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10 juillet 2009 5 10 /07 /juillet /2009 18:33

.Post  de @pasolini sur mariane(on prend plaisir a le lire)

Ode à Nico

Nico est content, enfant du monde, il jouit de jouer au président. Dans la cour de récré déjà, il aimait bien disposer ses petits camarades selon ses désirs, les diriger, les galvaniser, leur parler comme à des partisans. Pas de doute Nico a toujours été un chef, un petit chef, question d'époque. L'ambition, il l'a eu, il l'a, il l'aura. On n'est pas par hasard président de la république française, le hasard c'est l'explication de ceux qui n'en ont pas. Nico coïncide avec son époque. Une époque qui veut de lui, qui veut bien de tout, une époque bien tolérante. L'homme médiocre n'est plus à négliger, tout le monde doit avoir sa place, Nico l'a bien compris. Il est nécessaire désormais d'être sans qualités et de n'être que cela. Nico a la qualité de n'en avoir aucune et son néant renvoie à celui des électeurs qu'il flatte. S'il ne maîtrise pas sa langue maternelle c'est pour mieux montrer que l'exigence n'est plus une priorité. La priorité c'est d'être là, d'occuper le terrain, de multiplier son image à l'infini dans la rétine du consommateur. Habituer la population à avoir le goût de son époque. Lui faire aimer voter Nico c'est déjà une victoire sur le goût. Après moi le déluge disent tous les grands hommes, Nico ne le dit pas encore, au coeur du désastre on hésite à faire de l'humour. Nico aurait pu être drôle, amusant, divertissant mais il faut du talent pour cela. Son sérieux du pathétique est le seul espace où il peut s'exprimer. Avec Nico le roi n'est pas seulement nu mais il danse sur le comptoir du gigantesque bar à pûtes qu'est aujourd'hui la France. Mais a t-on envie de payer pour ça? Ce n'est pas la question principale sans doute car Nico joue à présider. Il n'est pas celui qui décide. C'est pour ça qu'il se montre dès qu'un événement fait l'événement, il comble son ennui de n'être qu'un enfant faisant ses pâtés de sable. Nico aimerait bien incarner le pouvoir mais le pouvoir n'a pas besoin de lui pour s'incarner. Nico obéit à ceux qui l'ont mis là, c'est plus simple et cela offre des loisirs. Car être président et ne pas s'amuser, Nico ne songe même pas à y penser. La France n'existe plus et Nico la représente dans le monde.
Nico ne parle pas bien sa langue maternelle. Il fait des fautes de français sous prétexte du parler vrai et du parler simple. Il prétend mépriser les intellectuels mais s'entoure des plus médiocres d'entre eux. Michel Audiard se foutait des intellos mais il connaissait sa langue. La langue c'est l'identité, Nico est un enfant du monde sans racines, l'incarnation de la misère du salarié-consommateur contemporain exportable et malléable à l'infini. Nico nous apprend que l'on peut être président de la république française sans parler le français. Nico vient officialiser ce que l'on savait déjà. Le pas nécessaire a été franchi, peut être pouvons-nous maintenant remonter la pente même si nous sommes très bas.
Nico est toujours là où on l'attend. A chaque catastrophe, à chaque prise d'otages, à chaque acte terroriste, à chaque fois que la larme à l'oeil est nécessaire, Nico est présent, l'émotion à la bandoulière, le coeur au bord de la compassion. Nico veut être tout le monde à la fois, l'ami des otages, le frère des victimes d'un crash aérien, le vengeur masqué des victimes d'un acte terroriste. Nico c'est Little Brother. Nico ne sert à rien mais il veut à tout prix se rendre utile.
Nico est un collégien ivre à sa première vodka, il tousse quand il fume, il roule des pelles à sa petite amie qui joue de la guitare. Nico est émouvant d'infantilisme, il s'énerve, fait sa crise d'adolescence, hurle contre les méchants, il est au premier degré. On raille sa petite taille, il se hisse par la magie du photoshop à la même hauteur que son alter ego américain. Nico a la stature d'un chef d'état de son temps, il est à la hauteur de sa médiocrité. Peut-on vraiment reprocher à Nico d'être ce qu'il est? Raisonnablement non, on ne peut en vouloir à un rat de traîner dans les égouts, on ne peut s'insurger contre la bêtise d'une poule, on ne peut contester le droit d'un chien à aboyer.
Nico est un personnage de cinéma, de comédie bien sûr. Il pourrait être le personnage incarné par Michel Serrault dans « Quand passent les faisans » le film de MichelAudiard. Nico c'est le nouveau riche, le parvenu qui fait du vulgaire une valeur sous prétexte de choquer l'intellectuel de gauche. Mais il ne choque pas, il est ce qu'on attend qu'il soit. Il aiguise aussi le mépris des vrais hommes de droite, de ces aristocrates de l'esprit qui n'aiment pas que la France se chienlise dans la décadence bas de gamme façon américain à grosses bagouses et yacht jet set. Nico ne peut pas susciter le respect et l'admiration de n'importe quel esprit connaissant l'histoire de son pays et s'en faisant une idée élevée. Les livres d'histoire oublieront vite Nico.

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Published by THEOMETHIS - dans actualités
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  • L'archipélien
  • Le monde est dangereux non pas à cause de ceux qui font le mal, mais à cause de ceux qui regardent et laissent faire” Einstein.
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