant souvent le dos et le visage.

Depuis quelques années, les autorités de santé reçoivent de nombreux signaux suggérant un retour en force de la gale, dans diverses collectivités. Pour dresser un état des lieux en l'absence de surveillance spécifique de cette maladie, les épidémiologistes de l'InVS se sont penchés sur plusieurs études régionales et nationales et des statistiques concernant les ventes de traitements. «Ces données sont à interpréter avec précaution, mais l'ensemble des résultats indique une augmentation de l'incidence de la gale en France», conclut le rapport qui évalue entre 330 et 350 pour 100.000 habitants le nombre de nouveaux cas par an.

Le constat est d'autant plus préoccupant que le diagnostic et le traitement des cas et de leurs contacts sont souvent tardifs, entraînant potentiellement des difficultés de gestion dans la communauté «avec un coût humain, social et économique non négligeable». Le Dr Dounia Bitar et ses collègues citent ainsi l'exemple d'un nourrisson hospitalisé à plusieurs reprises pour une gale profuse, malgré des traitements successifs de la famille. Une enquête élargie de la DDASS avait finalement permis d'identifier la source de la contamination : le mari de l'assistance maternelle qui gardait occasionnellement le bébé. L'épisode a occasionné «de nombreuses difficultés dans la famille du nourrisson en raison des réactions de rejet du voisinage».

Inversement, le diagnostic est parfois évoqué par excès dans les collectivités comme le cas de ces 200 adolescents qui, dans un camp de vacances, avaient été traités en urgence un week-end, avant qu'une enquête épidémiologique conclut dès le lundi à des réactions allergiques à des chenilles.

Plus généralement, le rapport insiste sur le flou artistique quant aux rôles des différents acteurs de santé publique (médecine scolaire, protection maternelle et infantile, mairies…) dans la gestion des épidémies de gale en institution, d'où une lenteur d'action, voire une absence de réponse. Reste enfin le problème, parfois crucial du coût du traitement et de sa compréhension par les patients. En pratique, celui-ci peut faire appel à des applications locales de scabicides (Ascabiol, Sprégal…) ou à une prise de comprimés d'ivermectine (Stromectol), avec une deuxième dose quinze jours plus tard. L'ivermectine est prise en charge à 65 %, contrairement aux produits locaux qui coûtent 12 à 15 euros et ne sont pas remboursés, tout comme les produits de désinfection environnementale (APar). «En 2009-2010, un traitement complet pour une famille associant ivermectine, scabicide local et traitement environnemental représentait ainsi une dépense d'au moins 75 euros non remboursés, sans tenir compte d'un second traitement à J8 ou J15», écrivent les épidémiologistes de l'InVS.

Pour une collectivité, le coût peut se chiffrer en milliers d'euros. «Nous travaillons pour améliorer la prise en charge de la gale, tant au niveau des institutions qu'au niveau individuel, et pour inciter à la déclaration de cette maladie», précise le Pr Olivier Chosidow, dermatologue (CHU Henri-Mondor de Créteil).

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Published by L'archipélien - dans actualités
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  • Le monde est dangereux non pas à cause de ceux qui font le mal, mais à cause de ceux qui regardent et laissent faire” Einstein.
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