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21 novembre 2009 6 21 /11 /novembre /2009 16:35

Marie-Luce Penchard est allée expliquer les mesures du gouvernement en faveur de l'outre-mer. Et préparer son avenir électoral à la Guadeloupe.

"Tout a été dit, il faut désormais passer à l'action!" Attablée devant un poisson grillé au bord d'une plage d'Anse-Bertrand, en Guadeloupe, Marie-Luce Penchard, ancienne secrétaire d'Etat à l'Outre-mer fraîchement promue ministre, martèle le message qu'elle est venue délivrer aux ultramarins.

L'enjeu, il est vrai, est d'importance. Le conseil interministériel de l'outre-mer du 6 novembre a constitué la réponse de long terme du gouvernement aux exceptionnels conflits sociaux du début de l'année.

Un épais catalogue de 137 mesures, fruit du millier de propositions remontées des Etats généraux de l'outre-mer. Une manière, selon Nicolas Sarkozy, de "repenser la relation entre l'outre-mer et la métropole".

Quatre mois après sa nomination, cette Guadeloupéenne de 50 ans, tout juste grand-mère, se fait donc VRP de la "rupture" chère à celui qui l'avait recrutée à l'Elysée -où elle fut conseillère technique- et à l'UMP -où elle est secrétaire nationale pour l'Outre-mer.

"Je suis formatée pour lever les tabous, comme lui", lâche-t-elle à Fort-de-France. Un exemple? Ce jour-là, elle stigmatise sans détour les justifications évoquant "notre passé douloureux", qui empêcherait les Antillais de s'investir à fond dans le tourisme. "J'ai senti que je pouvais le faire", explique-t-elle.

Deux jours plus tard, la première ultramarine nommée Rue Oudinot prendra plus de précautions pour évoquer le sujet en Guadeloupe...

Si les réactions à l'avalanche d'annonces du gouvernement sont généralement bonnes, elles restent mesurées. "C'est un début de reconnaissance, mais nous attendons des chiffres et du concret", analyse Lilian Mallet, délégué général de l'association des communes de l'outre-mer.

"Il faut arrêter de demander combien ça coûte, répond invariablement la ministre aux questions sur le financement. Cela finit par nuire aux ultramarins en métropole!"

Le LKP ne l'entend évidemment pas de cette oreille. A Basse-Terre, une grande tension a régné lors de la rencontre entre le collectif et la ministre.

"Elle n'a ni les moyens ni la volonté d'avancer", lâchait à la sortie Alain Plaisir, l'un des proches d'Elie Domota. Constat d'échec? "Cette réunion a permis de lever le voile sur le vrai visage du LKP, répondait Marie-Luce Penchard. Ses membres ne reconnaissent pas la loi, seulement l'intimidation. Ils étaient venus pour trouver un prétexte à la grève." Grève annoncée pour le 24 novembre...

"Elle vise la circonscription de Lurel"

Juste avant cette réunion, la fille de Lucette Michaux-Chevry a pris soin de faire un tour sur le marché de Basse-Terre, accompagnée de sa mère, sénateur maire haut en couleur de la sous-préfecture, et de quelques caméras.

Victorin Lurel, le président (PS) du conseil régional, candidat à sa propre succession en 2010, n'est pas dupe: "La ministre est en campagne. Elle en a le droit, mais qu'elle le dise!"

Marie-Luce Penchard, qui a déjà effectué trois voyages dans son île natale depuis sa nomination, n'en fait pas mystère: elle sera présente sur une liste, mais pas en tête. Une manière de prendre date.

"Elle s'installe dans le paysage, estime ce bon connaisseur de la vie politique locale. Elle vise la circonscription de Lurel en 2012, tandis que sa mère prépare sa succession à la mairie de Basse-Terre en 2014."

La ministre de l'Outre-mer, qui a mené l'essentiel de sa carrière en métropole, n'a pas fini de visiter la Guadeloupe...

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Published by THEOMETHIS - dans politique
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  • L'archipélien
  • Le monde est dangereux non pas à cause de ceux qui font le mal, mais à cause de ceux qui regardent et laissent faire” Einstein.
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