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2 juillet 2011 6 02 /07 /juillet /2011 18:35

Le président du MoDem veut se sortir de son isolement. Avec un argument massue : "l'état d'urgence de la France".

Bayrou, la carte du rassembleur

François BAYROU.

 

 

 

 

François Bayrou est en forme. Une fois n'est pas coutume, samedi matin, il s'apprête à jouer les rassembleurs. Avec, selon lui, un thème porteur : la France est en "état d'urgence". Plutôt alarmiste - il dit "réaliste" -, dans le train qui le mène à Angers, au congrès de l'Alliance centriste de Jean Arthuis, le président du MoDem martèle : "C'est une hémorragie. Et l'état de la France est si grave qu'il ne peut s'accomoder des enfantillages." L'ex-candidat à la présidentielle veut bien sûr parler de "querelles" politiciennes...

Lui tient à ce qu'on le sache : il ne se laissera pas prendre aux "jeux dérisoires" des autres, les Borloo, Morin et consorts. Alors que son isolement est régulièrement montré du doigt, Bayrou veut inscrire le rassemblement dans une tradition centriste dont il est le garant : "Notre famille politique n'est pas une affaire de carte, mais une affaire de convictions et de valeurs", déclare-t-il ainsi, devant une dizaine de militants venus accueillir leur président, au QG angevin du MoDem. "La notion de rassemblement est au premier rang de nos valeurs. Donc nous vivons les événements actuels de manière ouverte, avec une condition cependant : celle de la vérité et de la clarté."

"Mes oreilles s'ouvrent au mois de janvier" (Bayrou)

Reste que l'hypothèse de ce "rassemblement" n'est pas encore tout à fait claire, justement. Certains, comme Jean Arthuis, sont partisans d'une primaire ouverte. Bayrou, lui, n'évoque même pas cette possibilité. "Cette famille politique se réunira, à condition qu'elle accepte son indépendance et qu'il n'y ait pas d'exclusive en son sein", se contente-t-il d'expliquer. Et un journaliste de faire remarquer qu'Arthuis, qui se veut aussi l'artisan du rassemblement à "l'hypercentre", assure de son côté qu'il ne désespère pas d'opérer un rapprochement entre Borloo et le président du MoDem. Sourire. Soupir. "Oui...", lâche Bayrou, amusé.

Même questionnement chez les militants : "Mais qui prendra le leadership ?", l'interroge, inquiet, un retraité. Là encore, réponse dans un sourire entendu : "Le leadership reviendra au plus authentique." Et d'ajouter, sur le ton de l'homme expérimenté : "Le temps de la présidentielle n'est pas venu." Décidément, François Bayrou se veut absolument au-dessus de la mêlée. Il n'évoque pas son calendrier d'ici 2012. "Mes oreilles s'ouvrent au mois de janvier. Avant ça, il y a un moment de décantation. On regarde s'ébattre les candidats, on observe les jeux du cirque." Il prévient, sur les candidats les plus indécis : "La campagne, c'est un Kärcher qui vous arrache toutes les couches de peinture."

Les finances publiques : le combat du Centre ?

Aux jeux du cirque, Bayrou opposera dans son discours, au palais des congrès d'Angers, ses inquiétudes sur les 1 700 milliards de dette de la France et sur le déficit de son commerce extérieur. "Je vous conjure de considérer que cette question-là est la question centrale", plaidera-t-il, s'exprimant sans notes et feignant d'ignorer le cliquetis des appareils photo. Et de marteler, lentement : "Je ne vois pas de sujet plus grave pour un pays que celle-ci. Et quand je regarde les réponses qu'il convient d'apporter, alors je suis saisi par une certitude : aucune des deux majorités traditionnelles n'est capable d'en apporter."

Bayrou prépare-t-il une campagne qui promettra "du sang et des larmes" ? Il ne semble pas l'exclure totalement. "L'état du pays impose une telle démarche politique", répète-t-il à son pupitre. Mais veut aussi, comme les autres candidats en puissance, faire rêver. Et c'est sans doute la formule de l'autre invité d'honneur du jour, Pierre Méhaignerie, qui, dans une formule empruntée, résume le mieux les grandes lignes du futur programme du MoDem : "La France, solides atouts, rudes défis!

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Published by L'archipélien - dans politique
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  • Le monde est dangereux non pas à cause de ceux qui font le mal, mais à cause de ceux qui regardent et laissent faire” Einstein.
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