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31 janvier 2010 7 31 /01 /janvier /2010 12:02
Du haut des airs, le survol d'un pays complètement dévasté donne une impression terrifiante, pire que sur terre. Au sol, en visitant un quartier à la fois, il est toujours possible d'imaginer que le prochain secteur sera moins touché. En hélicoptère, l'ampleur du désastre apparaît trop grande, trop étendue pour réussir à reprendre le dessus et rétablir une vie normale. Dans un territoire constitué à 75% de montagnes et de hautes collines, l'idée d'aider la population isolée semble pratiquement impossible. Les miliers de camps de réfugiés sont tous visibles un par un. Les nombreuses questions sans réponses subsistent. Comme l'a répété le président René Préval en entrevue, samedi, plusieurs réflexions aboutissent dans un cul-de-sac actuellement. En éloignant les gens des grands centres trop populeux, les opérations de ravitaillement deviennent trop longues. En rassemblant les gens dans les camps, la proximité et l'insalubrité amènent des maladies mortelles. La végétation et la mer des Caraïbes surprennent mais la désolation l'emporte. Trop de temps «Il y a trop de discussions, trop de réunions», peut-on entendre ici et là. «Trop de pays représentés au sein de la MINUSTAH», disent d'anciens dirigeants devenus hommes d'affaires. À travers ces problèmatiques, la logistique fait défaut, mais pas la volonté. «Au bas de l'échelle, nous attendons après les plus hauts placés», répondent les moins instruits. «Des gens meurent pendant qu'on discute.» À Jacmel, où les troupes de Valcartier sont déployées, les routes ont été déblayées et le traitement de l'eau va bon train. Le personnel médical travaille d'arrache-pied mais il y a toujours trop de blessés à soigner. Sur les civières, le mercure affichant 39°C, des patients semblaient au bout du rouleau, samedi. «Votre enfant a une infection sérieuse aux poumons. Il va falloir lui donner ce médicament avec une seringue trois fois par jour», expliquait la technicienne médicale québécoise, Marylin Trottier. La pauvre mère haïtienne était désemparée devant les consignes pourtant simples. L'hélico canadien surnommé «Big Dawg» (gros chien mal léché) sauve certainement des vies mais les ressources sont limitées. «Nous prenons notre mission très à coeur», mentionne le lieutenant de vaisseau Alain Blondin. Agressivité grandissante Lors de chaque débarquement aérien les enfants courent dans tous les sens, comme s'ils attendaient une délivrance qui ne viendra pas. La violence augmente et les patrouilles ne suffisent pas. Les habitants affamés sont parfois agressifs avec les membres de la presse qui voudraient fournir de la nourriture. Le port, toujours endommagé, ne peut accueillir autant de navires et de marchandises que les autorités réclament. La quantité de bateaux civils et militaires qui mouillent au large est stupéfiante à vol d'oiseau, tout comme les déplacements de minuscules embarcations qui font constamment la navette. Des garde-côtes des îles Turks et Caïcos ont même intercepté, hier, une embarcation de fortune avec 126 passagers, dont des enfants. Certains choisissent la fuite, d'autres attendent assis sur les ruines.

source tatuninfo 30/01/2010

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Published by THEOMETHIS - dans actualités
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  • L'archipélien
  • Le monde est dangereux non pas à cause de ceux qui font le mal, mais à cause de ceux qui regardent et laissent faire” Einstein.
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