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16 mars 2011 3 16 /03 /mars /2011 14:52

Fukushima, et maintenant... ?

Cela fait 5 jours que le drame s’est abattu sur le Japon, et malgré l’ampleur du désastre, les japonais hébétés, mais zens, s’interrogent sur leur avenir.

C’est une date noire qui, comme celle de Tchernobyl, restera dans l’histoire :

Le 11 mars 2011 à 14h46 heure locale : un séisme de force 9 a frappé le Japon, entraînant la mort d’au moins 10 000 personnes, et mettant à mal le parc nucléaire Japonais.

Le 15 mars, le commissaire européen à l’énergie Gunther Oettinger à utilisé pour définir ce drame le mot « apocalypse ».

« Pratiquement tout est hors contrôle, je n’exclue pas le pire dans les heures et les jours à venir » a-t-il déclaré. lien

On sait maintenant qu’un expert japonais, Ishibashi Katsuhiko, faisant partie d’une commission, avait mis en garde dès 2007 sur le risque couru par ces centrales, et n’ayant été écouté, il a claqué la porte de cette commission.

lien

Pour Xavier Rabilloud, porte parole du réseau « sortir du nucléaire », alors que l’accident a été classé au niveau de gravité 6, et que la situation de la centrale semble désormais totalement hors contrôle, il s’agit d’une catastrophe équivalent à « plusieurs Tchernobyl » lien

Fukushima Daiichi a perdu définitivement 4 réacteurs, et seule bonne nouvelle, l’exploitant Tepco affirme avoir pu mettre à l’arrêt les 4 tranches de Fukushima Daini, ayant pu en rétablir l’électricité. lien

Sur ce lien les différents évènements de la journée du 15 mars.

Lors de celle-ci, le taux de radioactivité à Tokyo a été mesuré (vidéo) en constante augmentation de 10 fois supérieur à la normale et il est inenvisageable d’évacuer les 35 millions d’habitants que compte cette ville avec sa banlieue. lien

On le sait, un nouveau séisme, de force 7, a secoué à nouveau l’ile Japonaise, maintenant l’inquiétude des japonais, dont 5,6 millions d’entre eux, toujours privés d’électricité dans la ville de Tokyo, se sont calfeutré dans le froid de leurs appartements ou de leurs bureaux, sur les conseils de leur premier ministre, Naoto Kan.

« Restez à l’intérieur, fermez les fenêtres, n’allumez pas les ventilateurs, et ne sortez pas votre linge » a demandé Yukio Edano, porte parole du gouvernement, aux habitants les plus exposés. lien

Lors du premier séisme, un cameraman amateur a pu filmer une scène effarante montrant la danse des buildings. vidéo

Côté nucléaire, deux brèches de 8 mètres de large sont apparues dans l’enceinte de confinement du réacteur n° 4 (lien) et l’enceinte de confinement du réacteur n° 2 n’est plus étanche, laissant s’évacuer la radioactivité. lien

Sur ce lien, on peut constater l’étendue des dégâts sur le bâtiment du réacteur.

On peut suivre en direct l’actualité au Japon sur la télévision publique NHK. lien

Il y a maintenant, et pour l’instant, 7 réacteurs qui posent problème. lien

Au Canada, on commence à s’inquiéter, à la lumière des mesures de radioactivité indépendantes, qui prouvent que le nuage radioactif est sur le point d’atteindre les côtes du Pacifique.  lien.

En effet, le Jet Stream emporte la radioactivité en direction de Vancouver et de toute l’Amérique du Nord. lien

Sur cet autre lien, on peut découvrir le déplacement de la pollution depuis le Japon.

Quant à l’eau radioactive déversée par millions de litres sur les réacteurs pour en faire baisser la température, elle est maintenant dans la mer, ce qui n’encouragera pas les amateurs de sushis.

Alors que la Chancelière Merckel décide avec sagesse d’arrêter immédiatement 7 réacteurs, de stopper les projets nucléaires, annonçant un moratoire sur l’allongement de la durée de vie des réacteurs de son pays, faisant une louable marche arrière, (lien) notre petit président, droit dans ses bottes, déclare qu’il n’est pas question de se remettre en question une seule seconde.

Tout au plus, comme à l’accoutumée, devant le danger et les risques que nous font encourir sa décision unilatérale, il veut bien accepter un contrôle de nos 58 réacteurs afin, on l’aura compris, de faire tomber la pression populaire, sachant d’avance que les contrôles révèleront que « tout va bien, dormez en paix, braves gens  » et que « la France, championne en la matière, possède la technologie la plus en pointe dans le monde en matière de nucléaire ». lien

Ce qui reste à prouver…

Et puis Sarközy est mal renseigné quand il affirme que les réacteurs français ont une « double coque » : ce qui n’est vrai que pour 24 réacteurs, pas pour les 34 autres.  lien

Et quand il affirme que l’EPR résisterait à la chute d’un avion de ligne, il se trompe une fois de plus. lien

La liste des accidents nucléaires survenus en France et dans le Monde est sur ce lien.

