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9 février 2010 2 09 /02 /février /2010 18:30
Des jardins familiaux lourdement contaminés

Les prélèvements réalisés dans les jardins familiaux confirment les craintes. Un quart est sérieusement, voire lourdement, contaminé.

Année après année, de nouveaux impacts de la pollution par le chlordécone sont révélés. Voici six mois, trois espèces de poissons étaient pointées du doigt. Aujourd'hui, les premiers résultats du programme Jafa (lire ci-contre), lancé fin 2008, confirment les craintes tenant aux jardins familiaux. Un point d'étape vient d'être rendu public : ses enseignements, révélateurs, montrent l'intérêt majeur de cette initiative.
5 130 foyers ont, pour l'heure, fait l'objet de l'enquête. Dans 581 cas, ces foyers possédaient un jardin et consommaient régulièrement des racines de ce jardin : les sols ont donc fait l'objet d'un prélèvement pour analyse. Sur 246 analyses de sols réalisées, 96, soit 39%, ont révélé des taux supérieurs à 100 milligrammes de pesticide par kilo de terre, dont 66 supérieurs à 250 mg. Ces taux importants ont donné lieu à trois types de recommandation aux familles concernées : diversification des cultures du jardin pour les taux compris entre 100 et 250, limitation de la consommation des racines à deux fois par semaine pour les taux compris entre 250 et 1000 (31 cas), et incitation à ne plus produire ni consommer de légumes racines du jardin pour les taux supérieurs à 1000 (35 cas).
35 refus de prélèvement
Le bougainvillier (qui disparaitra sûrement)
Ces premiers résultats sont d'autant plus révélateurs qu'il reste 335 prélèvements à effectuer, mais également plusieurs milliers de foyers à enquêter, notamment à Capesterre-Belle-Eau, Goyave et Trois-Rivières. Ces enquêtes seront terminées avant la fin de l'année.
La situation des foyers dont les jardins sont lourdement contaminés n'est pas enviable, compte tenu de leurs habitudes de consommation. Certaines familles (35), d'ailleurs, qui consomment régulièrement des racines de leur jardin, ont préféré rester dans l'ignorance du taux de contamination et ont refusé qu'un prélèvement y soit réalisé. Jafa a pris en compte l'importance de ces jardins : des solutions alternatives, viables à l'échelle du jardin créole et de l'autoconsommation, ont été proposées par des acteurs locaux dans le cadre de l'appel à projets ou de partenariats établis avec la Direction de la Santé (lire ci-dessous).
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- Trois solutions alternatives
La compo-culture, développée par l'association Trivaldec, permet, grâce à des bacs de compost, de cultiver des racines hors sol. Autre concept, les jardins créoles communautaires de l'association Bwa Lansan ont pour objectif de mettre à disposition des parcelles de terre saine, pour les foyers les plus exposés au chlordécone et ceux n'ayant pas d'espace de culture. Enfin, le concept des jardins pilotes, conduit avec Sully Gabon, vise à expérimenter de nouvelles méthodes culturales, qui permettent de cultiver un jardin créoe ayant du chlordécone sans risque de contamination des produits qui en sont issus.
- Le programme Jafa
Le programme Jafa, Jardins familiaux, s'adresse particulièrement aux personnes habitant dans les neuf communes du sud de la Basse-Terre, qui consomment en quantité importante des racines issues de jardins créoles ou achetées en bord de route, données par leurs voisins et la famille, etc. Il s'agit de répertorier les jardins créoles dans cette zone, d'évaluer si les familles ont une alimentation risquant de les exposer au chlordécone, de faire une analyse de sol si besoin, de donner des conseils nutritionnels adaptés aux personnes et de proposer aux familles concernées des solutions alternatives.
source :collectifpour l'outre mer

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  • L'archipélien
  • Le monde est dangereux non pas à cause de ceux qui font le mal, mais à cause de ceux qui regardent et laissent faire” Einstein.
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