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30 novembre 2010 2 30 /11 /novembre /2010 19:00

La vitesse cimente les grandes croyances du déplacement. Les slogans résument tout : Si vous êtes pressés, allez-y de pied ferme hier (via Carfree), Prenez le temps d’aller vite de nos jours. On demande des métros plus rapides pour contenter les rêves d’une mobilité-téléportation. Comment pourrait-il en être autrement, à l’heure où le temps se cale tant bien que mal sur le métronome Twitter (voir le tempo des immédiasphères). La vitesse ne fait pourtant pas tout. L’urbaniste Marc Wiel appelait à sa “désacralisation” en démontrant ses effets pervers. Son collègue Bernard Reichen se charge de faire le contre-point dans Futuribles : la lenteur est une performance, au même titre que la vitesse.

La maîtrise du temps s’est substituée à l’obsession de la vitesse, pointe Reichen. Cette maîtrise est celle du cognitif soulagé. Elle annonce un nouvel “indicateur de richesse” d’un temps gagné à en perdre. C’est l’effet tramway, dit-il : une vitesse régulée et fiable de 20 km/h pour un mode de transport cadencé et confortable. Il impulse une nouvelle pratique de la ville, qui contamine vertueusement le reste des mobilités. Les modes actifs y trouvent une artère propice à leurs déploiement. La voiture en sort pacifiée. Bref, un espace-temps nouveau s’est installé. Une telle transformation de la ville est salutaire. Elle annonce la réalité d’une cité vivable où les modes coexistent. La lenteur est profitable, un répit dans notre quotidien hypermobile.


Désacraliser la vitesse des mobilités, c’est instruire de nouveaux indicateurs. Comment mesurer l’impact d’un transport apaisé sur le réenchantement de la ville ? Et sur le soulagement cognitif des citadins ? Il est temps de changer de regard sur les performances. Les créateurs de cette voiture sans volant proposent de redonner de la valeur à la qualité du temps de déplacement et de circulation. Il faut donner les clés du temps à ceux qui en usent au quotidien. Comme l’opérateur londonien de transports publics, qui annonce à ses clients qu’on va parfois plus vite en allant lentement… et qui régule ainsi ses réseaux (Plan de marche à Londres).

Photo FlickR CC : Thomas Hawk, *MarS

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  • L'archipélien
  • Le monde est dangereux non pas à cause de ceux qui font le mal, mais à cause de ceux qui regardent et laissent faire” Einstein.
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