Ceux qui se sont produits en France sont sur celui-ci : lien

Avons-nous oublié de quelle manière outrancière, Sarközy a défendu l’énergie nucléaire ? vidéo

« Je serais celui qui développera l’énergie nucléaire »

En effet, à la lumière de l’EPR finlandais, qui devait être opérationnel en 2009, le sera peut-être en 2013, et qui devant couter 3 milliards d’euros a passé la barre des 7 milliards,  on est en droit de s’interroger sur la fiabilité des centrales nucléaires françaises. lien

D’autant que, comme un contrat a été signé entre la France et la Finlande sur la base de 3 milliards, le dépassement est pour nos poches. lien

à la lumière des exercices d’alerte dans les centrales qui dépassent tous allègrement le minimum de temps exigé, à savoir le ¼ d’heure, voisinant plutôt avec l’heure, et à la lumière des nombreux accidents, minorés comme à l’accoutumée en incidents, on peut légitimement contester les affirmations présidentielles.

A Bugey par exemple, lors d’un exercice d’alerte, il n’a pas été possible d’accéder au circuit d’eau pour éteindre un incendie fictif.

Sur ce lien, un florilège sur ces exercices ou les couacs se multiplient, qui laisse planer un doute réel sur nos capacités d’intervention en cas d’accident.

Et puis ce serait oublier que nombreuses de nos centrales sont sur des zones sismiques, ont été maintes fois rafistolées, et ne présentent pas toutes les garanties en matière de sécurité. lien

La centrale de Fessenheim, par exemple, mainte fois réparée, et dont le gouvernement veut prolonger la vie, est sur une zone sismique qui peut atteindre des séismes de force 7, le fossé tectonique étant toujours actif. lien

Outre Fessenheim, évoquons aussi le site du Tricastin, celui de Cruas-Meysse, et en Rhône Alpes, ce ne sont pas moins de 4 centrales qui se trouvent dans des zones à risques sismiques.

Mais le pompon, c’est ITER à Cadarache qui l’a décroché en organisant un gaspillage prévisible d’au moins 10 milliards d’euros pour une installation expérimentale en pleine zone sismique. lien

Au sujet de Cadarache, une drôle de « farce juridique » est en train de se jouer.

C’est là que l’on produisait le MOX (à ciel ouvert), celui-là même présent dans les réacteurs japonais, et le Conseil d’état, saisi par des organisations anti-nucléaires, devrait rendre sa décision sous peu sur une demande de suspension de démantèlement d’un atelier de plutonium. lien

Entre les EPR, ITER, et les ratages, comme celui de Crey Malville, toujours en cours de démantèlement, ce ne sont pas moins de 34 milliards qui auront été gaspillés en pure perte, et qui auraient pu être investis dans les énergies renouvelables.

Pourtant les solutions énergétiques propres ne manquent pas, comme à Lille, où une centaine de bus tournent grâce au méthane produit par les déchets ménagers de la métropole lilloise. lien

On sait aujourd’hui qu’avec le méthane découlant de l’activité humaine et animale, on pourrait faire tourner tous les véhicules, poids lourds y compris, du pays. lien

Les solutions alternatives propres ne manquent pas, entre la géothermie profonde, l’hydraulique, l’éolien, le solaire, le bio-méthane, etc.

Mais revenons au Japon.

Que faire pour se protéger ?

A part la prise indispensable de pastilles d’iode, à prendre au moins 6 heures avant que la radioactivité nous atteigne, on peut trouver quelques conseils indispensables sur ce blog.

Que nous réserve cet avenir ?

Un changement radical de mentalité, ou une continuation dans cette course folle ?

A 10h, le 17 mars 2011, il nous est proposé d’observer une minute de silence pour le Japon. lien

Comme disait mon vieil ami africain :

« Celui qui est sur le dos de l’éléphant ne doit pas craindre la rosée ».

 

L’image illustrant l’article provient de « whyfiles.org »

Un grand merci à tous les internautes qui m’ont aidé à rédiger celui-ci.

 

Auteur:Olivier CABANEL

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Published by L'archipélien - dans actualités
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  • Le monde est dangereux non pas à cause de ceux qui font le mal, mais à cause de ceux qui regardent et laissent faire” Einstein.
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