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28 novembre 2012 3 28 /11 /novembre /2012 18:30

 

 

 

 

L'expression "addict à la transgression" peut  vous paraître étrange à vous lecteurs, par sa nouveauté ; singulièrement  pour ceux  qui ,du fait de  leur expertise scientifique   ,observent  évaluent  et traitent les effets de l'accoutumance d' un individu à un  produit identifiable : médicaments, alcool, stupéfiants ,tabac.

 

Qu'ils se rassurent,  je ne prétends pas développer ici une quelconque découverte révolutionnaire pour leur faire ombrage.

 

Disséquer les mécanismes socio-physiologiques intervenants chez le sujet qui ne peut se passer de sa rasade quotidienne de rhum ou chez  tel autre qui a besoin de  15 joints par jour   pour se sentir "bien comme il faut", n'est pas du domaine dévolu  à l'empirisme et à  l'observation implicante.

 

C'est un procédé scientique nécessitant  des savoirs théoriques et expérimentaux qui dépassent mes compétences de travailleur social.

 

Pour autant, mon expérience d' éducateur de terrain m'a permis d'observer,  chez certains jeunes dotés d'une 'intelligence cognitive  normale  ne présentant aucune pathologie mentale,  des passages à l'acte délictueux  dont la fréquence, le mode opératoire, la nature des faits  laissent  apparaître  un processus d'accoutumance chez  leur auteur.

 

Ces jeunes "addict à la transgression sociale" sont agés  de 13 à 18 ans  et présentent  tous un profil social  caractérisé.

 

-une posture ambivalente sans affect ou typée caméléon

-une propension à la séduction

-une quête de reconnaissance négative sans limite

-une capacité d'adaptation aisée en milieu carcéral.

 

Questions:

 

 

-Combien sont -ils sur l'ensemble du territoire de Guadeloupe ?

 

-Quelles réponses en terme de suivi socio éducatif leurs sont apportées ?

-

-Les moyens existants correspondent t' ils vraiment à leurs problématiques ?

-

Leur incarcération et leur transfert hors de guadeloupe  sont-ce là les seules solutions ?

 

 

Ces questions   concernent   de façon brulante  la justice des mineurs  .

 

Elles devraient interpeller les usagers et les décideurs - singulièrement  les cadres et acteurs  de terrain de la PJJ - sur une nécessaire adaptation des outils et des pratiques alliée à une gestion respectueuse de la personne quelle qu'elle soit.  Parents ,usagers ,victimes ,professionnels de terrain.

 

Puissent ,la Direction nationale et la Direction territoriale de la Protection Judiciaire de la Jeunesse ,faire un bon usage de ce retour d'experience d'un professionnel de terrain  animé du droit de se plaindre et du plaisir de geindre ; la seule liberté qui lui reste ,on ne peut que le regretter, pour se faire entendre dans l'élaboration/caution de projets de service pensés du sommet vers la base et l'instauration ,par des cabinets d'études ,d' outils pédagogiques lourds et  inopérants  dans leur mise en oeuvre.

 

L' éducateur en activité que je suis, pour quelques mois encore ,ne saurait se sentir honorer de figurer dans le même cadre d'emploi qu'un gendarme  ou un dresseur canin .Ainsi s'élabore ,depuis une dizaine d'années ,la "professionnalisation " des pratiques à la Pjj...

 

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Published by L'archipélien - dans reflexions personnelles
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  • Le monde est dangereux non pas à cause de ceux qui font le mal, mais à cause de ceux qui regardent et laissent faire” Einstein.
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