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4 décembre 2011 7 04 /12 /décembre /2011 16:38

La cote du troisième homme de la présidentielle de 2007 frémit à nouveau. De bon augure pour celui qui est courtisé par Nicolas Sarkozy et François Hollande.

"Bonjour! C’est François Bayrou!" Une caméra face à lui, une oreillette reliée à la rédaction de France 3 Aquitaine, l’ancien ministre de l’Éducation nationale frétille d’aise, entouré d’élèves en blouse blanche du lycée professionnel de l’Alba, à Bergerac. Éternel candidat, le Béarnais qui en est à sa troisième tentative, semble avoir retrouvé, depuis qu’il a officialisé, sur TF1, sa participation à l’élection présidentielle, son élément naturel. "Bayrou, c’est bien simple, il fait son Festival de Cannes tous les cinq ans", raille un de ses anciens amis centristes.

Avec les projecteurs, certes, mais sans paillettes. Le président du Modem, qui présentera mercredi son discours aux Français depuis la Maison de la chimie à Paris, en est persuadé, la cuvée 2012 sera empreinte "d’une gravité particulière liée à la crise". Cette fois-ci, Bayrou, qui a construit sa crédibilité sur la dénonciation, dès 2007, de l’ampleur de la dette, a décidé de présenter comme premier thème de campagne… François Bayrou. "C’est cela l’élection : Qui est cet homme? On passe au scanner l’intérieur de soi-même", explique-t-il. Lui a décidé d’offrir le profil d’un candidat quasi nu aux Français, sans promesses, parvenu alors qu’il n’a pas occupé de fonction gouvernementale depuis quatorze ans, alors qu’il vient de connaître cinq ans de traversée du désert, à une sorte d’ascèse politique. "De Gaulle en 1958, cela fait sept ans qu’il est tout seul à Colombey-les-Deux-Églises. Il est le seul à avoir vu à quel point il fallait changer les institutions. Aujourd’hui, il faut une vision simple pour que les gens puissent adhérer. Le vrai sens du politique, c’est cela", assure celui qui vient de présenter son agenda 2012-2020, son "discours de la méthode" pour les huit prochaines années.

Heureux de se voir qualifié d'"emmerdeur"

En ce jour périgourdin, le député du Béarn est d’autant plus allant qu’un sondage Ifop pour Atlantico vient de lui concéder une hausse de 2,5 points pour arriver à 8,5% des intentions de vote au premier tour. On est pourtant loin de son score de 18,57% en 2007, mais Bayrou qui espère atteindre les 10% aux alentours du 15 janvier prochain, appelle à la patience. "J’ai des voix partout, assure-t-il. Chez Hollande, Sarkozy et même chez Marine Le Pen, la moitié de ceux qui sont chez elle ne cherchent finalement qu’à faire turbuler le système."

Mais cela ne fonctionnera que si l’ancien prof, si heureux de se voir qualifié d'"emmerdeur" il y a encore quelques semaines à la une du Point, parvient à résister aux baisers empoisonnés qui se succèdent, à gauche et à droite. La semaine dernière, au lendemain de son annonce de candidature, Alain Juppé, l’ami d’Aquitaine, le prenait déjà par les sentiments : "J’espère qu’il se rendra compte d’où est sa vraie famille politique." Lundi dernier, c’était au tour de François Hollande de l’inviter dans sa majorité présidentielle s’il donnait la bonne consigne de second tour.

"Si je me présente, c’est pour être au second tour et gagner"

Le président du Modem le sait bien, le candidat PS, selon le mot de Jean-Marc Ayrault, "ramasse large chez les centristes". Alors, c’est sur lui qu’il concentre ses attaques. "L’interrogation, avance-t-il ainsi d’un coup, c’est de savoir si Ségolène Royal avait finalement moins de qualités que François Hollande…" Une position paradoxale alors qu’un sondage TNS Sofres, Médiaprism et i-Télé réalisé cette semaine montre clairement que les sympathisants du Modem sont favorables à sa nomination à Matignon si Hollande était élu.

Pour desserrer l’étau, se libérer de tous ceux qui déjà partagent le gâteau électoral sur sa tête, Bayrou insiste sur cet autre sondage (BVA) publié cette semaine qui montre que 47% des Français ne veulent ni la victoire de Hollande ni celle de Sarkozy. "Si je me présente, c’est pour être au second tour et gagner", répète inlassablement celui qui vient de décider que la fidèle Marielle de Sarnez sera sa directrice de campagne, parce que "c’est la meilleure". Il assure aussi, pour se prémunir contre les rumeurs de ralliement, n’avoir aucun "prurit gouvernemental". "Ce qui est intéressant, c’est d’être au cœur du pouvoir. Regardez, même Alain Juppé n’a pas les manettes! Je n’ai aucune envie des signes extérieurs du faux pouvoir, avec des vitres fumées, un cuisinier ou des vacances à Marrakech", confie-t-il, toujours persuadé qu’il faut, "en temps de crise, un président impartial, ni de droite ni de gauche, dont la vie a fait qu’il a la tête dure".

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Published by L'archipélien - dans politique
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  • Le monde est dangereux non pas à cause de ceux qui font le mal, mais à cause de ceux qui regardent et laissent faire” Einstein.
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